Dès l’âge de sept ans, Zheng Gu (851-910) sait composer des poèmes et le renommé poète Sikong Tu (司空图) dit de lui qu’il deviendra un maître du talent poétique de toute une génération[3]. Dans sa jeunesse, il vit retiré à Jingmen, où il est remarqué, entre autres, par Li Peng, Ma Dai. Il échange des poèmes avec Xu Tang, Zhang Qiao, Wen Xian et d’autres, formant le groupe des « Dix Sages de Xiantong » (咸通十哲) (surtout entre les années 860 et 874.)[a 2],[2]. Devenu adulte, il se présente à l’examen impérial (jinshi), mais il échoue plusieurs fois.
En 880, quand Huang Chao entre dans Chang'an, Zheng Gu se réfugie au Sichuan de l’Ouest. Sept ans plus tard, il réussit l’examen impérial. L’année suivante, en 888, il occupe des fonctions à la préfecture. En raison de l'époque agitée, il n’est nommé officier du district de Hu à Jingzhao qu’en 893 et occupe temporairement le poste de conseiller de Jingzhao. À l’été 896, lorsque l’empereur Zhaozong se réfugie à Huazhou, Zheng Gu s’y rend aussi et réside dans un ermitage de la « voie de Yuntai ». Il y compile ses œuvres en trois volumes intitulés Recueil de Yuntai (雲台編). Il compose aussi un poème sur la perdrix qui devient très célèbre et largement diffusé, si bien qu’on le surnomme « Zheng Perdrix ». Puis, il est aussi promu au poste de conseiller impérial[a 3],[4]. Puis, en 897, il atteint le grade de directeur du ministère métropolitain (un poste équivalent à un haut fonctionnaire central aujourd’hui), ce pourquoi on l’appelle « Zheng Duguan » (fonctionnaire métropolitain Zheng).
En l’an 902, il suit la cour à Fengxiang[5]. Par la suite, constatant la chute inéluctable de la dynastie des Li, Zheng Gu, sur les conseils du moine Xuzhong originaire d’Yichun, abandonne sa charge et se retire à la maison d’étude de Yangshan, à Yichun pour mener une vie d’ermite, sans se soucier des affaires politiques[6], continuant à écrire sa poésie dans sa montagne d’origine. Là, il se lie d’amitié avec le moine bouddhiste Qiji, qui est aussi poète.
Il meurt dans la villa de Beiyan en 910[a 4].
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Comme Li Bai et Du Fu, Zheng Gu a échoué dans sa carrière politique, mais c’est justement ces échecs qui ont accompli leur création poétique, ce qui a fait leur renommée immortelle à travers les âges[5].