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Barqa (Gaza)

village palestinien expulsé en 1948 From Wikipedia, the free encyclopedia

Barqa (arabe : برقة, également transcrit Burqa) est un village palestinien qui était situé à 37 km au nord de Gaza, à proximité de l'actuelle ville israélienne d'Ashdod. Cette ancienne ville philistine est appelée Barka par les Grecs et Bareca par les Romains. En 1945, le village avait une population de 890 habitants.

Nom local
برقة
Pays
Faits en bref Nom local, Pays ...
Barqa (Gaza)
Maqâm (sanctuaire) de Neby Bur en 1898[1]
Nom local
برقة
Géographie
Pays
Sous-district
Partie de
Superficie
5,2 km2
Coordonnées
Démographie
Population
890 hab.
Densité
171,2 hab./km2
Histoire
Événement clé
Expulsion et destruction
13 mai 1948
Fermer

Le 13 mai 1948, comme des centaines d'autres villages palestiniens, il est occupé et dépeuplé lors de l’opération Barak, offensive du Yishouv dans le sud de la Palestine, juste avant le début de la guerre pour la Palestine. Les ruines du village ont été incluses dans la ville israélienne de Gan Yavne.

Toponymie

Selon Palmer, le nom du village fait référence à un sol sableux parsemé de silex[2].

Géographie

Le village de Barka était situé dans la plaine côtière palestinienne, à 37 kilomètres de Gaza et à environ 25 mètres au-dessus du niveau de la mer[3]. Le wadi al-Gharbi coulait proche du village, au sud.

Les villages voisins étaient Bashshayt au nord, Yazour à l'est, Bayt Daras au sud, Isdud au sud-ouest et Arab Suqrir au nord-ouest. La mer Méditerranée se trouvait à 7 kilomètres du village[3]. Gan Yavné, village sioniste fondé en 1931, se trouvait au nord[4]. Une route secondaire reliait le village à la route principale Jaffa-Gaza[3].

La superficie totale des terres de Barka était de 5206 dounams (5,2 kilomètres carrés)[5] dont la propriété se répartissait entre 4841 dounams (484 hectares) appartenant à des Arabes, 226 dounams (23 hectares) appartenant à des Juifs et 139 dounams de terres publiques[3]. Sur ces terres, 461 dounams (46 hectares) étaient incultes, soit 9 % du terroir[3]. 667 dounams étaient consacrés aux plantations d'agrumes et de bananiers, 47 dounams (5 hectares) classés comme vergers ou terres irrigables et 4031 dounams (403 hectares) classés comme terres céréalières[6].

Histoire

Il est vraisemblable.que Barqa ait succédé à la ville grecque de Barka, que les Romains appelaient Baraca. Parmi les découvertes archéologiques de l'époque hellénistique, on compte des sculptures, un puits et des céramiques[3].

Une chambre funéraire dotée de quatre arcosolia a été découverte à Barqa. Elle contenait trois lampes de terre cuite datées de la fin de l'Empire romain ou du début de l'Empire byzantin, ainsi que deux pièces de vaisselle de verre byzantine du Ve siècle[7]. Sous l'Empire byzantin, le village est un centre important. En 511, une église à plan basilical est construite. Richement décorée, elle possédait un sol de mosaïque. Elle reste en usage jusqu'au VIIe siècle[8].

Empire ottoman

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman. Selon le defter de 1596, le village relevait de la nahié et de la liwa de Gazza. Ce document recense 12 foyers, tous musulmans. Ils payaient un impôt à taux fixe de 25% sur leurs productions agricoles, dont le blé , l'orge, les récoltes d'été (fruits, légumes...) et le sésame pour un total de 2100 akçe[9].

En 1863 Victor Guérin visite Barka et note, reposant près d'un puits, plusieurs fûts de colonnes de marbre gris. Le qoubba consacré à Neby Barak était entouré de tombes. Le village est construit sur une petite hauteur et il en estime la population à 350 habitants. Les maisons sont construites en briques crues. Il rapporte que la plaine autour du village est d'une « merveilleuse fertilité » : y sont cultivés dourah (dont ils font un pain en mélangeant la farine à de l'huile, du beurre, du lait et de la graisse de chameau), tabac et dokn. Il identifie Barka avec le village grec de Barak cité dans l'Onomasticon d'Eusèbe de Césarée et au Bene Berak de la Bible, village attribué à Josué. Bene Berak signifie « les fils de l'Éclair » en hébreu ancien ; Guérin note que le maqam vénère toujours un Nabi Berak (le prophète l'Éclair)[10].

Une liste de villages ottomane datée environ de 1870 ou 1871 recense à Burka 202 personnes de sexe masculin dans 80 maisons, les femmes n'étant pas recensées dans ce document[11],[12].

Le rapport du Palestine Exploration Fund de 1882 décrit Barqa comme un village « ordinaire », et signale la tombe de Neby Burk[13].

Mandat britannique

Carte topographique de Barqa à l'échelle 1:20 000 (1930).
Carte au 1:250 000 de la région de Barqa (1945).

En 1917-1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Barka est conquise début novembre 1917 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Burqa a une population de 448 habitants, tous musulmans[14], population qui augmente au recensement de 1931 à 600 habitants, dont 593 musulmans, 6 juifs et un chrétien, dans 123 maisons[15]. Cette même année, le village sioniste de Gan Yavné est fondé au nord de Barka[3].

Le centre du village comptait plusieurs boutiques. Les enfants de Barka fréquentaient l'école d'al-Batani al-Gharbi, au sud[3]. Les habitants avaient foré plusieurs puits pour irriguer leurs terres[3].

Selon les statistiques de Village de 1945, la population de Barqa est estimée à 890 habitant, tous musulmans[16],[5].

Autour de la mosquée se trouvaient trois tombeaux, celui de cheikh Muhammad, celui de cheikh Zarruq et celui du prophète (al-nabi) Barq[17].

Guerre de 1948 et nettoyage ethnique

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Barka est attribué à l’État arabe[4].

Le comité national arabe de Majdal ordonne aux habitants de Barka qui avaient pris la fuite de retourner chez eux fin avril[18].

Barqa est vidé de sa population le 13 mai 1948, au cours de l'opération Barak dont les ordres opérationnels fixaient comme but la fuite des habitants du secteur, provoquée par des bombardements sur les centres urbains. Ce résultat est obtenu à Barka après un bombardement au mortier par la brigade Guivati[19], i[20]. Selon l’Encyclopedie de la Question palestinienne, le village est évacué par ses habitants au début d'une attaque de la Guivatiafter, entre le dix et le 13 mai[3].

Période israélienne

Barka est ensuite annexé par Israël.

Gan Yavné se développe sur les terres de Barka[3].

Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste de Barka en 1992 : « Deux maisons restent debout. L'une sert d'entrepôt ; elle est construite en béton et a un portique couvert sur deux côtés. L'autre, une maison de pierres aux ouvertures rectangulaires et au toit plat reste abandonnée au milieu de la végétation sauvage. Le site est envahi d'herbes et des figuiers de Barbarie, des eucalyptus et des palmiers y poussent dispersés. Des Israéliens cultivent les terres autour du site »[21].

Notes et références

Voir aussi

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