Bais (Ille-et-Vilaine)

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Hydrographie

Bais se situe à l'est de l'Ille-et-Vilaine, à une quinzaine de kilomètres au sud de Vitré.

La commune est traversée du nord au sud par la D 95 (Louvigné-de-Bais - La Guerche-de-Bretagne) et la Quincampoix.

Carte de la commune de Bais.

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Quincampoix, le Bueuf[1], le Mesnil[2], le Vergéal[3] et le ruisseau de l'Étang des Vaux[4],[5],[Carte 1].

La Quincampoix (Seiche), d'une longueur de 33 km, prend sa source dans la commune de Domalain et se jette dans la Seiche à Janzé, après avoir traversé six communes[6].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Bais[Note 2].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[7]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[8]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[9]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[10]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[11],[12].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 764 mm, avec 12,9 jours de précipitations en janvier et 0,7 jours en juillet[7]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Arbrissel à 9 km à vol d'oiseau[13], est de 12,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 718,7 mm[14],[15]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,9 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −11 °C, atteinte le [Note 3].

Urbanisme

Typologie

Au , Bais est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[16]. Elle est située hors unité urbaine[17] et hors attraction des villes[18],[19].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (95,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (98 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (47,4 %), terres arables (40,9 %), prairies (7,2 %), zones urbanisées (2,6 %), mines, décharges et chantiers (1,8 %)[20]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes ecclesia Beisci en 1157, Baes en 1164, Bais en 1212, Bedeseum en 1213, Baiscum en 1516[21].

Du gaulois bedo- (fosse) ou betu- (bouleau), et suffixe -iscum.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Une statuette sculptée dans un microgranite de provenance locale, représentant dans un style primitif trois personnages ithyphalliques, datant probablement de la fin du deuxième âge du fer ou du début de l'époque gallo-romaine, a été découverte dans une mare au début de la décennie 1970[22].

La villa gallo-romaine du Bourg Saint-Père atteste d'une présence dès l'Antiquité. Ce site présente la particularité de posséder trois édifices religieux (deux fana et un laraire)[23].

Moyen Âge

La légende raconte qu'un saint anachorète, nommé Marse, naquit au Ve siècle dans la paroisse, au village du même nom, où il mourut.Il aurait été un disciple et compagnon de saint Melaine, la tradition le donne pour évêque de Nantes au VIe siècle. Les hagiographes ne confirment pas cette tradition, mais plusieurs documents anciens attestent que de temps immémorial les reliques de saint Marse étaient vénérées à Bais. En 1427 la crainte d'une invasion anglaise fit transporter le corps du saint dans l'une des tours du château de Vitré, où ses reliques restèrent jusqu'en 1750 avant d'être transférées dans l'Église Notre-Dame de Vitré et enfin de revenir à Bais en 1843. G. Corbe atteste qu'en 1847 (et probablement aussi bien plus tard) deux processions annuelles étaient organisées à Bais, l'une en mémoire du départ des reliques du saint patron de la paroisse, l'autre pour fêter leur retour[24]. Un cimetière datant des VIe siècle et VIIe siècle, situé à proximité de la chapelle Saint-Pierre[25], a été fouillé : il se composait de 23 sarcophages en calcaire, 70 coffres en schiste ardoisier et 18 sépultures en pleine terre[26]. Des perles en verre, des boucles et des fibules ont été découverts[27].

La famille d'Espinay, de Champeaux, mais qui possédait également le château de Saudecourt en Louvigné-de-Bais, avait dans la paroisse de Bais plusieurs métairies, une closerie et disposait dans l'église de prééminence, banc, et armoiries[28].

La paroisse de Bais dépendait autrefois de la châtellenie du Désert, qui appartint aux barons de Châteaubriant, puis à ceux de Vitré à partir de 1542, et disposait du droit de haute justice[29] Le chef-lieu de la châtellenie du Désert se trouvait au manoir de la Rivière du Désert, en Visseiche, et s'étendait sur le territoire des paroisses d'Availles, Bais, Brielles, Chancé, Domalain, Gennes, Moulins, Moutiers, Le Pertre, Saint-Germain-du-Pinel, Vergéal et Visseiche[30].

