Église Saint-Nicolas de Meulan
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| Église Saint-Nicolas | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique romain |
| Type | église paroissiale |
| Rattachement | Diocèse de Versailles |
| Début de la construction | vers 1145 |
| Fin des travaux | 1er quart XIIIe siècle |
| Autres campagnes de travaux | 1er quart XVIe siècle (voûtes du vaisseau central et du bas-côté sud) ; 1764-1766 (clocher, façade, murs gouttereaux) ; 1877-1879 (chapelle de la Vierge, sacristie, portail sud) |
| Style dominant | gothique |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | |
| Département | |
| Commune | |
| Coordonnées | 49° 00′ 23″ nord, 1° 54′ 29″ est[1] |
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L'église Saint-Nicolas est une église catholique paroissiale située à Meulan-en-Yvelines, en France. C'est, depuis la Révolution française, la seule église catholique de la ville. Derrière sa sobre façade néo-classique de 1764, accostée d'un clocher purement fonctionnel de la même année, et derrière ses murs latéraux délabrés sans aucun caractère, se dissimule un édifice gothique édifié en deux campagnes au troisième quart du XIIe siècle et au premier quart du XIIIe siècle, en ce qui concerne les deux premières travées. L'église Saint-Nicolas se distingue surtout par son plan à déambulatoire sans chapelles rayonnantes, et sans transept. Assez curieusement, les quatre piliers cylindriques du rond-point de l'abside portent des chapiteaux à volutes d'angle d'un style roman archaïque. Sinon, l'on trouve des chapiteaux gothiques à feuilles d'eau et à feuilles d'acanthe de bon niveau, et encore sept voûtes d'ogives à grosses nervures subsistant de la première campagne de construction. Cependant, l'église est restée inachevée, et l'étage des fenêtres hautes n'a jamais été construit. Le vaisseau central est donc sombre. Au premier quart du XVIe siècle, l'on s'est résolu à le couvrir de voûtes situées à un niveau inférieur à celui initialement prévu, ce qui a conduit à la condamnation des fenêtres latérales provisoires. En plus, l'église souffre depuis plusieurs siècles de l'instabilité du terrain, et les voûtes des deux premières travées ainsi que le mur du bas-côté sud ont dû être refaits en 1765. Cette campagne a conduit à un appauvrissement de l'architecture, mais a le mérite de ne pas avoir introduit d'éléments de style néo-classique dans l'espace intérieur, qui reste donc entièrement gothique. Les claveaux des anciennes voûtes ont été réemployés. Plus problématiques, sur le plan esthétique, sont les remaniements et ajouts des années 1870. Depuis, le sanctuaire est affublé de balustrades d'un style très lourd plaquées devant les murs hauts, et une chapelle de la Vierge néo-gothique s'ouvre depuis la travée d'axe du déambulatoire. Après de longues hésitations dues au passage d'un tunnel ferroviaire sous l'église, elle a finalement été classée aux monuments historiques par arrêté du [2]. Sa restauration intégrale se fait toujours attendre. L'église Saint-Nicolas est aujourd'hui au centre du secteur paroissial rive de la droite de la Seine, et l'Eucharistie y est célébrée chaque dimanche à 10 h 30 (et à 10 h pendant les mois d'été).
L'église est située en France, en région Île-de-France, dans le département français des Yvelines, dans le parc naturel régional du Vexin français et dans la vallée de la Seine, sur la rive droite du fleuve, sur la commune de Meulan, au nord du centre-ville à l'écart du quartier commerçant, rue de l'Église. Elle est implantée sur les hauteurs de la ville, avant la chute du plateau abritant le quartier du Paradis dans la vallée de la Seine, au-dessus du tunnel de la voie ferrée de Paris à Mante-la-Jolie par Conflans-Sainte-Honorine. À l'approche de l'église, la rue se divise en deux bras et contourne l'édifice par le nord et par le sud, en rasant ses murs latéraux. En raison de la déclivité du terrain, le chevet et la partie sud de l'église sont bâtis sur une terrasse, confortée par un mur de soutènement, et il n'y a qu'un petit parvis devant la façade. Depuis la pelouse en pente qui fait suite au parvis, l'on bénéficie d'une vue panoramique en direction de l'ouest, sur la gare et l'église d'Hardricourt.
