Colonne votive de Lisieux
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| Colonne votive de Lisieux | |
Vue de la colonne | |
| Type | Colonne |
|---|---|
| Matériau | pierre calcaire |
| Période | IIe ou IIIe siècle |
| Culture | Rome antique |
| Date de découverte | 1947 |
| Lieu de découverte | |
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La colonne votive de Lisieux est une colonne d'époque romaine découverte lors des travaux de reconstruction de la ville de Lisieux, en France. Elle se situe dans le centre-ville détruit pendant les bombardements de la ville lors de la bataille de Normandie.
La colonne porte à la fois des inscriptions et des scènes figurées, ce qui fait la spécificité de ses fragments. Les conditions de la découverte et l'état de conservation des reliefs, tout comme les partis-pris de reconstitution, ne sont pas sans poser des problèmes d'identification et d'interprétation. L'identification comme colonne votive (en) ne fait pas l'unanimité, du fait de la difficulté d'identifier à un type d'édifice particulier ce genre de colonne connu dans différents contextes.
Le monument est cependant estimé comme relevant d'un « intérêt considérable » selon le docteur en histoire romaine Elisabeth Deniaux. En effet, c'est la seule représentation d'une scène religieuse issue de la Rome antique conservée dans l'espace de l'actuelle Normandie connue au début du XXIe siècle. Après avoir été remonté dans un square, sur le site de l'actuelle médiathèque de la ville, l'édifice est depuis la fin des années 1980 conservé dans l'église Saint-Jacques désaffectée.
Antiquité
Généralités : Lisieux dans l'Antiquité

Le peuple gaulois des Lexoviens est mentionné par Jules César à l'occasion du massacre de sénateurs en dans leur principale place-forte, peut-être l'oppidum du Castellier situé à 3 km au sud-ouest de la ville[M 1]. Les « fonctions administratives, civiles ou militaires » sont mal connues[M 1]. Les Lexoviens sont sous une autorité locale, une oligarchie est présente. Le peuple est allié aux Vénètes et aux Unelles[M 2]. La ville a une fonction économique, son nom (Noviomagus) signifiant « nouveau marché » ; en effet, le site occupe une position sur un axe commercial[M 2].

La ville antique possède un plan orthonormé et utilise l'espace au mieux selon les contraintes du terrain, avec un axe nord-sud, le cardo maximus, et un axe est-ouest, le decumanus maximus large de 12,40 m[M 3]. L'apogée de la ville se situe dans la seconde moitié du IIe siècle[M 4]. L'ancienne ville de Lisieux possède un port sur la Touques ; elle est bordée en outre par l'Orbiquet[F 1]. Un vaste sanctuaire étendu de 50 ha à 60 ha se trouve au Vieux-Lisieux sur la commune de Saint-Désir[M 5].

Le centre de la ville antique est mal connu, cependant les spécialistes estiment que les secteurs de l'actuelle cathédrale ou celui du site de l'actuelle médiathèque sont privilégiés[M 4]. Les fouilles préalables à la construction de la médiathèque ont permis de dégager une galerie d'une longueur supérieure à 30 m, peut-être un élément du forum reconstruit au milieu du IIe siècle[M 4]. D'autres recherches au XIXe siècle amènent à penser à un édifice à galerie supérieure de 100 m de longueur[M 6]. Certains édifices de la ville ont pu avoir une « qualité artistique et monumentale »[M 7].
La ville subit des raids francs et saxons au IIIe siècle et certains édifices sont incendiés. La cité subit un repli de son activité économique et se contracte, se réduisant autour d'un castrum de 400 m sur 200 m[M 8]. La construction du castrum a nécessité au minimum 13 000 m2 ou 26 000 tonnes de matériaux. Trois portes percent alors le rempart[M 9]. De nombreux édifices antérieurs ont été utilisés comme carrières de pierres afin de mener à bien cette construction[M 10].
Secteur de découverte et datation des vestiges
Un bâtiment gallo-romain est découvert à proximité de même qu'« une structure monumentale en moyen appareil »[I 1]. Le site est « un lieu privilégié dans l'espace urbain », situé entre la ville basse industrieuse et la ville monumentale[I 2]. Les vestiges ont été retrouvés in situ[I 1] non loin du decumanus et de l'Orbiquet[I 3].
Le site de la colonne domine l'ancien cours de l'Orbiquet[I 1].
Même si le fouilleur émet immédiatement l'hypothèse d'une colonne votive, celle-ci a pu être un élément d'un édifice plus important, portique ou colonnade d'une domus comparable à celle de la maison au grand péristyle de Vieux-la-Romaine[I 4]. La colonne appartient à un grand monument, portique ou autre monument commémoratif[K 1]. En 1857 en effet, le long du decumanus maximus, sont dégagés un édifice à colonnes, un bassin d'un aqueduc urbain et un nymphée d'une superficie de 165 m2 à 170 m2[I 1].

