Shlomo Ben-Yosef

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Allégeance
Shlomo Ben-Yosef
Biographie
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Décès
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Vue de la sépulture.

Shlomo Ben-Yosef (hébreu : שלמה בן-יוסף), né le 7 mai 1913 à Loutsk et mort le 29 juin 1938 à la prison d'Acre, est une figure de l’histoire du sionisme révisionniste, membre de l’Irgoun. Il acquiert la notoriété à la suite de sa participation à une action armée survenue le 21 avril 1938, dirigée contre un autocar transportant des civils arabes. Cet acte, conçu comme une représaille à des violences antérieures commises par des Arabes à l’encontre de Juifs, incarne le rejet explicite de la politique d’auto-restriction défensive connue sous le nom de Havlagah, alors promue par les institutions officielles du Yichouv. Ben-Yosef revêt une importance particulière dans l’historiographie du Mandat britannique de Palestine en ce qu’il est le premier Juif à être supplicié par les autorités mandataires à la suite d’une condamnation à mort. Cette exécution, survenue le 29 juin 1938, contribue à ériger sa mémoire en symbole au sein du courant révisionniste. Il est subséquemment consacré par la mémoire nationale israélienne comme l’un des douze Olei Hagardom (littéralement « ceux qui sont montés sur l’échafaud »), appellation désignant les membres de la mouvance sioniste révisionniste et de ses organisations dissidentes exécutés par les autorités britanniques.

Attaque de représailles de 1938

Originaire de Loutsk, au sein du gouvernement de Volhynie sous tutelle impériale russe, Shlomo Ben-Yosef — né Szalom Tabacznik — est issu d'une lignée de confession mosaïque observante. Son affiliation au Betar, organisation de jeunesse relevant du sionisme révisionniste, intervient en 1928. À la suite du décès paternel survenu deux ans plus tard, il assume la charge de pourvoyer aux besoins de sa parentèle.

En 1937, Ben-Yosef prend la décision de gagner la Palestine mandataire. Sa requête en vue d'obtenir un certificat d'immigration ayant été éconduite, il entreprend de gagner le territoire de manière clandestine. Il y accoste le 20 septembre 1937 et rejoint aussitôt la compagnie de travail du Betar établie à Rosh Pinna. Dès son arrivée, il procède à la destruction par le feu de son passeport polonais et adopte le nom de Shlomo Ben-Yosef. Peu de temps après son installation dans cette localité de Haute-Galilée, il est admis au sein de l'Irgoun[1]. Il trouve ensuite à s'employer dans l'enceinte portuaire de Haïfa.

Le 28 mars 1938, une embuscade tendue par des insurgés arabes sur l'axe reliant Acre à Safed coûte la vie à six des dix passagers juifs d'un véhicule circulant sur cette voie[2],[3]. En rétorsion, Shlomo Ben-Yosef, Avraham Shein et Yehoshua Zurabin, respectivement âgés de vingt-quatre, dix-sept et dix-neuf ans et affiliés à la faction locale du Betar à Rosh Pina, élaborent une opération punitive.

Le 21 avril 1938, Shlomo Ben-Yosef, Shalom Shein et Abraham Zurabin s'embusquent sur l'axe montagneux reliant Tibériade à Rosh Pina, à proximité de Safed. Munis d'un engin pyrotechnique et de deux fusils, les assaillants escomptent neutraliser le moteur d'un autocar de transport civil arabe. Lors de la survenue du véhicule, ils ouvrent le feu tandis que Ben-Yosef projette la grenade. Le dispositif s'avérant défectueux, la déflagration ne se produit pas, permettant au conducteur de s'extraire prestement de la zone de l'attentat[3],[4],[5].

Cet événement survient à l’acmé de la grande révolte arabe (1936-1939), dans un contexte d'antagonisme exacerbé entre la puissance mandataire britannique et la mouvance sioniste révisionniste. Les trois affidés sont promptement appréhendés alors qu'ils s'embusquent dans une étable contiguë, munis d'armes de poing et d'engins explosifs rudimentaires[6].

