Bataille de Campaldino
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| Date | 11 juin 1289 |
|---|---|
| Lieu | Plaine de Campaldino (entre Pratovecchio et Poppi), en Toscane, Italie |
| Issue | Victoire des guelfes |
| Parti guelfe : |
Parti gibelin : |
| Amalric de Narbonne Guillaume Bernard de Durfort Corso Donati Vieri de Cerchi |
Guglielmino Degli Ubertini Buoconte di Montefeltro Guido Novello Guidi. |
Guerres entre guelfes et gibelins
Batailles
1150 – 1200
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1201 – 1250
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1251 – 1300
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- San Quirico (1341)
- Gamenario (1345)
1351 – 1402
- Mirandola (1355)
- Casorate (1356)
- Solara (1356)
- Alexandrie (1391)
- Casalecchio (1402)
| Coordonnées | 43° 44′ 54″ nord, 11° 45′ 12″ est | |
|---|---|---|
La Bataille de Campaldino est un conflit militaire ayant eu lieu le , opposants les armées guelfes aux armées gibelines sur les plaines de Campaldino.
La commune de Florence, composée de ses alliés pistais, lucquois, siennois, et pratésiens, a réuni une armée guelfe pour affronter la commune d’Arezzo. L’armée guelfe était commandée par Amalric de Narbonne, Guillaume Bernard de Durfort, Corso Donati et Vieri de Cerchi.
À l’opposé, les Arétins, combattant du côté des gibelins, avaient comme commandants Guglielmino Degli Ubertini, Buoconte di Montefeltro et le comte Guido Novello Guidi.
Âgé de 24 ans, Dante Alighieri a participé à la bataille alors que son parcours militaire était presque inexistant. Étant poète de formation, il a pu écrire sur le déroulement de la bataille, nous laissant ainsi plusieurs traces sur ladite bataille. La Divina Commedia représente son œuvre la plus populaire, dans laquelle il raconte sa vision et quelques étapes du déroulement de la bataille[1].
Étant une grande province italienne, la Toscane était composée de ses principales communes, soit Florence, Pise, Sienne et Arezzo. À l’époque, on reconnaissait l’hégémonie de la Toscane en raison de son positionnement géographique. Située au nord de Rome et ayant accès à la mer par l’Ouest, la Toscane détenait une position privilégiée. Considérant sa grandeur, la Toscane détenait à la fois des populations gibelines et guelfes[2]. Il était fréquent de remarquer des tensions entre les deux groupes au sein même de la province. De 1260 à 1268, par phénomène de mouvement de population, les gibelins devenaient de plus en plus importants à Florence, malgré la domination guelfe de la région[3]. En 1250, l’image du pouvoir impérial en Italie se dissout par la mort de Fréderic II. Après cet événement, la lutte pour le pouvoir s’ensuit, créant ainsi une période de chaos et d’instabilités politique pour l’Italie du Nord. Deux grandes forces impériales ont pu s’y installer quelques années plus tard. Charles I d’Anjou s’est emparé du sud de l’Italie alors que Rudolf Habsbourg s’est emparé du Nord. Rudolf Habsbourg est devenu l’empereur Rudolf I. Sous son règne, il a grandement encouragé la force des gibelines à se développer[4]. À la mort de Charles I d’Anjou, les guelfes devront attendre quelques années avant de recevoir l’appui de Charles II d’Anjou. Étant détenu, Charles II d’Anjou a été libéré par les Florentins, qui ont décidé de financer sa libération. Cette libération a permis aux guelfes de recevoir le support de la couronne française ainsi que bénéficier de ses connaissances militaires. Voyant cette situation arriver, les gibelins d’Arezzo ont compris que le temps était compté avant une invasion possible des guelfes[5].
Un an avant la bataille de Campaldino, soit durant l’été de 1288, la ville d’Arezzo fut attaquée par les Florentins. L’objectif était de siéger Arezzo. Malgré les efforts déployés, la 1ère bataille entre les deux communes n’a mené à rien. Deux raisons sont à l’origine de cette défaite : une féroce tempête a fait rage, obligeant les Florentins à rebrousser chemin et un manque d’équipement a limité leur capacité d’action. À leur tour, les Arétins se sont mobilisés et ont attaqué Florence quelques mois plus tard. Après de nombreux champs de céréales brûlés, ils ont tenté une attaque pour pénétrer dans la ville protégée de fortifications. Après avoir tenté de brûler la grande porte d’entrée de la ville, ils n’ont pas été capables d’avancer dans Florence. Heureusement pour les guelfes florentins, la ville est restée intacte. En conséquence, ils ont décidé de bannir toutes les familles gibelines, quelles soient riches ou pauvres[6]. L’année 1288 a été marquée par des luttes successives entre guelfes et gibelins pour des questions territoriales, où chacune des factions voulait assiéger l’autre. Il faut tout de même constater que la majorité des victoires ont été en faveur des gibelins[7].
