Casimir Monteil
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| Administrateur (d) Papeteries de Gascogne | |
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Casimir Auguste Monteil |
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École centrale Paris (à partir de ) |
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Casimir Monteil, né le à Rochemaure (Ardèche) et mort le à Paris[1], est un ingénieur des Arts et métiers et de l'École centrale Paris, Docteur ès sciences mathématiques.
Entre les deux guerres, il est professeur de thermodynamique, de mécanique des fluides et d'hydraulique dans plusieurs écoles d'ingénieurs. Nommé Directeur de l'École centrale Paris le , il occupe cette fonction jusqu'au malgré avoir dépassé la limite d’âge puisqu'il avait 72 ans quand il a quitté le poste.
Sa vocation pour l'enseignement ne pouvait lui faire oublier sa formation d'ingénieur. Ainsi, il occupe parallèlement plusieurs emplois dans l'industrie, notamment auprès d'Auguste Rateau mais aussi pour les Papeteries de Gascogne à Mimizan dans les Landes.
Auteur de nombreux ouvrages techniques, cofondateur des Éditions techniques de l'ingénieur, Membre de l'Institut, Casimir Monteil a été décoré de la Croix de guerre 14-18 pour ses mérites militaires et fait commandeur de la Légion d'honneur et commandeur des Palmes académiques.
Origines
Casimir Auguste Monteil, né le , est originaire de Rochemaure, un village de l'Ardèche situé sur les rives du Rhône, de l'autre côté de Montélimar. Son père, Auguste Monteil ainsi que son grand-père maternel, Casimir Jamme, étaient cordonniers et fabriquaient pour les habitants du canton des souliers dans une petite échoppe de la rue du Faubourg, au centre du village, à deux pas de la mairie et de l'église[réf. nécessaire].
Casimir est un bon élève. À 12 ans, il est reçu premier du canton au Certificat d'études primaires le et remarqué par l'instituteur qui conseille vivement à ses parents de lui faire poursuivre ses études à l'École primaire supérieure de Bourg-Saint-Andéol, à 40 km au sud de Rochemaure pour lesquelles ses parents ont obtenu une « demi-bourse d'internat[2].
Il présente alors le concours d'entrée à l'École nationale supérieure d'arts et métiers d'Aix-en-Provence où il est reçu à l'âge de 15 ans. Après avoir passé trois ans à Aix, il obtient à 18 ans le diplôme d'Ingénieur de l'École nationale supérieure d'arts et métiers, le . Il restera toujours très fier d'être un « gadzarts » et deviendra même plus tard Président de la Société des anciens élèves des Écoles nationales des arts et métiers[réf. nécessaire].
Années d'études à Paris
C'est en 1894 que Casimir Monteil « monte à Paris » où il est accueilli par « le cousin Guigon », originaire de Meysse, village au nord de Rochemaure et cousin de la famille Monteil. En arrivant dans la capitale, Casimir s'est vite rendu compte que s'il veut réussir, il doit perdre son accent du midi et il fait un effort particulier pour « parler pointu » comme les Parisiens[réf. nécessaire].
Concours d'entrée à Centrale
Il intègre alors l'École Duvignau de Lanneau[3] située 71 boulevard Pereire (Place de Wagram) dans le 17e arrondissement, afin de préparer le concours d'entrée à l'École centrale Paris.
Après un an comme répétiteur dans cette école et tout en suivant les cours de préparation au concours d'entrée, il entre à l'École centrale le , et obtient son diplôme d'Ingénieur trois ans plus tard, à 22 ans, le , dans la lignée de quelques brillants prédécesseurs tels que René Panhard (1886), Louis Blériot (1895) ou les frères Armand et Robert Peugeot (1895).
Service militaire
Ayant suivi pendant ses trois années d'études à l'École centrale les cours de préparation militaire des officiers de réserve, il est affecté au 6e régiment d'artillerie à la caserne Charenton de Valence[4] et est promu dès le , Sous-lieutenant de réserve d'artillerie. Il accomplit ensuite deux périodes militaires en 1904 et 1906 avant d'être nommé Lieutenant le .