Histoire
L'histoire de la paroisse
À partir de la première moitié du XIIe siècle jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, Meulan est l'un des doyennés de l'archidiaconé du Vexin français, au même titre que Chaumont-en-Vexin, Magny-en-Vexin et Pontoise. L'archidiaconé du Vexin français, qui a son siège à Pontoise, est une subdivision de l'archidiocèse de Rouen. Saint-Nicolas est l'une des trois paroisses de la ville, les autres étant Notre-Dame et Saint-Jacques. La paroisse qui compte le plus grand nombre d'habitants et dont l'église est la plus grande est Notre-Dame, au centre-ville ancien. Il y a en plus, sur l'île de la Seine, l'église du prieuré Saint-Nicaise. La date de fondation de la paroisse Saint-Nicolas n'est pas connue. Sa première mention figure dans une charte datée de 1152, par laquelle Galeran II[3], comte de Meulan, confirme au prieuré Saint-Nicaise plusieurs privilèges et un grand nombre de ses biens. Le collateur de la cure de Saint-Nicolas est l'abbé du Bec Hellouin, dans l'Eure. Sous la Révolution française, l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise est regroupé dans le nouveau diocèse de Versailles[4].
Le décret du ordonne la réunion des trois paroisses de Meulan en une seule. Un vote des électeurs se prononce en faveur de l'église Notre-Dame, qui est la mieux placée au centre de la ville, et la plus spacieuse. Mais elle nécessite d'importants travaux de réparation, et en plus, les paroissiens de Saint-Nicolas lancent une pétition en faveur de la conservation de leur église : « L'église Saint-Nicolas est grande, régulière, belle, claire, tranquille et très sonore, rebâtie presque à neuf en 1764 […]. Le seul inconvénient est qu'il faut monter, mais en cela, elle est analogue à la montagne de l'Évangile ». Ils obtiennent gain de cause, et la suppression des deux autres paroisses est décidée le . Pour peu de temps encore, Saint-Nicolas est la seule paroisse de la ville, puis intervient sa transformation en temple de la Raison[5]. Le culte catholique est probablement rétabli vers la fin du printemps de 1795. L'église Notre-Dame continue d'être utilisée comme halle au blé, et n'est démolie qu'au troisième quart du XIXe siècle pour céder la place au nouveau marché[6]. —Aujourd'hui, l'église Saint-Nicolas est au centre du secteur paroissial rive de la droite de la Seine, qui compte sept autres églises : Évecquemont, Gaillon-sur-Montcient, Hardricourt, Juziers, Mézy-sur-Seine, Tessancourt et Vaux-sur-Seine. L'Eucharistie est célébrée en l'église Saint-Nicolas chaque dimanche et les jours de fête à 10 h 30 (et à 10 h pendant les mois d'été)[7].
Les campagnes de construction de l'église
L'histoire de l'église Saint-Nicolas est parfaitement bien documentée à partir du XVIIIe siècle, mais les archives restent pratiquement muettes pour les siècles précédents. L'église actuelle n'est pas la première qui s'élève au même endroit. En effet, lors des fouilles préalables à la construction de la chapelle de la Vierge en 1877 (voir ci-dessous), l'on découvre le tympan monolithique d'un ancien portail latéral roman et trois chapiteaux également romans. Ces vestiges sont déposés dans le jardin du presbytère, et ne sont placés à l'intérieur de l'église qu'en 1936. Le tympan est sculpté d'un bas-relief, qui représente Daniel dans la fosse aux lions, mais l'un des deux lions prend la forme d'une chimère à tête de femme. L'hémicycle est délimité supérieurement par une ligne brisée, dont les intervalles sont occupés par des besants. Les chapiteaux sont sculptés de trois personnages ailés au corps couvert d'ailes, avec des pieds palmés ; d'un petit personnage nu, assis sur un animal dont il tient la gueule et la queue ; et d'animaux ailés couverts d'écailles. Seulement le dernier subsiste à ce jour[8],[9].