Procès et exécution

Le tribunal militaire de Haïfa instruit le procès de Ben-Yosef, Shein et Zurabin, inculpés de transgressions au Règlement d'urgence (Défense)[7]. Les prévenus récusent les griefs portés à leur encontre. Si le verdict retient la culpabilité de Shein et Ben-Yosef pour l'usage et la détention illicite d'armes à feu, d'engins explosifs et de munitions, il les absout du chef de tentative d'homicide par jet de bombes[8]. Zurabin bénéficie d'un acquittement fondé sur l'aliénation mentale et se voit frappé d'un internement psychiatrique de durée indéterminée[8]. Condamnés à la peine capitale par pendaison, Shein et Zurabin exultent à l'énoncé de la sentence en revendiquant la souveraineté du Royaume d'Israël sur les deux rives du Jourdain. La sanction de Shein est ultérieurement commuée en réclusion criminelle à perpétuité après l'exhumation de son acte de naissance polonais, attestant sa minorité légale[9] ; il recouvre la liberté en 1946[10]. En dépit des recours formés par la défense, le général Robert Haining, commandant des forces mandataires, ratifie l'arrêt de mort de Ben-Yosef, dont l'exécution n'est l'objet d'aucun sursis.

D’après l’analyse de l’historien J. Bowyer Bell, le caractère exsangue de l'agression, corrélé à la probité ainsi qu’à la virginité judiciaire de Shlomo Ben-Yosef, laisse augurer une commutation de la sentence capitale. Un précédent juridique alimente alors cette expectative : l'octroi d'un sursis à un jeune ressortissant de Gaza, dont les mœurs avaient été jugées honorables par l'autorité mandataire. Néanmoins, l'administration britannique, ayant déjà procédé à l'exécution d'insurgés lors de la Grande Révolte arabe, entend faire montre d'équanimité par une application stricte de la loi. Sous l'injonction des hauts fonctionnaires du Mandat, le général Haining ratifie par conséquent l'arrêt de mort[11].

L'imminence de l'exécution de Shlomo Ben-Yosef suscite une vive effervescence au sein du Yishouv et de la diaspora, dont les instances multiplient les obsécrations auprès de l'administration mandataire. Bien que les griefs portés contre l'accusé relèvent d'une stratégie de dissuasion politique plutôt que d'une stricte adéquation pénale, les autorités britanniques opposent une fin de non-recevoir systématique aux recours. Des figures telles que Robert Briscoe invoquent sans succès des subterfuges de procédure, tandis que le gouvernement polonais intervient en faveur de son ressortissant Shalom Tabachnik[12]. David Ben Gourion lui-même, nonobstant son opprobre envers les méthodes de l'Irgoun, sollicite la mansuétude du Haut-Commissaire. Le condamné adopte toutefois une posture d'abnégation, déclinant les tentatives de libération de son organisation et récusant toute demande de grâce. Cette impassibilité s'inscrit dans une volonté de fomenter l'archétype du combattant hébreu sacrifiant son existence à la cause nationale. Incarcéré dans la citadelle de Saint-Jean-d'Acre, Ben-Yosef accueille les journalistes avec une altérité stoïque, affirmant l'efficience symbolique de son martyre. Ses dernières inscriptions murales et ses ultimes déclarations témoignent d'une exaltation patriotique où la mort est perçue comme un viatique pour la souveraineté future[11].

L'exécution capitale de Shlomo Ben-Yosef se déroule au sein de la citadelle d'Acre le 29 juin 1938. En raison de la concomitance de la sentence avec le néoménie de Roch Hodech, l'assistance spirituelle d'un rabbin fait défaut au condamné lors de ses ultimes instants. Durant son transfert vers le gibet, ce dernier entonne l'hymne du Betar, avant de proférer des acclamations en faveur de l'État juif et de Zeev Jabotinsky juste antérieurement à la pendeur. À l’issue du trépas, la dépouille est remise à six affiliés de son mouvement, postés aux abords de l'enceinte carcérale.

Conséquences et héritage

Références

Liens externes

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