Élection présidentielle moldave de 2020

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Typed’électionÉlection présidentielle
MandatDu 24 décembre 2020 à 2024
Inscrits2 995 891
Votants au 1er tour1 348 719
Élection présidentielle moldave de 2020
(1er tour)
(2d tour)
Type d’élection Élection présidentielle
Mandat Du 24 décembre 2020 à 2024
Corps électoral et résultats
Inscrits 2 995 891
Votants au 1er tour 1 348 719
45,68% en diminution 3,5
Votants au 2d tour 1 650 131
55,78% en augmentation 2,3
Maia Sandu PAS
Voix au 1er tour 487 635
36,16%
en diminution 2,6
Voix au 2e tour 943 006
57,72%
Igor Dodon PSRM
Voix au 1er tour 439 866
32,61%
en diminution 15,4
Voix au 2e tour 690 614
42,28%
Renato Usatîi PN
Voix au 1er tour 227 939
16,90%
Violeta Ivanov ȘOR
Voix au 1er tour 87 542
6,49%
Candidat arrivé en tête au 1er tour et au 2d tour par raïon
Carte
Président de la République
Sortant Élue
Igor Dodon
PSRM
Maia Sandu
PAS

L'élection présidentielle moldave de 2020 a lieu les 1er et afin d'élire le président de la république de Moldavie.

Le scrutin prend comme le précédent la forme d'un vote sur les liens internationaux du pays, le second tour voyant s'affronter le président sortant Igor Dodon (PSRM), pro-russe favorable au maintien des liens économiques avec la Russie, à l'ancienne Première ministre Maia Sandu (PAS), pro-européenne favorable à un rapprochement avec l'Union européenne. Contrairement à l'élection de 2016, Maia Sandu se qualifie en tête du premier tour, avant de l’emporter au second face au président sortant, avec plus de 57 % des suffrages exprimés.

Igor Dodon, président sortant.

L'élection présidentielle de 2016 est organisée dans le contexte d'un mouvement protestataire contre l'oligarchie, la corruption et l'ensemble de la classe politique jugée responsable de la situation économique désastreuse de la Moldavie, pays le plus pauvre d'Europe. Le mouvement aboutit à la chute du gouvernement, sans toutefois provoquer de changements plus profonds. Organisée au suffrage direct pour la première fois depuis 1996 en raison de l'incapacité chronique du parlement de s'acquitter de cette tache, l'élection présidentielle de 2016 voit la victoire au second tour d'Igor Dodon  candidat du Parti des socialistes de la république de Moldavie (PSRM), une formation pro-russe  sur Maia Sandu, candidate du Parti action et solidarité (PAS), formation pro-européenne et anti-oligarchique.

Les législatives de février 2019, qui connaissent la plus faible participation depuis l'indépendance du pays, donnent quant à elles lieu à une division du parlement entre trois formations aux vues initialement irréconciliables. Le PSRM obtient en effet la majorité relative avec un tiers des sièges, devançant de peu le Parti démocrate (PDM), parti oligarchique pro-européen au pouvoir. La coalition Parti action et solidarité-Plateforme vérité et dignité, dite ACUM, pro-européenne mais farouchement opposée au PDM qu'elle accuse de corruption, fait son entrée au parlement en arrivant en troisième position. La division du parlement mène ainsi à un blocage institutionnel, qui conduit le président Igor Dodon à menacer de convoquer des élections anticipées avant qu'une coalition entre socialistes et ACUM ne soit formée in extremis le , portant Maia Sandu (PAS) au poste de Premier ministre. Les démocrates saisissent cependant la Cour constitutionnelle, qui invalide sa nomination et tente d'imposer des élections anticipées, conduisant à la crise constitutionnelle moldave de 2019, qui voit finalement Maia Sandu confirmée dans ses fonctions.

Maia Sandu, principale dirigeante de l’opposition pro-européenne.

