Autodafé
destruction par le feu
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Un autodafé (mot d'origine portugaise « auto de fé » venant du latin « actus fidei », c'est-à-dire « acte de foi ») est une cérémonie de pénitence publique organisée par les tribunaux de l'Inquisition espagnole ou portugaise, durant laquelle celle-ci proclamait ses jugements[1].

Dans le langage populaire, ce terme devient synonyme d'une exécution publique par le feu de personnes jugées hérétiques. Ce glissement de sens est dû au fait que les condamnés relaps ou refusant de se rétracter sont remis par l'Inquisition aux mains des autorités civiles, qui, parfois, les envoient au bûcher.
Il existe également depuis l'Antiquité l'autodafé de livres détruits au bûcher, employé comme une méthode de censure de leur contenu ou de leurs auteurs.
Généralités
Avant même l'existence de l'Inquisition, les hérésies du XIe siècle en Occident ont donné lieu à plusieurs exécutions par le feu, comme lors de l’Hérésie d'Orléans en 1022 (dix à quatorze chanoines de la cathédrale d’Orléans sont brûlés dans une cabane sur décision du roi Robert II le Pieux après réunion d’un synode) ou peu après en 1028 à Monteforte dans le Piémont (bûcher à Milan)[2].

À Blois, le , 32 membres de la communauté juive, hommes, femmes et enfants, accusés de crime rituel, furent condamnés à mort et brûlés vifs sur ordre du comte Thibaut V de Blois[3]. Les condamnations au bûcher des cathares, de Jeanne d'Arc ou Giordano Bruno ont été prononcées en référence à une théologie romaine, mais Michel Servet a subi le même supplice en 1553 après une condamnation pour hérésie par le Petit Conseil, calviniste, de Genève. Le premier autodafé sous l'Inquisition espagnole a lieu à Séville en Espagne en 1481 ; la cérémonie se reproduit pendant des siècles.
Par extension, « autodafé » désigne une destruction délibérée par le feu, en particulier de livres jugés dangereux[4]. Ainsi, le concept d'autodafé est-il couramment utilisé pour caractériser la destruction publique de livres ou de manuscrits par le feu. Les plus anciennes mentions connues de ce type de pratiques remontent à la Chine du IIIe siècle av. J.-C., plus tard, dans l'opposition culturelle entre chrétiens et païens dans l'Empire romain, puis lors de la conquête musulmane en Perse, durant la colonisation espagnole de l'Amérique et tout au long des siècles de l'Inquisition et la Réforme protestante, puis lors de la Révolution française, à l'époque du nazisme et du franquisme, etc.
Le mot auto da fé apparaît en France au XVIIIe siècle[réf. nécessaire].
Origine
L'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492 – dite année cruciale (Año crucial) – par le décret de l'Alhambra des rois catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand II d'Aragon, convaincus par le grand Inquisiteur Torquemada, suivie par celle au Portugal où s'étaient exilés les expulsés, par le roi Manuel Ier en 1497, puis par l'expulsion des musulmans en 1502, en 1525, puis en 1609, obligent les Juifs et les musulmans restés sur place à se convertir ou à mourir. Cette situation amène à ce que l'Inquisition persécute sévèrement tous ceux qui sont suspectés de ne pas suivre l'orthodoxie catholique en voulant « extirper tout élément hétérogène » de la société[5],[6].
Organisation

Cérémonial
Sous l'Inquisition, la cérémonie d'auto da fé aussi appelée « sermo generalis », se déroule en grande pompe et de façon de plus en plus élaborée le temps passant, afin qu'elle apparût spectaculaire aux centaines de spectateurs placés selon leur rang, et quelquefois, en présence de monarques ou autres seigneurs.
La cérémonie se compose d'une longue procession constituée des membres de l'Église et des pénitents, suivie d'une messe solennelle, d'un procès, d'un serment d'obéissance à l'Inquisition (« réconciliation » des pécheurs), d'un sermon et de la lecture des sentences. Cette séance solennelle de l'Inquisition procéde habituellement sur la grand place de la ville et peut mener jusqu'à l'église ou au tribunal d'audience du lieu[1],[7],[8].
Autodafe par Francisco Ricci

Le 16 juin 1680, sur la plaza Mayor de Madrid, se déroule tout au long de la journée le plus grand autodafé organisé par l'Inquisition espagnole, présidé par le roi Charles II d'Espagne : 120 personnes y participent dont 21 qui périssent dans les flammes.
Le tableau (une huile sur toile de 277 × 438 cm) de Francisco Ricci de 1683 dépeint une vue d'ensemble détaillé de ce tribunal : À l'arrière-plan , figure la tribune royale où se trouvent Charles II, son épouse Marie-Louise et sa mère. Des personnalités de la cour sont placées sur les balcons. À gauche, un riche tapis supporte l'autel orné d'une croix verte, symbole de l'espoir du pardon pour les « réconciliés », et de la bannière du Saint-Office. Juste à côté, les estrades des magistrats et le trône de l'inquisiteur général, qui se tient encore près de la tribune royale après avoir prêté serment.

