Abbaye Saint-Pierre de Rillé
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| Abbaye Saint-Pierre de Rillé | |||
Image de l'Abbaye Saint-Pierre de Rillé | |||
| Localisation | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Région | Bretagne | ||
| Département | Ille-et-Vilaine | ||
| Commune | Fougères | ||
| Coordonnées | 48° 21′ 30″ nord, 1° 12′ 25″ ouest | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Ille-et-Vilaine
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L'abbaye Saint-Pierre de Rillé est une ancienne abbaye située à Fougères.
Moyen Âge
Vers 1143, Henri, seigneur de Fougères, fit don du bourg de Rillé aux chanoines qui desservaient la chapelle du château de Fougères. Ce don fut confirmé solennellement en 1163 par Raoul II, seigneur de Fougères. Ceux-ci établirent sur la colline du faubourg de Rillé, hors des limites de la ville une abbaye suivant la règle de saint Augustin. L'abbaye était richement dotée ; Amédée Guillotin de Corson fournit la longue liste de ses bénéfices : tout le bourg de Rillé et ses dépendances, des moulins, des droits de lods et ventes, de foires et marchés, de nombreuses dîmes, des droits en forêt de Fougères, etc.., répartis dans de nombreuses paroisses (Lécousse, Fougères, Saint-Ouen-des-Alleux, Antrain, Bazouges-la-Pérouse, Sens, Vieux-Viel, Rimou) et jusqu'en Normandie (Moidrey, Contillé, Verdun-en-Boucey, etc..)[1],[2].
Dès le XVe siècle, l'abbaye tomba en commende. Amédée Guillotin de Corson fournit la liste des 36 abbés qui se sont succédé à la tête de l'abbaye entre sa création et 1790 et des détails biographiques concernant chacun d'entre eux ; parmi eux Gaultier d'Allion (premier abbé, mort en 1137), Sébastien Thomé (mort en 1569), Melchior de Marconnay (mort en 1618), Pierre d'Espinose (mort en 1713), Louis-François Coholan (aumônier de la Compagnie des Indes, mort en 1764), Thomas L'Olivier de Tronjoly (dernier abbé)[2].
Temps modernes
Lors des Guerres de la Ligue l'abbaye de Rillé fut pillée en 1589 par François de Montpensier, prince de Dombes, lorsque celui-ci tenta de prendre Fougères.

En 1628, l'Abbaye est réformée sur la base des règles élaborées par le Père Faure. Celui-ci était aussi coadjuteur de l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris, d’où le nom de Génovéfains adopté par les religieux réformés. L'abbaye est alors affiliée à la Congrégation de France[3]. Amédée Guillotin de Corson fournit la logue liste des biens possédés en 1628 par l'abbaye : tout le bourg de Rillé, de nombreux fiefs à Fougères, La Selle-en-Coglès , Saint-Étienne-en-Coglès, Saint-Ouen-des-Alleux, La Chapelle-Saint-Aubert, Romagné, Saint-Germain-en-Coglès, Villamée, Le Chatellier, Fleurigné, Laignelet, Lécousse, Saint-Marc-sur-Couesnon, Landéan, Sens, etc.., les dîmes de nombreuses paroisses, des rentes foncières et de nombreux privilèges (droits de haute, moyenne et basse justice dzns le bourg de Rillé et de nombreux droits variés (de pêche, de moulin (banalités), de foires, d'usage en forêt de Fougères, etc.[2].

La paroisse de Rillé, qui se limitait au bourg de Rillé, dépendait de l'abbaye ; les offices religieux se tenaient dans l'une chapelle de l'église abbatiale, qui était dédiée à saint Éloi jusqu'au XVIIe siècle ; elle changea alors de saint patron, dédiée désormais à sainte Marie, raison pour laquelle Rillé fut appelé "Sainte-Marie de Fougères". L'abbaye possédait aussi le faubourg de l'Échange et de nombreuses terres au sein de la paroisse de Lécousse[4].
Douze prieurs-cure dépendaient de l'abbaye (Saint-Pierre et Saint-Paul de Bazouges-la-Pérouse, Saint-Martin de Fleurigné, Saint-Pierre de Landéan, Sain-Melaine de Montours, Saint-Pierre de Québriac, Notre-Dame de Rillé, Saint-Christophe-de-Valains, Saint-Rémy-du-Plain, Saint-Sulpice de Sens (tous dans l'évêché de Rennes) ainsi que Les Loges-Marchis et Martigny dans l'évêché d'Avranches ; six prieurés simples en dépendaient également : Saint-Roch et Saint-Mathurin d'Apigné, Notre-Dame du château de Fougères, Saint-Jacques de Landal, Saint-Denis de Rennes (tous les quatre dans l'évêché de Rennes), ainsi que Saint-Étienne de Courtils dans l'évêché d'Avranches et Saint-Nicolas de Taupont dans l'évêché de Saint-Malo[2].
En 1713, la mense abbatiale fut réunie à la cure de Lorient ; son dernier abbé commendataire fut Thomas L'Olivier de Tronjoly, curé de Lorient.
L'abbaye fut entièrement reconstruite au XVIIIe siècle : la reconstruction, entre 1724 et 1750, se fit sous l'abbatiat de Louis-François Coholan (décédé en 1761), aumônier de la Compagnie des Indes
Le nombre des religieux dans l'abbaye ne dépassa jamais 10. En 1768 il n'y restait que 4 religieux.
Révolution française
Les religieux refusent de prêter serment à la Constitution civile du clergé et sert même de refuge à plusieurs prêtres réfractaires qui y célèbrent la messe. En mesure de rétorsion les autorités civiles suppriment la paroisse Sainte-Marie de Rillé, réunie à celle de Saint-Sulpice de Fougères.
L'abbaye, devenue bien national, fut vendue le au citoyen Gabriel Desfeux qui n’eut pas les moyens de l’entretenir ; il la démolit pour en vendre les pierres à la fin de 1797. L’église, le cloître, et la plus grande partie des bâtiments conventuels disparaissent (seule subsiste la tour d'escalier)[5].
Dom Delaunay, prieur de l'abbaye, est arrêté et emprisonné au Mont-Saint-Michel. En 1793, libéré par les Vendéens, il revient à Fougères, mais est à nouveau arrêté, emprisonné à Rennes et exécuté le [3].
Le XIXe siècle