L'artillerie est à cette époque « l'arme savante », en plein développement, où les jeunes ingénieurs, en particulier les gadzarts et les mathématiciens excellent dans les calculs de balistique des tirs de canon. Comme l'indique sa fiche militaire, « il a accompli une 1re période d'exercices dans le 6e régiment d'artillerie à Valence du au ».
Vie personnelle au Quartier latin
Pendant son service militaire, il fait la connaissance de Mathilde Claudel, née à Privas en 1875, institutrice, fille de Jean-Baptiste Claudel, officier originaire de l'Est de la France, lieutenant de recrutement. Ils se sont rencontrés très probablement au Cercle militaire de Valence[réf. nécessaire].
Non mariés, Casimir et Mathilde vivent ensemble à Paris en plein cœur du quartier latin, où Casimir poursuit ses études. Afin de subvenir à leurs besoins, il donne des cours de mathématiques dans divers établissements, en particulier au Collège Sainte-Barbe, d' à , à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles et à l'École Duvignau de Lanneau, d' à . Il donne également des cours de mathématiques chez lui à de jeunes étudiants de 1902 à 1905[réf. nécessaire].
Le couple s'installent tout d'abord dans un meublé au no 4 du boulevard Saint-Marcel dans le 5e arrondissement puis, à partir de , ils occupent un autre appartement dans le même quartier, au no 3 de la rue Du Sommerard jusqu'en . Enfin, au début du mois d', ils déménagent de nouveau pour un appartement plus spacieux, situé 39 rue Monge, toujours dans le 5e arrondissement. Durant cette période de 1901 à 1904, ils ont quatre enfants dont deux meurent en bas âge. Du 1er au , puis du au , Casimir suit, en tant que sous-lieutenant de réserve, une période militaire au 6e régiment d'artillerie de Valence.
Désirant s'établir, Casimir et Mathilde achètent une petite maison avec un jardinet, 10 rue de l'Orne à Asnières-sur-Seine, vers le mois de , puis le , ils se marient à la mairie d'Asnières, peu de temps avant une nouvelle naissance, celle du deuxième garçon, Jacques. Ainsi en huit ans, de 1901 à 1909, le couple a donné naissance à :
- Jean Georges (né le )
- Marguerite Marie-Louise (née le )
- Jacques Paul (né le )
- Marie-Louise Joséphine (née le )[5]
Vers le milieu de l'année 1911, Casimir Monteil vend sa maison d'Asnières, apparemment trop éloignée du centre de Paris et des établissements où il enseigne. Il achète alors un grand appartement, assez près de l'École centrale, au no 31 de l'avenue Parmentier dans le 11e arrondissement où la famille Monteil demeure jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire].
Thèse de doctorat à la Sorbonne
Il continue ses études à la Sorbonne dans le domaine de la « science pure » et obtient une licence en mathématiques en 1903, avec les certificats suivants[réf. nécessaire] :
- Calcul différentiel et intégral,
- Mécanique rationnelle,
- Astronomie,
- Analyse supérieure.
Le , Casimir Monteil obtient le diplôme, signé par le ministre de l'Instruction publique, Aristide Briand, de « Docteur ès sciences mathématiques » à la Sorbonne, à l'époque faculté des sciences de Paris, avec la mention très honorable, la plus élevée que décerne la faculté. Le jury est composé de trois célèbres mathématiciens, Paul Appell, Joseph Boussinesq et Émile Picard, président de l'Académie des sciences.
Pour cela, le , Casimir Monteil a brillamment soutenu une thèse sur un sujet délicat de thermodynamique intitulée « Contribution à l'étude des courants de convection calorifique ».
Début de carrière
À partir de , Casimir Monteil est tout d'abord répétiteur du cours de Mécanique appliquée de Maurice Lévy à l'École centrale Paris, en 3e année. Puis, au cours de l'année scolaire 1909-1910, il devient le suppléant de Maurice Lévy, frappé d'hémiplégie. Enfin, à partir de 1911, il est chargé du cours de Mécanique appliquée.
En 1913, par une pétition recueillant plus de 750 signatures, les élèves des trois promotions, demandent sa nomination comme Professeur de la chaire de Mécanique appliquée[réf. nécessaire]. Il devient donc professeur titulaire et le reste jusqu'à l'âge de la retraite, mais également est membre du Conseil de l'École centrale de Paris à partir de 1913.