Au centre du tableau, deux prisonniers vêtus comme au XVe siècle, portent des corozas et des sambénitos enflammés et sont entourés de prêtres semblant les malmener ; d'autres prisonniers costumés pareillement se trouvent ci et là sur le tableau ; les rapporteurs ou lecteurs des causes et des sentences sont dans les chaires, et des dominicains avec le prédicateur se placent dans la chaire centrale. À droite, se trouvent les estrades réservées aux proches de l'Inquisition et aux prisonniers, en personne ou en statue/effigie (morts ou fugitifs), portant une inscription mentionnant leurs crimes et un coffret contenant leurs ossements déterrés. Les prisonniers peuvent être en pénitence (punis de diverses peines et rachetés par leur abjuration) ou relâchés (condamnés à mort au pilori ou au bûcher en cas de récidive). Au premier plan, figurent les soldats de la Foi et leurs ânes qui conduiront les condamnés à mort aux abords de la ville pour y être exécutés par la justice civile. Dans ce groupe de soldats, au centre en bas du tableau, figure un homme portant un grand tambour, instrument fréquemment utilisé lors de ce type de cérémonie[9].
Accusés ou victimes

Selon les différents tribunaux, les accusés sont le plus souvent d'anciens Juifs convertis plus ou moins de force (devenant ainsi des conversos), accusés de judaïser, pareillement d'anciens musulmans apostats, de protestants (calvinistes, luthériens), d'hérétiques du catholicisme, de mystiques (notamment illuministes alumbrados), de « sorcières » et « sorciers », de blasphémateurs (délit de paroles), de bigames, de fornicateurs (pour les relations hors-mariage), de zoophiles (délit dit de « bestialité »), de sodomites (dont homosexuels), de pédérastes, de personnes dénoncées pour motifs divers, etc.[7],[10].
Les accusés ou victimes déjà morts sous la torture ou déjà enterrés et dont l'Église veut récupérer les biens, sont déterrés ou leurs restes récupérés pour que se tiennent à eux aussi leur procès inquisitoire post mortem et leur condamnation, comme on peut le constater sur certaines gravures.
Toute personne peut être accusée et condamnée quel que soit son âge, enfant ou vieillard. Les archives montrent des condamnés de sept ans (une fillette) et d'autres avouant 102 printemps (un homme)[11].
Costume

Les personnes accusées d'hérésie (terme large) doivent faire la preuve de leur bonne foi (acte de foi, auto da fe), se confesser et faire pénitence.
Pour ce faire, elles peuvent arriver sur place nus pieds, le corps à moitié dénudé et portant un cierge allumé. Elles sont revêtues d'un accoutrement humiliant avec des symboles de leur infamie, composé d'une sorte de chasuble ou poncho appelé sambenito, aux couleurs différentes selon l'accusation, où figuraient une grande croix de saint-André ou des dessins symbolisant la liste de leurs crimes assortis de leurs noms[12],[6] et arborent sur la tête un haut chapeau pointu appelé coroza[7].
Pour que l'humiliation soit complète, le dessin de leurs sentences (flammes, démons) figure sur le sambenito des condamnés au bûcher et une sorte d'attelle peut maintenir leur menton haut afin qu'ils affrontent le regard et les huées de la foule le long de leur parcours.
Attitude

Lors de leur procès, les accusés, femmes comme hommes, adoptent l'une des quatre attitudes suivantes face aux « crimes » qui leur sont reprochés :
- ils se confessent ;
- Ils se confessent puis nient ;
- ils nient puis se confessent ;
- ils nient[13].
Dans son étude sur les procès des auto da fe de l'Inquisition à Valence entre 1566 et 1700 — et aussi dans les tribunaux insulaires de Majorque, Sicile et Sardaigne —, l'historienne Anita Gonzalez-Raymond remarque que les femmes sont plus résistantes à la torture (la « question ») et nient plus fréquemment que les hommes[14].
Pénologie

Les sentences prononcées sont diverses et se déploient ainsi : absolution, admonestation, pénitence, « réconciliation », « relaxe » (euphémisme ironique désignant le bûcher), condamnation en effigie, condamnation, ajournement, etc[15].
La remise en liberté pour ceux qui se sont « réconciliés » par la confession de leurs « crimes » peut être assortie d'une obligation de porter le sambenito pendant plusieurs années ou toute leur vie dans toutes les activités de leur quotidien, sauf au domicile du pénitent[16].
Variété des peines