En 1828 Jean-Marie de Lamennais en devient propriétaire avec le projet d'y établir un noviciat, mais renonce.
Les restes de l'abbaye est achetée en 1830 par l'abbé J.-B. Le Taillandier (1788-1870), recteur de Laignelet, qui y installa en 1833 la congrégation des Sœurs Adoratrices de la Justice de Dieu, fondée par Anne Boivent (1787-1865) à Laignelet, appelées de nos jours Sœurs du Christ Rédempteur.
En 1833, Mère Marie-Thérèse (Anne Boivent) et deux autres sœurs s’installent à Fougères dans l’ancienne abbaye du XIe siècle des chanoines réguliers de Rillé[6], ce qui fait que les religieuses seront souvent appelées sœurs de Rillé. Le Père Le Taillandier voulait d'abord un institut contemplatif mais la congrégation prend rapidement une dimension hospitalière puis enseignante ; un hospice est créé en 1833 puis une œuvre pour les sourds-muets en 1846, ainsi qu'un pensionnat et un orphelinat. Elles essaiment très rapidement dans les campagnes, surtout aux environs de Fougères et Vitré[7]où les sœurs tiennent les écoles et prennent soin des malades[8]. L'institut est civilement reconnu par décret impérial du [6].
Le XXe siècle

Lors de la loi sur les expulsions de congrégations, les Sœurs s'exilent aux Pays-Bas[7]. En 1968, la congrégation change de nom pour celui du Christ Rédempteur[9].
- La communauté de Rillé vue depuis la ville de Fougères au début du XXe siècle (carte postale E. Mary-Rousselière).
Amédée Fleury (1878-1961) a pris de nombreuses photographies des bâtiments et de la communauté des Sœurs de Rillé dans la première moitié du XXe siècle visibles sur un site du Musée de Bretagne[10].
Le XXIe siècle
- Abbaye Saint-Pierre de Rillé : vue générale.
- Abbaye Saint-Pierre de Rillé : vue d'ensemble de la façade.
- Maison-mère des Sœurs du Christ Rédempteur, à Rillé.
Notes et références
- ↑ « Abbaye Saint-Pierre de Rillé (Fougères, Ille-et-Vilaine) », sur bibale.irht.cnrs.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 Amédée Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes : L'abbaye Saint-Pierre de Rillé et ses prieurés, vol. 2, Rennes, Fougeray, 1880-1886 (lire en ligne), p. 595 à 635.
- 1 2 « Petite histoire de l’Abbaye St-Pierre de Rillé à Fougères », sur soeurs-christredempteur.catholique.fr (consulté le ).
- ↑ « L'abbaye et la paroisse de Rillé », sur infobretagne.com (consulté le ).
- ↑ « Abbaye de Chanoines, 54 rue de Rillé (Fougères) », sur patrimoine.bzh, (consulté le ).
- 1 2 Joseph Martin Maillaguet, Le miroir des ordres et instituts religieux de France, t. I : A-F, Avignon, Chaillot, (lire en ligne), p. 9 à 11
- 1 2 Monique Geslot, « Congrégation des Sœurs du Christ Rédempteur », dans Catholicisme : hier, aujourd'hui, demain, Letouzey et Ané, p. 583
- ↑ « Christ Rédempteur », sur aaef-asso.fr (consulté le )
- ↑ « Congrégation des Soeurs du Christ Rédempteur », sur data.bnf.fr (consulté le ).
- ↑ « Rillé », sur collections.musee-bretagne.fr (consulté le ).