Préparant une reprise des villes perdues aux mains des gibelins, Charles II d’Anjou a mis sur pied la Taglia Guelfa (Ligue Guelfe), composée de Florence, Lucca, Pistoia, Siena et Volterra[8].
Considérant leur passé conflictuel, la guerre entre les guelfes florentins et les gibelins arétins était inévitable. La première cause de la guerre a été la dispute pour l’hégémonie de la vallée de l’Arno, pour le col des montagnes ainsi que les routes commerciales qui menaient à l’Europe centrale par le nord. La deuxième cause est celle du patriotisme ainsi que la dévotion pour la cause guelfe ou gibeline[9].
Le portrait des deux armées
Pour les deux camps, le budget octroyé aux armées provient en grande majorité de la perception de taxes sur tous les citoyens. L’équipement militaire était composé de cavaleries, de lances, d’épées, de dagues, d’armures, de casques, d’arcs et d’arbalètes. Lors des batailles, les deux armées organisèrent leurs soldats en 4 rangées distinctes. La première était composée des feditori. Ils étaient les premiers à recevoir la charge de l’ennemi et leur rôle était crucial. Les fantassins étaient armés d’une pique, soit une lance avec des caractéristiques améliorées. La deuxième rangée était composée de la cavalerie, soit d’homme monté sur des chevaux. La troisième rangée était une des plus importantes, parce qu’elle regroupait les chariots contenant les provisions. Elle était protégée par une rangée d’hommes munis de boucliers, aussi appelés paveses. Enfin, à la dernière rangée, soit la quatrième, on y voyait les combattants à distance. Ils étaient munis d’arcs et d’arbalètes. Les combattants à distance avaient besoin d’une protection supplémentaire, étant donné qu’ils devaient à plusieurs reprises charger leurs arbalètes. Le fameux Dante Alighieri se retrouvait à la 1ère ligne de front[10].
L'armée guelfe
Composée des alliés de la ligue guelfe, l’armée guelfe était regroupée d’hommes de Lucques, Pistoia, Bologne et la Romagne, Sienne, Orvieto et Volterra. Au total, 12 000 hommes avaient été réunis pour combattre les forces d’Arezzo. 2 000 hommes étaient montés sur des chevaux, alors que 10 000 étaient à pied. La valeur de l’homme à cheval était estimée plus grande que celui à pied, étant donné qu’il avait une plus grande mobilité et action de choc[11]. Le 1er rang florentin avait une largeur de 225 mètres.
Différents hommes étaient à la tête des commandes pour l’armée guelfe, pour éviter que le pouvoir ne se concentre que dans les mains d’une seule personne. Le premier était Amalric de Narbonne. Étant arrivé à Florence au bon moment, Narbonne a été nommé capitaine général de l’armée pour l’alliance guelfe. Il était le représentant de Charles en Toscane. Il a pu faire bénéficier aux camps guelfe de son expérience militaire ainsi que de ses chevaliers entraînés. Le deuxième commandant important pour la bataille était Guillaume Bernard de Durfort. Il est arrivé en Italie comme précepteur militaire, servant le roi Charles II d’Anjou. Le troisième était Corso Donati. Donati était un Florentin qui a toujours eu les intérêts de sa ville à cœur. Il était au départ administrateur de plusieurs provinces de Toscane et put démontrer ses capacités militaires lors de la bataille de Campaldino. Le quatrième était Vieri de Cerchi. Il détenait une place importante au sein de Florence étant donné le statut noble de sa famille.
L'armée Gibeline
Les informations concernant l’armée gibeline sont plus rares que celles de l’armée guelfe. Ils n’ont pas laissé autant de traces, documents et sources narratives que les guelfes. L’armée gibeline était composée de 8 800 hommes, soit 800 chevaliers et 8 000 fantassins. Parmi ces hommes, on pouvait retrouver des gens de toutes les classes sociales confondues, allant de serfs à nobles[12]. Majoritairement, ils étaient armés de dagues de combat, ayant comme utilité de pouvoir poignarder les chevaux ennemis pour atteindre plus facilement leur cible. Les équipements militaires étaient de moins bonne qualité ainsi qu’en moins grande quantité. Une des stratégies militaires était de former une infanterie attaquante équipée de courtes épées. L’objectif était d’attaquer les chevaux ennemis pour mettre à terre leurs opposants[13].
Le premier commandant de l’armée gibeline, soit le plus important, était Guglielmino degli Ubertini. De 1248 à 1289, Ubertini avait été l’évêque d’Arezzo. Au fil du temps, il a souvent changé de camp. Son intérêt premier était la protection de sa ville[14]. À la veille de la bataille, il avait averti ses hommes que toute désobéissance de leur part allait les rendre passibles de décapitation[13]. Le deuxième commandant était Buoconte di Montefeltro. Il est derrière le développe de plusieurs stratégies militaires employées durant la bataille. Enfin, le dernier commandant était Guido Novello Guidi. Son service militaire était reconnu pour sa longue durée. Il avait dirigé les gibelins pour près de 50 ans consécutifs[15].