Élections en Afrique du Sud
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Les élections générales en Afrique du Sud se déroulent tous les 5 ans. La constitution actuelle date de 1996. Elle a succédé à la constitution provisoire de 1993.
De 1910 à 1994, les élections étaient organisées dans le cadre du système parlementaire de Westminster.
En Union sud-africaine (1910-1961), le chef de l'État était le souverain britannique et le gouvernement était composé de ministres membres du parlement dont les plus importants siégeaient au cabinet. Le chef de gouvernement était le chef du parti capable de disposer d'une majorité à la chambre basse. La souveraineté constitutionnelle fut transférée en 1931 du parlement britannique au parlement sud-africain par l'acte de rapatriement du South Africa Act (acte ratifié en 1934 par l'Afrique du Sud). En 1961, lors de la fondation de la République d'Afrique du Sud, les fonctions du souverain furent transférés au Président de l’État de la République et en 1984, les fonctions de chef d’État et de gouvernement furent fusionnés en la personne du Président.
Durant cette période (1910-1994), les membres du parlement étaient élus dans le cadre d'un scrutin uninominal majoritaire à un tour par circonscription. Le corps électoral fut d'abord limité aux seuls hommes blancs âgés de plus de 21 ans, selon des critères censitaires et de résidences. Dans la province du Cap et du Natal, le corps électoral était élargie selon des critères censitaires et capacitaires aux populations coloureds et bantous. Les critères censitaires furent supprimés pour les hommes blancs (1931), le droit de vote accordé aux femmes blanches (1931) et abaissé à 18 ans (1958). Dans le même temps, les franchises électorales furent restreintes pour les populations noires (1936) puis supprimées, dans le cadre de l'apartheid et de la création des bantoustans (1960). De même, la franchise électorale des populations coloureds sur les listes électorales communes avec les blancs fut supprimée en 1956.
Si la nouvelle constitution sud-africaine de 1983 redonna le droit de vote aux populations coloureds et indiennes dans le cadre d'un parlement tricaméral, c'est celle de 1993 qui constitutionnalisa une charte des droits et libertés et instaura le suffrage universel, permettant aux populations noires de désigner leurs représentants au même titre que les autres catégories de population, dans le cadre d'un scrutin de liste à la proportionnelle. Le parlement tricaméral est alors remplacé par un nouveau parlement composé de deux chambres : l'assemblée nationale et le Sénat tandis que le mode de scrutin uninominal à un tour, en vigueur depuis 1910, est abandonné et remplacé par un mode de scrutin proportionnel plurinominal [1]: Que ce soit au niveau national ou provincial, les électeurs ne votent plus par circonscription électorale mais votent désormais pour un parti. Les sièges sont ensuite attribués aux différents partis, proportionnellement au nombre de voix qu'ils ont obtenues. Les candidats élus sont ceux figurant dans chacune des listes dans leur ordre d'apparition. Dans ce système, le parti est mandataire du siège et non l'élu. Avec la constitution de 1996, le Conseil national des provinces succède au Sénat. Quant au système parlementaire de Westminster, bien qu'aménagé, il perdure dans ses principes de base quant aux rôles dévolus au chef de gouvernement, au chef du parti majoritaire et à l'opposition parlementaire.
Élections générales sud-africaines de 1910
La coalition mené par le parti "Het Volk" de Louis Botha emporte la majorité avec 67 sièges (sur 130) contre 37 sièges aux unionistes de Leander Starr Jameson et 26 sièges aux autres petits partis.
Élections générales sud-africaines de 1915
En 1914, James Barry Hertzog est l'un des fondateurs du Parti national destiné à promouvoir les intérêts afrikaners et à défendre les idéaux des anciennes républiques boers.
Aux élections d'octobre 1915, le Parti sud-africain de Louis Botha emporte 54 sièges contre 40 aux unionistes, 27 sièges au Parti National, 4 sièges au parti travailliste et six sièges réparties entre de petites formations.
