Brandenburger Straße

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Brandenburger Straße
Image illustrative de l’article Brandenburger Straße
Branderburger Straße et porte de Brandebourg.
Situation
Coordonnées 52° 24′ 04″ nord, 13° 03′ 28″ est
Pays Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Région Brandebourg
Ville Potsdam
Quartier(s) Centre-ville partie nord
Début Am Bassin
Fin Luisenplatz
Morphologie
Type Rue semi-piétonnière pavée
Fonction(s) urbaine(s) Commerces et services
Forme Ligne droite
Longueur 750 m
Histoire
Création 1733
Anciens noms Klement-Gottwald-Straße (1955-1990) pendant la RDA
Lieux d'intérêt Stadtpalais ; maisons bourgeoises nos 1-8-37-49-52-72 ; domicile de Theodor Storm no 70
Monuments Porte de Brandebourg ; Église Saint-Pierre-et-Paul
Protection 46 maisons classées monuments historiques sur 72

La Brandenburger Straße ou rue de Brandebourg est la rue commerçante la plus animée et fréquentée[1] de Potsdam en journée et le week-end. Elle mesure 750 m de longueur entre deux édifices historiques servant de points de repère : à l’est, l’église Saint-Pierre-et-Paul[1] et le Bassinplatz[2] ; à l’ouest la porte de Brandebourg[1] et le Luisenplatz[3].

Elle est piétonnière et principalement destinée au shopping et à la flânerie. Elle n’appartient pas directement à la vieille ville nommée « Vieux Marché », mais aux quartiers issus des deux extensions dites baroques de Potsdam au XVIIIe siècle. L’arrangement en damier du quartier baroque de Potsdam engendre un maillage de rues perpendiculaires et parallèles à la Brandenburger Straße qui renforce l’ambiance générale de zone commerciale dans un centre-ville historique. Cette rue est associée à l’histoire architecturale, militaire et politique de Potsdam. Les architectes de renom dans la région, Carl von Gontard et Johann R.H. Richter, y ont construit des maisons.

Entre 1955 et 1990, la rue s'appelait Klement-Gottwald-Straße, du nom du dirigeant de la Tchécoslovaquie communiste Klement Gottwald.

Les ouvrages anciens décrivant la création de la Potsdam baroque du XVIIIe siècle témoignent de la stabilité du nom donné à cette rue. Sont attestées dès les débuts les formes « brandenburgische » (1749) ou « Brandenburger » (1750) Straße[4],[5].

Du XVIIIe siècle à 1955, la rue ne changera jamais de nom. À l’occasion d’une visite d’état du président de la Tchécoslovaquie, Klement Gottwald, pour inaugurer la « Semaine de l’amitié germano-tchécoslovaque » en 1955, elle fut rebaptisée en Klement-Gottwald-Straße[5]. Comme Gottwald n’avait aucun lien particulier avec la ville de Potsdam, et encore moins la rue de Brandebourg, les habitants ont pris acte de la décision venant d’en haut sans réellement adhérer à cette initiative. Néanmoins, ce n’est que le que la rue redevint la Brandenburger Straße[6].

On doit ce retour au nom d’origine à une initiative personnelle de la correspondante locale du journal régional Potsdamer Neueste Nachrichten, Karin Markert, laquelle lança l’idée dans une chronique de rechanger le nom de la Klement-Gottwald-Straße. Les résultats publiés dans un article du , donc dans l’Allemagne réunifiée, montrent que, sur les quelque 300 courriers de lecteurs, une écrasante majorité réclamait le retour à l’ancien nom de la rue[6]. Après un temps de réflexion, le conseil municipal décida d’aller dans le sens des citoyens qui se sont exprimés et fit modifier les plaques de la rue commerçante.

Les 35 années de Klement-Gottwald-Straße opposées aux 206 années pendant lesquelles la rue s’appela Brandenburger Straße (146 ans si l'on prend la date de l'inscription officielle, le [6]) n’ont pas assez marqué la population locale pour s’imposer réellement[6], d’autant plus que le premier nom est associé à un régime politique qu’une partie des habitants souhaitaient probablement oublier puisque le staliniste Gottwald représentait l'ère soviétique avec une politique dictatoriale dans son pays[6]. La publication administrative publiée le décrivait le découpage de Potsdam, centre et banlieues, en douze circonscriptions et confirmaient officiellement les noms de rue pratiquées jusqu’à cette date. L’attribution d’un nom pour une rue devenait obligatoire dans le cadre des réformes dites de Stein-Hardenberg.

