Élections législatives moldaves de 2025
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| Élections législatives moldaves de 2025 | ||||||||||||||
| 101 sièges du Parlement (majorité absolue : 51 sièges) | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Type d’élection | Élections législatives | |||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 3 080 866 | |||||||||||||
| Votants | 1 608 518 | |||||||||||||
| 52,21 % | ||||||||||||||
| Votes exprimés | 1 578 724 | |||||||||||||
| Blancs et nuls | 29 794 | |||||||||||||
| Parti action et solidarité – Igor Grosu | ||||||||||||||
| Voix | 792 557 | |||||||||||||
| 50,20 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 55 | |||||||||||||
| Bloc électoral patriotique – Igor Dodon | ||||||||||||||
Liste
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| Voix | 381 505 | |||||||||||||
| 24,17 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 26 | |||||||||||||
| Bloc Alternative – Ion Ceban | ||||||||||||||
Liste
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| Voix | 125 685 | |||||||||||||
| 7,96 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 8 | |||||||||||||
| Notre Parti – Renato Usatîi | ||||||||||||||
| Voix | 97 852 | |||||||||||||
| 6,20 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 6 | |||||||||||||
| Parti Démocratie à la maison – Vasile Costiuc | ||||||||||||||
| Voix | 88 679 | |||||||||||||
| 5,62 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 6 | |||||||||||||
| Carte électorale | ||||||||||||||
| Premier ministre | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Dorin Recean Ind. |
Alexandru Munteanu Ind. | |||||||||||||
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Les élections législatives moldaves de 2025 ont lieu le afin de renouveler les 101 députés du Parlement moldave.
Les élections sont largement remportées par le Parti action et solidarité (PAS) au pouvoir, de la présidente pro-européenne Maia Sandu, qui conserve la majorité absolue des suffrages et des sièges. Le PAS devance ainsi le Bloc électoral patriotique (BEP), pro-russe, qui demeure la principale formation d'opposition, bien que les deux formations perdent des sièges par rapport au scrutin précédent. Trois autres forces politiques pro-russes font leur entrée au Parlement.
Élections législatives de 2021
Les élections législatives de voient la victoire du Parti action et solidarité qui arrive largement en tête avec plus de la moitié des suffrages exprimés, contre moins d'un tiers pour le Bloc électoral des communistes et socialistes, arrivé deuxième[1]. Outre ces deux formations, seul le Parti Șor parvient à franchir le seuil électoral nécessaire pour obtenir des sièges. Les résultats sont confirmés par la Cour constitutionnelle le [2].
La présidente Maia Sandu remporte ainsi son pari en s'assurant le contrôle du parlement, nécessaire pour la mise en œuvre de sa politique centrée sur la lutte contre la corruption et le rapprochement avec l'Union européenne[3].
La nouvelle législature tient sa session inaugurale le , présidée par le doyen des nouveaux députés, Édouard Smirnov[4]. Igor Grosu est ensuite élu président du parlement le 29[5], la veille de la nomination par Maia Sandu de Natalia Gavrilița au poste de Première ministre[6]. Cette dernière reçoit la confiance du parlement par 61 voix sur 101 le [7].
Invasion de l'Ukraine par la Russie

La vie politique de la Moldavie se retrouve profondément affectée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie le . Si le pays n'est pas directement touché par les combats, il est largement considéré comme l'étape suivante de l'avancée russe en cas de victoire sur l'Ukraine, en particulier à cause de l'existence de la république autoproclamée de Transnistrie, qui a fait unilatéralement sécession de la Moldavie en 1990 avec la protection de troupes russes et réclame depuis à plusieurs reprises son rattachement à la fédération de Russie[8].
Au premier jour de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Maia Sandu annonce l'ouverture des frontières aux Ukrainiens souhaitant se mettre en sécurité en Moldavie ou y passer pour rejoindre d'autres pays européens [9]. Le suivant, elle annonce la signature d'une demande formelle d'adhésion de la Moldavie à l'Union européenne[10]. Les vingt-sept pays de l'Union répondent favorablement à cette demande et le accordent à l'unanimité le statut de candidat à la Moldavie, ainsi qu'à l'Ukraine[11],[12]. Courant 2023, Maia Sandu accuse publiquement la Russie d'avoir tenté de renverser le gouvernement moldave en utilisant des soldats habillés en civil pour attaquer des bâtiments de l'État, prendre le contrôle du gouvernement du pays et installer un gouvernement fantoche pro-russe en s'appuyant sur des oligarques moldaves en exil liés aux milieux mafieux. L'évènement provoque une crise dans les relations entre les deux pays[13],[14].