L'alliance gouvernementale conclue entre les « Acum » pro-européens et les socialistes pro-russes est alors largement vue dans chacun des deux camps comme temporaire, le temps de démanteler les réseaux oligarchiques de Plahotniuc installés aux postes clés, et de rétablir l'État de droit dans le pays[1],[2]. Au cours des cinq mois suivant la formation du gouvernement, le Parti démocrate s'effondre dans les sondages, en faveur de la coalition ACUM et surtout des socialistes, qui remportent les élections municipales d'octobre et novembre 2019, notamment dans la capitale Chișinău où Ion Ceban l'emporte au second tour par 52,39 % des voix contre le candidat de l'ACUM Andrei Nastase[3],[4].

Dans les semaines qui suivent les municipales, le Parti des socialistes fait tomber le gouvernement Sandu à la suite d'un désaccord sur une réforme du mode d'élection du procureur de la République portée par la Première ministre. Une motion de censure est votée avec le soutien des démocrates par 63 voix sur 101, et permet au président Igor Dodon de nommer Ion Chicu au poste de Premier ministre[5],[6]. Cet ancien ministre de l'Économie et proche conseiller du président est présenté par ce dernier comme un technocrate indépendant[5],[6]. Son gouvernement, uniquement composé d'indépendants proches du président ou ayant participé à des gouvernements démocrates, obtient les soutiens combinés des socialistes et des démocrates. Ces derniers l’intègrent pleinement par la suite à la faveur d'un remaniement, cimentant l'alliance de circonstance entre les deux formations[7],[8].

Mode de scrutin

Le président de la république de Moldavie est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois de manière consécutive. Est élu le candidat ayant recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, à condition que le quorum de participation de 33 % des inscrits ait été franchit. À défaut, un second tour est organisé deux semaines plus tard entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de voix est déclaré élu, sans condition de participation[9].

En accord avec l'article 78(2) de la Constitution, « peut être élu président de la République le citoyen ayant le droit de vote, qui a atteint l'âge de 40 ans révolus, qui habite ou a habité sur le territoire de la république de Moldavie au moins 10 années et qui parle couramment la langue officielle ».

Campagne

Premier tour

La campagne électorale voit comme à son habitude s'opposer les partisans d'un rapprochement avec la Russie et ceux d'un rapprochement avec l'Union européenne, respectivement regroupés autour du président Igor Dodon et de l'ancienne Première ministre Maia Sandu. À cet affrontement vient cependant s'ajouter un discours populiste et anti système principalement porté par Renato Usatîi.

Igor Dodon

Logo de campagne de Dodon

La campagne du président sortant, entamée officiellement le 9 septembre, est marquée par plusieurs promesses de campagne destinées à rallier la part russophile de la population moldave[10]. Igor Dodon met ainsi en avant son intention de légiférer pour donner un rôle officiel à la langue russe et à rendre son apprentissage obligatoire à l'école, tout en renforçant les liens économiques avec la Russie. Son programme est également axé sur la consolidation du système de sécurité sociale, la mise en avant des valeurs chrétiennes et familiales, ainsi que sur la préservation de l'intégrité territoriale du pays[11].

Sa candidature, officiellement indépendante en raison de l'interdiction faite au président d'être membre d'un parti, reçoit le soutien officiel de son ancienne formation politique, le Parti des socialistes de la république de Moldavie[12].

Maia Sandu

Logo de campagne de Sandu

Maia Sandu déclare dès le 18 juillet 2020 son intention de se porter à nouveau candidate à la présidence. Les premiers mois sont marqués par la déchirure de l'alliance de son parti, le Parti action et solidarité, d'avec la Plateforme vérité et dignité, qui l'avait en 2016 portée comme candidate commune de leur alliance, le Bloc électoral ACUM. S'estimant trop mise à l'écart au sein du bloc électoral, la plateforme présente son propre candidat, Andrei Năstase[13].

