Élections générales sud-africaines de 2024
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| Élections générales sud-africaines de 2024 | ||||||||||||||
| 400 sièges de l'Assemblée nationale (Majorité absolue : 201 sièges) | ||||||||||||||
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| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Inscrits | 27 782 081 | |||||||||||||
| Votants | 16 290 156 | |||||||||||||
| 58,64 % | ||||||||||||||
| Blancs et nuls | 213 437 | |||||||||||||
| Congrès national africain – Cyril Ramaphosa | ||||||||||||||
| Voix | 6 459 683 | |||||||||||||
| 40,18 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 159 | |||||||||||||
| Alliance démocratique – John Steenhuisen | ||||||||||||||
| Voix | 3 505 735 | |||||||||||||
| 21,81 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 87 | |||||||||||||
| Umkhonto we Sizwe – Jacob Zuma | ||||||||||||||
| Voix | 2 344 309 | |||||||||||||
| 14,58 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 58 | |||||||||||||
| Combattants pour la liberté économique – Julius Malema | ||||||||||||||
| Voix | 1 529 961 | |||||||||||||
| 9,52 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 39 | |||||||||||||
| (en) elections.org.za | ||||||||||||||
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Les élections générales sud-africaines de 2024 ont lieu le 29 mai 2024 afin d'élire les membres de l'Assemblée nationale d'Afrique du Sud, ainsi que ceux des assemblées provinciales des neuf provinces du pays.
L'Assemblée nationale procède peu après son élection à celle du président de la République, élu au scrutin indirect pour cinq ans.
Le Congrès national africain (ANC) mené par le Président Cyril Ramaphosa perd la majorité absolue des sièges, une première depuis la fin de l'apartheid trente ans plus tôt. Si l'Alliance démocratique (DA) de John Steenhuisen conserve la seconde place et demeure le principal parti d'opposition, le recul de l'ANC profite principalement au parti Umkhonto we Sizwe (MK) de l'ancien président Jacob Zuma, qui arrive troisième pour sa première participation à un scrutin national.
Outre le recul historique de l'ANC, les élections de 2024 aboutissent pour la première fois depuis 1924 à un parlement sans majorité, contraignant les formations politiques à s'entendre de manière inédite sur un gouvernement de coalition. Début juin, l'ANC conclut un accord en ce sens avec la DA, le Parti Inkatha de la liberté (IFP) et l'Alliance patriotique (PA).
La majorité ainsi formée permet notamment au président Ramaphosa d'être reconduit pour un deuxième mandat lors de l'élection présidentielle organisée au scrutin indirect le 14 juin suivant. Il forme le 30 juin son nouveau gouvernement, qui inclut les différents partenaires de coalition.

Les précédentes élections en mai 2019 conduisent à un léger recul du Congrès national africain (ANC), qui sort néanmoins vainqueur en conservant la majorité absolue à l'Assemblée nationale ainsi que dans huit des neuf assemblées provinciales. À la tête de l'ANC et du pays depuis la démission en février 2018 de son prédécesseur Jacob Zuma, condamné pour corruption, le président sortant Cyril Ramaphosa est reconduit à la présidence du pays le suivant.
L'ANC fait face depuis plusieurs scrutins à une baisse de ses résultats électoraux face à la principale formation d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), ainsi que de la poussée sur sa gauche des Combattants pour la liberté économique (EFF), qui enregistrent en 2019 une nette progression, la DA conservant cependant la deuxième place au niveau national ainsi que la majorité à l'assemblée du Cap-Occidental. Ce recul amène Ramaphosa à déclarer vouloir « tirer les leçons » des législatives lors de son discours d'investiture[1].
Plusieurs partis de l'opposition annoncent, le 17 août 2023, la création de la Charte multipartite (Multi-Party Charter), réunissant la DA, le Parti Inkatha de la liberté (IFP), le Front de la liberté (VF+), le nouveau parti ActionSA, et d'autres partis mineurs. L'accord vise à permettre aux partis de s'entraider dans le but d'empêcher la réélection de l'ANC, mais également d'éviter que cette dernière ne finisse pas par s'allier aux EFF. Les partis de l'opposition traditionnelle sont en effet échaudés par la conclusion d'une telle alliance lors des élections locales à Johannesburg[2]. Le Parti chrétien-démocrate africain (ACDP) se joint à l'alliance le 7 octobre suivant[3], tandis que le Parti chrétien-démocrate unifié (UCDP) — extraparlementaire, mais ayant obtenu des élus lors des précédentes élections — en fait de même le 14 décembre[4].
L'ANC se retrouve par la suite concurrencé par la scission provoquée par Jacob Zuma, qui soutient puis prend la tête du parti Umkhonto we Sizwe (MK), du nom de la branche militaire éponyme de l'ANC sous l'apartheid[5], fondé en décembre 2023. Le 21 mai 2024, soit à peine plus d'une semaine avant le scrutin, la Cour constitutionnelle juge illégale la candidature de Jacob Zuma à un siège de député. Son nom est par conséquent retiré de la liste du parti, bien que sa photo demeure sur les bulletins de vote en tête de liste[6],[7],[8].
Mode de scrutin
L'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement d'Afrique du Sud, est composée de 400 sièges pourvus tous les cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées, à raison de 200 sièges répartis dans neuf circonscriptions électorales de 4 à 43 sièges correspondant aux neuf provinces du pays en fonction de leur population, et de 200 sièges restants à pourvoir dans une circonscription nationale unique. Les résultats en pourcentages de voix donnent lieu à une répartition des sièges à la proportionnelle sans seuil électoral, selon la méthode du plus fort reste et quotient de Droop, puis selon la méthode de la plus forte moyenne pour les éventuels sièges restants[9]. Les électeurs doivent être âgés de plus de dix huit ans. Les partis ont la possibilité de présenter une liste nationale ainsi que des listes pour les provinces, dites listes régionales, ou bien uniquement ces dernières[9].
La répartition des sièges s'effectuait auparavant sur la base d'un seul vote par électeur. À la suite d'un recours du Mouvement nouvelle nation, la Cour constitutionnelle juge inconstitutionnel ce système en juin 2020, car empêchant les électeurs de voter pour des candidats Indépendants. Pour la première fois lors des élections de 2024, les électeurs disposent d'un bulletin de vote pour la répartition à l'assemblée nationale des 4 à 43 sièges de leur province — pour lesquels les indépendants peuvent candidater — et d'un second bulletin de vote pour la répartition des 200 sièges au niveau national. Comme auparavant, ces votes sont distincts de celui effectué sur un autre bulletin pour les élections provinciales[10].
Les assemblées des neuf provinces sont composées de 30 à 80 sièges pourvus selon le même mode de scrutin proportionnel à listes bloquées. Leurs membres élisent à leur tour pour cinq ans les exécutifs des provinces[11], ainsi que les membres de la Chambre haute du pays, le Conseil national des Provinces à raison de dix conseillers par province, dont obligatoirement le président provincial[12].
| Provinces | SN | SP | ||
|---|---|---|---|---|
| Sièges | +/- | Sièges | +/- | |
| Cap-Nord | 5 | 30 | ||
| Cap-Occidental | 24 | 42 | ||
| Cap-Oriental | 25 | 72 | ||
| État libre | 10 | 30 | ||
| Gauteng | 47 | 80 | ||
| KwaZulu-Natal | 41 | 80 | ||
| Limpopo | 20 | 64 | ||
| Mpumalanga | 15 | 51 | ||
| Nord-Ouest | 13 | 38 | ||
| Sièges nationaux | 200 | |||
| Total | 400 | 487 | ||