La guerre provoque également une crise économique qui touche durement l'économie moldave et entraine un mécontentement populaire attisé par le Parti Șor, de l'oligarque pro-russe Ilan Șor. Accusé de participer aux tentatives de déstabilisation du pays par la Russie, celui ci est interdit sur décision de la Cour constitutionnelle le [8]. Début , un système d'achat de voix à grande échelle piloté par Ilan Șor est découvert par les autorités. Bien que la Moldavie soit coutumière de cette pratique, le système prend cette fois-ci une ampleur « sans précédent » avec plus de 100 000 électeurs concernés pour un total d'environ 14 millions d'euros, chaque électeur ayant reçu entre 46 et 96 euros par mois en amont du scrutin. Ilan Șor se défend en mettant en avant la légalité des versements, et en accusant le gouvernement moldave de former un État policier. L'achat massif de voix en faveur de candidats pro-russe est soupçonné d'être la première étape d'un plan de déstabilisation similaire à une guerre hybride, le déclenchement de manifestations devant s'ensuivre en cas de défaite des russophiles[15].
Élection présidentielle de 2024

L'élection présidentielle de 2024 prend ainsi très tôt la forme d'un test électoral majeur pour la politique de rapprochement avec l'Union européenne amorcée par Maia Sandu, qui se porte candidate à un second mandat[16],[17]. Ses principaux adversaires, dont notamment Alexandr Stoianoglo du PSRM, et Renato Usatîi de Notre Parti (PN), prônent en effet une politique diamétralement opposée de rapprochement avec la Russie[18],[19].
Consciente de l'importance de ce sujet sur la campagne, Maia Sandu use de sa majorité au parlement pour convoquer un référendum sur l'inscription de l'objectif d'adhésion à l'Union européenne dans la Constitution, organisé en même temps que le premier tour de la présidentielle[20],[21].
Le premier tour de scrutin présidentiel bénéficie d'une bonne participation. Le taux de 33 % nécessaire à la validation des résultats est ainsi atteint dès 15 h, avec 36 % de participation[22]. Maia Sandu arrive une nouvelle fois largement en tête du premier tour avec plus de 42 % des voix[23].
La présidente sortante se retrouve néanmoins fragilisée par la victoire en demi-teinte du camp pro-européen au référendum constitutionnel organisé simultanément, pour la campagne duquel elle s'était personnellement impliquée et qui voit la perspective d'une adhésion à l'Union européenne approuvée par 50,35 % des voix. Dans ce dernier comme lors du premier tour, la Moldavie souffre de ce que Maria Sandu qualifie d'opérations de propagande et d'achats de voix menées par des groupes criminels en collaboration avec la Russie, qu'elle dénonce comme une « attaque sans précédent contre la démocratie »[24]. Plus de 150 000 voix auraient ainsi été achetés en faveur des positions et candidats pro-russes[25].
Bien qu'arrivé deuxième, son adversaire Alexandr Stoianoglo, du russophile Parti des socialistes parvient à dépasser les prévisions des sondages et dispose d'importantes réserves de voix dont manque Maia Sandu, augurant ainsi d'un second tour très serré[26]. Sur les candidats ayant échoués à se qualifier, seul Octavian Țîcu appelle ainsi à voter « contre Stoianoglo »[27]. Si le candidat des socialistes ne reçoit le soutien officiel que de Victoria Furtună[28], plusieurs autres candidats appellent à voter « contre Sandu » : Irina Vlah, Vasile Tarlev, Ion Chicu et Natalia Morari[29],[30],[31],[32]. Les trois candidats restants refusent de se prononcer : soit Andrei Năstase, Tudor Ulianovschi et surtout Renato Usatîi qui, arrivé troisième avec près de 14 % des suffrages, constitue la principale réserve de voix[33],[34],[35].
Maia Sandu est finalement réélue à l'issue du second tour avec plus de 55 % des suffrages. Comme les votes opposés à l'Union européenne lors du référendum, Stoianoglo arrive initialement en tête, avant que le dépouillement des voix des grandes villes et de la diaspora ne fassent passer Sandu en tête[36]. Comme en 2019, cette dernière bénéficie d'un large appui de la diaspora, mais ne l'emporte cette fois ci pas sur les seules voix exprimées dans le pays même, où Stoianoglo réunit 51 % des suffrages[37].
Le jour même du second tour, la police moldave annonce l'ouverture d'une enquête sur le transport, par la Russie, d'électeurs moldaves résidant sur le sol russe, biélorusse, azerbaïdjanais et turcs, afin qu'ils participent au scrutin[38].
La réélection de Maia Sandu est perçue comme un nouveau revers pour la Russie de Vladimir Poutine, et rassure les dirigeants de l'Ukraine voisine ainsi que de l'Union européenne. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la félicite ainsi au lendemain du scrutin, s'affirmant « heureuse de continuer à travailler » avec elle[39],[37].
