Bière de Lorraine

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Bouteille de bière Grande blonde de Brasserie Champigneulles ; sur l'étiquette apparaît une version stylisée du blason de la Lorraine.

La bière de Lorraine désigne la bière brassée en Lorraine. Troisième région productrice de bière en France après l'Alsace et le Nord-Pas-de-Calais, la Lorraine est depuis longtemps une terre de tradition brassicole. Ainsi, c'est à Champigneulles, près de Nancy, que Saint-Arnoul devient le patron des brasseurs lorrains, en 641. Durant des travaux menés entre 1855 et 1861 à la brasserie Tourtel de Tantonville (Meurthe-et-Moselle), Louis Pasteur jette les bases de la brasserie moderne en découvrant les principes de la fermentation alcoolique et en précisant le rôle des levures. À cette époque, la Lorraine était alors la première région brassicole de France[1].

Aujourd'hui, Brasserie Champigneulles est la dernière brasserie industrielle de la région. Cependant, la production de bière artisanale est en pleine expansion avec, en 2012, 26 microbrasseries ou brasseries artisanales[2].

Les musées

Affiche ancienne Bières de la Meuse.
Vitrail Jacques Grüber, pour les grandes brasseries de Saint-Nicolas de Port.
Affiche ancienne de la bière mosellane.
Affiche ancienne Bière Croix de Lorraine.

La légende de saint Arnoul, patron des brasseurs, raconte qu'aux alentours de l'an 640 les pèlerins qui transportaient les reliques du saint vinrent à manquer de bière en arrivant à Champigneulles (ou à Nossoncourt selon d'autres versions de la légende[3]). Ils prièrent le saint et leurs tonneaux, vides, se remplirent miraculeusement de bière.

La Révolution permet à quiconque le désire de produire de la bière. Ainsi Nancy comptait une seule brasserie en 1789 mais une trentaine dès 1810.

Lorsque l'Alsace-Lorraine (actuels départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle) est annexée par l'Empire allemand en 1871, plusieurs brasseurs alsaciens délocalisent leur production dans les trois départements lorrains restés français (Meurthe-et-Moselle, Vosges et Meuse) pour ne pas avoir à payer de droits de douane.

La première école française de brasserie (devenue en 1972 l'École supérieure de brasserie, de malterie et de biochimie appliquée de la faculté des sciences de Nancy) est ouverte en 1893[4]. Elle délivrait un diplôme d'ingénieur brasseur, reconnu en 1904[4].

Au début du XXe siècle, la région comptait 356 brasseries[5]. La Lorraine devient alors la troisième région productrice de bière en France après l'Alsace et le Nord-Pas-de-Calais. La consommation de bière en Alsace-Lorraine était de 700 000 hectolitres en 1885 et de 1,8 million d'hectolitres en 1907[6]. À la même époque, Metz compte quatre brasseries industrielles et près de soixante brasseries familiales. En tout, une centaine de brasseries sont installées dans le département de la Moselle.

Mais les deux guerres mondiales au cours du XXe siècle vont entrainer la disparition de nombreuses brasseries. Lors de la seconde moitié du XXe, on assiste à un phénomène de concentration. Plusieurs brasseries fusionnent, les plus petites sont absorbées par les plus grosses et sont bien souvent fermées.

En 1979, la Lorraine comptait encore quatre grandes brasseries : Brasserie Champigneulles, l'Union de brasserie à Thionville, la brasserie de Lorraine à Saint-Nicolas-de-Port et la brasserie Amos à Metz. À cette époque la consommation de bière en Moselle était de 60 litres par an et par habitant (contre 40 litres par an et par habitant au niveau national)[7].

Aujourd'hui, Brasserie Champigneulles est la dernière grande brasserie industrielle de la région encore en activité. Environ 90% de la production est exportée essentiellement dans l'Union européenne. Depuis la reprise en , comme son modèle économique est basée sur les marques de distributeurs (MDD), sa production dépend ainsi énormément de la politique de groupe de clients étrangers. Si la production de bière à échelle industrielle a décliné au cours de la seconde moitié du XXe siècle, la production artisanale est à nouveau en plein essor et la Lorraine compte plusieurs microbrasseries et brasseries artisanales.

Trois musées contribuent à entretenir la culture et la tradition brassicole lorraine.

Brasseries et bières

Brasserie industrielle

  • Brasserie Champigneulles : fondée en 1897 à Champigneulles c'est la dernière brasserie industrielle de la région et l'une des plus grandes de France. Elle appartenait à Kronenbourg de 1986 à 2006 avant de rejoindre le groupe allemand TCB. Elle produit plus de 2,5 millions d'hectolitres par an dont la majeure partie est destinée à l'exportation. Elle brasse à façon de nombreuses bières pour la grande distribution ainsi que sa marque historique Champigneulles.

Les brasseries artisanales et microbrasseries

(liste à compléter par département et par lettre alphabétique de communes)

Département de Meurthe-et-Moselle

Département de la Meuse

Département de la Moselle

  • Microbrasserie de Haute Rive à Cuvry, installée en 2008 dans une ancienne ferme fortifiée du XIIIe siècle[16].
  • Microbrasserie Saint-Charles à Flévy, EARL Hoschar. La ferme a été baptisée du nom de Saint-Charles en hommage à Napoléon III au pouvoir à l'époque, dont l'un des frères s'appelait Charles[17].
  • La Grenouille assoiffée à Vahl-lès-Bénestroff, 26 grand rue[18].
  • Brasserie Bon Poison à Metz, située non loin de l'ancienne brasserie Amos, 13a rue du XXe corps américain[19].
  • Les Brasseries de Mondelange-Richemond[20].
  • Brasserie des Éclusiers à Henridorff.

Département des Vosges

Anciennes brasseries

Le service régional de l'inventaire de Lorraine a procédé un repérage du patrimoine industriel et notamment de diverses brasseries : Ancienne brasserie de Longwy, mentionnée sur un plan en 1827[25],[26],Moulin, Usine à papier, brasserie de Longwy, au lieu-dit Mainbottel[27], etc.

Les plus célèbres brasseries lorraines étaient :

Département de Meurthe-et-Moselle :

Département de la Meuse :

Département de la Moselle :

Département des Vosges :

Sources

Notes et références

Voir aussi

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