Château du Petit Trianon

From Wikipedia, the free encyclopedia

Période ou styleNéoclassique
TypeChâteau de plaisance
Début construction1762
Château du Petit Trianon
Image illustrative de l’article Château du Petit Trianon
Château du Petit Trianon (façade ouest)
Période ou style Néoclassique
Type Château de plaisance
Architecte Ange-Jacques Gabriel
Début construction 1762
Fin construction 1768
Propriétaire initial Louis XV
Destination initiale Résidence royale
Propriétaire actuel République française
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, 1906)
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1979)
Coordonnées 48° 48′ 56,27″ nord, 2° 06′ 34,79″ est
Pays Drapeau de la France France
Subdivision administrative Île-de-France
Subdivision administrative Yvelines
Localité Versailles
Géolocalisation sur la carte : Île-de-France
(Voir situation sur carte : Île-de-France)
Château du Petit Trianon
Géolocalisation sur la carte : Yvelines
(Voir situation sur carte : Yvelines)
Château du Petit Trianon
Géolocalisation sur la carte : parc de Versailles
(Voir situation sur carte : parc de Versailles)
Château du Petit Trianon
Site web www.chateauversailles.fr/decouvrir-domaine/domaine-marie-antoinette-/le-petit-trianon/le-petit-trianonVoir et modifier les données sur Wikidata

Le château du Petit Trianon est un bâtiment situé dans le domaine du Petit Trianon, au sein du parc de Versailles, dans le département français des Yvelines, en région Île-de-France.

Construit par l'architecte du roi Louis XV, Ange-Jacques Gabriel, de 1762 à 1768, il est considéré comme un chef-d'œuvre du néoclassicisme, alliant le goût le plus moderne et l'intégration à la nature environnante.

Édifié pour madame de Pompadour qui meurt avant de le voir achevé, il est inauguré par madame du Barry en 1768, presque vingt ans après les premiers aménagements du Nouveau jardin du roi. Car, s'il est le plus imposant du domaine du Petit Trianon, il n'en est pourtant pas le premier bâtiment, mais se situe au contraire dans la continuité d'un projet qui s'étale sur quatre décennies. Il est offert par Louis XVI, dès son avènement, à sa jeune épouse Marie-Antoinette qui lui donne son empreinte, associant pour toujours, dans l'imaginaire du public, l'édifice et la reine.

De plan carré de vingt-trois mètres de côté, l'édifice doit sa particularité à ses quatre façades comprenant cinq hautes fenêtres scandées par des colonnes ou pilastres de l'ordre corinthien. En raison de la déclivité du terrain, le rez-de-chaussée du château n'est accessible que par les faces donnant sur le sud et sur l'est ; cet étage est réservé au service. L'étage « noble », où l'on entre par le grand escalier d'un vestibule conçu comme une cour intérieure, comprend les pièces de réception et l'appartement de la Reine. Un entresol de trois pièces abrite la bibliothèque de Marie-Antoinette. En attique, plusieurs logements autrefois attribués à Louis XV et sa suite accueillent aujourd'hui l'évocation des « Dames de Trianon », ces femmes qui ont imprégné ces murs de leur marque.

La décoration, confiée par l'architecte Ange-Jacques Gabriel à Honoré Guibert, est entièrement basée sur la nature et le goût de l'antique. Véritable prolongement architectural des jardins avoisinants, le château est orné de sculptures de fleurs et de fruits, les peintures sont des allégories des saisons ou des fleurs, les meubles sont agrémentés de motifs champêtres.

Symbole d'une monarchie nouvelle, qui aspire à plus d'intimité et de quiétude que la représentation permanente imposée par Louis XIV, le château du Petit Trianon est aussi la fragilité du système que condamne la Révolution française de 1789. Néanmoins épargné par les années, il demeure le « château des femmes », bénéficiant au XIXe siècle de l'engouement des souveraines Marie-Louise, Marie-Amélie et Eugénie. Les campagnes de restauration réalisées au début du XXIe siècle lui redonnent l'allure qu'il avait le jour où Marie-Antoinette le quitte pour la dernière fois, comme si le temps s'était arrêté.