La Première Guerre mondiale
Malgré ses 38 ans et ses quatre enfants, Casimir Monteil est mobilisé dès le début de la guerre, le , et envoyé en tant que lieutenant sur le front[6], le , dans le 5e régiment d’artillerie lourde, 3e Groupe de batterie.
En , il est basé au château Sainte-Claire[7] près de Compiègne et demande à sa famille de lui écrire, de préférence, à l'adresse suivante : « Monsieur Monteil, Café de la Cloche à Compiègne, sans autre indication, car le courrier arrive plus rapidement que par la voie militaire ».
Dès le début de la guerre, afin de protéger sa famille, il demande à son épouse Mathilde, de se réfugier avec ses quatre enfants à Rochemaure, chez leurs grands-parents.
En , il quitte le château Sainte-Claire pour « un autre coin » qu'il lui est « défendu de préciser par lettre ». Pendant l'été 1915, il obtient une permission et rejoint sa famille à Rochemaure. Peu de temps après son retour de permission, le , il est détaché au « Centre d'instruction du tir contre les aéronefs » à Arnouville-lès-Gonesse, puis un mois plus tard, le , il est affecté à l'Artillerie demi fixe no 2 de la 65e division d'infanterie.
Jusqu'en , il demeure à l'est de Compiègne au château Sainte-Claire, aujourd'hui transformé en un vaste domaine spécialisé dans les cérémonies de mariage[réf. nécessaire]. Sur les photos qu'il a prises, on[Qui ?] trouve les lieux de Saint-Crépin-aux-Bois, le château de Nervaise à Tracy-le-Mont, le bois Saint-Mard ou encore la ferme de Quennevières à Moulin-sous-Touvent.
En tant qu'officier, il se déplace à cheval, qui est d'ailleurs une jument qu'il a baptisée avec un certain humour, « Marguerite »[réf. nécessaire], le prénom de sa fille aînée !... Casimir Monteil est promu au grade de capitaine le .
Le , dès que la décision est prise de créer les trois premiers régiments de DCA[8](Défense Contre les Aéronefs), les 63e, 64e et 65e régiment d'artillerie, Casimir Monteil est affecté au 63e régiment d'artillerie[9], Commandant la DCA[10] de la Région Industrielle de Nancy, où il restera jusqu'à la fin de la guerre.
À partir de cette date et jusqu'en , Casimir Monteil se trouve dans des conditions encore plus difficiles à une quinzaine de kilomètres au nord de Nancy, dans la région de Domèvre-en-Haye et sur le plateau d'Amance durement frappé par les bombardements allemands. Quelques mois avant la fin de la guerre, le , le « Capitaine Monteil Casimir Auguste, du 63e régiment d'artillerie, Commandant la D.C.A. (Défense Contre Avions) de la région industrielle de Nancy » est cité à l'« Ordre de l'Artillerie de l'Armée » avec cet éloge : « Par ses reconnaissances personnelles, aériennes et terrestres, par son savoir et son énergie, a remarquablement organisé la Défense Anti-aérienne d'une importante région industrielle du front et a largement coopéré à écarter les fréquentes tentatives de bombardement des avions ennemis »[réf. nécessaire].
Par ailleurs, le , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur, « pour ses mérites militaires »[réf. nécessaire].
Il refuse pendant toute la guerre de quitter son commandement alors qu'un poste de professeur dans un centre d'instruction pour aviateurs lui est offert[réf. nécessaire].
À la fin de la guerre, deux mois environ après la signature de l'armistice, il est démobilisé le et « se retire » au 31 de l'avenue Parmentier à Paris, appartement qu'il a acheté en 1911 et quitté en 1914 pour partir à la guerre. Il sera « rayé des cadres » le .
Carrière dans l'enseignement
Entre les deux guerres, Casimir Monteil est professeur dans plusieurs établissements dont les principaux sont l'École centrale des arts et manufactures, le Conservatoire national des arts et métiers, l'École supérieure d'électricité, l'École supérieure de physique et de chimie industrielles et l'Institut français du froid industriel.
Il enseigne également des matières très différentes, allant de la thermodynamique[11] à l'hydraulique [12] en passant par les turbines à vapeur et la mécanique des fluides.
