Attentat de Bratislava de 2022

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Attentat de Bratislava de 2022
Image illustrative de l’article Attentat de Bratislava de 2022

Localisation Bratislava, Slovaquie
Cible Communauté LGBT
Eduard Heger (échoué)
Coordonnées 48° 08′ 41,2″ nord, 17° 06′ 04,5″ est
Date
Type Double meurtre
Meurtre-suicide
Terrorisme intérieur
Crime de haine homophobe
Armes Pistolet Kimber 1911 de calibre .45 avec viseur laser (utilisé pour des meurtres)
Une autre arme de poing non identifiée (utilisée pour le suicide)
Morts 3 (dont l'assaillant)
Blessés 1
Auteurs Juraj Krajčík
Mouvance Extrême droite
Accélérationnisme
Antisémitisme
Homophobie
Suprémacisme blanc
Transphobie
Attentats de Christchurch
Géolocalisation sur la carte : Slovaquie
(Voir situation sur carte : Slovaquie)
Attentat de Bratislava de 2022
Géolocalisation sur la carte : Bratislava
(Voir situation sur carte : Bratislava)
Attentat de Bratislava de 2022

Le , deux individus sont assassinés (ainsi que l'assaillant), et une troisième personne est blessée lors d'une fusillade devant l'entrée principale du Tepláreň, un bar gay de Bratislava, en Slovaquie, un lieu bien connu et fréquenté de la communauté LGBTQ locale[1],[2],[3]. La fusillade revendique deux victimes : Juraj Vankulič, un individu non-binaire, et Matúš Horváth, un homme bisexuel[4],[5]. L'assaillant est retrouvé mort d'une blessure par balle auto-infligée le lendemain matin de l'attaque.

L'enquête qualifie la fusillade d'attaque terroriste et constate que les principales cibles sont des personnalités politiques de haut rang[5],[6],[7]. Selon les propres mots du tireur dans le fil de discussion 4chan dont il est l'auteur, il écrit : « 2-1 KDR, pas mon problème. J'aurais aimé faire mieux, mais bon. Je voulais éliminer le Premier ministre, mais je n'ai pas eu de chance avec l'arrivée de sa voiture. » La cible principale est Eduard Heger, l'attaque de Tepláreň est un plan B[5].

Selon les images de la caméra de sécurité, l'assaillant, tout de noir vêtu, portant une casquette noire ainsi qu'un masque noir, arrive sur la scène de crime vers 18h35 (HAEC). Il se cache ensuite dans une alcôve voisine de Tepláreň pendant environ une demi-heure[8]. À 19 h 11, le tireur tire huit coups de feu, tuant deux personnes et blessant une autre. Une minute plus tard, le premier signalement est reçu sur la ligne d'urgence 112[5].

Les premiers intervenants arrivent sur les lieux à 19h16[5]. Ils déplorent deux morts et une troisième victime, transportée à l'hôpital dans un état stable. La police boucle les rues avoisinantes et lance une opération de recherche du meurtrier avec l'aide d'un hélicoptère[9]. À 19h48, la police signale la fusillade sur les réseaux sociaux et appelle le public à rester vigilant, car le tueur court toujours[3]. Entre 20h et 22h, le tireur rentre chez lui et passe du temps à la maison, informe ses parents de l'acte, avant de partir une nouvelle fois. Les parents ne le signalent pas aux autorités slovaques[5].

À 22h30, la police identifie l'auteur des faits comme étant Juraj Krajčík avec l'aide du SIS. À 22h57, Krajčík envoie un message à son père qu'ils «se reverront de l'autre côté». Le , à 5 h 15, la police reçoit la géolocalisation du téléphone du tireur, fournie par l'opérateur. Vers 7 h, l'assaillant est retrouvé mort d'une blessure par balle auto-infligée dans un parc de Bratislava[5],[10].

Enquête

Le bâtiment où se trouve Tepláreň. Avant la fusillade, le tueur s'est caché dans l'alcôve à droite de la photo.

La police ne détermine pas initialement de mobile pour la fusillade[11]. Le , la police la confirme comme faisant l'objet d'une enquête pour crime haineux, avec la possibilité qu'elle soit requalifiée en attaque terroriste. Le même jour, la police déclare qu'elle ne dispose d'aucune information concernant d'éventuelles sympathies de l'agresseur pour des idéologies extrémistes avant le meurtre. La police refuse de confirmer ou d'infirmer si l'agresseur a des complices étrangers, mais confirme que l'enquête sur ce crime inclura Interpol et le FBI.

La police confirme les informations selon lesquelles l'agresseur est rentré chez lui après la fusillade. Il se dispute avec ses parents qui seraient au courant de l'attaque mais ne l'auraient pas signalée à la police. L'assaillant échange l'arme du crime contre une autre, avec laquelle il se suicidera. L'arme du crime est retrouvée chez lui accompagnée d'une lettre d'adieu. Les parents font l'objet d'une enquête pour ne pas avoir signalé à la police le comportement suspect de leur fils[12].

L'enquête est close en , confirmant Juraj Krajčík en tant qu'assaillant de l'acte. Selon le procureur spécial, Daniel Lipšic, Krajčík vise d'abord le Premier ministre Eduard Heger et l'attend devant son domicile, mais change de cible pour Tepláreň lorsqu'il comprend qu'il ne pourra pas l'approcher. Deux jours avant de passer à l'acte, Krajčík appelle un service de prévention du suicide déclarant qu'il avait « très peur, mais qu'il devait mourir ». Il est confirmé que les parents de Krajčík étaient au courant des agissements de leur fils ainsi que ses projets de se suicider mais n'ont rien fait pour entraver les plans ni pour en informer les autorités[13].

Victimes

La fusillade revendique deux victimes : Juraj Vankulič, une personne non-binaire, ainsi que Matúš Horváth, un homme bisexuel.

Juraj Vankulič

Juraj Vankulič naît à Žilina le de sa mère Dana, sans avoir rencontré son père biologique. Enfant, il se fait baptiser et a l'habitude de chanter dans une église locale. Il entretient une relation étroite avec son beau-père et son jeune frère Samko[14].

Une fois adulte, Vankulič part étudier à l'étranger, au Danemark. Il détient un certificat de compétence en anglais de niveau C2 de Cambridge. À son retour du Danemark, il est embauché.e dans un magasin de vêtements H&M à Bratislava, où Vankulič travaille comme marchandiseur visuel[15],[16].

Vers l'âge de 15 ans, il fait son coming out en tant que personne gay, puis en tant que personne non binaire, utilisant les pronoms il/iel. Parmi ses intérêts et passe-temps figurent la poésie, la danse, la mode et les performances de drag queen sous le nom de Sue Cidal. Son rêve est de déménager à Prague.

Assaillant

L'assaillant s'avère être Juraj Krajčik, né le et mort le . La veille de l'attaque, le compte Twitter NTMA0315, appartenant à Krajčík, publie des déclarations telles que « J'ai pris ma décision », « cela sera fait » et « La course d'abord. Toujours ». On y trouve également des liens vers un manifeste originel aux propos extrémistes d'extrême droite, antisémites, homophobes et transphobes. En plus de Twitter, le meurtrier publie également ses photographies sur 4chan. Son compte Twitter est suspendu au moment où le corps du coupable est découvert[3].

Le compte Twitter comprend également de nombreux selfies, dont un datant d' en face de Tepláreň ainsi qu'un autre en face de la maison du premier ministre Eduard Heger, qu'il mentionne également comme cible prioritaire absolue dans son manifeste[17]. En plus d'Heger, le manifeste mentionne d'autres personnalités politiques comme cibles, dont l'ancien ministre de l'Éducation, Branislav Gröhling, et le chef de l'opposition et ancien Premier ministre, Robert Fico[18].

Selon Matej Medvecký, expert en lutte contre l'extrémisme, le meurtrier est également actif au sein des communautés Terrorgram et adhère à l'idéologie de l'accélérationnisme, soutenue par des groupes terroristes tels que la Division Atomwaffen[19].

Manifeste

Quelques heures avant l'attaque, des liens vers un manifeste de 65 pages sont publiés sur Twitter. Dans le document, l'auteur ne donne pas son nom, déclarant que celui-ci n'a pas d'importance et « sera connu plus tard de toute façon », mais s'identifie comme un homme d'origine slovaque né le ayant décidé d' « exécuter une opération » contre « les ennemis de la race blanche ».

Le manifeste accuse les Juifs et les personnes LGBT de « nuire aux Blancs » et fait l'éloge de meurtriers d'extrême droite, notamment Anders Breivik, Brenton Tarrant et John Earnest[2],[3]. Le manifeste mentionne la haine de l'auteur envers l'islam comme sa première prise de position politiquement incorrecte[20]. Le texte attribue également la pandémie de COVID-19 et les mesures de vaccination à un « complot juif visant à dresser la race blanche à l'obéissance » et nie l'Holocauste[21]. Il fait également l'éloge d'un homme slovaque âgé de 22 ans en particulier, connu sur Telegram sous le nom de Slovakbro, ayant été arrêté par la police en pour avoir encouragé l'extrémisme de droite et appelé au renversement du système démocratique en Slovaquie par le biais du sabotage et du terrorisme.

Le groupe Telegram connu sous le nom de Terrorgram est mentionné dans son manifeste et crédité de « construire l'avenir de la révolution blanche, une publication à la fois »[22].

Conséquences

Le , la présidente Zuzana Čaputová se rend à Tepláreň afin de commémorer les victimes. Elle prononce un bref discours devant les médias. S'ensuit une marche improvisée jusqu'à la place du SNP, avec des centaines de participants. Une autre marche a lieu le même jour à Košice, avec quelques centaines de participants.

Le , une veillée intitulée « Marche contre la haine », organisée par le groupe local de défense des droits des personnes LGBT Iniciatíva Inakost prend place à Bratislava. Les participants défilent de Tepláreň jusqu'à la place du SNP, où le propriétaire de Tepláreň, la présidente Zuzana Čaputová, le maire de Bratislava Matúš Vallo et le gouverneur de la région de Bratislava Juraj Droba ainsi que d'autres hommes politiques et célébrités slovaques prononcent des discours à la mémoire des victimes, dénonçant le crime et exprimant leur soutien à la communauté LGBT. Le Premier ministre Eduard Heger est présent dans la foule, mais ne prend pas la parole. On estime la participation à environ 15 000 à 20 000 personnes[23],[24],[25].

Le , une manifestation a lieu en face du bâtiment du Conseil national slovaque en réaction à l'attaque[26].

Sur Terrorgram, que Krajčík cite comme source d'inspiration pour la fusillade, Dallas Humber le surnomme « Saint Juraj Krajčík, sixième disciple de Tarrant et premier saint de Terrorgram », un exemple de sanctification au sein du groupe[22],[27].

Réactions

Articles connexes

Notes et références

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