Classé avec le château de Versailles et ses dépendances au titre des monuments historiques par la liste de 1862 et par arrêté du [1], il est également inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979[2]. Il est aujourd'hui ouvert au public dans le cadre du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, au sein du Domaine de Marie-Antoinette.

Portrait de Louis XV, François-Hubert Drouais, 1773
Portrait de Louis XV
François-Hubert Drouais, 1773.

Le roi Louis XV dont la personnalité triste et secrète confine à l'ennui[n 1], décide en 1749 de reprendre possession de Trianon, qu'il « aimait tant » étant enfant[n 2], mais dont les douleurs ressenties en ce refuge à l'occasion de plusieurs deuils l'avaient éloigné[l 1]. Encouragé par sa favorite, madame de Pompadour, il fait bâtir, sur de nouvelles parcelles au nord-est du château de marbre, quelques bâtiments permettant de renouer avec l'idée d'une petite fantaisie de campagne qui avait autrefois prévalu au Trianon de porcelaine de son aïeul. Une ménagerie est consacrée à des animaux de ferme et de basse-cour et deux petits pavillons sont édifiés au sein d'un nouveau jardin à la française.

Cet espace jardinier, Nouveau jardin du roi, qui permet au Roi d'aspirer à son goût pour la botanique et l'horticulture, ne suffit bientôt plus et l'on commence dès 1758 à réfléchir à la construction d'un petit château de campagne[o 1] afin de fermer la perspective des parterres à la française. Les premières ébauches s'inspirent du tout nouveau château de l'Hermitage du prince de Croÿ conçu selon un plan centré[3].

 
Projet non réalisé des façades sur le Jardin botanique et sur le Jardin fleuristeAnge-Jacques Gabriel, 1761.
Projet non réalisé des façades sur le Jardin botanique et sur le Jardin fleuriste
Ange-Jacques Gabriel, 1761.

Le projet est retardé par la guerre de Sept Ans[f 1], mais ces événements permettent d'accroître le temps de réflexion et de fixer les hésitations des premiers plans. Celui de 1761 ne comprend que trois fenêtres par façade. Seule celle sur le jardin botanique présente quatre croisées sans ressaut, mais est mal adaptée au nivellement. Chaque croisée centrale est sommée d'un fronton circulaire, le tout étant richement orné, voire surchargé. Les proportions sont mal équilibrées et les escaliers trop modestes[o 2]. Cela ne convainc pas et ne parvient pas à surmonter les indécisions dont le Roi est souvent l'objet[4].

L'idée, qualifiée plus tard de « géniale »[o 2], est de porter à cinq le nombre de croisées par façade, permettant à l'édifice de gagner en majesté par rapport aux premières ébauches et de satisfaire les exigences du terrain. On conserve le principe de quatre pilastres ou colonnes, selon l'orientation cardinale, qui viennent scander régulièrement les hautes fenêtres. La stéréotomie est finalement préférée, caractérisée par un décor ornemental uniquement géométrique. L'édifice est de plan carré et les dimensions, de douze toises par côté[g 1],[note 1], sont fixées par la largeur du jardin à la française[i 1]. C'est le choix d'un ordre colossal qui confère au bâtiment, malgré ses dimensions modestes, un caractère monumental tout en conservant l'harmonie des proportions.

La décision finale intervient le et 700 000 livres sont affectées à la construction dès la signature du traité de Paris mettant fin à la guerre de Sept ans[o 2]. Le chantier de ce qui porte encore le nom de « Pavillon du Roi » est confié à Louis Le Dreux de La Châtre, l'un des meilleurs architectes de l'équipe d'Ange-Jacques Gabriel[o 2]. Soixante-quinze tailleurs de pierre et cent vingt maçons sont mobilisés[o 2]. Les fondations sont faites fin 1762. Le gros œuvre s'étend sur les deux années suivantes et l'édifice est couvert en 1764. Lors des campagnes de 1765 à 1768, on réalise les sculptures, la menuiserie, la serrurerie et la peinture. Afin de donner un air nouveau à la décoration, on préfère aux traditionnels sculpteurs du Roi, Jacques Verbeckt et Jules-Antoine Rousseau, un nouvel artiste, Honoré Guibert, qui travaille « dans le goût grec[a 1] ».