Le changement était d’autant plus facile que, même pendant la période de la RDA, les anciens continuaient de dire par réflexe qu’ils allaient à la Brandenburger pour faire leur course. Les plus jeunes attribuèrent à la rue le surnom humoristique de « Broadway »[6]. Une rue dédiée aux commerces dans le régime communiste, même modeste, pouvait en effet impressionner des habitants habitués à la pénurie endémique des régimes aux plans quinquennaux. Le , à l’invitation du journal local, de nombreuses personnes viennent assister au changement officiel des plaques ; la fanfare de la police populaire accompagne l'événement en jouant l’hymne du Brandebourg, la « Märkische Heide ». La ville coupe avec le passé des fraternités entre pays du bloc Est.

Seconde extension baroque de Potsdam

Extensions de Potsdam au XVIIIe siècle.

La Brandenburger Straße, tout comme les rues attenantes Charlottenstraße et la Gutenbergstraße, font partie du projet d’agrandissement de la ville lancé par le Roi-Soldat, Frédéric-Guillaume Ier pour répondre aux besoins gigantesques de logements pour ses soldats[4]. Potsdam devient une ville-garnison[1] en plus d’être résidence royale. Les casernements n’étaient pas encore dans les mœurs au XVIIIe siècle, les soldats logeaient chez l’habitant.

En 1713, le roi décidait de faire de Potsdam la résidence permanente de sa garde[4]. Il fallait donc agrandir la ville et repousser les murailles car il faut également penser à loger tous les corps de métier qui gravitent nécessairement autour des troupes militaires sur le plan pratique et technique[4]. La première extension de la ville se fait au nord de la vieille ville en 1722. L’actuel site de la Brandenburger Straße reste toujours un terrain marécageux. Le roi de Prusse appréciait surtout la mode néerlandaise, mais aussi les tendances architecturales baroques. La première phase est de ce fait appelée « première extension baroque ». Le centre-ville s’étendit de l’autre du canal et le mur d’enceinte longeait l’actuelle Charlottenstraße. Les nouvelles maisons résidentielles bâties dans ce secteur disposaient d’une pièce de 25 m2 pour les quartiers des soldats.

La première extension ne suffit plus au bout de 11 ans ; c'est pourquoi en 1733, le roi de Prusse décrète une deuxième extension[7] baroque qui va de la Charlottenstraße jusqu'à la Hegelallee actuelle. C'est pendant cette deuxième phase d'agrandissement de la ville-garnison que la rue de Brandebourg se retrouve au centre du secteur[1]. Conformément aux pratiques toponymiques des villes fortifiées, l'une des portes qui jalonnent la nouvelle enceinte de Potsdam est celle qui mène vers la ville de Brandebourg vers l'ouest et la rue qui y conduit prend également le nom de la direction qu'elle indique. La rue de Brandebourg mène à la porte de Brandebourg qui mène à Brandebourg. Le principe est comparable à la porte de Brandebourg ou la porte de Potsdam (Située à l'actuelle Potsdamer Platz) dans les murailles de l'octroi de Berlin qui indiquaient le chemin depuis la capitale vers les deux villes brandebourgeoises.

Le projet urbanistique du Roi-Soldat, puis de son fils Frédéric le Grand, est baroque pour trois raisons :

  • la première est la forme linéaire de la rue jouant sur l'effet de perspective comme la célèbre perspective Nevski à Saint-Petersbourg où un bâtiment proéminent qu'on voit quasiment depuis l'autre côté, forme le pont de départ ou d'arrivée selon le regard qu'on porte. C'est particulièrement flagrant à Potsdam puisque la longueur de la rue est modeste : on voit facilement l'église catholique ou la porte de Brandebourg. Les souverains conçoivent l'architecture baroque comme un outil au service du pouvoir. Elle met en scène l'autorité et choisissent des édifices-repères qui reflètent leur conception du pouvoir. Il faut impressionner ;
  • la deuxième renforce la première car l'effet visuel engendré par un bâti continu et homogène ne laisse pas voir facilement les entailles causées par les rues perpendiculaires. Les rues en damier parfait servent à distribuer les espaces tout en leur conférant une interconnexion. Les couleurs des murs et façades de la rue contribuent également à une grande cohérence du bâti. Les coloris paraissent plutôt en pastel, pas très criardes. Les couleurs sont majoritairement chaudes ;
  • Les maisons construites correspondent à un schéma typé de l'époque baroque allemande en milieu urbain : rarement plus hautes que deux étages, elles comportent un logis sur socle dont le rez-de-chaussée sert souvent aux services et commerces. Parfois, la maison- type d'un seul étage a été rehaussé d'un niveau sans compter la partie sous les combles. Le chien-assis est récurrent, souvent complété par un fronton ou gâble simple sur le mur gouttereau qui fait face à la rue. La décoration semble s'émanciper de toutes fioritures. Les lésènes forment l'élément décoratif majeur des façades, par contraste des couleurs ou par l'effet de relief caractéristique de la lésène.

