Guerre Ashanti-Akim-Akwapim

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Date 1814-1816
Issue Victoire tactique de l'Empire ashanti ; impasse stratégique dans les collines.
Guerre Ashanti-Akim-Akwapim
Informations générales
Date 1814-1816
Lieu Côte de l'Or
Issue Victoire tactique de l'Empire ashanti ; impasse stratégique dans les collines.

La guerre Ashanti-Akim-Akwapim, également connue sous le nom d'invasion ashantie de la Côte de l'Or, est un conflit d'expansion opposant l'Empire ashanti à l'alliance des peuples Akyem et Akuapem entre 1814 et 1816. L'objectif ashanti est de sécuriser l'accès commercial vers la côte. La Confédération Fanti est également impliquée pour avoir offert refuge aux forces alliées. Ce conflit constitue un tournant dans les relations avec l'Empire britannique, car le siège de Cape Coast et de son fort par les armées asantes contraint les Britanniques à négocier un premier traité diplomatique.

Traité anglo-ashanti de 1817

En 1814, l'Asantehene Osei Bonsu fait de la sécurisation des routes commerciales vers la côte une priorité absolue. Cette décision fait suite à l'échec relatif de l'invasion de 1811, où les forces ashanties avaient dû battre en retraite face aux tactiques de guérilla des Akyems et des Akuapem dans les collines[1]. Ces deux États, refusant toute soumission, continuaient de bloquer le transit des marchandises vers les comptoirs européens.

L'Asantehene mobilise alors une armée de 12 000 hommes sous le commandement du général Amankwa Abinowa avec l'ordre strict de briser la résistance akyem[2]. Une seconde colonne, dirigée par Appia Dunkwa, est dépêchée vers Winneba pour intercepter le chef akyem Kwadjo Kuma et l'empêcher de s'échapper vers l'ouest[3].

Face à l'invasion, les Akyems et les Akuapem adoptent une stratégie de défense active. Bien qu'ils perdent la confrontation directe à Egwah-Aru face à la supériorité numérique d'Amankwa[4], ils se replient dans les zones accidentées de l'Akwapim Ridge après avoir pratiqué la politique de la terre brûlée, détruisant systématiquement les récoltes et les réserves de vivres[5]. En harcelant les colonnes ashanties et en coupant leurs lignes de ravitaillement vers Kumasi, ils transforment la progression asante en une impasse logistique.

L'armée ashantie, incapable de se nourrir dans un territoire dévasté et affaiblie par l'inanition (starvation) ainsi que par une épidémie de petite vérole favorisée par ces privations, est contrainte de descendre vers la côte près d'Accra pour tenter de survivre. Pendant plus d'un an, les forces d'Amankwa, au bord de l'effondrement physique, vivent de l'extorsion des populations côtières et des marchands locaux pour assurer leur subsistance de base[6].

L'opération se transforme alors en une traque acharnée. Osei Bonsu interdit à ses généraux de regagner Kumasi sans les têtes de Kwadjo Kuma et de Kwow Saffatchi, le chef des Akuapem[7]. Malgré leur état de dénuement, les troupes ashanties maintiennent la pression sur la côte, provoquant l'exode de plus de 4 000 réfugiés s'abritant sous les canons du Fort de Cape Coast[8].

Le conflit s'enlise jusqu'en . L'armée ashantie, bien que victorieuse sur le champ de bataille, est au bord de l'effondrement logistique total. Cette vulnérabilité extrême permet au gouverneur britannique J. Hope Smith d'intervenir pour négocier une trêve[9]. La guerre prend fin peu après avec la mort des deux chefs : Kwadjo Kuma se suicide près de Nkum pour éviter la capture, tandis que Kwow Saffatchi est trahi et tué par son propre frère[10].

Parallèlement à ces événements, les Ashanti négocient avec les Britanniques. La trêve avec Cape Coast permet l'établissement d'un accord commercial, ainsi que le soutien du roi Ashanti contre les États alliés à Elmina. L'accord prévoit également la mise en place d'un gouverneur britannique à Kumasi[9].

Ce traité, signé par Osei Bonsu et Thomas Edward Bowdich le , représente une reconnaissance diplomatique de la légitimité territoriale ashanti par les Britanniques, mais n'implique pas la soumission des États Akyem ou Akuapem, qui n'en sont pas signataires[11]. Ce traité créa une ambiguïté diplomatique : les Britanniques reconnaissaient une autorité asante que les populations locales continuaient de contester par les armes[12].

L'incapacité des Ashanti à établir une administration durable dans les collines d'Akuapem, malgré ce traité, sera confirmée une décennie plus tard lorsque les Akyem et les Akuapem rejoindront la coalition victorieuse à la bataille de Katamanso (1826)[13].

Notes et références

Bibliographie

Voir également

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