S'il est qualifié de chef-d'œuvre, le bâtiment ne l'est pourtant ni pour son innovation ni pour son originalité[5]. L'architecte, plus simplement, a su assimiler diverses références, s'inspirer des inventions et des courants du moment, assembler les meilleurs modèles des maisons les plus admirées[4]. Cet équilibre, presque évident, entre l'antique et le moderne  deux genres à priori incompatibles  se dissimule derrière une apparente simplicité : dans la nouveauté, Gabriel ajoute à la force et à la noblesse du classicisme hérité de Mansart l'élégance du XVIIIe siècle[o 3].

Le château des femmes

De Pompadour à Du Barry

Portrait de la comtesse Du Barry en Flore, François-Hubert Drouais, 1769
Portrait de la comtesse du Barry en Flore
François-Hubert Drouais, 1769
Marie-Antoinette à la rose, Élisabeth Vigée Le Brun, 1783
Marie-Antoinette « à la rose »
Élisabeth Vigée Le Brun, 1783
Madame Élisabeth, Élisabeth Vigée Le Brun
Madame Élisabeth
Élisabeth Vigée Le Brun
Pauline Bonaparte, Robert Lefèvre, 1806
Pauline Bonaparte
Robert Lefèvre, 1806
Portrait de l'impératrice Marie-Louise, François Gérard, 1812
Portrait de l'impératrice Marie-Louise
François Gérard, 1812, musée du Louvre.
Hélène de Mecklembourg-Schwerin, duchesse d'Orléans, en veuve, François Meuret, vers 1843
Hélène de Mecklembourg-Schwerin, duchesse d'Orléans, en veuve
Miniature par François Meuret, vers 1843, musée Condé.
L'impératrice Eugénie en robe de style Marie-Antoinette, Franz Xaver Winterhalter, 1854
L'impératrice Eugénie en robe de style Marie-Antoinette
Franz Xaver Winterhalter, 1854, Metropolitan Museum of Art.

Le château n'est achevé qu'en 1768, soit quatre ans après la mort de madame de Pompadour. Il est donc attribué à madame du Barry, nouvelle favorite de Louis XV. Si le Grand Trianon demeure le lieu des fêtes et des réceptions, le Petit devient rapidement un lieu d'intimité[n 3]. La Pompadour avait marqué le projet d'un raffinement d'avant-garde en matière d'art et de décoration[o 4]. Le château est voué aux fleurs, ornement principal, mais appartient au roi : au-delà de la symbolique sur les maîtresses royales, la notion d'harmonie entre la décoration et les jardins avoisinants est omniprésente.

Dérogeant à son statut de roi, Louis XV cède son cabinet intérieur, le mieux situé du château, à madame du Barry qui en fait sa chambre, tandis qu'il s'installe à l'attique. Elle est la première à demeurer régulièrement au Petit Trianon, loin de l'hostilité que lui vouent les filles du Roi et les dauphins[l 2]. C'est dans ce château que le Roi, venu en compagnie de sa favorite le , ressent les premiers symptômes de la maladie qui l'emporte deux semaines plus tard[6]. La maîtresse royale, qui a déjà quitté Versailles depuis cinq jours, n'y reparaît plus, ayant reçu du nouveau roi une missive[note 2], transmise par le duc de la Vrillière[7], lui intimant de se rendre au couvent du Pont-aux-Dames[d 1].

Marie-Antoinette

Pour la première fois, une reine de France devient propriétaire d'un château[8] : en [9], Marie-Antoinette reçoit en cadeau de son époux, le nouveau roi Louis XVI, le domaine du Petit Trianon. Le lieu répond parfaitement à ses aspirations, elle se sent à son aise dans cette atmosphère florale qu'elle a désirée sans pour autant l'avoir décidée : les coupes de fruits sculptées dans les lambris par Guibert, les métamorphoses des divinités en fleurs selon les vœux de Cochin et les pinceaux de Lépicié ou Jollain, les scènes champêtres composées par Lagrenée ou Vien, les jardins fleuris et botaniques sous ses fenêtres dessinés par Richard ou Jussieu, les motifs fleuris des meubles de Foliot ou Joubert, tout concourt à satisfaire l'aspiration de la Reine à s'évader des contraintes de la cour de Versailles vers un univers consacré à la nature[10].