Les condamnations sont variées et leur sévérité diffère d'un tribunal à l'autre, d'une époque à l'autre :
- le bûcher (dit la « relaxe ») : se convertir avant de mourir permet d'être étranglé, souvent à l'aide d'un carcan étrangleur avec un tourniquet à vis (nommé argolla), avant d'être livré aux flammes ; les autres condamnés non-repentis sont brûlés vifs ; les ossements des condamnés posthumes sont déterrés et rassemblés dans un coffret pour être brûlés ;
- le brûlement en effigie : l'absent condamné par contumace est remplacé par un mannequin de chiffons, un portrait ou un écriteau nominatif[17] qui est brûlé en ses lieu et place ;
- les galères : d'un an à plusieurs années ;
- la flagellation publique : de quelques coups de fouet à plusieurs centaines[18] ;
- la prison : d'un an à la perpétuité ;
- le couvent : réclusion dans un monastère de quelques mois à plusieurs années jusqu'à la perpétuité ;
- l'exil ;
- les autres peines : jeûnes, obligation d'assister (et quelquefois à financer) à des messes et offices en habit de pénitent (sambenito et coroza), port perpétuel de ce vêtement d'infamie, interdiction d'exercer un ministère religieux, etc.[16].

La peine de mort ne pouvant être appliquée par l'Église, cette dernière la prononce mais livre ses victimes au pouvoir séculier[7].
L'exécution des peines capitales n'a très généralement pas lieu le jour de l'auto da fé, comme aussi la remise des condamnés aux autorités civiles, contrairement à ce que laissent supposer certaines représentations iconographiques. Il existe toutefois des cas où l'auto da fe durant jusqu'au soir, l'on remette les condamnés à ceux qui allaient les exécuter à minuit.
Que ce soit les condamnés ou les « réconciliés » et « relaxés », tous doivent payer des amendes ou voir tout ou partie de leurs biens, et parfois de leurs enfants, confisqués par l'Inquisition — ces fortunes alimentant les caisses de l'Inquisition et des couronnes royales, outre la corruption du clergé[11],[19].
Historique
Espagne wisigothique
Selon la Chronique de Frédégaire, le roi wisigoth Récarède Ier, premier roi catholique d'Espagne (586-601), ordonna, après avoir abjuré l'arianisme et s'être converti au catholicisme (IIIe concile de Tolède de 589), de brûler tous les livres et manuscrits ariens de son royaume ; ils furent regroupés à Tolède (capitale wisigothe) dans une maison qui fut incendiée[20],[21].
Savonarole
Le dominicain Jérôme Savonarole a organisé un autodafé appelé « bûcher des Vanités », le 7 février 1497 à Florence, où les habitants durent apporter bijoux, cosmétiques, miroirs, livres immoraux, robes trop décolletées ou richement décorées, images licencieuses, etc., pour qu'ils soient brûlés.
De nombreuses œuvres d'art produites à Florence au cours de cette décennie, dont notamment une partie de celles de Sandro Botticelli, ont disparu à cette occasion.
Péninsule ibérique et Inquisition
Fin de la Reconquista
Peu de temps après l'année cruciale et la chute du royaume nasride de Grenade, l'évêque de la nouvelle cité devenue très catholique précipite au feu les livres écrits en arabe[réf. nécessaire].
Faux-semblants
L'objet des tribunaux inquisitoriaux était précis : il s'agissait de rechercher les Juifs non convertis au catholicisme (et fallacieusement accusés de meurtres ou de profanations) et ceux qui ne s'étaient convertis que sous la contrainte (pour ne pas être forcés à l'exil ou pour sauver leur vie) tout en continuant à adhérer secrètement au judaïsme. Ces derniers étaient appelés péjorativement les « marranes » (porcs).
Les conversions de façade avaient tendance à se répandre, déclenchant l'animosité populaire (troubles de Tolède et Cordoue en 1449, de Ségovie en 1474), mais également les protestations des Juifs sincèrement convertis au christianisme, pour qui l'attitude des marranes jetait le discrédit sur l'ensemble des « nouveaux chrétiens » qu'ils étaient. C'est pour cette raison que l'on trouve à l'époque de nombreux conversos parmi les promoteurs de l'Inquisition, plus zélés et virulents encore que les chrétiens d'origine (dits « vieux chrétiens »).
Les tribunaux inquisitoriaux instituèrent des sortes de « jurys ». Ces jurys étaient constitués de notables locaux — qui connaissaient donc bien l'accusé —, voire de juristes qui pouvaient poser des questions au suspect, questions à charge ou à décharge. Les faux témoins, s'ils étaient découverts, s'exposaient à de très lourdes sanctions, en principe les mêmes que celles qui auraient été infligées à l'accusé[22],[23].
Condamnations au bûcher
Tout comme les Juifs, de nombreux morisques, musulmans contraints de se convertir au christianisme, sont condamnés à être brûlés vifs par l'inquisition espagnole de 1502 à 1750. Il leur est reproché de continuer à pratiquer dans le secret les rites de la religion musulmane.
En 1499, l'inquisiteur Diego Rodrigues Lucero connu par la suite pour sa cruauté, condamna à être brûlés vifs 107 juifs conversos, convaincu qu'ils étaient en réalité des marranes, restés fidèles à leur ancienne religion. Ce fut un des plus meurtriers autodafés du pays.
Au Portugal, il n'y eut pas d'autodafé avant 1540 (quatre ans après la création de l'Inquisition portugaise) mais durant les 40 ans qui suivirent, il y en eut environ quarante, avec « seulement » 170 condamnations au bûcher parmi les 2 500 condamnations prononcées.