La construction de l'église gothique actuelle s'effectue en deux principales étapes, sans compter les remaniements et extensions ultérieures, mais elle n'est jamais achevée selon le projet initial, plus ambitieux que le résultat aujourd'hui en place. Le chantier commence par le chevet, ou par les quatre piliers cylindriques isolés avec leurs gros chapiteaux à volutes d'angle assez fruste, qui sont d'allure romane. Tout le reste de l'église est de style gothique. La première campagne de travaux s'arrête avec les piliers à l'intersection entre la troisième et la deuxième travée de la nef et des bas-côtés. Ici, les chapiteaux sont sculptés de feuilles d'eau, au nord notamment, et de feuilles d'acanthe, au sud surtout. Par les travées issues de la première campagne, l'église Saint-Nicolas s'inscrit dans le groupe des toutes premières églises gothiques du Vexin dans la mouvance du massif occidental de la basilique Saint-Denis, au même titre que Chars et Lavilletertre, ou le déambulatoire de Saint-Maclou de Pontoise. Le plan très particulier à déambulatoire, mais sans chapelles rayonnantes ni transept, est influencé par la cathédrale Notre-Dame de Paris de Maurice de Sully. Il est propre à un petit nombre d'édifices d'Île-de-France, à savoir Deuil-la-Barre, Domont, Fontenay-en-Parisis et Gonesse à la période gothique ; Le Mesnil-Amelot à la période flamboyante ; et Mareil-en-France à la Renaissance. Nettement plus tardive est la deuxième campagne de travaux, qui a donné les deux premières travées. Ses chapiteaux de crochets évoquent le premier quart du XIIIe siècle. Le nombre accru de colonnettes qui cantonnent les piliers va a l'encontre de la tendance générale, mais s'explique facilement par le fait que la première travée du bas-côté nord sert de base au clocher démoli en 1764[10].
Tant sous la première que sous la deuxième campagne, les travaux s'arrêtent avant la fin du deuxième niveau d'élévation. Ce deuxième niveau d'élévation ne comporte actuellement que des murs aveugles, sauf dans l'abside. Initialement, il comporte deux étroites fenêtres par travée de chaque côté, qui étaient sans doute destinées à être transformées en triforium : un groupe de trois petites colonnettes à chapiteaux retrouvé lors des travaux de restauration parle dans ce sens. Les baies existent toujours, mais sont bouchées par des carreaux de plâtre, et leur moitié supérieure est coupée par les voûtes. En attendant la mise en œuvre du troisième niveau d'élévation, celui des fenêtres hautes définitives, ainsi que des voûtes d'ogives, le vaisseau central est recouvert d'une charpente en carène renversée, dont l'existence ancienne est démontrée par le réemploi de certains éléments dans la charpente des années 1760 actuellement en place. Quant au projet de la construction d'un étage de fenêtres hautes, il est démontré par les piliers fasciculés, qui traversent les voûtes actuelles et s'arrêtent exactement au même niveau que les murs gouttereaux, qui est donc inférieur au niveau envisagé pour les chapiteaux des hautes-voûtes. Depuis les combles des bas-côtés, l'on peut également voir les dosserets des arcs-boutants que la nef devait recevoir. À Beaumont-sur-Oise, Ennery et Livilliers, l'étage des fenêtres hautes n'a également jamais été entrepris, mais l'on ne visait sans doute pas la même hauteur pour le vaisseau central, car les chapiteaux du second ordre ont néanmoins été réalisés, et se situent avant la limite du second niveau d'élévation. Si la nef de Beaumont a seulement reçu des voûtes factices néo-gothiques en 1878 et si la nef d'Ennery reste simplement plafonnée de bois, tout le vaisseau central de l'église Saint-Nicolas est quant à lui voûté d'ogives au premier quart du XVIe siècle, dans le style gothique flamboyant. Le bas-côté nord est revoûté à la même époque. Les instabilités du terrain, qui motiveront encore plusieurs campagnes de remaniements et de restauration à l'époque moderne, ont sans doute eu raison des premières voûtes. Le voûtement du vaisseau central apporte la condamnation des fenêtres hautes provisoires au nord et au sud, qui recevaient le jour grâce au recouvrement du bas-côté nord par un toit en bâtière parallèle au vaisseau central, et au recouvrement du bas-côté sud par des toits en pavillon individuels pour chaque travée[11].