Même si le nombre de maisons-types baroques est élevé dans la rue de Brandebourg (53 sur 72 maisons), les siècles suivants ont agrémenté la rue de maisons Gründerzeit, branche austro-allemande de l'historicisme ou de maisons de maître également inspirées du baroque, du néo-baroque ou du néo-classique. Le rococo frédéricien rendu célèbre par le château de Sanssouci se cantonne davantage dans les palais, les manoirs et autres édifices de représentation. Néanmoins, les quatre maisons bourgeoises de l'architecte Richter dans la rue de Brandebourg s'inscrivent dans le rococo frédéricien tardif, nommé « Zopfstil », dont le rôle de représentation à la manière du classicisme français est fondamental. Une maison de maître a été réalisée par Carl von Gontard où son goût pour le classicisme-palladianisme y apparaît de manière atténuée en l'occurrence. Une exception notoire dans ce profil général baroque teinté d'historicisme ou de classicisme demeure la façade classée du Stadtpalais décrite plus bas.

L'état actuel des maisons à la suite du projet de réhabilitation et d'assainissement de la ville depuis la réunification donne un charme incontestable à la rue de par son aspect rénové, propre et clair auquel s'ajoute la détente engendrée par son statut de zone piétonnière. On peut éventuellement lui reprocher le manque de verdure[7], la pierre domine, notamment parce que la chaussée est pavée. Le caractère résidentiel y est prononcé.

Numérotation en fer à cheval

La numérotation des maisons de la Brandenburger Straße correspond au système en fer à cheval (Hufeisennummerierung). Il fut en usage dans l'ancien royaume de Prusse, c'est pourquoi on le retrouve dans les rues historiques des villes comme Berlin, Potsdam, Brandebourg, mais aussi hors de Prusse à Hambourg, Brunswick et les autres régions de l'ancienne RDA.

Le principe est simple. Le point de repère est un bâtiment représentatif des pouvoirs publics ou royaux. Il porte jadis par esprit de protocole hiérarchisé le no 1. La différence pair-impair ne joue pas ; les numéros augmentent avec une incrémentation d'un point à chaque maison. Le no 34 est, de ce fait, entre le 33 et le 35 du même côté.

Le no 1 de la Brandenburger Straße est occupé par une maison bourgeoise avec un léger décrochage sur la placette devant la porte de Brandebourg. Aujourd'hui, on y trouve l'hôtel Porte de Brandebourg. En face du no 1, on a une autre maison de maître qui porte le no 72. Quand une entrée de maison est ajoutée pour une quelconque raison, il faut recourir aux lettres complémentaires : 46a, 46b ...

Les fiacres et les omnibus hippomobiles

Le guide du voyageur à Berlin, Potsdam et aux environs de Grieben[8] raconte qu’en 1850 « les droschques se tiennent prêtes à la porte de Brandebourg avec cocher, tarifs affichés ». La rue de Brandebourg s’élargit devant la porte du même nom et forme une petite place où les gens peuvent attendre les moyens de transport en commun. L’introduction des fiacres dans leur version polonaise, la drojki, s’est produite en Allemagne au début du XIXe siècle. En 1815, le marchand de chevaux Alexander Mortier (ou Mortgen) originaire de Dessau crée à Berlin une société de transport par coches avec son associé berlinois Israel Moses Henoch[9]. Les deux associés commencèrent avec 32 drojkis importés de Varsovie. En 1827, le parc de fiacres était passé à 120 voitures où le modèle anglais plus large remplacera progressivement le polonais. En 1814, la Prusse avait accordé le monopole du transport par fiacre au duo Mortier-Henoch. Il y avait une ligne qui reliait Potsdam-Porte de Brandebourg à Berlin avant que la ligne de chemin de fer entre les deux villes ne soient réalisées.