Durant les premières années, elle ne fait que peu de transformations. Sa tentative de retirer deux tableaux qui heurtent sa pudeur dans la grande salle à manger est vaine[10]. Elle fait simplement inscrire son chiffre dans la rampe de l'escalier et supprimer l'escalier du nord-est. L'installation de glaces mouvantes devant les fenêtres de son boudoir commence néanmoins à faire jaser[d 2]. Ce n'est que plus tard, après avoir mené à bien son grand projet d'aménagement de ses jardins, qu'elle entreprend quelques rénovations dans ses appartements.

Au mépris du protocole, la Reine prend l'habitude de loger à « son » château, le Roi n'y venant que souper en invité. Les règlements sont faits « au nom de la Reine », et non du Roi ; Marie-Antoinette se comporte comme une simple châtelaine, rompant avec le cérémonial ou les toilettes royales : « Trianon, je n'y tiens point de cour, j'y vis en particulière[d 3] ». Elle reçoit ses intimes : on joue, on chante, on danse, on fait de la musique, on se promène dans les jardins[n 4]. Les hommes sont invités mais pas plus que le Roi ne dorment au château. Les femmes sont les maîtresses du lieu et plusieurs d'entre elles logent à la suite de la Reine : Madame Élisabeth, qui veille sur Madame Royale, la comtesse de Polignac, mais aussi la princesse de Chimay, la comtesse d'Ossun ou madame Campan, la femme de chambre[d 2]. En dix ans, elle séjourne cent seize jours dans son château[b 1].

Ce mode de vie, alliance de simplicité apparente, de luxe et de plaisir, est digne d'une jeunesse insouciante. C'est ainsi que se dessine la « légende noire » d'une souveraine qui, ne rêvant que d'intimité, se soustrait au regard du peuple, donnant consistance aux rumeurs les plus terribles[d 4].

Pauline Bonaparte et l'impératrice Marie-Louise

Le Petit Trianon, abandonné à la suite du départ de la famille royale en 1789, dépouillé de tout son mobilier lors de la vente aux enchères de 1793 et même temporairement transformé en hôtel[r 1], est mis à la disposition de Pauline Borghèse, sœur préférée de l'empereur Napoléon Ier, respectant la tradition de cette résidence qui demeure le « château des femmes »[l 3]. En 1805, on repeint l'ensemble des pièces de diverses teintes de gris[11]. C'est au menuisier Benoît-François Boulard[note 3] qu'est confiée la mission de remeubler les appartements, dans un style se rapprochant de l'Ancien Régime[l 3]. L'impératrice Joséphine, qui ne vivra pourtant jamais au château du Petit Trianon, participe au choix des étoffes et du mobilier, que l'on veut plus riches et élégants que sous l'Ancien Régime[q 1]. Même si l'architecte Trepsat ordonne le retour des toiles déposées au musée de Versailles durant la Révolution, la plupart des cadres demeurent vides durant l'Empire et sont simplement remplacés par des papiers peints représentant des paysages ou vert uni[r 2]. Les travaux coûtent plus de 150 000 francs[14]. La princesse, qui apprécie fort le château, y séjourne près de deux mois en juin et , puis une dernière fois en , lorsque Napoléon revient à Trianon afin de préparer le domaine pour sa nouvelle épouse[l 4].