Les reconstructions de 1764-1766
L'église souffre depuis plusieurs siècles d'une instabilité notoire, qui résulte de mouvements du terrain. Elle est aggravée par la suppression des contreforts entre 1764 et 1766 et par les travaux de creusement du tunnel du chemin de fer, qui durent trente-et-un mois. Puis, depuis l'inauguration de la ligne en avril 1892, l'édifice est soumis à des vibrations lors du passage de convois lourds. Grâce aux documents conservés aux archives communales, il est possible de retracer l'évolution de l'église et les travaux entrepris à partir du XVIIIe siècle. En 1733, un état des lieux est dressé. Il constate, entre autres, que « les voûtes effraient ceux qui ne sont pas accoutumés à les voir ». La somme de 600 livres léguée par Nicolas Langlois pour la décoration de l'église est affectée à des travaux urgents de réparation dans le chœur et les collatéraux. La nef nécessite également des réparations, mais les décisions sont longues à obtenir, car l'entretien de la nef est à la charge du conseil de fabrique, qui ne dispose que de peu de ressources. De surcroît, le clocher fait partie de la nef, ce qui n'est pas le cas des clochers centraux de la majeure partie des églises vexinoises, qui font partie du chœur et doivent être entretenus par les gros décimateurs. Les premières démarches sont entreprises à la fin de l'année 1758. Le , un architecte expert est nommé en la personne de Pierre Gabriel Houdar. Il établit des plans et soumet un devis le . Deux ans plus tard, le Parlement de Paris accorde l'autorisation pour effectuer les démolitions nécessaires, y compris celle de la partie haute du clocher « jusqu'à cinq pieds au-dessus de l'ancienne maçonnerie ». Un devis détaillé permettant de chiffrer les quantités de matériaux requis est élaboré par Pierre Picton, expert juré nommé par la Cour. Sur cette base, un marché est passé avec Nicolas Cheronnet, maître-maçon et entrepreneur en bâtiment, qui travaille avec ses deux fils. Les travaux de 1764 sont de grande ampleur. Quelques semaines après leur lancement, l'on se rend compte que même amputé de ses parties hautes, le clocher risque l'effondrement en raison du défaut de contrebutement lors de la reprise des arcades de la nef. Il est donc entièrement démoli au mois de [12].
La première pierre du nouveau clocher est posée le , les cloches sonnent pour la première fois dans le nouveau clocher le , et le coq est posé sur le toit le . Entretemps, le curé rend visite au chevalier Paul de Vion, seigneur de Gaillon, en son château de Gaillon, pour lui présenter les plans du nouveau portail. Au premier prêt de quinze cents livres sans intérêts déjà concédé par le chevalier, celui-ci propose de rajouter deux mille six cents livres afin de pouvoir reconstruire les voûtes et piliers des travées occidentales. Sans attendre la reprise des voûtes, la construction de la nouvelle façade est entamée le . La croix au sommet du pignon est posée le , et les travaux de couverture sont terminés le . C'est apparemment au mois de septembre que la pile sud-est du clocher, soit le premier pilier des grandes arcades du nord, est démontée. Après une visite du chantier le , le chevalier de Vion préconise de démonter également le pilier en face au sud, pour une somme de deux cents livres supplémentaires. La déconstruction des deux piliers entraîne sans doute la démolition des voûtes des deux premières travées des trois vaisseaux. Elles sont ensuite remontées à l'identique, mais sans les bases moulurées d'origine. Les deux premières voûtes de la nef centrale sont reconstruites entre le et fin mars 1765, en réemployant les claveaux des ogives d'origine. L'on renonce cependant aux clés de voûte sculptées, aux formerets moulurés d'un tore, et au rouleau supérieur des grandes arcades, qui sont par ailleurs refaites sans réemploi des blocs taillés d'origine, dans