Augustin de Lestrange
religieux et écrivain français
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Augustin de Lestrange (1754-1827) est un moine cistercien de l'abbaye de la Trappe. Peu avant la Révolution française, il transplanta la Trappe hors de France. Napoléon ayant permis son retour, il fit de nouveau réoccuper l'abbaye de la Trappe en 1816. Il redonna alors une impulsion et renforça l'observance rigoureuse de l'abbé de Rancé qui en avait été le fondateur et réformateur[1].
| Abbé Abbaye de La Trappe | |
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Joseph-Marie Hercelin (d) |
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Biographie
Jeunesse et engagements religieux
Né le dans une famille de la noblesse chevaleresque du Vivarais (l'Ardèche actuelle), Louis-Henri de Lestrange entend d'abord l'appel à être prêtre diocésain. Après des études au séminaire de Lyon puis à Saint-Sulpice, il est ordonné prêtre en 1778[2]. Occupant la place de vicaire général du diocèse de Vienne près de Lyon[3], ses débuts laissent augurer d'une belle carrière ecclésiastique
Pourtant, il entre en 1780 à l'abbaye de la Trappe dans l'Orne. Celle-ci, au contraire de la grande majorité des monastères de l'époque, est célèbre pour sa stricte observance de la Règle de saint Benoît, qui est la règle de tous les monastères bénédictins et cisterciens. Louis-Henri de Lestrange y reçoit le nom d'Augustin. Il y fait profession, après un an de noviciat, selon l'usage d'alors. En 1785, il devient maître des novices[2], c'est-à-dire qu'il est responsable de la formation des nouveaux arrivants, postulants et novices.
Face à la Révolution française
Au début de la Révolution, clairvoyant, le père de Lestrange et une vingtaine trappistes, frappés par la menace puis la mise en œuvre de l’interdiction des vœux et la suppression des ordres contemplatifs, trouvent refuge en Suisse dans le canton de Fribourg. Ils s'installent le dans l'ancienne chartreuse de la Valsainte[2], délabrée, érigée en abbaye chef de congrégation en 1794.
L'information sur leur réputation de sainteté circula en France[2] ; de nombreux religieux et candidats à la vie religieuse tant hommes que femmes rejoignent le groupe. Les futures moniales trappistines sont installées à Sembrancher.
Devant l'afflux de recrues, Dom Augustin envoie des essaims fonder des installations dans toute l'Europe, dans un premier temps en Espagne, dans le Piémont, à Darfeld en Wespthalie ainsi qu'à Lulworth dans le Dorstshire en Angleterre[2]. Il y eut d'autres formations à Westmalle en Belgique en 1793 et même en Amérique (1803).
Le , le nonce apostolique en Suisse constitua les trappistes en congrégation et le Père de Lestrange en fut élu supérieur général le . Le , Valsainte fut érigée en abbaye et chef-lieu de congrégation.
Les troupes révolutionnaires françaises envahissent la Suisse en 1798 : il faut à nouveau fuir. Commence un long périple à travers l'Europe, qui conduit les 250 trappistes hommes et femmes, ainsi que le Tiers-ordre associé. Partis de Suisse, ils prirent la route dans des conditions difficiles à travers l'Autriche vers Orcha en Pologne, alors terre de l'empire russe. Victime de la géopolitique européenne, ils furent priés de quitter la Russie au printemps 1800. Les trappistes sont de nouveau pourchassés à travers le continent. Dom Augustin rejoint la Prusse (Königsberg), puis gagne Lulworth en Angleterre, avec comme objectif le Nouveau Monde (New-York). Mais d'Angleterre, où ils étaient restés, ils retournèrent dès 1803 en Suisse[2].
Sous le Premier Empire
L'arrivée de Napoléon au pouvoir en France facilite d'abord la vie aux trappistes, installant même une maison de l'ordre à Montgenèvre près de Briançon. En 1811, Napoléon apprend qu'un monastère a publiquement refusé le serment de fidélité à l'empereur. Il les chasse alors, y compris de Suisse, et voici un groupe de Trappistes embarqués pour l'Amérique (Philadelphie)[2].
De retour à l'abbaye de la Trappe
À la chute de Napoléon en 1815, il regagne la France. L'abbé de Lestrange retourne s'installer à l'abbaye de la Trappe dans l'Orne, tandis que les abbayes de Bellefontaine, Melleray et Aiguebelle sont rachetées et reconstruites.
De retour de Rome, il meurt le [3] à l'abbaye de Vaise, à Lyon. Il est enterré à la Grande Trappe[2] à Souvigny, à côté du tombeau de l'abbé de Rancé.
Artisan d'une observance rigoureuse de la règle de la Trappe
Très attaché à la pauvreté, à la rigueur et à l'austérité[2], il intensifia sa pratique par rapport à la règle de saint Benoît, les coutumes des premiers cisterciens et celles en usage à la Trappe sous l'abbé de Rancé, son grand réformateur au XVIIe siècle. Il rédigea ainsi les Règlements de la Valsainte[4].
Les moines se nourrissent seulement de pain et d'eau une grande partie de l'année, dorment très peu. Ils meurent en nombre[5]. Cette pénitence extrême est contestée. Malgré ses erreurs et ses excès, il a grandement contribué à la pérennité de la vie monastique en France et au-delà[réf. nécessaire]
Il fonda également un établissement du Tiers-Ordre, dont il fixa la résidence près de la grotte de sainte Marie-Madelaine à la Sainte-Baume, mais qui ne perdura pas[3].
Postérité
En 1892, les Trappistes se rassemblent au sein de l’Ordre des cisterciens réformés de Notre-Dame de la Trappe, appelé plus tard Ordre cistercien de la stricte observance[6].
En 1990, les Trappistes représentent 2 809 moines dans 88 abbayes et 1 825 moniales Trappistines dans 53 abbayes[1].
En janvier 2009, les héritiers d'Augustin de Lestrange comptaient 1937 moines et 1799 moniales, dans tous les continents[réf. nécessaire].