Cette évolution des moyens de transport s'effectue en même temps que l'introduction en 1825 des voitures avec de longs bancs de chaque côté et recouvertes d'une bâche qui permettent de transporter davantage de personnes. Le transporteur Simon Kremser les utilise pour ses omnibus hippomobiles. Sa première ligne sera entre la Porte de Brandebourg à Berlin et Charlottenbourg. C'est pourquoi les Berlinois attribuent à Kremser la création et la paternité des moyens de transport en commun de Berlin.

Activités économiques et commerciales

La rue de Brandebourg n'est pas dans le centre historique, ni dans le centre-gare de Potsdam. Il faut parcourir quelques rues depuis la gare ou l'hôtel de ville pour arriver au début de la rue depuis l'artère verticale Friedrich-Ebert-Straße où passent le tramway et les bus en direction de la porte de Nauen. Pourtant, c'est elle qui a le plus fort taux de fréquentation, mais aussi d'enseignes commerciales du centre-ville. Elle a un emplacement no 1[1] à Potsdam car elle est un axe commerce bénéficiant de flux importants[10]. Les rues adjacentes sont des rues no 2 périphériques et complémentaires de la no 1.

La diversité des offres et des commerces n'est pas exceptionnelle, plutôt conventionnelle[1]. Le taux de fréquentation élevé est dû aux touristes réguliers, essentiellement de mars à novembre. Les sites historiques et le patrimoine mondial de l'humanité attirent des touristes qui viennent à la journée car ils viennent d'abord visiter Berlin. Potsdam est le plus souvent inclus dans les programmes de visite de Berlin, comme ville voisine et comme ancienne capitale prussienne au même titre que Berlin. Les touristes représentent environ 800 000 nuitées par an. À ceux-ci, il faut ajouter le tourisme de passage pour visiter les parcs et les châteaux inscrit au patrimoine mondial de l'humanité. La rue de Brandebourg vient en sus et complète la journée essentiellement culturelle par un cadre de détente et de flânerie pour s'arrêter à une terrasse ou faire du shopping. Les enseignants font faire les quartiers libres de leurs groupes d'élèves dans la rue de Brandebourg en raison de son côté pratique et parce qu'il est facile de s'y orienter. Par voie de conséquence, comme pour toutes les rues à fort taux de fréquentation quotidien, les musiciens et les artistes de rue animent la Brandenburger Straße. La forte fréquentation ne dépasse pas 20 heures et la rue est déserte en soirée et la nuit. Il faut attendre le plein été pour que les terrasses installées dans la rue devant les commerces se vident beaucoup plus tard dans la nuit. Le caractère résidentiel de la rue piétonnière n'est donc pas amoindri car le repos nocturne y est respecté. La circulation à bicyclette y est tolérée de 20 heures à 6 heures du matin. Pendant les heures ouvrées, il faut descendre du vélo.

Jusque 2010, sur 360 commerces de détail répartis sur tout le centre-ville, 90 se situent dans la rue de Brandebourg[11]. Cela représente 20 400 m2 de surface de vente sur un total de 35 640 m2 au centre-ville[11] (soit respectivement 9 % et 16,4 % du total de la surface pour toute la commune, soit 217 300 m2). Sur 21 marques no 1 du marché ou marques leaders, quatre sont dans la rue de Brandebourg[11]. Actuellement, leur nombre a fortement augmenté. Si l'on ajoute les six rues perpendiculaires et les trois rues parallèles à la rue de Brandebourg, le nombre de commerces de détail avec accès à pied en moins de dix minutes est quadruplé[12].

Dans la rue de Brandenbourg, 39 % des commerces se concentrent sur les vêtements, le sport, les chaussures et la maroquinerie[12]. Le seul grand magasin de la rue, le Stadtpalais de Karstadt, représente 50 % de la surface de vente totale de la rue commerçante[12]. Le statut d'emplacement no 1 se prolonge vers la Friedrich-Ebert-Straße. Dans la rue de Brandebourg, la restauration occupe une place importante, y compris la restauration rapide[12].