Lancée officiellement le 2 octobre par deux discours  l'un en roumain, l'autre en russe , la campagne de Sandu se concentre sur des promesses de lutte contre la corruption et la pauvreté ainsi que sur une réforme du système judiciaire[14]. Ce dernier point avait mené à la chute du Gouvernement Sandu l'année précédente à la suite du retrait du soutien du PSRM. En tant que candidate, celle-ci réitère au président sortant ses accusations de sabotage délibéré des réformes dans le domaine[15]. Dodon est également accusé d'une mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19 et de ses conséquences économiques, de dévoiement des moyens présidentiels en faveur de sa campagne, ainsi que de tentatives de fraude électorale[16],[17],[18].

L'ancienne Première ministre affiche également des objectifs de baisse du chômage et de liens resserrés avec l'Union européenne, tout en promettant une augmentation à 2 000 Leu du minimum vieillesse (environ 100 euros)[19].

Renato Usatîi

Logo de campagne d'Usatîi

Après avoir annoncé publiquement songer à se présenter fin juillet 2020, le dirigeant de Notre Parti, Renato Usatîi, annonce sa décision d'entrer en lice le 27 août suivant, avant de l'officialiser par le dépôt d'une candidature le 7 septembre[20].

Renato Usatîi débute sa campagne le 2 octobre par un discours au cours duquel il présente ses principaux objectifs : servir et représenter le peuple, lutter contre la corruption et le népotisme, et résoudre tous les problèmes des électeurs[21]. Ces différents éléments ainsi que plusieurs de ses promesses de campagne amène le candidat à être qualifié de populiste et anti système. Usatîi affirme ainsi vouloir éradiquer la corruption par la mise en place d'un équivalent moldave au Mossad, dissoudre immédiatement le parlement et supprimer certains échelons administratifs[22].

Russophone affirmé, mais partisan d'un rapprochement économique avec la Roumanie et l'Ukraine, le candidat se révèle un farouche opposant au président Igor Dodon, contre lequel il organise plusieurs manifestations, et annonce son intention de le poursuivre en justice une fois élu[23],[22]. Utilisant fréquemment des vidéos publiées sur les réseaux sociaux dans lesquelles il s'adresse directement aux électeurs, Usatîi accuse Igor Dodon de corruption, de falsification de sondages, d'espionnage à l'encontre de sa campagne, et de tentative de fraude électorale via l'acheminement d'électeurs pro russes en provenances de la région séparatiste de Transnistrie[24],[25],[26].

Entre-deux-tours

Maia Sandu reçoit le soutien d'Andrei Năstase, ainsi que des candidats Dorin Chirtoacă et Octavian Țîcu, partisans affirmés de l'unification du pays avec la Roumanie[27],[28],[29]. Renato Usatîi appelle à voter contre Igor Dodon au second tour, sans pour autant soutenir directement Maia Sandu[30]. La candidate du très russophile Parti Șor, Violeta Ivanov, ne se prononce quant à elle pour aucun candidat, se contentant de recommander à ses électeurs de voter pour le programme se rapprochant le plus du sien[31].

Résultats

Résultats nationaux[32],[33],[34]
Candidat Parti 1er tour 2d tour
Voix % Voix %
Maia Sandu PAS 487 635 36,16 943 006 57,72
Igor Dodon PSRM 439 866 32,61 690 614 42,28
Renato Usatîi PN 227 939 16,90
Violeta Ivanov ȘOR 87 542 6,49
Andrei Năstase PPDA 43 924 3,26
Octavian Țîcu PUN 27 170 2,01
Tudor Deliu PLDM 18 486 1,37
Dorin Chirtoacă MPU 16 157 1,20
Suffrages exprimés 1 348 719 98,55 1 633 620 99,00
Votes blancs et nuls 19 797 1,45 16 511 1,00
Total 1 368 516 100 1 650 131 100
Abstentions 1 627 375 54,32 1 362 271 44,22
Inscrits / participation 2 995 891 45,68 2 995 891 55,78

Représentation des résultats du second tour :

Maia
Sandu
(57,72 %)
Igor
Dodon
(42,28 %)
Majorité absolue

Analyses

Suites

Notes et références

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