Black Caesar (pirate)

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Black Caesar
Biographie
Naissance
Décès

Caesar, dit « Black Caesar », né à une date inconnue et mort en 1718 à Williamsburg, est un pirate d’origine ouest-africaine dont l’activité s’inscrit dans la période communément désignée comme l’âge d’or de la piraterie. Il sert comme flibustier à bord du Queen Anne’s Revenge, navire commandé par le capitaine Edward Teach, surnommé Barbe-Noire. Après la mort de ce dernier, tué au combat en par le lieutenant Robert Maynard de la Royal Navy, Caesar compte parmi les membres d’équipage épargnés. Des récits ultérieurs, souvent de nature légendaire, prêtent à Caesar une ascendance royale en Afrique et évoquent une carrière autonome de plusieurs années durant lesquelles il aurait écumé les archipels des Keys, en Floride, avant son association avec Barbe-Noire[1].

Au service avec Barbe Noire

D'après l'historiographie traditionnelle, Black Caesar figure initialement comme un chef de guerre d'extraction tribale, dont la stature athlétique et l'acuité intellectuelle font obstacle aux premières tentatives de capture par les traitres. Son incarcération survient à la faveur d'un stratagème ourdi par un marchand d'esclaves. Ce dernier parvient à attirer le chef et une escorte de vingt guerriers à bord de son bâtiment en exploitant leur curiosité pour l'horlogerie et l'orfèvrerie. Sous le fallacieux prétexte de livrer des marchandises dont la masse excède les capacités de déchargement manuel, le capitaine suborne les Africains par l'exhibition de soieries et d'instruments de musique. Le navire appareille clandestinement durant les pourparlers. Constatant la félonie, Black Caesar ordonne un assaut frontal contre l'équipage ; toutefois, la supériorité de l'armement pyroxyle et des armes blanches des marins neutralise cette insurrection. Durant la traversée transatlantique, une relation de confiance s'instaure exclusivement entre le captif et un unique matelot, chargé de sa subsistance[2].

Alors que le navire s’approche des côtes floridiennes, la survenue brutale d’un ouragan le disloque sur les récifs, le condamnant à une perte certaine. Face à cette imminence catastrophique, un membre de l’équipage se faufile dans l’entrepont et affranchit le captif nommé Caesar. Les deux hommes contraignent alors, vraisemblablement par la coercition d’une arme, le capitaine et ses subordonnés à leur céder une chaloupe, qu’ils garnissent de vivres et de munitions. Portés par les éléments déchaînés, ils atteignent la terre ferme et y demeurent jusqu’à l’accalmie, demeurant les seuls survivants attestés du naufrage[3].

Le duo de flibustiers subvertit l'usage de l'embarcation de sauvetage pour en faire un instrument de fourberie maritime. Arborant les oripeaux de naufragés en détresse, ils sollicitent l'assistance des navires circulant à proximité. Une fois l'accostage opéré, les assaillants dévoilent leur arsenal et exigent, sous la menace d'un sabordage immédiat, la remise de victuailles et de munitions. Cette praxis prédatrice perdure plusieurs années, permettant l'accumulation d'un butin d'envergure, ultérieurement enfoui dans le sol d'Elliott Key. L'équilibre de cette association criminelle se rompt à l'occasion d'un différend relatif à une captive, déportée par le second lors d'une précédente spoliation. L'antagonisme débouche sur un affrontement singulier au cours duquel Caesar occit son acolyte avant de s'approprier la jeune femme[2].

Le pirate déploie progressivement son activité vers la haute mer, où il s’en prend à un nombre croissant de navires marchands. Pour échapper aux poursuites, son équipage a recours à une technique ingénieuse de dissimulation : dans les passes étroites et les chenaux marécageux séparant Elliott Key de Old Rhodes Key, notamment Caesar Creek, ils utilisent un anneau de métal scellé dans la roche. Une robuste corde y est passée, permettant de chavirer délibérément l’embarcation et de la maintenir submergée jusqu’au départ des bâtiments patrouilleurs ou de toute autre menace. Une alternative consiste à abaisser le mât et à immerger le navire en eau peu profonde, avant de le renflouer, soit en sectionnant la corde de retenue, soit en pompant l’eau infiltrée. La tradition rapporte que vingt-six lingots d’argent auraient été enfouis par ses soins sur l’une de ces îles basses couvertes de mangrove. Aucune découverte archéologique ou trésoraire n’est cependant venue étayer cette assertion[2].