L'École centrale de Paris
Dès la fin de la guerre, au début de l'année 1919, Casimir Monteil retrouve ses élèves à l'École centrale et sa chaire de mécanique appliquée, dont il est titulaire. Succédant à Léon Letombe[13], Casimir Monteil est titulaire de la chaire des machines thermiques à l'École centrale, à partir de 1920 et jusqu'en 1941.
En 1932, Casimir Monteil est nommé vice-président du Conseil de l'école, puis président du Conseil de 1938 à 1944. Il sera remplacé à ce poste par Albert Portevin[14], membre de l'Institut et éminent métallurgiste.
Assurant la succession de Léon Guillet[15], reconnu pour ses recherches sur les aciers inoxydables, Casimir Monteil est nommé directeur de l'École centrale de Paris à partir du jusqu'en , puis est reconduit à ce poste jusqu'au , malgré avoir dépassé la limite d'âge.
Il confie aux journalistes des journaux Le Matin et Paris-Soir qui le questionnent quelques instants après sa nomination en tant que Directeur de l'ECP : « Je compte vivre très près de mes élèves et, naturellement maintenir la belle tradition de l'école. Il va sans dire que la question des prisonniers me préoccupe beaucoup. Le ministre de l'Éducation nationale m'a recommandé de les recevoir humainement, c'est-à-dire de raccourcir leurs études et de ne pas les faire languir, quitte à leur donner, si c'est nécessaire, un enseignement postscolaire ». Il ajoute : « J'ai quatre enfants et huit petits-enfants et j'espère bien que l'école puisera largement dans ma famille ; mes deux gendres, d'ailleurs, sortent de Centrale »[réf. nécessaire]. Et le journaliste termine son article : « On conviendra que le Ministre de l'Éducation nationale ne pouvait pas mieux choisir ». Casimir Monteil eut donc la lourde tâche d'administrer l'École centrale vers la fin la Seconde Guerre mondiale et à la Libération avec de graves problèmes financiers.
Dans le livre L'Histoire de l'École centrale Paris[16], on relève[Qui ?] page 67 :
- « Depuis 1857, date du don à l'État, l'École Centrale dispose d'une large autonomie de gestion et doit assurer l'équilibre de ses comptes par les frais de scolarité, les dons et subventions.
- Casimir Monteil (1898) qui succède à Léon Guillet[17] à la direction de l'École, se trouve confronté après la Seconde Guerre mondiale à de graves difficultés financières, incompatibles avec le développement de l'École.
- La nationalisation de l'École Centrale est inévitable. Le Conseil de l'École décide de renoncer à l'autonomie et demande son inscription au budget de l'État. Par la loi du , cette proposition est acceptée et l'École centrale est intégrée dans les Écoles Supérieures d’Enseignement Technique dépendant du ministère de l'Instruction Publique ».
Entré en 1895, Casimir Monteil quitte l'ECP en 1948 après 53 ans de service ; il a 72 ans.
Le Conservatoire National des Arts et Métiers
Casimir Monteil est nommé professeur[18] du cours de Machines au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)[19], à partir du où il a la lourde tâche de remplacer le professeur Édouard Sauvage connu et apprécié dans le monde entier[réf. nécessaire], lorsqu'il prend sa retraite.
Pensant faire éventuellement son dernier cours au CNAM, à la fin de l'année scolaire 1943-1944, Casimir Monteil fait un discours émouvant[réf. nécessaire] à ses élèves, en présence du directeur de l'école. En réalité, à cause de la fin de la guerre et de la Libération, il cesse ses fonctions au CNAM deux ans plus tard, le , à l'âge de 70 ans.
Son successeur Michel Pluviose[20], professeur au CNAM dit[réf. nécessaire] : « Monsieur Monteil a laissé au Conservatoire la réputation d'un grand Professeur, donnant un enseignement extrêmement clair et sachant mettre à la portée des élèves des notions parfois difficiles ».
L'École supérieure d'électricité
Casimir Monteil est nommé maître de conférences à l'École supérieure d'électricité, appelée communément Supélec, assurant les cours de turbines à vapeur et d'hydraulique, pendant 25 ans, c'est-à-dire de 1916 et jusqu'en 1941 avec autorisation de cumul en 1937. Il a donc connu l'ancienne école située 12 rue de Staël, puis à partir de 1927, le nouveau bâtiment de style « Art déco », ultra moderne pour l'époque, situé à Malakoff près de la porte de Vanves.