Une étude sommaire du profil commercial de la Brandenburger Straße sur la base du « City Shopper » de la ville de 2015[13] montre qu’en partant de la porte de Brandebourg vers l’église catholique on dénombre sur la gauche de la rue 62 commerces et services et sur la droite 61 soit un total de 123 enseignes. 82 magasins sont dédiés au shopping, 30 à la restauration et aux boissons, 19 aux prestations de services et deux à l’information pour le tourisme ou la presse.

Dans le domaine des achats quotidiens, la rue de Brandebourg est dominée par les vêtements (19 magasins) complétés par les chaussures (huit magasins) et la maroquinerie (deux magasins). Sept boulangeries et/ou pâtisseries complètent six enseignes de restaurant ou de fast food. Le gros grand magasin (Karstadt) et les trois hypermarchés de petite et moyenne taille complètent, voire renforcent l’offre des boutiques de vêtements et d’alimentation, y compris dans le secteur bio bien représenté dans la rue de Brandebourg. L’hôtellerie y est sous-représentée en son centre, on la trouve davantage aux extrémités et sur les places adjacentes comme la Luisenplatz. L’hébergement en hôtel, appartements et pensions de petite taille compte cinq gérants dans la rue de Brandebourg. Les boutiques proposant des idées-cadeaux de diverses natures sont nombreuses, surtout sur le côté droit (deux magasins sur la gauche, huit sur la droite). Si l’on ajoute les librairies et papeteries au nombre de cinq magasins, le profil du visiteur de la rue de Brandebourg est clairement soit un local venu flâner, manger un en-cas ou savourer une boisson en terrasse, soit un touriste qui recherche le même type de détente après une journée dans les musées et châteaux. Les boutiques de souvenirs caractéristiques des sites hyper-touristiques n’existent pas dans la rue de Brandebourg, elle conserve de fait son caractère propre dû à la présence renforcée des locaux qui lui permettent de garder sa fonction commerciale initiale. Six sociétés bancaires ont une petite filiale dans la rue. Les autres rues sont également très fréquentées. On y trouve des boutiques de téléphonie mobile, cinq coiffeurs, quatre opticiens et cinq bijouteries. Les autres domaines y sont sous-représentés comme le sport, la cosmétique, les jeux ou les voyagistes si l’on s’arrête aux petites boutiques. Car le grand magasin Karstadt offre les palettes de produits typiques de ces enseignes.

La fédération des commerçants de Berlin-Potsdam constate à propos de la rue de Brandebourg que l’évolution des loyers et baux fluctue énormément à l’heure actuelle, mais plutôt vers le haut que vers le bas[14]. Il faut payer en 2016 environ 80  par mètre carré. Les seules enseignes qui ne font pas remonter de difficultés majeures à payer ces tarifs sont les marques de téléphonie mobile. Les plus en difficulté dans la rue de Brandebourg pour suivre l’augmentation des loyers sont les magasins d’habillement car leur chiffre d’affaires est trop limité en comparaison avec le loyer mensuel à régler[14]. Pour l’instant l’augmentation des loyers ne dissuade pas encore assez car les commerces qui ferment dans la rue de Brandebourg retrouvent rapidement des successeurs sur une liste d’attente qui est longue[14]. Le statut de maisons inscrites aux monuments historiques est une entrave à toute forme d’extension pour les plus grandes enseignes. Les responsables locaux réfléchissent à de nouvelles pratiques commerciales qui intègrent davantage l’achat en ligne et le travail de conseil en boutique[14].

Boulevard du Cinéma

Musée du film de Potsdam.

La Brandenburger Straße porte dorénavant aussi le nom de « Boulevard du Cinéma » (allemand : Boulevard des Films) pour faire honneur à une longue tradition cinématographique non seulement des studios de Babelsberg[N 1], mais aussi de la ville en tant que lieu de tournage[15] de très nombreux films[16]. La première phase fut lancée en 2019 par le maire Mike Schubert qui souhaitait impliquer le grand public en privilégiant la participation citoyenne : afin de savoir quel film serait immortalisé dans le Boulevard, les habitants de la région ont pu communiquer le nom de leur film préféré soit en ligne soit en envoyant une carte postale[16]. Le film J'avais 19 ans réalisé par Konrad Wolf en RDA a été le favori du public potsdamois à l'issue du vote public[17]. Le débute la deuxième phase de la participation citoyenne au projet de Boulevard du Cinéma dans la Brandenburger Straße ; les habitants de Potsdam sont invités à soumettre leurs idées de conception pour les dalles de granit d'environ 80 centimètres sur 80 jusqu'au . Le concours est ouvert aussi bien aux amateurs qu'aux experts dans les domaines du graphisme et du design, aux sculpteurs et aux tailleurs de pierre[16]. C’est Christophe Curin, un habitant de la rue de Brandebourg, qui gagne le concours[18]. Les plaques dont il a proposé le design doivent être intégrées dans le nouveau pavage de la Brandenburger Straße qui fait l’objet d’une rénovation complète avec des travaux conséquents qui s’étalent sur plusieurs années[17],[18]. Le projet culturel et esthétique profite en quelque sorte de la pose de conduites, canalisations et câblage pour le gaz, l'eau, les eaux usées, le chauffage urbain, l'énergie et la technique numérique en plus du nouveau revêtement de sol[17].

