Blason populaire

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On appelle blason populaire une courte formule souvent rimée, un nom, un simple adjectif, qui sert à qualifier plaisamment les habitants d'une commune, d'un village ou d'un hameau. D'une manière plus générale, en ethnologie, « blason populaire » désigne tout stéréotype attribué à un lieu ou une ethnie.

Une forme d'humour populaire parfois du goût des plus grands

Le blason est en général attribué par les habitants des communes voisines, à titre de moquerie. Dans plusieurs langues régionales, il s'agissait d'ensoter (Lorraine) ou d'assoter (Normandie et Picardie), c'est-à-dire de rendre sot. Un blason est quelque petite sentence ou quelque motet de souhait et dévotion en peu de paroles bien ordonnées et surtout à double entente[1].

Les raisons de ces qualificatifs sont extrêmement variables, soit simplement euphoniques, le nom de la commune constituant le point de départ, on se contente de lui appliquer un adjectif en rapport et qui rime ; soit par un fait historique, soit par une particularité géographique, ou encore une activité dominante ou un goût supposé des habitants pour telle ou telle chose. Lorsqu'il s'y prête, le nom de la commune est utilisé pour générer un jeu de mots ou un calembour.

En Lorraine-Ouest, on rassemblait quelquefois les sobriquets d'un secteur géographique pour composer les paroles d'une parodie de chant catholique. Cet «évangile des ivrognes» était chanté à la fin du repas de la fête patronale afin de se moquer des habitants des villages voisins[2].

Certains blasons collectifs englobaient plusieurs villages.

Existant dans toutes les régions, ils étaient le plus souvent dans la langue ou le dialecte local.

Parfois, les habitants d'une commune revendique leur blason populaire avec fierté et peuvent aller jusqu'à le transformer en gentilé officiel comme c'est le cas des Cafrans au Tholy (Vosges), des Forfelets de Corcieux (Vosges), des Loups de Cirey-sur-Vezouze ou encore des Culs brûlés d'Olley.

Lorsqu'il séjourna à Metz en 1547 et 1548, Rabelais apporta sa contribution aux sentences sarcastiques. Il écrivit, ou reprit à son compte : à Tou, il y a autant de Fou que de Pierre. Pour son jeu de mots, il utilisa à dessein l'habitude lorraine consistant à élider la dernière consonne d'un nom. Il fallait donc comprendre : à Toul, il y a autant (de distance) de Foug que de Pierre-la-Treiche, deux communes de la périphérie de Toul[3].

Exemples

Notes et références

Voir aussi

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