un style purement fonctionnel. Une partie des colonnettes à chapiteaux reste désormais sans fonction. Ce sont sans doute les contraintes économiques qui évitent un remaniement dans le style néo-classique, et assurent globalement la préservation du caractère gothique de l'espace intérieur. Il en va autrement des élévations latérales. Les contreforts des murs gouttereaux sont supprimés et remplacés par des chaînages en pierre de taille. Le parement extérieur du mur gouttereau nord est refait, et les fenêtres sont repercées. Le mur gouttereau sud est totalement rebâti, en ne laissant subsister que les piliers fasciculés gothiques. Enfin, les trois vaisseaux sont recouverts ensemble par une large toiture à deux rampants. Après un moment de fermeture, l'église est partiellement remise aux fidèles après sa bénédiction par le curé en date du . Les derniers travaux sont réceptionnés vers la mi-janvier de l'année suivante. Le dimanche , les marguilliers signent la réception des ouvrages, et les dernières traites sont payées le [13].
Les remaniements et restaurations depuis le XIXe siècle


Entre 1822 et 1824, des travaux de gros entretien urgents et indispensables sont effectués, concernant des ouvrages de maçonnerie, de charpente et de couverture. Au mois de mai 1850, de nouveaux travaux sont rendus nécessaires par la dégradation et l'instabilité des maçonneries : « Ces travaux sont d'urgence, attendu que la plus grande partie de moellon est détérioré et que les piliers extérieurs qui soutiennent l'édifice sont en dégradation telle qu'ils ne présentent aucune solidité ». Ils se poursuivent consécutivement à une adjudication du , mais dès le , le conseil municipal reconnaît dans sa délibération qu'ils n'assurent pas la solidité complète du monument, et sollicite le secours de l'État et du département. Le , le conseil de fabrique signale de nouveau le mauvais état de l'édifice. Sur sa demande, un rapport et devis est dressé par l'architecte des édifices diocésains Paul Blondel, le . Blondel blâme notamment la suppression des contreforts latéraux un siècle plus tôt. Il propose la reprise du parement des parties basses des murs, et l'établissement d'un massif d'accotement des murs gouttereaux. Ces travaux sont exécutés, et soldés le . Dans un souci d'embellissement de l'église, le conseil de fabrique demande, en 1871, un projet d'aménagement du sanctuaire à l'architecte et entrepreneur Émile Duval. Ce projet est approuvé le . Il vise à l'érection d'un nouveau maître-autel, le plaquage de balustrades devant les murs hauts de l'abside, jugés trop nus après l'enlèvement des tentures et tableaux qui garnissaient jusque-là le chevet, et l'installation de culs-de-lampe en terre cuite. Ce projet reçoit un avis défavorable de Blondel, qui met en cause des détails inadmissibles, et estime que Duval n'a pas effectué les études d'art suffisantes pour mener à bien une telle entreprise. Duval conteste auprès du préfet ce rejet, qui intervient de toute façon trop tard pour être pris en compte, car les travaux ont déjà commencé. Ils sont terminés au cours de l'année 1872. Deux ans plus tard, le conseil de fabrique fait de nouveau appel à Duval pour construire la chapelle Notre-Dame du Sacré-Cœur devant l'abside, conformément aux vœux formulés par les paroissiens et par le clergé. Ce projet est lui aussi rejeté par Blondel, qui le juge insuffisamment étudié. Le , le curé adresse au préfet un projet modifié. Celui-ci tient compte des conseils du ministère des Cultes, et la consécration de la chapelle peut être célébrée le par Mgr Pierre Goux, évêque de Versailles. La nouvelle sacristie est apparemment comprise dans ce projet. Le portail latéral sud est créé à la fin de l'année 1879. En 1890, la partie haute du clocher est restaurée, et la rosace occidentale est munie d'un nouveau remplage dessiné par Duval[14].