Époque moderne

Marie de Rieux (plus connue sous le nom de Guyonne de Rieux ou de Guyonne de Laval), née en 1524, décédée le , épouse de Guy XVIII de Laval, dame de Bais, était ralliée à la Réforme protestante[31].

En 1584, 251 personnes meurent de la peste à Bais[32].

En 1766 une émeute se produisit à Bais en raison du manque de grains. Le Parlement de Bretagne poursuivit les émeutiers.

Révolution française

Des gardes nationales de Bais furent très actifs en 1791 et 1792, associés à d'autres venus d'autres communes, faisant fouillant par exemple le le presbytère d'Étrelles, puis ils visitèrent le château du Plessis en Argentré, y commettant de gros dégâts. Le , le presbytère d'Étrelles est à nouveau visité et cette fois entièrement saccagé par eux ; le , ils firent irruption à Vergeal et Cornillé pour les débarrasser de leurs prêtres réfractaires ; le , ils firent irruption à Argentré pour piller les maisons des habitants réputés aristocrates[33].

La « Légion de Vitré », commandée par Henri du Boishamon, membre du groupe chouan Chevaliers catholiques, fut très active dans la région. Le combat de Bais opposa Chouans et Républicains pendant la Chouannerie, en .

Le XIXe siècle

« Au XIXe siècle, Domalain, la commune la plus réactionnaire d'Ille-et-Vilaine, a pour voisine Bais, l'une des plus libérales »[34].

En 1866, quelques cas de choléra sont observés à Bais, ainsi que dans des communes voisines, particulièrement dans la commune d'Étrelles où, du au , 60 personnes, dont 40 femmes, ont été atteintes. 3 personnes ont succombé à cette épidémie[35].

Le XXe siècle

La Belle Époque

Selon le journal La Croix, en 1891, 6 élèves sont inscrits à l'école laïcisée contre 130 à l'école "libre", congréganiste[36].

La ligne de tramway allant de Rennes à La Guerche et passant par Bais fut mise en service en [37]. La ligne ferma en 1947.

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Bais porte les noms de 113 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Parmi eux, 18 ont reçu à la fois la Médaille militaire et la Croix de guerre et 7 la Croix de guerre ; 13 sont morts en Belgique, deux dans les Balkans (un en Grèce, Paul Hervagault, un en Serbie, Jean Gallier) dans le cadre de l'Expédition de Salonique et un (Jean Jenuit) alors qu'il était prisonnier en Allemagne ; les autres sont décédés sur le sol français[38].

Le monument aux morts.

L'Entre-deux-guerres

Bais : la place de l'église vers 1920.

Dans la nuit du 6 au , un ouragan fit des dégâts importants à Bais, abattant notamment de nombreux pommiers[39].

La « Société coopérative agricole de Bais et des environs » fut dissoute le [40].

La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Bais porte les noms de sept personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles l'abbé Jules Pouchard, officier de la Légion d'Honneur, Croix de guerre, résistant arrêté par la Gestapo le et mort d'épuisement à cause des mauvais traitements qu'il subit le à Saint-Mandé[38].

Des patriotes arrêtés et torturés à BAIS le 16 juillet 1944

Le dimanche cinq hommes sont interpellés entre 7 heures et 10 heures du matin  par des policiers et des miliciens  français et conduits à la ferme de « La Gousserie » à Bais (Ille-et-Vilaine), exploitée par  M. Augustin GAUTIER, ancien combattant de la première guerre mondiale, adjoint au maire de Bais.

Il s'agit de l'agriculteur qui hébergeait ces patriotes, Augustin GAUTIER, 47 ans,  père de 5 enfants, de  Jean Baptiste DANIEL, 41 ans, sabotier à Bais, père de deux enfants ;   François LAMIGE, parisien réfugié à Bais, marié, Oscar de BOCK, 41 ans, cultivateur à Bais, célibataire, Léon  DESILLES, 43 ans, cantonnier, marié.  

Torturés sur place pendant plusieurs heures, ils sont conduits vers 17 heures à Rennes dans les locaux de la milice.