Élections générales sud-africaines de 1920
Le Parti National obtient 44 députés et la majorité relative face au Parti Sud-Africain (41 députés) de Jan Smuts et aux unionistes (25). Les travaillistes obtiennent 20 députés.
Néanmoins, les nationalistes n'ont aucune stratégie d'alliance. Le premier ministre sortant Jan Smuts obtient le soutien des Unionistes pour former un nouveau gouvernement sous l'égide du Parti Sud-Africain. Quelques mois plus tard, les Unionistes acceptent de rallier le parti de Smuts et des élections anticipées sont organisées.
Élections de février 1921
Aux élections anticipées de , le parti sud-africain (qui englobe dorénavant les unionistes) obtient 79 députés contre 45 au Parti national et 6 aux travaillistes.
Le Parti national est alors isolé alors que les Travaillistes soutiennent le gouvernement.
Les grèves ouvrières de 1922 dans le Witwatersrand suivi de leur répression vont éloigner les travaillistes de Smuts alors que le Parti national, par l'intermédiaire de Tielman Roos, a galvanisé les ouvriers du Transvaal et apporté son soutien à leurs revendications sociales et raciales. Roos va négocier un pacte avec Frederic Creswell, le leader travailliste, en vue de former un gouvernement en cas de victoire aux prochaines élections générales.
Élections du 19 juin 1924
Victoire des forces du "Pacte" alliant le Parti national (63 sièges) et le Parti Travailliste de Frederic Creswell (18 sièges) contre 53 sièges au Parti sud-africain. Jan Smuts n'est pas réélu. James Barry Hertzog devient le nouveau premier ministre.
Élections de 1929
Les rapports entre Travaillistes et Nationalistes se détériorèrent. Tielman Roos, l'artisan du Pacte, avait lui-même été mis en minorité au sein du parti national par le leader du Cap, Daniel Malan alors que les travaillistes étaient sommés d'abandonner leur idéologie socialiste.
Aux élections de 1929, le sort du pacte est compromis. Roos, malade, ne se représente pas. Le Parti national remporte 41 % des suffrages et 78 sièges soit la majorité absolue ce qui le dégage de toute alliance. Le Parti sud-africain est majoritaire en voix avec 47 % des suffrages mais minoritaire en siège (61 élus). Les travaillistes conservent huit élus mais Creswell et Sampson restent néanmoins au gouvernement.
Élections de mai 1933
La crise économique et les déclarations intempestives de Tielman Roos, en rupture de parti, sur l'abandon de l'étalon-or conduisent à un bouleversement politique. À l'appel à l'unité nationale par et derrière Tielman Roos répondent l'union nationale négociée entre le Parti national et le Parti sud-africain. Les vieux adversaires d'hier sont prêts à des compromis.
Aux élections de , l'union nationale entre le Parti national et le Parti sud-africain leur apporte une victoire écrasante de 136 députés sur un total de 150. Les autres élus se répartissent entre deux députés du "Parti du Centre" de Tielman Roos, des Travaillistes, des nationalistes et des conservateurs.
L'Union nationale va donner naissance au Parti uni d'Afrique du Sud (UP) en 1934.
Très vite, des dissensions internes conduisent à la scission de quelques députés. Dix-sept parlementaires ne rejoignent pas l'UP mais se regroupent dans un "Parti national purifié" sous la houlette de Daniel Malan. D'autres forment le parti du Dominion (anglophile) ou rejoignent les Conservateurs du Natal.
Élections de mai 1938
Le Parti uni confirme sa domination (114 sièges) mais perd des sièges face au Parti national purifié (27 sièges) de Daniel Malan.
Les autres formations (Travaillistes, Conservateurs, Dominions) émergent peu et font l'appoint du Parti Uni.
En 1939, le Parti Uni s'est scindé entre partisans du premier ministre Hertzog et ceux de Jan Smuts. Cette scission est causée par l'attitude à adopter envers la Grande-Bretagne et l'Allemagne Nazie après la déclaration de guerre. Les partisans de la neutralité se regroupèrent derrière Hertzog tandis que ceux favorables à la Grande-Bretagne se plaçaient sous la houlette de Jan Smuts. Finalement, Hertzog est mis en minorité et doit laisser sa place de premier ministre à Smuts. Hertzog et plusieurs parlementaires quittèrent alors le parti uni pour rejoindre les partisans de Malan dans un éphémère "Parti national reconsititué". Plusieurs partisans d'Hertzog, à commencer par l'ancien ministre Nicolaas Havenga, hostiles à l'autoritarisme et à l'idéologie nationaliste de Malan, quittèrent le parti pour fonder le Parti afrikaner.
Dans le même temps, le Parti national eut à faire face à des dissidences de droite regroupés autour notamment d'Oswald Pirow et de son "Ordre Nouveau" au programme pro-nazi.
Élections du 7 juillet 1943
Le Parti Uni sort victorieux (105 sièges) contre le Parti national purifié (43 sièges et 36 % des votes). Les partisans de Pirow n'obtiennent aucun élu alors que le petit Parti Afrikaner d'Havenga émerge.
Les travaillistes (2 sièges), le Parti du Dominion et les Conservateurs du Natal font encore l'appoint de la majorité de l'UP.
Élections du 26 mai 1948
En 1945, le gouvernement de Jan Smuts mandata une commission concernant les réformes raciales nécessaires à effectuer en Afrique du Sud. Le rapport de cette commission préconisa une libéralisation du système en commençant par l'abolition des réserves ethniques ainsi que la fin du contrôle rigoureux des travailleurs migrants. Hostile à ces recommandations, le Parti national mandata sa propre commission (la commission Sauer) qui recommanda à l'inverse le durcissement des lois ségrégationnistes.
C'est dans ce contexte que se profilèrent les élections du . Le Parti Uni était toujours mené par Jan Smuts mais il n'était pas fait mystère que le libéral progressiste Jan Hendrik Hofmeyr lui succèderait rapidement. Pourtant, Smuts doutait de la capacité d'Hofmeyr à fédérer les blancs sud-africains et se méfiait de son libéralisme en matière raciale. De son côté, le Parti national allait au combat sous la bannière de Daniel Malan, allié au Parti Afikaner dirigé par Nicolaas Havenga.
Au soir des élections, le Parti Uni obtient la majorité des voix mais contre toute attente, perd la majorité des sièges face à la coalition nationaliste. Ainsi avec 42 % des suffrages, la coalition nationaliste emporte 80 sièges (71 élus pour le Parti national purifié et 9 élus au Parti Afrikaner) soit 53 % des sièges du parlement. En face, le Parti Uni (49 % des suffrages) plafonne à 65 sièges alors que leurs alliés du travaillistes ne sauvent que 6 élus (4 % des suffrages).
Toutes les autres formations politiques échouent à faire élire leurs représentants et disparaissent.
Au début du mois de juin, Daniel Malan s'installe aux Union Buildings pour mener sa politique d'apartheid.
Élections d'avril 1953
Le Parti national (formé du Parti Afrikaner et du Parti national purifié) obtient 94 sièges contre 57 sièges au Parti Uni et 6 aux travaillistes.
Élections d'avril 1958
Le Parti national mené par le premier ministre Johannes Strijdom emporte 103 des 156 sièges de l'assemblée nationale et la majorité des suffrages pour la première fois. Les travaillistes disparaissent alors que l'UP continue de s'écrouler (53 députés).
En 1959, une aile de gauche de l'UP forme le parti progressiste.
Référendum national sur la république (octobre 1960)
Le , la République est approuvée par 52,29 % des électeurs contre 47,71 %. Le Transvaal et l'État libre d'Orange ont plébiscité la république alors que le Natal est resté fidèle à la Couronne Britannique.