Au moment de l'ouverture de la ligne de chemin de fer de Paris à Mantes en , la compagnie des chemins de fer de l'Ouest conclut un traité avec la municipalité. Celle-ci touche la somme de trois mille francs or, et s'engage en contrepartie à renoncer à tout recours à l'encontre de la compagnie au cas que des dégâts se produisaient à l'église. En 1910, une proposition de classement est présentée à la commission des monuments historiques. L'architecte en chef des monuments historiques, Paul Selmersheim, reconnaît la valeur des parties romanes [sic], mais émet des réserves sur le classement, eu égard le passage de la voie ferrée par le tunnel sous l'église. L'ébranlement que produit le passage d'un train lourd provoque des désordres de structure dans l'édifice, et sa conservation se trouve ainsi compromise de façon constante, sans perspective de pouvoir remédier à cette situation. Après la Première Guerre mondiale, l'église est néanmoins inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du . Mais dès septembre 1922, l'architecte en chef des monuments historiques André Ventre examine le monument, et constate d'importantes crevasses dans les deux bas-côtés. Ils semblent provenir d'un glissement de terrain dans le sens nord-sud. En 1925, c'est le clocher qui donne lieu à des préoccupations. Quand les cloches sont en mouvement, leur oscillation est directement transmis sur les maçonneries, qui sont déjà fortement crevassées. Des travaux de charpente et de toiture sont entrepris en 1926. Dès l'année suivante, l'ingénieur architecte de la ville, Roussel, signale au ministère des travaux publics l'aggravation de l'état de l'édifice. Le ministère rétorque que les témoins mis en place sur le mur sud sont restés intacts[15].
En 1884, le clocher est affublé d'un étage de beffroi néo-gothique terminé par une terrasse entourée d'une balustrade à jour d'un style fantaisiste. L'inconsistance de style entre ces deux éléments et leur mauvaise conception et leur mauvaise conception sont épinglées par Eugène Lefèvre-Pontalis[16]. Philippe Oudin passe sous silence cet épisode, et ne révèle donc pas les circonstances et la date de la suppression de ces ajouts. — Des désordres plus préoccupants apparaissent dans la façade et dans le clocher vers le début des années 1950. Leurs fondations doivent être reprises. Une première tranche de travaux est effectuée par l'entreprise Léger en 1960. Or, ces travaux ne donnent pas du tout satisfaction, et les désordres s'aggravent. En 1971, la municipalité ordonne la dépose des trois cloches, qui gisent dans la première travée du bas-côté nord depuis. En 1976, une campagne d'étaiement d'urgence s'impose : le clocher menace ruine, et les voûtes des premières travées des deux bas-côtés, refaites en 1765, poussent dans le vide. La consolidation du clocher est adjugée à l'entreprise Chevalier, qui équipe le clocher d'une ossature interne en béton armé, et injecte du ciment dans les maçonneries. En 1978, un glissement de terrain à l'ouest du parvis met de nouveau à l'épreuve l'édifice[17]. Il est enfin classé au titre des monuments historiques par arrêté du [2]. Philippe Oudin écrit en cette même année que l'église « se trouve aujourd'hui dans l'attente d'une solution définitive pour remédier aux désordres qui l'affectent une nouvelle fois ». Mais seulement le clocher et les deux premières travées des trois vaisseaux ont bénéficié d'une restauration depuis cette date. Parmi le mobilier proprement dit, aucun élément n'est classé au titre objet. Sont toutefois classés depuis mai 1923, le tympan du portail de l'ancienne église romane et trois chapiteaux, dont deux ont été volés[18] dans la nuit du 30 au [9]. La chaire à prêcher et le banc d'œuvre, qui étaient les seuls éléments antérieurs au XVIIIe siècle, avaient été classés par arrêté du . Ils ont été rayés de la liste des monuments historiques par arrêté du à la demande de la municipalité et du curé, qui y voyait un obstacle pour le nouvel aménagement de l'espace liturgique conformément aux préceptes du concile Vatican II[19].