Ils sont exécutés sommairement  par ces miliciens  d'une balle dans la nuque à Saint Jacques de la Lande au lieu-dit « Le Bois tilleul » vraisemblablement dans la nuit du 18 au , avec un autre habitant de Bais, Roger BRUCHET, rennais, 33 ans, arrêté  le à Bais.

Un réfugié d'origine hollandaise Hendrik Van  Balkom,27 ans,  arrivé sur la commune de Bais avait été recommandé par le maire de l'époque, M. Bodard, pour que  M. GAUTIER  l'héberge chez lui.52

Celui-ci avec sa compagne Colette  recrute quelques habitants de Bais qui se ravitaillent chez des agriculteurs soupçonnés de collaboration et de commerce avec les Allemands.

Ce groupe figure sur le site du service historique de la défense sous-série GR 19P "maquis et forces françaises de l'intérieur" cote 35-11 comme unité militaire de Libération Nord armée secrète groupe de Bais. il est indiqué : " sabotages divers sur lignes téléphoniques et terrain d'aviation de Vergéal - effectif 7 hommes - constitué le - 6 hommes arrêtés en et fusillés par la suite".

Mais le  fait que Hendrik Van Balkom ait pu s'échapper dès le matin le jour de l'arrestation de ses camarades  sans être inquiété par les miliciens demeure troublant.

Quoi qu'il en soit, les patriotes qui sont rentrés dans ce groupe étaient de bonne foi, ils voulaient sincèrement servir la cause de la Résistance  et ont payé de  leur vie leur engagement.

Ce sont des victimes de guerre, abattus par des Français à la solde des nazis.

Titre d'interné politique attribué à M. GAUTIER par ONaCVG

Leur nom figure sur le monument aux morts du cimetière de l'Est à Rennes.

A Saint Jacques de la Lande, la plaque commémorative érigée en porte 76 noms de fusillés ou exécutés repris sur 76 stèles bicolores avec, sur chacune d'entre elles, le nom, l'âge de la victime et la date de son sacrifice.

Une stèle à la mémoire des 5 patriotes a été inaugurée le dimanche sur le site même des massacres  à Bais à l'initiative de la famille Gautier et de Melle Ingrid Desrues, déléguée départementale des lauréats du CNRD.

M. Augustin GAUTIER a été reconnu « Mort pour la France » par décision de l'Office national des combattants et des victimes de guerre le , 80 ans presque jour pour jour après son arrestation et son exécution.

Décision d'attribution de la mention MORT POUR LA FRANCE pour M. Augustin Gautier

L'après Seconde Guerre mondiale

Un soldat originaire de Bais (Roger Bédier) est mort en captivité le pendant la Guerre d'Indochine[38].

Politique et administration

Administration municipale

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 1 500 et 2 499, le nombre de membres du conseil municipal est de 19[41].

Tendances politiques et résultats

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1929 1959 Joseph Bodard Radical Entrepreneur

Conseiller général Chevalier de la Légion d'honneur

Les données manquantes sont à compléter.
mars 1959 mars 1983 Jean Brougalay   Entrepreneur de travaux publics, maire honoraire
Chevalier de la Légion d'honneur
mars 1983 juin 1995 Joseph Pichet DVD Chef d'entreprise
juin 1995[42] juin 2005[43]
(démission)
Anne Bourguignat[44] UDF Mère au foyer
juillet 2005[45] mars 2014 Joseph Pichet[46] DVD Chef d'entreprise
mars 2014 en cours Nathalie Clouet[47] DVD Comptable
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[48]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[49].

En 2023, la commune comptait 2 539 habitants[Note 4], en évolution de +4,96 % par rapport à 2017 (Ille-et-Vilaine : +5,7 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 1273 1603 1903 5083 8673 7283 4013 4703 412
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 1653 0833 0172 8912 8612 8502 7712 7302 581
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 5442 5392 4472 1822 1582 2282 2632 2052 157
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
2 1482 0952 0221 9131 8211 9282 0042 1462 407
2021 2023 - - - - - - -
2 4882 539-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[50] puis Insee à partir de 2006[51].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie

Transports

La commune est desservie par la ligne de bus no 7 de Vitré Communauté.

Culture locale et patrimoine

Voir aussi

Notes et références

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