Abusua

From Wikipedia, the free encyclopedia

Abusua est un système d'organisation clanique matrillinéaire apparu durant la seconde moitié du XVIe siècle dans la culture Akan. C'est le nom donné à un groupement de personnes (ou plus spécifiquement matriclan) qui partagent une ascendance maternelle commune régie par sept divinités féminines[1]. Selon l'abusua, le lignage est considéré passer par le sang de la mère (mogya) et on parle donc de successeur utérin. Il existe plusieurs abusua qui transcendent les différents sous-groupes ethniques en dehors des sept anciens. Les personnes du même abusua partagent un ancêtre commun quelque part dans leur lignée, qui peut remonter à des milliers d'années[1]. Épouser quelqu'un d'un même abusua est considéré tabou. Les différents abusua sont l'Agona (perroquet), l'Aduana (chien), l'Asenie (chauve-souris), l'Oyoko (faucon/faucon), l'Asakyiri (vautour), l'Asona (corbeau), le Bretuo (léopard) et l'Ekuona (taureau).

Selon Gérard Pescheux, la mise en place de la succession matrillinéaire n'est pas uniforme au sein des clans lors des migrations Akan, mais le devient à partir de 1700 sous l'impulsion de l'uniformisation d'Osei Tutu Ier et d'Okomfo Anokye[2].

La notion d'abusua (clan) est directement liée à celle de lignage et de filiation unilinéaire. Elle désigne un groupe d'individus qui reconnaissent un ancêtre commun et pratiquent l'exogamie. Les mariages au sein d'un même clan sont proscrits et l'inceste relève d'un important tabou. En fonction des clans, le mode successoral peut être patrilinéaire ou matrilinéaire, mais la filiation cognatique en est exclue[3].

Si le totémisme est une caractéristique récurrente, elle n'est pas systématique au sein des abusua et peut se substituer à la territorialité lorsque le clan obtient la maîtrise d'un territoire important, ou encore au simple culte des ancêtres. Ce dernier est un critère systématique des abusua où chaque membre se réfère à un aïeul, souvent mythique. Ce système soumet alors les membres d'un même abusua à des obligations d'entraide réciproque[3].

Enfin, ces abusua peuvent être également caractérisés par des fonctions politiques, économiques, rituelles ou militaires. De nombreux critères peuvent varier et définir l'identité propre de chaque abusua. Cette multiplicité est particulièrement importante aujourd'hui puisque le concept possède désormais des contours imprécis[3]. La compréhension du fonctionnement des clans ne peut donc pas se faire par généralisation d'étude de cas spécifiques, puisque toutes les caractéristiques d'un clan ne s'appliquent pas systématiquement à tous les abusua[4].

La notion de lignage, au sein des abusua, se caractérise par la présence d'une structure d'autorité et d'un représentant chargé de régler les conflits internes au lignage. Cette autorité de lignage est souvent localisée territorialement, ou par une résidence, ou par un siège. Les rituels religieux s'organisent au sein de ce lignage afin de réaliser des offrandes au sein du culte des ancêtres[5]. Le lignage possède à sa tête un chef mâle (abusua-panin) et un chef femelle (obaa-panin) qui sont appuyés par les anciens (abusua-paninfo) pour gérer les affaires et conflits du clan[6].

Origine

Clans Ashantis

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI