Élections législatives srilankaises de 2024

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Inscrits17 140 354
Votants11 815 246
Blancs et nuls667 240
Élections législatives srilankaises de 2024
225 députés du Parlement
Corps électoral et résultats
Inscrits 17 140 354
Votants 11 815 246
68,93% en diminution 7
Blancs et nuls 667 240
Pouvoir populaire national  Anura Kumara Dissanayaka
Voix 6 863 186
61,56%
en augmentation 57,7
Sièges obtenus 159 en augmentation 156
Samagi Jana Balawegaya  Sajith Premadasa
Voix 1 968 716
17,66%
en diminution 6,2
Sièges obtenus 40 en diminution 14
Ilankai Tamil Arasu Kachchi  Sivagnanam Shritharan
Voix 257 813
2,31%
en diminution 0,5
Sièges obtenus 8 en diminution 2
Nouveau Front démocratique  Ranil Wickremesinghe
Voix 500 835
4,49%
en augmentation 2,3
Sièges obtenus 6 en augmentation 5
Sri Lanka Podujana Peramuna  Mahinda Rajapakse
Voix 350 429
3,14%
en diminution 56
Sièges obtenus 3 en diminution 142
Première ministre
Sortant Élu
Harini Amarasuriya
JVP
Harini Amarasuriya
JVP

Les élections législatives srilankaises de 2024 ont lieu de manière anticipée le , pour élire les 225 députés du Parlement.

Crise politico-financière

La crise économique sri-lankaise débute en 2021 sous la présidence de Gotabaya Rajapaksa. Le pays fait en effet face à une faillite catastrophique et s'avère incapable de rembourser une dette abyssale de 83 milliards de dollars accumulée en raison d’une gestion calamiteuse, d’investissements excessifs dans des projets ne générant aucun bénéfices, et de la pandémie de Covid-19. En , le Sri Lanka annonce ne plus pouvoir payer sa dette extérieure, faisant donc défaut de 46 milliards de dollars[1].

Cette crise de la dette conduit à une crise de l'inflation, qui atteint 70 % en , des pertes d'emplois ainsi que des pénuries de biens de consommation importés, dont l'essence, l'électricité, le gaz, la nourriture et les médicaments dues au manque de liquidités étrangères[2].

Résultat du mécontentement grandissant, un mouvement massif de contestation populaire, l’Aragalaya (« lutte »), se propage au printemps 2022 dans toute l'île. D'abord en oppositions aux difficultés économiques, les manifestations redirigent rapidement la colère contre les frères Rajapaska au pouvoir, et revendiquent leur démission. Le , après de violents affrontements entre partisans et opposants du pouvoir, le Premier ministre Mahinda Rajapaksa démissionne et est remplacé par Ranil Wickremesinghe. L’insurrection contraint finalement le président Gotabaya Rajapaksa à fuir son palais le puis le Sri Lanka le [3],[4],[5].

En l'absence du président, le Premier ministre Ranil Wickremesingue assure l'intérim à la tête de l'État. Cette décision provoque l'invasion du siège du gouvernement par les manifestants, et en réaction, le président par intérim décrète l'état d'urgence et le couvre-feu. Le les manifestants sont repoussés du parlement par les forces de police et se retirent du palais présidentiel et du siège du gouvernement. Le même jour, Gotabaya Rajapaksa déclare sa démission au président du Parlement. Dans ce cas, le premier ministre doit, selon la Constitution, exercer l'intérim jusqu'à l'élection d'un nouveau président par le Parlement. Malgré de nouvelles manifestation contre son élection, Ranil Wickremesinghe, soutenu par le clan Rajapaska, est élu président de la République par le Parlement le , avec 134 voix sur 225. Il est assermenté le lendemain[6],[7],[8],[9],[10],[11].

Le nouveau président hérite d'une économie étranglée par une dette de 46 milliards de dollars, privée de réserves de change et en pleine récession. Il négocie alors un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI) qui finit par débloquer en le prêt d'une aide d'urgence de 2,9 milliards de dollars en échange d'une politique d'austérité brutale. Pour sortir le pays de la crise, Wickremesinghe coupe drastiquement dans les dépenses publiques et impose taxes et impôts sans mécanisme de protection sociale. Cette politique a pour résultat de faire revenir l'ordre dans la rue, de mettre fin aux pénuries, de diminuer la dette nationale à 17 milliards de dollars, de reconstituer les réserves de changes, de passer l'inflation sous la barre des 5%, et de faire repartir la croissance du PIB à la hausse, même si elle reste fragile[8],[7].

Mais cette politique a aussi un coût social considérable. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à 18 % plombe le budget de la classe moyenne et des ménages modestes, déjà lourdement frappés par le triplement des prix de l’électricité, de l’essence et de la nourriture en quelques années. Le taux de pauvreté bondit de 11,3 % à près de 30 % entre 2019 et 2023, entraînant une explosion de l'insécurité alimentaire qui atteint un tiers de la population. Environ 600 000 personnes perdent leur emploi. Enfin, entre et , 300 000 personnes partent du pays[12],[6],[13],[14].