L'École supérieure de physique et de chimie industrielles
Casimir Monteil est nommé maître de conférences pour le cours de « moteurs à explosion et à combustion interne » à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI), de 1916 à 1929.
L'Institut français du froid industriel
En 1942, l'Association Française du Froid (AFF) et la direction du CNAM décident de réorganiser, sous la forme d'un institut du CNAM, l'enseignement de spécialisation en froid industriel. L'Institut français du froid industriel (IFFI) est ainsi créé le et dès l'automne 1943, les 24 premiers diplômes sont décernés.
Dès sa création, Casimir Monteil est nommé directeur des Études de l'Institut français du froid industriel, le .
Carrière dans l'industrie
La vocation de Casimir Monteil pour l'enseignement ne pouvait lui faire oublier sa formation et son métier d'ingénieur. Il a toujours désiré rester en contact étroit avec l'industrie et a occupé plusieurs emplois.
Société générale de constructions mécaniques
De 1907 à 1919, il est chef du bureau d'études puis ingénieur en chef de la Société générale de constructions mécaniques, constructeur de turbines Rateau, située 54 avenue de la République à Paris[réf. nécessaire].
En 1919 et 1920, il devient ingénieur-conseil (développement de machines thermiques) puis membre du comité de direction de cette société. Dès cette époque, commence une longue et fructueuse collaboration, commencée aux côtés d'Auguste Rateau, polytechnicien et ingénieur des mines, jusqu'en 1943.
La SGCM passe sous le contrôle de la Société Rateau en 1928 et, en 1931, la production de moteurs Diesel sous licence MAN représentera à elle seule 75 % de son chiffre d'affaires.
Entreprise générale industrielle de l'Est et du Nord
En 1919, il est directeur de l'Entreprise générale industrielle de l'Est et du Nord, spécialisée dans les constructions industrielles, qui construisit une douzaine d'usines dont la Papeterie de Mimizan. En 1924, il devient administrateur de cette entreprise.
Papeteries de Gascogne
Le Groupe Gascogne prend naissance le , bien avant les assemblées constitutives de l'année 1925 qui marquent la création officielle des Papeteries de Gascogne dans le cadre du développement économique de la région landaise.
À partir de cette date, s'ouvre une période qui va voir le siège de la société revenir de Paris à Mimizan. Léon Monnet, premier directeur général de la société, sera nommé en 1927, et Charles Cadilhon, premier président, prendra les décisions au milieu des difficultés industrielles, économiques et parfois sociales, considérables.
En 1937, Casimir Monteil est ingénieur-conseil des Papeteries de Gascogne, usine utilisant la pâte à papier provenant du bois de la forêt des Landes, construite grâce à un investissement de la Société Générale Immobilière. Il restera administrateur et le doyen des membres du conseil d'administration à Mimizan auquel il participait chaque année, depuis le tout premier conseil en 1925, jusqu'à la fin de sa vie en 1965[réf. nécessaire].
Unités de mesure
Casimir Monteil a créé et introduit une nouvelle unité de mesure pour le froid, la « Frigorie ». En effet, il pensait que l'utilisation de « calories négatives » était d'usage peu pratique. Il introduit cette nouvelle unité qui sera adoptée officiellement beaucoup plus tard, par le décret no 66-16 du [21], « relatif aux unités de mesure et au contrôle des instruments de mesure ».
La frigorie est la quantité d'énergie nécessaire pour abaisser de 1 °C la température d'un litre d'eau, alors que la kcal est la quantité de chaleur nécessaire pour l'élever de 1 °C. Autrement dit, 1 frigorie équivaut à 1 kcal ou 1 000 calories. Sa valeur est de 4 185,5 Wh, valeur expérimentale résultant des déterminations les plus récentes. Elle est souvent exprimée en kilofrigorie (kfg). De nos jours, la frigorie (symbole fg), est utilisée dans l'industrie du froid, aussi bien en France qu'à l'étranger[réf. nécessaire].
