Église Saint-Michel de Juziers

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TypeÉglise
Début de la constructionXIe siècle (nef, bas-côtés et transept)
Église Saint-Michel
Vue depuis le sud-ouest.
Vue depuis le sud-ouest.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église
Rattachement Diocèse de Versailles
Début de la construction XIe siècle (nef, bas-côtés et transept)
Fin des travaux 3e quart XIIe siècle (chœur)
Autres campagnes de travaux 1754 (croisillon sud / clocher) ; années 1850 (voûtes de la nef)
Style dominant roman, gothique primitif
Protection Logo monument historique Classée MH (1850)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France Île-de-France
Département Yvelines Yvelines
Commune Juziers Juziers
Coordonnées 48° 59′ 33″ nord, 1° 51′ 37″ est[1]
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Michel
Géolocalisation sur la carte : Yvelines
(Voir situation sur carte : Yvelines)
Église Saint-Michel

L'église Saint-Michel est une église catholique paroissiale, située à Juziers, dans les Yvelines, en France.

Ses origines remontent au Xe siècle. Elle était placée sous le patronage de l'abbaye Saint-Père-en-Vallée de Chartres sous l'Ancien Régime, qui entretenait un prieuré au nord de l'église à partir du XIe et jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Dans sa forme actuelle, l'église se compose d'une nef basilicale très austère du milieu du XIe siècle, d'un transept contemporain, et d'un chœur du troisième quart du XIIe siècle. Les parties les plus anciennes sont d'une grande valeur archéologique, car très peu d'édifices de cette ampleur de cette époque subsistent en Île-de-France. Leur intérêt est toutefois diminué par la reconstruction de la façade occidentale, le voûtement d'ogives et la réduction de l'arcade vers le croisillon sud au cours des années 1850, et l'effondrement du clocher central en 1753, entraînant de gros dégâts dans le transept.

Le chœur est tout aussi précieux pour son architecture originale, non dépourvue d'élégance, et en tant que témoin des commencements de l'architecture gothique. Il n'a subi aucun remaniement depuis sa construction.

L'église Saint-Michel a été classée monument historique très tôt par avis de classement du [2], et soumise à une restauration intégrale au cours de la période suivante. Juziers est aujourd'hui affilié au secteur pastoral de la Rive Droite de la Seine avec siège à Meulan, et l'église Saint-Michel accueille des messes dominicales anticipées un samedi sur deux, à 18 h 30.

L'église Saint-Michel se situe en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le Vexin français, sur la rive droite de la Seine, sur la commune de Juziers, rue de l'Église. Cette rue est une place publique engazonnée et plantée d'arbres, qui est délimitée par une rangée de maisons au nord, l'avenue de Paris (RD 190) au sud, et l'église et son ancien cimetière à l'ouest. Il est aménagé en espace vert, et permet de voir les ruines de l'ancien croisillon sud de l'église, qui a été reconstruit au XVIIe siècle selon un plan réduit. Le cimetière actuel se situe de l'autre côté de la RD 190, en face, et la Seine, juste derrière. L'église est également visible depuis la RD 190, dont elle n'est que peu éloignée. Son chevet est cependant enclavé dans une propriété privée, et il en va de même de l'élévation nord.

Historique

Armes de l'abbaye Saint-Père de Chartres - prieuré de Juziers.

Sous l'Ancien Régime, Juziers relève de l'archidiocèse de Rouen, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et du doyenné de Magny-en-Vexin. Le principal patron de son église est saint Michel archange, mais seulement depuis 1700 : jusque-là, elle est placée sous le vocable de saint Pierre. Par une charte datée du , la comtesse Letgarde, cousine de Hugues Capet par sa mère et descendant de Charlemagne par son père, donne l'église et la terre de Juziers à l'abbaye Saint-Père-en-Vallée. L'abbaye chartraine devient ainsi le collateur de la cure et son curé primitif, et établit un prieuré au nord de l'église dès le siècle suivant. L'église existe donc à ce moment, ou est au moins en construction. L'on constate souvent que les donations à des établissements religieux entraînent un agrandissement ou une reconstruction partielle des églises. Le manque de moyens des patrons laïcs semble même parfois justifier les donations. En l'occurrence, les parties les plus anciennes de l'église, à savoir la nef de plan basilical et le transept (sauf le croisillon nord) datent globalement du milieu du XIe siècle, et sont donc bien postérieures à la donation. Le manque de sources d'archives et de caractéristiques stylistiques propres à une période bien précise ne permettent pas d'établir une datation plus exacte. Le chœur ne pose pas ce problème, et est datable du tout début de la période gothique, au troisième quart du XIIe siècle[3].

