Opoku Fofie
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| Asantehene | |
|---|---|
| - | |
| Naissance |
Vers 1775 Empire ashanti |
|---|---|
| Décès | |
| Père |
Adu Twum (d) |
| Mère | |
| Fratrie |
Osei Bonsu (frère utérin) Osei Kwame Panyin (frère adoptif) Opoku Kwame (d) |
Opoku Fofie, né vers 1775 et mort en , est le sixième asantehene (monarque) de l'Empire ashanti, appartenant à la maison dynastique d'Opoku Ware du clan Oyoko. Fils cadet de l'asantehemaa (reine-mère) Konadu Yaadom et d'Adu Twum Kaakyire, il accède au trône conformément au principe d'alternance dynastique en vigueur depuis la fondation de l'empire, après la crise qui oppose sa mère à son prédécesseur Osei Kwame de 1797 à 1803.
La destitution d'Osei Kwame, puis la bataille de Barnabou contre ses soutiens armés musulmans des États tributaires de Gyaman et de Kong ouvrent la voie de son accession au trône. Débuté en , son règne coïncide avec le suicide rituel de son prédécesseur et ne dure pas plus de soixante jours. Cette situation donne naissance au mythe de l'esprit vengeur (saman) d'Osei Kwame. Osei Bonsu lui succède en 1804.
Les versions officielles de la généalogie ashanti diffèrent fortement des recherches historiques en raison des nombreuses modifications généalogiques visant à effacer l'existence d'Akyaama dans la lignée. En effet, les asantehemaa sont garantes des traditions, de la généalogie officielle ainsi que des successions au trône de l'asantehene. Ce conflit est à l'origine de ces nombreuses divergences.
Contexte dynastique
Opoku Fofie, né vers 1775[1], est le deuxième fils de l'asantehemaa (reine-mère) Konadu Yaadom et d'Adu Twum Kaakyire, fils d'Opoku Ware Ier, asantehene de 1718 à 1750[2]. En conséquence, il appartient au ntoro (dynastie patrilinéaire) Bosommuru d'Opoku Ware du clan Oyoko[3] et son accession au trône respecte le principe d'alternance dynastique des asantehene de l'Empire ashanti[2].
Durant le règne d'Osei Kwame (1777-1801), un conflit dynastique important oppose l'asantehene à la reine-mère Konadu Yaadom. Ce conflit est la conséquence du bannissement d'Akyaama, mère d'Osei Kwame et précédente asantehemaa, et des modifications généalogiques effectuées par Konadu Yaadom[4],[5]. Celle-ci a adopté les enfants de la reine déchue afin de préserver leur droit de succession et d'effacer le souvenir de sa prédécesseure de la mémoire collective[6]. L'exil d'Akyaama provoque une succession d'autres déchéances et de manœuvres visant à écarter ses futurs descendants du trône d'or[4].
Dans les années 1790, à la suite de ces différentes réécritures du lignage royal, Opoku Kwame, le frère aîné d'Opoku Fofie, est nommé hériter du trône[7],[8]. Bien que cet accord permette d'apaiser le conflit entre les deux dynasties, Opoku Kwame meurt dans des circonstances suspectes en 1797[9]. Konadu Yaadom accuse alors le cadet Osei Kwame d'avoir empoisonné son aîné. Après une tentative de meurtre contre sa personne, l'asantehemaa fuit la capitale Kumasi pour se réfugier à Kokofu avec son fils Opoku Fofie[7],[10]. De par les prérogatives qui reviennent à sa fonction, elle nomme ce dernier nouvel héritier légitime du trône[9].
Règne éphémère

En 1801, Konadu Yaadom ordonne la destitution d'Osei Kwame, mais ce dernier s'enfuit à Juaben et envisage de continuer à y exercer le pouvoir de plein droit[7]. Les musulmans de Gyaman et de Kong, dont il est proche, se soulèvent afin de réclamer son rétablissement sur le trône. Opoku Fofie, qui gouverne depuis Kumasi en tant qu'héritier, apprend que les armées musulmanes se dirigent vers lui. Pour y faire face, il obtient un large soutien des districts qui entourent Kumasi ainsi que des États tributaires akan de Banda, Takyiman et Nkoransa[11]. Il crée un nouveau fekuw (compagnie) composé d'unités militaires musulmanes qui lui sont fidèles afin de renforcer l'Ankobea (institution de l'armée de l'Empire)[12].
Face au risque d'une guerre civile, Osei Kwame accepte d'abdiquer courant 1803[13]. Les armées rebelles qui le soutiennent continuent néanmoins d'avancer sur Kumasi[11]. La confrontation se déroule à Barnabou vers le village de Boabeng, à 15 km au nord-est de Techiman. Opoku Fofie remporte la bataille et y fait plusieurs milliers de prisonniers, dont environ 5 000 musulmans. Aucun d'entre eux n'est exécuté dans un sacrifice humain ou vendu comme esclave, car ils rachètent leur liberté ou sont rachetés moyennant le paiement d'une rançon par des États voisins de confession musulmane[11]. Selon Ivor Wilks, Opoku Fofie coordonne la campagne militaire qui dure quinze mois, et n'accède au trône royal Ashanti qu'au terme de cette bataille, en [11].
C'est également en qu'Osei Kwame se suicide[14]. Selon Thomas McCaskie, l'accession au trône d'Opoku Fofie se serait déroulée soit le 5/, soit le 16/. Cependant, vu que plus de la moitié des « royaux »[note 1] du clan Oyoko se déplacent à son intronisation tandis que l'autre moitié assiste aux funérailles d'Osei Kwame, il en conclut que ces événements se déroulent à proximité immédiate. Du fait des périodes d'hommage prévues dans la tradition ashanti pour ces deux événements, il privilégie les deux dates possibles en [15].
Le règne d'Opoku Fofie s'achève de manière brutale soixante jours après son couronnement, à la suite de son décès soudain[15]. En 1817, Thomas Edward Bowdich indique qu'Opoku Fofie ne règne que quelques semaines. Les archives coloniales notent que la nouvelle de son décès parvient aux gouverneurs européens de la Côte de l'Or en [15]. Dans la version officielle ashanti, son décès se situe en 1799, afin de respecter l'ordre généalogique révisé. Cependant, les recherches d'Ivor Wilks croisées aux documents contemporains permettent de confirmer que la fin de son règne se situe avant ou durant le mois de [16].