L'impératrice, l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche, est la petite-nièce de la reine guillotinée par la Révolution française. Son mariage avec Napoléon, qu'on lui a pourtant enseigné à haïr, est aussi une conséquence du « traité de Schœnbrunn », du nom du palais qui a vu grandir Marie-Antoinette. Mais elle s'affranchit de ces symboles et des souvenirs difficiles liés au château, probablement sans même y songer ou par inconséquence, et se plaît à Trianon. Du Grand, elle s'évade vers le Petit, qui lui rappelle le château de Laxenburg de son enfance[l 5] et où elle commence à laisser son empreinte. Elle loge dans la chambre de sa grand-tante, entièrement redécorée d'extravagance, sous un dôme de soie broché d'or qui masque les boiseries originales[l 6]. Elle reprend le train de vie d'avant 1789 : un jeu de bagues est reconstitué à proximité du château[11], elle réhabilite le petit théâtre et redonne de somptueuses fêtes dans les jardins[l 7].

La duchesse d'Orléans

Avec la monarchie de Juillet, la famille royale s'installe en 1837 au Grand Trianon. Le château du Petit Trianon est attribué au jeune couple alors appelé à succéder à Louis-Philippe : le duc et la duchesse d'Orléans[l 8]. Ils occupent l'ancienne chambre de la Reine et un appartement de l'attique, conservant en grande partie le mobilier de l'Empire qui est néanmoins ré-agencé et retapissé[m 1]. Très vite, avec la fourniture par deux nouveaux ébénistes, Alphonse Jacob-Desmalter et Louis-Édouard Lemarchand, d'un nouveau mobilier de complément, le château est réaménagé pour permettre un confort qu'il n'avait encore jamais connu[m 2]. Il est aussi adapté aux commodités modernes, avec la création de deux petites salles de bain au centre de l'édifice et d'un escalier privé en colimaçon permettant une meilleure communication entre les appartements des époux[m 3]. La demeure n'est plus un palais royal mais une demeure de campagne, adaptée au goût du moment[m 4]. La duchesse, qui continue de séjourner à Trianon après la mort accidentelle de son mari, n'a pourtant plus le goût de ce château qu'elle trouve triste, se considérant elle-même « en exil »[l 9]. Le lieu tombe en oubli après le départ de cette dernière princesse.

L'impératrice Eugénie

L'impératrice Eugénie de Montijo éprouve pour Marie-Antoinette une sympathie proche de la dévotion et lui voue un véritable culte[15], à tel point que l'on retrouve ce besoin d'identification, poussé jusqu'au syncrétisme, dans des toiles de Franz Xaver Winterhalter la mettant en scène dans une évocation des jardins du Petit Trianon[note 4] ou dans une robe de style fin XVIIIe siècle de la Reine[note 5],[l 10]. À l'occasion de l'Exposition universelle de 1867, l'Impératrice souhaite organiser une rétrospective en hommage à la souveraine, se félicitant que « son âme, après plus d'un siècle d'errance, regagne enfin son havre de Trianon[17] ». Eudore Soulié, premier véritable conservateur du château de Versailles, est chargé de rassembler les œuvres. Sur les directives de Louis-Joseph Napoléon Lepic, aide de camp de Napoléon III et superviseur du chantier, le petit château est vidé de son mobilier Empire[note 6], les façades nettoyées, les peintures raccordées, les sols abîmés remplacés et les portes réparées. À défaut d'une exactitude historique, le premier étage est entièrement garni de 144 objets[18] « ayant été ou présumés avoir été à l'usage de la Reine ». La restauration coûte 5 000 francs. À la suite de cette manifestation, le Petit Trianon devient un musée consacré au XVIIIe siècle et à Marie-Antoinette, reine dont le mythe commence à s'imposer peu à peu[l 10].

XXe et XXIe siècles

Pendant plus d'un siècle, le château n'est l'objet que de peu d'attention, malgré les efforts des conservateurs, architectes et historiens pour rendre la présentation plus conforme à ce que révèlent les archives[f 2]. Mais le regain de popularité de Marie-Antoinette dès la fin du XXe siècle, accompagné de la sortie de succès cinématographiques qui lui sont consacrés et qui participent à la propagation du mythe, a porté à nouveau la lumière sur ce petit château de campagne d'une reine de France tour à tour adulée et conspuée, qui a, sans qu'elle ne s'en rende compte, contribué à son destin tragique[19],[20].

Description

Le château du Petit Trianon dans la culture

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI