Avortement en Espagne
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L'avortement reste l'un des principaux sujets de polémique en Espagne, pays de tradition catholique, mais précurseur en Europe des droits des femmes sous la Seconde République (1931-1939), avant l'arrivée au pouvoir par la force de Franco après la guerre d'Espagne.
Seconde République
Alors qu'elle est ministre de la Santé de la jeune Seconde République en 1936-1937[1], Federica Montseny tente en vain de le légaliser, sauf en Catalogne[2].
Après la guerre d'Espagne, qui voit l'arrivée au pouvoir des nationalistes, les droits des femmes sont très réduits sous la dictature franquiste. Il faut attendre la transition démocratique qui débute en 1975 et le retour de la démocratie pour voir les droits rétablis et renforcés[3], notamment le droit à l'avortement[4].
Transition démocratique
Le , plus d'un million de personnes ont défilé dans les rues de Madrid contre la légalisation de l'avortement[5],[6],[7].
Depuis 2010, la loi autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines de grossesse et 22 semaines de grossesse en cas de malformation du fœtus[8].
Projet de loi d'Alberto Ruiz-Gallardón (2013-2014)
En , un projet de loi est présenté pour interdire l'avortement, sauf en cas de viol ou de danger pour la santé physique ou psychique de la mère, par le gouvernement de Mariano Rajoy[9]. Lors des débats, la jeune militante féministe Lara Alcázar perturbe la prise de parole du ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardón, pendant une intervention au Congrès des députés[10]. L'année suivante, la philosophe Alicia Miyares[11] publie le manifeste Porque yo decido[12] contre le projet de loi[13].
Le , le projet de loi est retiré, faute de consensus au sein de la majorité, après les mobilisations d'El tren de la libertad[14] qui font l'objet du documentaire collectif Yo decido. El tren de la libertad[15].
Le , le Sénat approuve une réforme de la loi sur l’avortement interdisant aux mineures d'avorter sans consentement parental[16], une version assouplie d’une réforme vivement contestée par l’opposition. La chambre haute espagnole a approuvé la réforme avec 145 votes pour, 89 contre et cinq abstentions, ce qui constitue la dernière étape formelle avant son entrée en vigueur.
Le Tribunal constitutionnel, saisi le par le groupe populaire au Congrès des députés[17], statue plus de douze ans plus tard, le , par sept voix contre quatre, que la loi relative à l'interruption volontaire de grossesse de cette même année est totalement conforme à la Constitution de 1978. Il charge sa vice-présidente de rédiger l'arrêt confirmant cette position, ayant rejeté celui proposé par le précédent rapporteur, qui suggérait de déclarer inconstitutionnel un article relatif aux conditions d'information des femmes souhaitant avorter[18].