Assemblée constituante de 1946
assemblée constituante française siégeant du 11 juin au 27 novembre 1946
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L'Assemblée constituante française de 1946 ou IIe Assemblée nationale constituante est l'assemblée élue après les élections constituantes françaises de 1946 et chargée de rédiger un nouveau projet de Constitution après le rejet par référendum du projet de la précédente assemblée constituante.
Depuis le
| IIe Assemblée nationale constituante | ||||||||||||||||||
| - (5 mois et 16 jours) |
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| Assemblée nationale | ||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Composition | ||||||||||||||||||
| Président | Vincent Auriol (SFIO) - |
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| Élections | 2 juin 1946 | |||||||||||||||||
| Sénat | ||||||||||||||||||
| Président | () Depuis le |
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| Élections | ||||||||||||||||||
| Gouvernement | ||||||||||||||||||
| Parti(s) | MRP-PCF-SFIO | |||||||||||||||||
| Gouvernement(s) | Bidault I - |
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| modifier |
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Composition de l'Assemblée nationale constituante
Le rejet le du premier projet de Constitution entraîne la dissolution de l'Assemblée constituante avec son gouvernement Gouin et de nouvelles élections constituantes pour former une nouvelle Assemblée constituante qui se tiennent le , dont les résultats confirment les tendances politiques précédentes :
- le MRP, mouvement démocrate-chrétien qui s'est opposé au premier projet de Constitution, arrive en tête, avec 28,2 % des suffrages. C'est donc un élu du MRP, Georges Bidault qui devient président du Conseil et constitue un gouvernement qui obéit toujours au tripartisme ;
- le PCF a de légères pertes et arrive en seconde position avec 26 % ;
- la SFIO enregistre une nette baisse et arrive en troisième position ;
- la droite, malgré 12 % de voix contre 15 % en , augmente son nombre de sièges par rapport à la première Assemblée constituante (78 contre 53 en ).
Parmi les 586 députés élus, 139 ont fait partie des 343 délégués ayant siégé à un moment ou un autre à l'Assemblée consultative provisoire, soit 40 % de ceux-ci[1] furent élus députés aux premières ou deuxièmes Assemblées constituantes.
Groupes parlementaires
| Groupe parlementaire | Députés | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Membres | Apparentés | Total | ||||
| MRP | Mouvement républicain populaire | 164 | 2 | 166 | ||
| COM | Communiste | 145 | 1 | 146 | ||
| SOC | Socialiste | 127 | 1 | 128 | ||
| PRL | Parti républicain de la liberté | 32 | 3 | 35 | ||
| RRS | Républicain radical et radical-socialiste | 32 | 0 | 32 | ||
| RI | Républicains indépendants | 21 | 2 | 23 | ||
| UDSR | Union démocratique et socialiste de la Résistance | 20 | 0 | 20 | ||
| UDMA | Union démocratique du manifeste algérien | 11 | 0 | 11 | ||
| RAPS | Républicains d'action paysanne et sociale (app. Républicains indépendants) | 7 | 2 | 9 | ||
| URR | Union républicain et résistante (app. Communiste) | 7 | 0 | 7 | ||
| Total de députés membre de groupes | 577 | |||||
| Députés non-inscrits | 9 | |||||
| Total des sièges pourvus | 586 | |||||
Organisation de l’Assemblée nationale constituante
Président de l'Assemblée nationale constituante
| Candidat | Circonscription | Groupe | 1er tour | Situation | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | |||||
| Vincent Auriol | Haute-Garonne | SOC | 466 | 94,33 | Élu | |
| Autres | / | / | 28 | 5,67 | ||
| Votants | 536 | 100,00 | ||||
| Exprimés | 494 | 92,16 | ||||
| Blancs/nuls | 42 | 7,84 | ||||
Bureau de l'Assemblée nationale constituante
Le Bureau de l'Assemblée nationale constituante est composé du président, des 6 vice-présidents, des 3 questeurs ainsi que des 10 secrétaires. La majorité absolue est à 11 sièges.
| Fonction | Titulaire | Circonscription | Groupe | |
|---|---|---|---|---|
| Président | Vincent Auriol | Haute-Garonne | SOC | |
| Vice-présidents | Yvon Delbos | Dordogne | RRS | |
| Fernand Bouxom | 5e de la Seine | MRP | ||
| Jacques Duclos | 6e de la Seine | COM | ||
| Joseph Laniel | Calvados | PRL | ||
| Henri Teitgen | Gironde | MRP | ||
| Madeleine Braun | 6e de la Seine | COM | ||
| Questeurs | Lucien Hussel | Isère | SOC | |
| Louis Martel | Haute-Savoie | MRP | ||
| Jacques Grésa | Haute-Garonne | COM | ||
| Secrétaires | Amadou Lamine-Guèye | Sénégal | SOC | |
| Maurice Lucas | Manche | MRP | ||
| Max Lejeune | Somme | SOC | ||
| René Lamps | Somme | COM | ||
| Marie Louise Weber | Haut-Rhin | MRP | ||
| Patrice Bougrain | Saône-et-Loire | RI | ||
| Paul Antier | Haute-Loire | RAPS | ||
| Pierre Clostermann | Bas-Rhin | UDSR | ||
| Abdelkader Mahdad | Oran | UDMA | ||
| Jean Pronteau (dès le )[5] | Charente | COM | ||
- Composition du Bureau du au .
- Composition du Bureau au .
Installation du Bureau
Vice-présidents
| Candidat | Circonscription | Groupe | 1er tour | Situation | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | |||||
| Yvon Delbos | Dordogne | RRS | 471 | 88,87 | Élus | |
| Fernand Bouxom | 5e de la Seine | MRP | 441 | 83,21 | ||
| Jacques Duclos | 6e de la Seine | COM | 428 | 80,75 | ||
| Joseph Laniel | Calvados | PRL | 414 | 78,11 | ||
| Henri Teitgen | Gironde | MRP | 407 | 76,79 | ||
| Madeleine Braun | 6e de la Seine | COM | 407 | 76,79 | ||
| Autres | / | / | 27 | 5,09 | ||
| Votants | 536 | 100,00 | ||||
| Blancs et nuls | 6 | 1,12 | ||||
| Exprimés | 530 | 98,88 | ||||
Questeurs
| Candidat | Circonscription | Groupe | 1er tour | Situation | ||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Voix | % | |||||
| Lucien Hussel | Isère | SOC | 468 | 87,64 | Élus | |
| Louis Martel | Haute-Savoie | MRP | 431 | 80,71 | ||
| Jacques Grésa | Haute-Garonne | COM | 414 | 77,53 | ||
| Autres | / | / | 54 | 10,11 | ||
| Votants | 537 | 100,00 | ||||
| Blancs et nuls | 3 | 0,56 | ||||
| Exprimés | 534 | 99,44 | ||||
Secrétaires
Travaux
Le , dans son discours de Bayeux, le général de Gaulle présente sa conception des institutions de la IVe République. Il expose un schéma institutionnel fondé sur un exécutif fort, procédant du chef de l'État. De Gaulle et le MRP souhaitent un régime bicaméral (à deux chambres), doté d'un président de la République puissant et « au-dessus des partis ».
Le gouvernement Bidault met en place les allocations familiales (loi du ), fondements de l'État-providence en France.
Le , la loi sur le statut de la fonction publique est adoptée. Le droit syndical est reconnu aux fonctionnaires qui seront rémunérés selon une grille indiciaire unique.
Projet de Constitution
Durant l'été 1946, l'Assemblée constituante rédige une nouvelle Constitution. Le gouvernement Bidault organise, par l'ordonnance du , le référendum de la nouvelle Constitution prévu pour le , ainsi que de nouvelles élections législatives.
Le , l'Assemblée adopte la nouvelle Constitution par 440 voix contre 106. Le même jour, quelques heures plus tard, dans son discours d'Épinal, le général de Gaulle condamne la nouvelle Constitution car, bien qu'elle soit bicamériste (deux chambres distinctes possédant le pouvoir législatif), elle est peu différente de la première proposition : le régime est strictement parlementaire, le pouvoir exécutif réel étant exercé par le président du Conseil (premier ministre) et non par le président de la République qui a un rôle honorifique, même s'il demeure chef des armées[7].
Le référendum du 13 octobre 1946
Le , le projet de Constitution est adopté de justesse par le référendum avec 53,5 % de « oui » et 31 % d'abstention. La constitution abroge la loi constitutionnelle du 2 novembre 1945.
Promulgation de la Quatrième République (27 octobre 1946)
Le projet de Constitution est promulgué le par le gouvernement Bidault puis publié au journal officiel le . Au total, il a fallu un an et six jours pour qu'une nouvelle Constitution entre en vigueur[8] et stabilise l'organisation institutionnelle française.
La Ire législature (28 novembre 1946)
Le , de nouvelles élections dissolvent l'assemblée constituante avec son gouvernement Bidault et élisent une nouvelle législature, la Ire de la Quatrième République française à majorité PCF, qui met en place le gouvernement Blum III ainsi que la présidence Vincent Auriol (SFIO).
Le régime provisoire établi en a fonctionné jusqu'au , date de la première séance du Conseil de la République qui fait entrer en vigueur la Constitution. La Constitution de 1875 et la IIIe République sont abrogés[9],[10].