Le 21 mai 1559, a lieu le premier acte de foi à Vallaloïd contre des protestants espagnols, avec à leur tête le chef de la Réforme castillane, Augustin de Cazalla, théologien et prédicateur de Charles Quint. Sur vingt-quatre accusés et prisonniers (femmes et hommes), la majorité appartient à la noblesse ou à une famille distinguée et est d'origine catholique quand deux sont d'origine juive ; trois sont des ecclésiastiques ; presque tous sont espagnols, sauf un Anglais et un Portugais. Tous sont accusés d'avoir embrasser voire de professer le luthéranisme, sauf un seul de judaïser. Différentes peines leur sont infligées, allant de la mise en pénitence au couvent, au bûcher, en passant par la prison et/ou le port à vie du sambenito et l'obligation d'assister aux messes et sermons, et pour tous, la confiscation de tous leurs biens et perte de tous leurs droits, et pour certains également ceux de leurs enfants et petits-enfants laissés sans ressources ni droits. Tous sont sortis de leur prison le jour-dit pour être conduits dans la ville et monter jusqu'à l'échafaud en exposition publique pour pénitence durant de longues heures[24]. Chacun des pénitents porte un crucifix et les vêtements d'infamie ; il marche entre deux familiers armés et est accompagnés de religieux qui le sermonne et lui ordonne de « bien mourir »[25].

Quatorze d'entre eux, aussi bien hommes que femmes, finissent au bûcher du Quemadero sur la place à l'extérieur de la ville de Campo grande, y compris les ossements déterrés pour l'occasion d'une dame qui est également brûlée en effigie. Seuls ceux qui abjurent leur nouvelle/ancienne foi et reviennent dans le giron de l'Église catholique romaine reçoivent la faveur d'être étranglés à l'aide d'un carcan à vis (argolla) avant d'être brûlés - une minorité est brûlée vive. Sur son dernier trajet, l'un d'entre eux, le bachelier Herrezuello, avance bâillonné et refuse avec mépris les exhortations d'abjuration de son hérésie ; la foule le lapide et un hallebardier l'embroche de sa lame mais il reste impassible sous la torture[24]. Le lieu de mise à mort est constitué de 13 grands poteaux distanciés les uns des autres, chacun muni d'un collier brisé qu'on passe autour du cou des condamnés qui ont l'heur d'être étranglés, et entouré d'un bûcher surmonté d'une sellette. Puis on met le feu au bûcher[25].
Par la suite (1580), Philippe II d'Espagne envahit le Portugal : le roi garantit aux Juifs qu'ils pourraient continuer à pratiquer leur religion. Mais ceux qui se convertissent doivent le faire sincèrement, sous peine de risquer d'encourir les foudres de l'Église. Et de fait, en vingt ans, 3 200 condamnations (dont, ici encore, « seulement » 160 au bûcher) seront prononcées.
Les autodafés continueront dans la péninsule Ibérique pendant toute la Renaissance et jusqu'au XVIIe siècle.

En 1639, au Pérou, le père franciscain Ioseph de Zisneros, qui était à la tête de l’Inquisition, condamna à Lima neuf marchands juifs au bûcher ; le dixième se suicida dans sa cellule et il fut brûlé en effigie. Au préalable, les condamnés avaient été conviés à faire acte de foi (auto da fé), pour mériter leur « rachat » dans l’au-delà. Leurs biens furent comme à l'habitude confisqués afin de renflouer le Trésor[19],[26].
L'exécution des accusés ne faisait pas partie de l'auto da fé et avait lieu lors d'une cérémonie ultérieure, normalement à l'extérieur de la ville, où la pompe de la procession principale était absente. Les principaux éléments de la cérémonie de l'auto da fé étaient la procession, la messe, le sermon à la messe et la « réconciliation » des pécheurs. Il serait faux de supposer, comme il l'est souvent fait, que les exécutions étaient au centre de l'événement[27], bien que certains auteurs, tels que Voltaire dans son conte philosophique Candide, répandront l'idée contraire.
Autodafé de livres

On nomme autodafé la destruction par le feu de livres ou d'autres écrits. Il s'agit d'un rituel qui se déroule habituellement en public[29], par lequel on témoigne d'une opposition culturelle, religieuse ou politique vis-à-vis des documents que l'on brûle. On considère donc généralement l'autodafé comme une méthode de censure visant à faire taire des voix considérées comme dissidentes ou hérétiques et qui menacent l'ordre établi[30].
L'autodafé se rattache au phénomène plus général de la destruction de livres ou biblioclasme[31], que certains auteurs appellent aussi libricide[32], bibliocauste[33] ou biblioclastie[34].
En général, ce n'est pas le livre en tant qu'objet matériel qui est visé, mais plutôt le livre comme porteur d'un contenu ou comme symbole d'une culture particulière[35]. Il peut ainsi s’agir d’un acte de mépris envers l’auteur ou le contenu de son œuvre.
La portée de ces destructions est variable. Dans certains cas, les écrits sont irremplaçables et leur destruction constitue une grave perte pour le patrimoine culturel d’une communauté. Dans d’autres cas, des exemplaires des livres détruits sont aujourd'hui accessibles, car des copies ont subsisté à l'attaque. Lorsque la destruction est étendue et systématique, l’autodafé constitue un élément significatif d’un ethnocide ou génocide culturel[36],[32].
La volonté d'intimider[37] ou de rallier un plus large public à ses idées peuvent constituer d'autres objectifs de l'autodafé.
Ce phénomène peut se rattacher à l'iconoclasme, c'est-à-dire la destruction des images ou des représentations[38]. En effet, des similitudes existent quant à leur ancrage culturel, religieux ou politique. De plus, à différents moments de l’histoire, comme lors de guerres coloniales, la destruction de livres va de pair avec la destruction d’autres symboles culturels[39].
Historique
Cette pratique possède une longue histoire qui prend place dans différentes régions du monde et sous différents régimes idéologiques et politiques.
Antiquité chinoise
Les plus anciennes mentions connues de ce type de pratiques se rencontrent en Chine au IIIe siècle av. J.-C., lorsque l'empereur Qin Shi Huang décide de liquider les écrits confucéens.
Destruction du paganisme dans l'Empire romain
En 391 à Alexandrie, l'évêque Théophile voulut d'abord faire confisquer le temple de Dionysos pour le transformer en église et obtint pour ce projet l'approbation de l'empereur chrétien Théodose Ier, mais les païens de la ville se mobilisèrent et se barricadèrent dans l'enceinte du Serapæum, un bâtiment massif sur un terrain surélevé surnommé « l'Acropole d'Alexandrie ». Le Préfet d'Égypte et le commandant en chef de l'armée provinciale refusèrent d'intervenir sans un ordre exprès de l'empereur, que Théophile sollicita et obtint : un décret impérial approuva la démolition des temples d'Alexandrie.
Alors l'évêque, sans attendre l'intervention des autorités civiles et de l'armée, prit lui-même la tête d'une foule de chrétiens exaltés et se présenta devant le Serapæum où il lut à haute voix le décret de l'empereur devant une foule terrifiée. Ensuite il se précipita dans le temple et donna lui-même le premier coup à la statue du dieu Sérapis ; ses partisans, en état de frénésie, se ruèrent derrière lui et entreprirent de saccager et de démolir complètement le sanctuaire, lequel contenait, selon le témoignage du rhéteur contemporain Aphthonios d'Antioche, une importante bibliothèque où des milliers d'ouvrages furent apparemment détruits[40],[41].
Conquête arabe en Perse
En 637, le palais de Ctésiphon (le Taq-e Kisra), capitale de l'Empire perse sous les Sassanides est détruit par les Arabes. Selon les historiens, l'autodafé des immenses bibliothèques perses par les troupes musulmanes, contenant tout le savoir de l'empire sassanide dura plus de six semaines, d'un feu continu, nuit et jour[42].

L'Europe entre bûcher, inquisition et réforme
Débuts de la colonisation espagnole en Amérique
À la suite de la conquête espagnole du Mexique actuel au XVIe siècle, les écrits des civilisations préhispaniques tels que ceux des Mayas et des Aztèques ont subi plusieurs autodafés de la part des religieux européens, convaincus que leurs codex étaient associés aux démons et aux superstitions.
L'évêque de Mexico à l'époque, Juan de Zumárraga, a fait brûler en 1530 tous les écrits et les idoles des Aztèques en mettant feu aux maisons royales qui hébergeaient les codex[43].
En juillet 1562, le franciscain Diego de Landa ordonna un autodafé de l'ensemble des documents afin d'assurer une meilleure évangélisation des populations autochtones[44]. Seuls quatre codex mayas sur les 27 recensés ont été sauvés des flammes[45].
Révolution française

Plusieurs autodafés eurent lieu durant la Révolution française, principalement commis par les révolutionnaires envers les institutions qui représentaient le régime féodal, comme la noblesse et le clergé. La première vague eut lieu durant le mouvement de la Grande Peur, qui vit les paysans entrer dans les châteaux des seigneurs et détruire les registres féodaux[46], appelés les livres terriers.
Les bibliothèques ont également été ciblées : on estime que 8 000 livres ont été détruits rien qu'à Paris, et que pour l'ensemble du pays, le nombre de livres disparus grimpa à 4 millions[47]. Par exemple, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés fut incendiée en 1794 et tout le contenu de sa bibliothèque — soit 49 387 imprimés et 7 072 manuscrits — a été brûlé[47].
Les portraits de saints ont aussi été touchés, dans un mouvement de déchristianisation.
Nazisme
« Là où on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes. »
— Heinrich Heine, Almansor[48]

Par analogie des méthodes, le terme auto da fe fut employé pour désigner la destruction par le feu que les nazis appliquèrent aux ouvrages dissidents ou dont les auteurs étaient juifs, communistes, modernes, féministes ou pacifistes[49]. Ces autodafés nazis – ou Bücherverbrennungen – prenaient la forme de rituels, de cérémonies lors desquelles les participants chantaient des formules incantatoires (le Feuersprüche[50]) en brûlant les écrits des auteurs jugés idéologiquement et racialement incorrects[51], « dégénérés » et « contre l’esprit allemand »[52].
Leur pratique des autodafés prenait sa source dans la notion selon laquelle un peuple exprimait son Geist (c’est-à-dire son esprit) à travers sa langue, sa littérature et ses traditions. Les nazis considéraient que toutes influences étrangères – exercées par l’écriture – compromettaient la suprématie et l’accomplissement de l’esprit allemand[53]. Le contenu des bibliothèques pouvant mener les lecteurs vers des idées contraires à la philosophie nazie, le contrôle de la population passa par celui des livres[54]. En effet, le régime nazi avait pour intention d’uniformiser le Reich sous la devise Ein Volk, ein Reich, ein Fürher (c’est-à-dire « un peuple, un Reich, un Fürher ») en imposant ses choix politiques dans un « travail d’assainissement moral et de redressement spirituel ». Pour cela, il eut recours à l’embrigadement de sa population dès le plus jeune âge[55]. La participation de toute la population fut donc essentielle à l’essor du nazisme et les étudiants furent encouragés, notamment par le libraire et membre éminant du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (le parti nazi) Wolfgang Herrmann à purger toutes les bibliothèques des ouvrages dénoncés. Ce dernier décriait les bibliothèques allemandes comment étant des « lupanars littéraires »[56].
De multiples groupes nazis se mirent rapidement à compiler des listes d’auteurs indésirables. Le secteur des librairies participa activement à cette entreprise. Wolfgang Herrmann est à l’origine de l’une de ces listes (parue dès mars 1933[57]) qui devint influente à travers l’Allemagne nazie. De plus, le futur ministre du Reich aux Territoires occupés de l'Est, Alfred Rosenberg, compila aussi l’une de ces listes dès le début des années 1930. Au lendemain de la Première Guerre mondiale et de l’effondrement économique des années 1920, ces listes furent des graines plantées dans un sol fertile. Elles furent appliquées et renforcées par la police et la Sturmabteilung (SA), une organisation paramilitaire du parti nazi, puis utilisées par le ministère de l'Éducation du peuple et de la Propagande sous Joseph Goebbels afin d’attiser davantage l’antisémitisme. Cela déclencha une purge sans précédent des ouvrages indésirables dans les bibliothèques, librairies et collections personnelles des individus[58].

Le premier autodafé nazi eut lieu le à Berlin sur l'Opernplatz[59] (Place de l’Opéra) située sur l’une des artères principales de la ville, l’avenue Unter den Linden. Il fut assisté par une foule de presque quarante mille étudiants et hommes en uniformes nazis effectuant le Heil Hitler (ou salut hitlérien). Aux flammes furent portés des ouvrages rédigés par des auteurs juifs, homosexuels et communistes, tous saisis dans des librairies et des bibliothèques[56]. Cette scène fut suivie par d'autres à Brême, à Dresde, à Francfort-sur-le-Main, à Hanovre, à Munich et à Nuremberg[59]. En tout, et ce seulement la nuit du 10 mai 1933, des autodafés furent effectués dans dix-neuf autres localités allemandes[50].
La haine du nazisme pour l’altérité n’épargnant pas la sexualité[51], l’une des destructions de livres les plus violentes fut guidée par l’homophobie (l’homosexualité étant considérée comme un virus introduit par les Juifs afin de corrompre la culture allemande[53]). À 9h30, le 6 mai 1933 à Berlin, une centaine d’étudiants nazis envahirent l’Institut für Sexualwissenschaft (ou l’Institut de sexologie) fondé en 1919 par Magnus Hirschfeld[57], un médecin et sexologue devenu « l’une des bêtes noires » du nazisme[60]. Juif et engagé pour la dépénalisation de l’homosexualité, Hirschfeld fit de son institut un lieu de refuge et de soin pour la communauté homosexuelle et transgenre, ainsi qu’à l’avant-garde des études de genres[61]. L’institut abritait une importante bibliothèque collectionnant, organisant et conservant nombre d’informations, d’artefacts et de documents sur les pratiques et identités sexuelles[62]. Pendant trois heures, les étudiants vidèrent des encriers sur les tapis, détruisirent ou vandalisèrent les tableaux, les imprimés, les sculptures et les décorations de l’institut. Ils confisquèrent des livres, des périodiques, des photographies, des modèles anatomiques, une tapisserie et un buste d’Hirschfeld. À l’extérieur, ils célébrèrent avec de la musique, des discours et des chants, puis furent remplacés à 15h00 par des hommes de la SA qui prirent 10 000 ouvrages de la bibliothèque. Le 10 mai, les étudiants paradèrent le buste volé d’Hirschfeld lors d’une marche aux flambeaux puis jetèrent les ouvrages volés au buché de l’Opernplatz[57]. En exil en raison de multiples menaces, Hirschfeld assista dans un cinéma parisien à la destruction de 12 000 à 20 000 livres et d’une large partie des 35 000 photos confisquées à son institut[53].
Plus encore, furent ainsi condamnés au feu les ouvrages, entre autres, de Bertolt Brecht, d'Alfred Döblin, de Lion Feuchtwanger, de Sigmund Freud, d'Erich Kästner, de Heinrich Mann, de Karl Marx, de Friedrich Wilhelm Foerster, de Carl von Ossietzky, d'Erich Maria Remarque, de Kurt Tucholsky, de Franz Werfel, d'Arnold Zweig et de Stefan Zweig, considérés comme « dégénérés »[63].
En l’espace de douze ans, on estime à une centaine de million le nombre de livres détruits par le régime nazi à travers l’Europe[64].
Franquisme
La phalange franquiste organisa le un autodafé de style nazi à l'université centrale de Madrid où furent notamment brûlés des livres de Maxime Gorki, Sabino Arana, Sigmund Freud, Alphonse de Lamartine, Karl Marx, Jean-Jacques Rousseau et Voltaire[65].
Chine
Le premier empereur de Chine, Qin Shi Huang, brûla les écrits confucéens pour asseoir son pouvoir et l'idéologie du légisme[66].
Dans la Chine communiste, des corans furent détruits dans de grands autodafés[67]. Des manuscrits bouddhistes et des bibles furent également brûlés[68].
Chili
Plusieurs autodafés ont été perpétrés lors du régime militaire de Pinochet. Les militaires contrôlaient l'activité éditoriale et plusieurs écrits de tendance socialiste ou contestataire ont été détruits, comme les œuvres de Pablo Neruda et Gabriel García Márquez. Par exemple, les autorités ont brûlé 14 846 exemplaires de L'Aventure de Miguel Littin, clandestin de ce dernier auteur[69].
Histoire récente

- En 1980, des féministes livrent au feu Histoire d'O sur un campus des États-Unis[70].
- , en marge de la guerre civile du Sri Lanka, une foule de citoyens d'ethnie cingalaise brûle la bibliothèque de Jaffna, contenant approximativement 97 000 manuscrits et livres[71].
- On a parlé d'autodafé quand, en , le cardinal de Nairobi, Maurice Otunga, a brûlé des boîtes de préservatifs en compagnie de l'imam de Jamia (en). Le , il réitère son geste devant 250 fidèles : aux boîtes de préservatifs viennent se joindre de petits livres sur le sida et les moyens de s'en protéger[72].
- 1989 : L'auteur britannique d'origine indienne Salman Rushdie est la cible d'une fatwa de mort de l'ayatollah Khomeini à la suite de la parution de son livre Les Versets sataniques. Des centaines d'exemplaires de son ouvrage sont brûlés en plein centre de Londres et en Iran, pour protester contre cette parution.
- 1998-2001 : les talibans détruisirent les 55 000 livres rares de la plus vieille fondation afghane, ainsi que celles de plusieurs autres bibliothèques publiques et privées[73].
- 1999 : autodafé des ouvrages du mouvement Falun Gong lors de la répression de ce mouvement par l'État chinois[74].
- 2007 : autodafé de CD, de cassettes et de magnétoscopes à la Mosquée rouge, au Pakistan[75].
- : le quotidien Maariv rapporte avec photos à l’appui, comment l’adjoint au maire de Or Yehuda, une ville israélienne située à 7 km de Tel Aviv, a organisé un autodafé public du Nouveau Testament distribué quelques jours auparavant par un groupe missionnaire évangélique dévolu à la conversion des Juifs, dit Juifs pour Jésus, auprès d'immigrants pauvres d'Éthiopie. Des commentateurs et personnalités officielles en Israël ont été prompts à condamner cet acte, et le maire a ensuite dû présenter des excuses[76].
- Le : Terry Jones, pasteur évangéliste du Dove World Outreach Center (en), une petite église fondamentaliste de Floride, appelle à l'autodafé du Coran. Finalement, devant la réprobation publique, il y renonce en déclarant le : « je ne brûlerai pas le Coran, ni aujourd'hui ni jamais. » Cependant, il passe à l'acte en détruisant un exemplaire le [77].
- En , des manuscrits de l'Institut Ahmed-Baba de Tombouctou (Mali), sont détruits par des milices islamistes[78]. Cependant, une bonne partie des manuscrits précieux ont été mis à l'abri avant l'entrée des milices dans la ville[79].
- En , l'organisation djihadiste État islamique brûle 2 000 livres à Mossoul, en Irak[80].
- En 2019, une commission scolaire francophone de l'Ontario, au Canada, brûle 5 000 livres pour la jeunesse dont les propos sont jugés racistes à l'égard des populations autochtones du pays. La démarche, qui impliquait notamment une cérémonie de « purification par la flamme », se voulait à visée « éducative »[81].
- Le , des prêtres catholiques de la ville de Koszalin, en Pologne, brûlent en public des livres des célèbres sagas Harry Potter et Fascination (Twilight) qu'ils jugent sacrilèges [82]. D'autres objets sont également brûlés, notamment un masque de style africain, un parapluie Hello Kitty et une figurine hindoue[83]. Ils justifient l'acte par la nécessité «d’obéir à la parole divine»[84]. Le prêtre polonais responsable de l'autodafé présente ensuite ses excuses pour cet « acte malheureux » qui a provoqué une vague de critiques dans son pays[85].
Autodafé des livres par leurs auteurs
En 1588, le cardinal britannique William Allen écrit pendant son exil « An Admonition to the Nobility and People of England (en) », un ouvrage critiquant la reine Élisabeth Ire. Il a l’intention de le publier en Angleterre pendant l’occupation des Espagnols, escomptant une invasion victorieuse du pays par l’Invincible Armada. À la suite de la défaite de l’Armada, Allen prend le soin de passer sa publication au feu. Elle n’est désormais connue que par l’un des espions d’Élisabeth qui en a volé une copie[86].
Le rabbin hassidique Nahman de Bratslav aurait écrit un livre qu’il aurait lui-même brûlé en 1808. Aujourd’hui, ses adeptes pleurent « Le livre brûlé » et cherchent dans les écrits du rabbin des indices sur ce que contenait le volume perdu et pourquoi il a été détruit[87].
En , Nicolas Gogol fait imprimer à compte d’auteur son poème Hans Küchelgarten. Le livre est si mal reçu par la critique que Gogol rachète lui-même les exemplaires des librairies pour les passer au feu[88]. La nuit du 23 au , soit une semaine avant sa mort, après une longue prière, Gogol jette au feu la très attendue deuxième partie de son magnum opus, Les Âmes mortes. Il s’y prend à deux fois pour enflammer le manuscrit. Ensuite, il se signe et se couche en sanglotant. Il dira plus tard au comte Alexandre Tolstoï que c’est le Malin qui l’a poussé à l’acte[89]. Ce geste a grandement influencé Mikhaïl Boulgakov, qui le met en scène dans son roman Le Maître et Marguerite. Le personnage principal, le Maître, brûle son propre manuscrit, mais à l’inverse du récit de Gogol, c’est le Diable qui lui permet de le retrouver lui disant que les manuscrits ne brûlent pas[90]. Dans un élan dramatique, Boulgakov déchire et jette les deux premières versions de Le Maître et Marguerite au printemps 1930. Dans une lettre écrite au gouvernement de l'URSS, il dit avoir brûlé son roman sur le diable. Il va ensuite réécrire le roman au complet[91].
Avant sa mort en 1924, Franz Kafka écrit à son ami Max Brod : « Mon très cher Max, ma dernière requête : tout ce que je laisse derrière moi… qu’il s’agisse de journaux, manuscrits, lettres (les miennes et celles des autres), des croquis, etc. [doit] être brûlé sans avoir été lu. ». Brod ne suit pas les souhaits de Kafka, croyant que l'auteur lui a donné ses directives en sachant qu'elles ne seraient pas honorées. Si Brod avait suivi les indications de Kafka, la plus grande partie des œuvres de Kafka — à l’exception de quelques courts récits publiés de son vivant — aurait été perdue pour toujours[92].
Autodafés dans la fiction
Livres
Dans Candide (au chapitre VI), Voltaire décrit un autodafé organisé à Lisbonne après le séisme de 1755 au cours duquel Pangloss, le précepteur de Candide est pendu[93] :
« Après le tremblement de terre qui avait détruit les trois quarts de Lisbonne, les sages du pays n’avaient pas trouvé un moyen plus efficace pour prévenir une ruine totale que de donner au peuple un bel auto-da-fé ; il était décidé par l’université de Coïmbre que le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu, en grande cérémonie, est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler. »
Dans le roman Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, le thème principal est la destructions de livres par le feu, effectué par le protagoniste.
L'ombre des grenadiers de Tariq Ali s'ouvre sur un autodafé de tous les ouvrages en langue arabe perpétré le à Grenade par l'archevêque Ximenes de Cisneros.
Films
Mise en scène des autodafés nazis dans le film d'aventures Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989) de Steven Spielberg.