Élection présidentielle de 2024

Le , Anura Kumara Dissanayaka remporte l'élection présidentielle srilankaise de 2024, arrivant devant le chef de l'opposition Sajith Premadasa et le président sortant Ranil Wickremesinghe. Son assermentation a lieu le lendemain[15].

En consacrant pour la première fois l'élection d'un président de gauche, cette victoire met fin au bipartisme entre les partis du clan Rajapaksa et le Parti national uni de Ranil Wickremesinghe[16].

Le lendemain, il nomme Harini Amarasuriya au poste de Première ministre et dissout le Parlement[17], conformèment à sa promesse de campagne[18],[19].

Système électoral

Le Parlement du Sri Lanka est un parlement unicaméral doté de 225 sièges pourvus pour six ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes. Sur ce total, 196 sièges sont répartis dans 22 circonscriptions électorales de 4 à 20 sièges chacune en fonction de leur population, avec un minimum de 4 sièges pour chacune des 9 Provinces du Sri Lanka. Un seuil électoral de 12,5 % des suffrages exprimés s'applique dans ces circonscriptions : seuls les partis ayant dépassé ce seuil peuvent recevoir des sièges. Les 29 sièges restants sont quant à eux pourvus dans une unique circonscription nationale et répartis entre les partis en proportion de l'ensemble de leurs suffrages réunis dans les 22 circonscriptions. Les électeurs ont également la possibilité d'effectuer jusqu'à trois votes préférentiels pour des candidats de la liste choisie afin de faire monter leurs places dans celle-ci[20].

Le Sri Lanka étant une ancienne colonie britannique, et un ancien dominion du Commonwealth, le pays pratique le système de Westminster, couplé avec du bipartisme. Il y a donc un parti politique officiellement vainqueur, dont le chef deviendra le nouveau Premier ministre, et un chef de l'opposition. Comme il est impossible pour un simple parti politique d'obtenir la majorité parlementaire, le pays fonctionne avec des alliances de partis.

Campagne

Le manifeste du nouveau président propose la rédaction puis son adoption par référendum d'une nouvelle Constitution instaurant un régime parlementaire avec un président de la République élu par le Parlement[21].

Résultats

Résultats des élections législatives srilankaises de 2024[22]
Parti Voix  % Sièges +/-
Districts Nationaux Total
Pouvoir populaire national 6 863 186 61,56 141 18 159 en augmentation 156
Samagi Jana Balawegaya 1 968 716 17,66 35 5 40 en diminution 14
Nouveau Front démocratique 500 835 4,49 3 2 5 en augmentation 5
Sri Lanka Podujana Peramuna 350 429 3,14 2 1 3 en diminution 142
Ilankai Tamil Arasu Kachchi 257 813 2,31 7 1 8 en diminution 2
Sarvajana Balaya 178 006 1,60 0 1 1 en augmentation 1
Congrès musulman du Sri Lanka 87 038 0,78 2 1 3 en augmentation 2
Voix démocratique unie 83 488 0,75 0 0 0 en stagnation
Parti national uni 66 234 0,59 1 0 1 en stagnation
Alliance nationale démocratique tamoule 65 382 0,59 1 0 1 en augmentation 1
Front de gauche démocratique 50 836 0,46 0 0 0 en stagnation
Alliance démocratique nationale 45 419 0,41 0 0 0 en stagnation
All Ceylon Tamil Congress 39 894 0,36 1 0 1 en diminution 1
Tamil Makkal Viduthalai Pulikal 34 440 0,31 0 0 0 en stagnation
All Ceylon Makkal Congress 33 911 0,30 1 0 1 en augmentation 1
Jaffna – Groupe indépendant 17 30 637 0,27 1 0 1 en augmentation 1
Alliance pour la lutte du peuple 29 611 0,27 0 0 0 en stagnation
Parti démocratique du peuple Eelam 28 985 0,26 0 0 0 en stagnation
Front démocratique national 25 444 0,23 0 0 0 en stagnation
Alliance nationale unie 22 548 0,20 0 0 0 en stagnation
Parti travailliste du Sri Lanka 17 710 0,16 1 0 1 en augmentation 1
Autres partis 121 986 1,09 0 0 0 en stagnation
Indépendants 245 458 2,20 0 0 0 en stagnation
Suffrages exprimés 11 148 006 94,35
Votes blancs et invalides 667 240 5,65
Total 11 815 246 100 196 29 225 en stagnation
Abstentions 5 325 108 31,07
Inscrits / participation 17 140 354 68,93

Suites

Le scrutin est remporté par le Pouvoir populaire national du nouveau président Anura Kumara Dissanayaka[23]. Celui-ci remporte ainsi la majorité des deux-tiers, qui lui permet de faire voter ses réformes, ainsi que sa réforme de la Constitution[24]. Le 16 novembre, le secrétaire général du parti au pouvoir, Tilvin Silva, confirme que la nouvelle Constitution sera adoptée par voie parlementaire, puis soumise à un référendum[25].

Voir aussi

Notes

Références

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