Antoine Diener

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Antoine Émile Pierre Clément Diener, dit Ancel, né le à Freyming et mort le à Strasbourg, est un résistant français, instituteur et animateur de l'éducation populaire. Chef du maquis « Ancel » en Dordogne puis commandant du bataillon Strasbourg de la Brigade indépendante Alsace-Lorraine, il participe activement à la libération de l'Alsace pendant la Seconde Guerre mondiale.

Campagne de France

Antoine Diener est le fils d'Antoine Diener, instituteur, et de Marie Pira. Né en Moselle dans une famille de quatre enfants qui embrasseront tous la profession enseignante. Il effectue sa scolarité à Bourg-en-Bresse puis à l'école primaire supérieure de Saint-Avold. En 1934, il intègre l'école normale de Montigny-lès-Metz où il adhère à un groupe « Marcel Légaut » du mouvement catholique social de Marc Sangnier et lit la revue Sept. Cette période forge sa conscience antifasciste face au nazisme naissant[1],[2].

Major de sa promotion, il accomplit son service militaire en préparation militaire supérieure à Saint-Cyr et en sort sous-lieutenant en 1937. Il épouse alors Paule Malet, institutrice originaire de Dordogne, et exerce sa profession en Moselle[1].

Mobilisé en 1939 sur la ligne Maginot, il est fait prisonnier de guerre à Badonviller le et interné en Sarre. Libéré le en tant que Volksdeutscher (« Alsacien-Lorrain considéré comme d'origine allemande »), l'instituteur traverse la France à bicyclette pour rejoindre sa famille repliée en Dordogne chez ses beaux-parents à Ligueux[1],[3].

Une fois démobilisé avec le statut de réfugié alsacien-mosellan, il enseigne successivement à Bassillac, Tourtoirac et Teillots près de Hautefort[1].

Engagement résistant précoce

Durant les étés 1941 et 1942, il participe aux « Carrefours des Tilleuls » organisés par Émile Baas, professeur de philosophie alsacien réfugié à Rodez. Ces rencontres, qui réunissent les normaliens repliés à Solignac et à Bergerac, constituent un foyer de résistance intellectuelle diffusant des informations sur la nazification de l'Alsace-Moselle et préparant sa reconstruction démocratique. Interdites dès 1943, ces réunions témoignent d'une dissidence publique assumée[1],[2].

En , il est recruté par Gustave Houver sur recommandation de Bernard Metz, agent du réseau Martial des Forces françaises combattantes. Il rejoint le Groupe mobile Alsace Sud (GMA Sud), organisation clandestine destinée à libérer les « départements-refuges » puis l'Alsace-Moselle[1],[2],[3].

Chef du maquis « Ancel »

L'intensification des arrestations à l'automne 1943 contraint Antoine Diener et Gustave Houver à se réfugier dans un maquis de l'Armée secrète installé dans la forêt de la Double. Dès , Charles Mangold Vernois ») lui confie le commandement de cette unité. Sous le pseudonyme « Ancel », le nouveau chef dirige une formation dont les effectifs croissent de 30 hommes en à plus de 1 000 après le débarquement de Normandie, rassemblant réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) et réfugiés alsaciens-mosellans menacés d'incorporation forcée[1].

La priorité étant l'armement, Ancel établit des liens avec l'Armée secrète locale et obtient des pistolets mitrailleurs Sten ainsi qu'un instructeur du Special Operations Executive britannique, « Jean-Pierre ». Une rencontre déterminante avec le colonel « Berger » (André Malraux) près du Bugue consolide la réputation de l'unité et assure de nouveaux approvisionnements[1],[3].

Au cours de , la formation Ancel, avec d'autres groupes comme le groupe « Roland », mène deux missions majeures : la récupération d'armes parachutées le près d'Argentat et l'interception, dans la nuit du 26 au , d'un convoi de billets de la Banque de France de Périgueux destiné à Bordeaux[1],[4].

Le mois suivant, rebaptisé « Légion Alsace-Lorraine », l'ensemble participe aux combats de libération de Saint-Astier, Atur, Périgueux et Mussidan. Une partie de l'unité part renforcer les FFI pour la libération d'Angoulême[1],[4].

Brigade Indépendante Alsace-Lorraine (BIAL)

La Légion Alsace-Lorraine devient le bataillon « Strasbourg », commandé par Antoine Diener. Cette unité forme la principale composante de la Brigade indépendante Alsace-Lorraine (BIAL) nouvellement constituée et dirigée par André Malraux. Antoine Diener organise ensuite le départ de sa formation vers les Vosges, négociant avec les responsables de l'Armée secrète peu disposés à affaiblir les FFI face aux FTP en libérant leurs meilleurs éléments. L'opération est financée avec une partie du butin pris dans le convoi de la Banque de France[1],[4].

Composé d'Alsaciens-Mosellans et de frères d'armes périgourdins du maquis Ancel désireux de les accompagner, cette formation est la première engagée dans les Vosges. Elle participe à tous les combats de la BIAL pour la libération de l'Alsace jusqu'à la démobilisation en [1].

Carrière d'après-guerre

Choisissant la vie civile, Antoine Diener se consacre à la reconstruction alsacienne. Dès , l'ancien résistant dirige l'école des cadres de la jeunesse à Strasbourg, institution destinée à réintroduire, en Alsace, les valeurs françaises proscrites par l'occupation nazie. Cette mission d'éducation populaire l'occupe 30 années[1].

Fidèle aux liens forgés dans la Résistance, Antoine Diener organise pendant trois ans l'aide aux veuves et orphelins de la BIAL, puis préside durant une décennie l'amicale des anciens. Militant du mouvement « Esprit », l'éducateur demeure attaché aux valeurs démocrates-chrétiennes qui ont motivé son engagement antinazi[1].

Un engagement familial

Ses frères Paul et Ferdinand rejoignent la Résistance respectivement en (agent de liaison) et à l'été 1944 (chargé de mission). L'ensemble de la famille s'engage ensuite dans le bataillon Strasbourg, y compris le père Antoine, témoignant d'un engagement familial total dans la lutte clandestine[1].

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

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