Le , le parlement vote en faveur de la tenue des élections le par 57 voix pour, contre 32 abstentions[40].
Ingérences en amont des législatives
Le , Maia Sandu accuse la Russie de préparer une opération, complexe et coordonnée, d’ingérence « sans précédent » pour faire basculer dans son camp la Moldavie lors des élections de septembre. Moscou emploierait ainsi des mécanismes d’achat de votes, d'organisation de manifestations « violentes » rémunérées, de cyberattaques et de financements avec des « cryptomonnaies » ; « 100 millions d’euros » étant prévus à cet effet, selon la présidente. Maia Sandu a accusé les deux principales forces de l’opposition de profiter de ce plan pour la priver d’une majorité au Parlement qui rapprocherait l’ex-république soviétique d’une intégration à l’UE. La première de ces familles politiques est menée par le « groupe criminel » de l’oligarque prorusse Ilan Shor, et la seconde par un « prétendu courant souverainiste » qui serait assujetti, selon elle, au président russe Vladimir Poutine[41].
En , BBC News révèle une opération russe de désinformation à grande échelle sur les réseaux sociaux, visant spécifiquement à détourner les électeurs moldaves du parti au pouvoir, et à créer des doutes infondés quant à la crédibilité des résultats en cas de victoire de celui-ci[42].
Au-delà des opérations d'influence russes, le parti Alliance pour l'unité des Roumains, dirigé par George Simion (interdit de territoire en Moldavie), mène des campagnes de désinformation similaires aux réseaux prorusses et soutient activement le parti unioniste Democrația Acasă[43].
Système électoral

La Moldavie est dotée d'un Parlement monocaméral (Parlamentul Republicii Moldova) composé de 101 députés élus pour un mandat de quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes fermées et seuil électoral de 5 % dans une unique circonscription nationale. Ce seuil passe à 7 % pour les listes présentées conjointement par deux partis et à 11 % pour les listes présentées par des coalitions de trois partis ou plus. Dans le cas de candidats indépendants, le seuil est abaissé à 2 %[44],[45].
Les citoyens moldaves domiciliés hors du pays disposent de deux jours pour voter dans les bureaux ouverts dans leurs pays de résidence, tant qu'ils disposent d'un passeport valide. Ces dispositions visant à favoriser la participation de la diaspora sont mises en place dans un contexte de forte émigration de la population depuis plusieurs années[44].
Depuis 2017, les listes sont obligatoirement composées d'un minimum de 40 % de candidats de l'un ou l'autre sexe. La loi électorale n'impose cependant pas l'alternance des sexes des candidats sur les listes[46],[47].
Forces en présence
| Partis | Idéologie | Chef de file | Résultats en 2021 | |
|---|---|---|---|---|
| Parti action et solidarité Partidul Acțiune și Solidaritate (PAS) |
Centre droit Social-libéralisme, europhilie |
Igor Grosu | 52,80 % des voix 63 députés | |
| Bloc électoral patriotique Blocul electoral Patriotic (BEP) |
Gauche à extrême gauche Socialisme démocratique, euroscepticisme, nationalisme de gauche, russophilie |
Vladimir Voronin et Igor Dodon | 27,17 % des voix 32 députés | |
| Bloc Alternative Blocul electoral "Alternativa" (BeA) |
Centre gauche Social-démocratie |
Ion Ceban | Nouveau | |
| Notre Parti Partidul Nostru (PN) |
Attrape-tout Antisystème, conservatisme social, russophilie |
Renato Usatîi | 4,10 % des voix 0 députés | |
| Parti Démocratie à la maison Partidul Democrația Acasă (PPDA) |
Droite Union de la Moldavie et de la Roumanie, populisme, libéral-conservatisme |
Vasile Costiuc | 1,45 % des voix 0 députés | |
Campagne
Le scrutin est la cible d'une campagne de désinformation menée par la Russie, multipliant les infox à l'encontre du gouvernement de Maia Sandu[48]. Le , le Parti du cœur de la Moldavie, membre du Bloc électoral patriotique pro-russe, est interdit pour un an et exclu du scrutin pour des soupçons d'achats de voix, de blanchiment d'argent et de financement illicite. La coalition a alors 24 h pour modifier sa liste de candidats, dans le respect de la parité[49]. Ayant respecté ces exigences, le bloc se maintient alors en course[50]. Le jour même, le Parti de la Grande Moldavie, soupçonné de liens avec le parti pro-russe d'Ilan Șor, est lui exclu du scrutin pour les mêmes raisons [51].
De son côté, considérant les autres partis comme étant pro-russes, le Parti action et solidarité a décidé de participer au scrutin sans nouer d'alliances avec d'autres partis[50].