Sur son assise insulaire, l'individu maintient un gynécée constitué d'une centaine de captives issues des arraisonnements maritimes. Parallèlement, il érige une structure carcérale composée d'alvéoles de pierre où sont confinés des détenus en attente de rançonnement.

Lors de ses expéditions prédatrices, le départ du chef de guerre s'accompagne d'une interruption totale de l'approvisionnement des captifs. Cette impéritie délibérée entraîne une inanition létale pour une part substantielle de la population carcérale. Une fraction de la descendance parvient toutefois à s'extraire de cette réclusion. Ces individus subsistent par une économie de subsistance fondée sur la collecte halieutique et la cueillette de baies sauvages. Isolée, cette communauté développe un idiome propre ainsi que des rites distinctifs. La persistance de ce groupe occulte engendre, dans la psyché des populations autochtones, la superstition d'une hantise de l'île, érigeant ces survivants en figures spectrales du folklore local[2].

Caesar’s Rock constitue l’une des trois îles qui se trouvent au nord de Key Largo. Elle donne également son nom à un chenal maritime adjacent, Caesar’s Creek[4].

L'historiographie de Black Caesar demeure tributaire d'un appareil légendaire dont l'exégèse des sources archivistiques contemporaines ne permet aucunement de confirmer l'historicité[5],[6]. L'ancrage de ce récit dans le patrimoine maritime des Keys de Floride procède majoritairement d'une construction littéraire a posteriori. Certaines strates de ce mythe puisent leur substance dans la dramaturgie du XVIIIe siècle, notamment avec la pièce Blackbeard; or, The Captive Princess (1798). Cette mythogenèse se cristallise davantage au XXe siècle sous l'influence de la production romanesque, à l'instar de l'ouvrage Black Caesar's Clan publié en 1922[6].

L'historicité de l'affiliation de Caesar à l'équipage du Queen Anne's Revenge[7], navire amiral d'Edward Teach, dit Barbe Noire, est attestée. Sa présence aux côtés du flibustier demeure effective en 1718, lors de l'engagement décisif contre les forces du lieutenant Maynard. L'ouvrage Histoire générale des plus fameux pirates (1724) consigne les faits en ces termes :

« Teach avait peu ou pas d'espoir de s'échapper, et avait donc posté un compagnon résolu, un Noir qu'il avait élevé, avec une mèche allumée, dans la réserve de poudre, avec l'ordre de faire sauter tout quand il le lui ordonnerait, ce qui devait être dès que le lieutenant et ses hommes seraient entrés, afin qu'il puisse ainsi détruire ses conquérants : et quand le Noir vit ce qu'il en était de Barbe Noire, il fut à peine persuadé d'abandonner cette action imprudente par deux prisonniers qui se trouvaient alors dans la cale du sloop. »

  Capturé par les autorités coloniales de Virginie, Caesar – désigné dans les sources primaires sous le seul nom de « Caesar » et non comme « Black Caesar » – comparaît pour actes de piraterie, mais bénéficie d’un acquittement[5]. Une certaine historiographie postérieure tend à assimiler à sa personne le « Nègre » qui tenta de saborder le navire capturé ; cependant, l’équipage compte au moins six pirates d’origine africaine et le subalterne ayant été formé par Barbe-Noire ne fait l’objet d’aucune identification formelle durant le procès[6]. En dépit de cette absolution judiciaire, plusieurs récits ultérieurs le dépeignent à tort comme ayant été condamné et exécuté par pendaison[8]. Après sa libération, l’ancien esclave aurait pu réintégrer la domesticité du juge en chef et secrétaire de la province de Caroline du Nord, Tobias Knight, ou celle du gouverneur de Virginie, Alexander Spotswood[9]. Une autre hypothèse avance qu’il aurait survécu à la piraterie et à la condition servile pour exercer, au-delà de soixante-dix ans, le métier de tonnelier[5].

Dans la culture populaire

Voir aussi

Références

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