De façon plus générale, Casimir Monteil s'est intéressé aux unités de mesure. En 1947, il a rédigé, dans le fascicule A20 des Techniques de l'Ingénieur, un chapitre intitulé « Unités » dans lequel il présente et compare les trois systèmes de mesure les plus utilisés : le système métrique MKS (mètre-kilo-seconde) qui deviendra le Système International (SI), le système CGS (centimètre-gramme-seconde) et le système MTS (mètre-tonne-seconde).
Voyages à l'étranger
Aussi bien pour son activité dans l'industrie que pour celle d'enseignant, Casimir Monteil a été amené à faire des missions à l'étranger :
- 1913 : Délégation du Ministère du Commerce au Congrès du Froid de Chicago,
- Simultanément, délégation du même Ministère dans les écoles techniques des États-Unis et du Canada, Pittsburgh et New York, en septembre, ,
- Membre de la Délégation française au Congrès international de mécanique appliquée de Stockholm en 1930,
- Chargé de mission à l'exposition de 1937 en Belgique et en Allemagne en 1939,
- Professeur à l'Institut polytechnique de l'Empereur Pierre-le-Grand à Petrograd (Saint-Pétersbourg en Russie),
- Professeur à l’Institut des Ponts-et-Chaussées de l'empereur Alexandre Ier à Petrograd,
- Professeur à l’École Supérieure des Ingénieurs de la Marine de l'empereur Nicolas Ier à Cronstadt (Russie).
Retraite
Bien qu'à la retraite en ayant quitté depuis 1948 son poste de directeur de l'École centrale, Casimir Monteil reste actif avec deux sujets importants nécessitant beaucoup de temps et de recherches : la publication des Techniques de l'Ingénieur et la rédaction d'un ouvrage retraçant l'histoire des Papeteries de Gascogne.
Les Techniques de l'Ingénieur
En 1944, Casimir Monteil est le fondateur des Techniques de l'Ingénieur avec Maurice Postel[22]. Dès l'origine de la collection, il est nommé directeur général de la rédaction et directeur des traités Mécanique et chaleur. Il est aussi l'auteur de l'introduction du chapitre « Machines hydrauliques et thermiques ». Sa collaboration se poursuit pendant 15 ans en tant que directeur technique.
Séjours à Rochemaure
Peu de temps après avoir pris sa retraite, il vend son appartement du 31 de l'avenue Parmentier et s'installe dans un immeuble, situé dans le 8e arrondissement, au no 16 de la rue Clément-Marot.
Après le décès en 1957 de son épouse dont il était séparé depuis plusieurs années, Casimir Monteil épouse en secondes noces et dans la plus stricte intimité, à Paris, Marie Louise Péquignot qui partageait sa vie 16 rue Clément-Marot[réf. nécessaire].
Décès
Quelques mois seulement avant son décès, en , il fait paraître dans la revue Arts et Manufactures, un article intitulé « Un beau geste de Gustave Eiffel » relatant une anecdote lors d'une rencontre[23] entre le constructeur de la tour, le directeur de l'ECP, Paul Buquet[24] et un jeune et brillant élève de deuxième année, René Deligny.
Casimir Monteil, âgé de 89 ans, meurt d'une crise cardiaque le à son domicile parisien. Depuis déjà plusieurs années, il était sujet à des crises épisodiques[réf. nécessaire].
Il est enterré au cimetière de Rochemaure dans le caveau de famille qu'il avait fait construire lors du décès de sa fille âgée de 33 ans en choisissant au mieux son emplacement, au milieu du mur côté Est, face à la montagne et au château de Rochemaure.
Distinctions, honneurs et décorations
Titres et distinctions
- Académie des Sciences : En 1929, Casimir Monteil est élu[25] membre de l'Institut (Académie des sciences).
- Société des Ingénieurs Civils de France (ICF) : Il est élu président de la 3e section (Mécanique et ses applications) de la Société des ingénieurs civils de France (ICF) en 1927, 1928 et 1929, puis est nommé président[26] de 1931 à 1936.
- Commission des Titres d'Ingénieur : En 1936, il est nommé président de la Commission des titres d'ingénieur (CTI).