Un jury d’experts avait déjà sélectionné une cinquantaine de films en 2020[16] pour lesquels il fut décidé de n’inscrire sur la plaque que le titre et l'année de production du film concerné. La plaque portera également le logo de la Ville créative UNESCO cinéma[19],[20]. Pendant l'exposition "EinheitsEXPO" à l'occasion du Jour de l'Unité allemande, 45 des 50 films ont été projetés gratuitement à quatre endroits différents de Potsdam [16].

Le , les dix premières dalles du Boulevard du Cinéma ont été posées[17] en présence du réalisateur Andreas Dresen[21]. Le Boulevard s'étendra sur l'ensemble de la zone piétonnière, de la Porte de Brandebourg à l'église Saint-Pierre-et-Paul sur la Bassinplatz, donc d'un bout à l'autre de la rue. Bien que différent dans l'esprit et la gestion, il rappelle le Hollywood Walk of Fame [22] de Los Angeles par l’usage d’une plaque encastrée dans le nouveau pavage de la rue qu’arpentent tous les jours les locaux et les touristes, immortalisant non pas les acteurs, mais les films[N 2] sans faire mention du réalisateur ou des acteurs[22].

La sélection s'est faite sur la base de plusieurs critères cumulés ou non comme :

  • la pertinence sociale ;
  • la valeur technique ou artistique pour le monde du cinéma ;
  • le succès auprès du public ;
  • les distinctions nationales et internationales ;
  • l'importance des productions pour le site cinématographique de Potsdam et notamment les studios de Babelsberg.

Chaque période est reconnaissable par une police de caractère spécifique pour le titre et l’année sur la plaque afin de resituer le film dans son époque respective :

Les films retenus sont très variés et touchent à tous les genres cinématographiques[18]. Certains revêtent plus que d’autres un caractère international qui a marqué le monde du cinéma comme Metropolis qui a été le premier film à intégrer le registre des films dits Mémoire du monde[23],[24] ; l'Unesco déclare en effet que le film est devenu « le symbole d'un modèle d'architecture cinématographique du futur »[25]. Babelsberg ouvre ses portes en 1911. Depuis, un des plus anciens studios de cinéma du monde a vu défiler les stars parmi les réalisateurs et les acteurs[19] y compris pendant la période est-allemande communiste avec Gérard Philippe[N 8], Yves Montand[N 9] ou Jean Gabin[N 10]. On peut citer aussi Moritz Bleibtreu, Jacky Chan, Tom Cruise, Claire Danes,Marlène Dietrich, Joseph Fiennes Bruno Ganz, Tom Hanks, Emil Jannings, Mélanie Laurent, Jude Law, Brad Pitt, Omar Sharif, Arnold Schwarzenegger, Christoph Waltz, Rachel Weisz ou Catherine Zeta-Jones pour les acteurs, Wes Anderson, Jean-Jacques Annaud, Stephen Daldry, Fritz Lang, Ernst Lubitsch, Roman Polanski, Steven Spielberg ou Quentin Tarantino pour les réalisateurs et metteurs en scène. Les œuvres cinématographiques se sont ensuite élargies aux séries comme la série de films des Jason Bourne ou Babylon Berlin[21]. Quelques films sont devenus des blockbusters plus connus du public français comme Sonnenallee, Stalingrad, Le Pianiste, The Reader, Inglourious Basterds ou encore le Le Pont des espions de 1999 à 2015[21].


Lieux d’intérêt dans la rue de Brandebourg

Notes et références

Voir aussi

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