Sortie relativement indemne de la guerre de Cent Ans, l'église ne subit aucune reconstruction à la période gothique flamboyante, contrairement à la majorité des églises du Vexin français. Ce sont les guerres de religion qui ébranlent la situation économique du prieuré, et il est réduit à un simple bénéfice vers la fin du XVIe siècle : sans être officiellement dissout, les derniers moines bénédictins le quittent, et son domaine agricole est affermé à un fermier-receveur. À partir du XVIIe siècle, les messes paroissiales peuvent être célébrées depuis le maître-autel dans le chœur, jusque-là réservé aux religieux, et non plus depuis l'autel avancé dans la nef[4]. En 1753, le clocher central qui s'élève au-dessus de la croisée du transept s'écroule en raison de son mauvais état. Le croisillon sud, également endommagé, est démoli partiellement et rebâti selon un plan réduit. Son intérieur est désormais assimilé au bas-côté sud, tandis que l'étage accueille le beffroi en charpente où sont suspendues les cloches, et sert donc de clocher provisoire. Sous la Révolution française, Juziers est rattaché au nouveau diocèse de Versailles avec l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise. Le prieuré est dissout, et ses possessions sont vendues aux enchères comme bien national. Le curé Delécluze fait tout son possible pour empêcher que l'église ne soit vidée de son mobilier et subisse des actes de vandalisme, en vain : il paie son attitude courageuse par l'enfermement dans la prison de la Conciergerie, où il meurt. Sous la Terreur, à l'automne 1793, le culte catholique est interdit, et en raison de l'absence de prêtre, il n'est rétabli que le [4].

Plaque commémorative de la 1re tranche de restauration achevée en 1864.

Tout le mobilier doit être renouvelé, et « l'église de Juziers ne renferme aucun objet mobilier ancien digne de fixer l'attention » (Eugène Lefèvre-Pontalis)[5],[6]. Grâce à l'implication personnelle de Prosper Mérimée[4], l'édifice est classé au titre des monuments historiques par avis de classement du [2]. Il représente en effet l'édifice le plus considérable du XIe siècle dans le nord de l'Île-de-France. Le ministre de la Justice et des cultes, Pierre Jules Baroche, est propriétaire à Juziers, et fait bénéficier l'église d'une restauration intégrale sous la direction de l'architecte Pierre-Joseph Garrez, puis Antoine Isidore Eugène Godebœuf. Garrez s'était déjà illustré par une restauration malencontreuse de la façade de la collégiale de Champeaux. À Juziers, il affuble la nef de voûtes néogothiques, ce qui est contraire à l'esprit de l'architecture d'origine. La croisée du transept est revoûtée pareillement. Les élévations extérieures de la nef perdent une bonne partie de leur authenticité[4]. Au début du XXIe siècle, elles restent dans un état satisfaisant, mais l'intérieur nécessite une restauration. L'humidité ambiante, constatée depuis de longue date, a occasionné des désordres de structure dans les maçonneries, notamment celles du chœur. Des mouvements de maçonnerie ont engendré des fissurations au droit de la façade occidentale et au droit des voûtes du vaisseau central. L'architecte en chef des monuments historiques, Philippe Oudin, préconise trois tranches de travaux, qui restent à financer[7]. — Juziers est aujourd'hui affilié au secteur pastoral de la Rive Droite de la Seine avec siège à Meulan, et l'église Saint-Michel accueille des messes dominicales anticipées un samedi sur deux, à 18 h 30, en alternance avec Vaux-sur-Seine[8].

Description

Voir aussi

Notes et références

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