- La FASFID : Créée en 1929, la Fédération des associations et sociétés françaises d'ingénieurs diplômés (FASFID) regroupe les associations d'anciens élèves diplômés des écoles d'ingénieurs françaises et en particulier l'École centrale. Casimir Monteil est nommé président de la Fédération des Associations, Sociétés et Syndicats Français d’Ingénieurs (FASSFI), en 1929 et 1930. En 1928, il est également le premier président de la FASFID qui succéda à la FASSFI avec pour ambition le regroupement des associations des ingénieurs diplômés.
- Société des Anciens Élèves Arts et Métiers : Le terme Gadzarts, parfois orthographié Gadz'Arts, désigne les élèves et les ingénieurs issus de l'École nationale supérieure d'arts et métiers (ENSAM). Casimir Monteil en est nommé président de 1935 à 1937.
- Commissariat à l’énergie atomique (CEA) : Casimir Monteil était membre du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) organisme de recherche, fondé en 1945 ayant pour mission principale de développer les applications de l'énergie nucléaire dans les domaines scientifiques, industriels et de la défense nationale.
- Société Amicale des Ardéchois à Paris : La Société Amicale des Ardéchois à Paris a été fondée en 1890 par des Ardéchois installés à Paris. Toujours très active, elle regroupe actuellement plusieurs centaines de membres. En 1934, Casimir Monteil en devient membre[27].
Honneurs et décorations
Commandeur de la Légion d'honneur (1937)
Croix de guerre - (1919)
Commandeur de l'ordre des Palmes académiques
Hommages
À son décès, de nombreux hommages ainsi que de très nombreuses lettres ont été publiés, témoignant de la reconnaissance et de l’amitié portée à Casimir Monteil :
- Arts et métiers : « Si la mort du Président Monteil a endeuillé les deux plus grandes familles d'ingénieurs de France, elle a été profondément ressentie par l'ensemble du monde scientifique et technique de notre pays où le rayonnement de sa forte personnalité faisait honneur aux deux Écoles qui l'avaient formé en même temps qu'à la haute conscience qu'il avait de son rôle d'ingénieur, de professeur et d'administrateur. Aussi le fervent hommage que voudraient rendre à sa mémoire tous ceux d'entre nous qui ont reçu une part de ce rayonnement porte-t-il le sceau d'une amitié qui nous est chère : celle qui lie les Centraux et les Gadzarts dans les grandes tâches de leur action professionnelle et sociale »[28]
- Arts et Manufactures : « Professeur de près de 40 promotions d'élèves de l'École Centrale, puis directeur en un moment difficile de l'histoire de notre École, notre éminent camarade Casimir Monteil est décédé le 11 octobre 1965 à Paris. Il repose maintenant près des siens dans le cimetière de Rochemaure, village de l'Ardèche où il naquit le 1er juillet 1876. Tous ceux qui l'ont connu et particulièrement ceux qui ont eu l'honneur et la joie de travailler avec lui gardent le souvenir d’un homme d’une grande intelligence, extrêmement fin, juste et serviable, fidèle dans ses amitiés. Les anciens élèves de Centrale lui doivent pour tout ce qu’il a fait pour leur École une grande reconnaissance »[29]
- Les Techniques de l'Ingénieur
« Nous ne saurions terminer cette introduction, sans rendre hommage aux architectes des Techniques de l'Ingénieur pour leur clairvoyance, et principalement à Casimir Monteil qui fut directeur des traités Mécanique et chaleur et professeur titulaire de la chaire de Machines du CNAM, chaire que j'ai l'honneur d’occuper aujourd’hui, et au professeur Gilbert Riollet, récemment disparu »
- Instantanés Techniques : « En hommage à la mémoire de M. Monteil, nous avons choisi à l'intention de nos lecteurs quelques extraits du discours qu'il prononça lorsqu'il accéda à la présidence des Ingénieurs Civils en 1931. Cette conférence avait pour sujet : Histoire des inventions concernant l'emploi de la vapeur d'eau comme agent de force motrice et traite avec beaucoup de talent et dans un style très ferme et très brillant d’un sujet auquel M. Monteil avait consacré la majeure partie de son activité. On appréciera pleinement les qualités de finesse et d’intuition dont fait preuve l'auteur, si l'on pense que cette conférence a été prononcée il y a près de trente-cinq ans »[31].