Raymond Lantier date les vestiges du IIIe siècle, plus précisément entre 225 et 250[C 1],[G 1]. Claude Lemaître évoque pour sa part le second quart du IIe siècle[I 5]. Dans un ouvrage des années 1990, le monument est relié également à des édifices datés du IIe siècle[K 2]. Elisabeth Deniaux précise la datation, le style est daté selon elle du milieu du IIe siècle[A 1]. Les représentations sont proches selon Raymond Lantier de celles présentes sur le mausolée de Neumagen[I 5].
Claude Lemaître fait un parallèle entre la colonne de Lisieux et la porte Noire de Besançon datée de 172-180, avec un décor au « style baroque et surabondant »[I 6]. La colonne peut être datée du règne de Marc Aurèle car la cité lexovienne connaît de grands travaux à compter des années 160. La colonne pourrait aussi être datée de la dynastie des Sévères[I 7].
Les vestiges n'ont pas été retrouvés dans l'enceinte du Bas-Empire selon Claude Lemaître, même si elle est très proche[I 1], contrairement à ce que pense François Cottin qui évoque un monument « à l'intérieur de l'enceinte, à proximité de celle-ci et la dominant »[D 1]. Le même auteur évoque une construction par deux personnages, peut-être des duumvirs, sur l'ordre du Sénat local, à la suite des destructions. La date de construction est selon lui postérieure à la construction de l'enceinte du Bas-Empire[D 2]. Cette hypothèse doit cependant désormais être rejetée[I 1].
Redécouverte et mise en valeur
Fausse piste, la relation avec des vestiges retrouvés au XVIIe siècle
Des éléments liés à la colonne selon Paul-Marie Duval et Georges Huard ont peut-être été dégagés au XVIIe siècle, en 1618-1619[J 1],[L 1] : quatre bas-reliefs sculptés sur « les grandes faces d'un bloc quadrangulaire » sont dessinés par Nicolas-Claude Fabri de Peiresc[L 2],[I 8]. Selon Georges Huard, il est « très possible, sinon probable » que la trouvaille constitue la base du monument. Hercule et Mercure sont figurés sur deux des côtés du bloc. Peiresc, qui n'a pas vu le bloc de « sept pieds de haulteur » (soit 2,20 m[L 3]) selon une source du XVIIe siècle, sur un feuillet a écrit ara lexovien[sis], en effet un habitant de Lisieux Marin Bourgeoys lui avait envoyé les dessins[L 4]. Au milieu du XIXe siècle, Louis Dubois évoque un bloc figurant Jupiter, Vénus et Mercure[L 3].
L'hypothèse, tentante, doit être écartée selon Claude Lemaître, car le bloc retrouvé au XVIIe siècle est sculpté sur ses quatre faces alors que la colonne est placée contre un mur ; la base de l'édifice devait donc être sculptée sur seulement trois côtés. Claude Lemaître émet donc l'hypothèse que Lisieux comportait deux colonnes commémoratives ou votives[I 9].
Découverte de vestiges à la faveur de dégagements postérieurs à la seconde guerre mondiale

Les vestiges sont dégagés place Victor-Hugo à l'occasion de travaux de reconstruction de la ville, durement touchée par les bombardements lors de la bataille de Normandie[C 1]. Une autre source indique une découverte sous la place de la Résistance[K 1].
Les fragments de la colonne sont trouvés « au pied du plateau de Saint-Jacques » et approximativement vers la rue aux Fèvres[F 2] en 1947[I 10]. Les déblaiements des gravats sont surveillés par François Cottin[F 1],[I 10] (1903-1977[1]), Lexovien membre de la Société des antiquaires de Normandie et de la Société historique de Lisieux. François Cottin note dès 1957 dans une monographie consacrée à la ville dans l'Antiquité l'importance du monument car seul connu dans la région[D 1]. Patrice Lajoye localise la découverte place Charles-de-Gaulle[H 1]. Claude Lemaître la localise à l'angle de la place Charles-de-Gaulle et de la rue de la Résistance. Les vestiges sont retrouvés in situ[I 10].
Des éléments de « colonnes à imbrications », reconnus dans les dégagements après 1945, sont malheureusement perdus[I 4]. Les fouilles de la nécropole Michelet, au début des années 1990, permettent de dégager un fragment de colonne pourvu d'une sculpture de masque et réutilisé comme sarcophage[I 4].
Reconstitution et mise en valeur


L’œuvre est reconstituée dans les années 1960 à partir des travaux de François Cottin et en ajoutant des éléments, une base et deux tambours[K 1]. La base reconstituée mesure 0,90 m sur 0,75 m[I 9].
La colonne est remontée initialement rue du Pont-Mortain, dans le square André-Malraux[G 1],[K 1], site de la médiathèque actuelle de la ville, en 1965[I 10], avant d'être déplacée dans l'église Saint-Jacques[E 1] vers la fin des années 1980[I 10]. La colonne y est encore conservée au début du XXIe siècle avec d'autres éléments lapidaires gallo-romains dégagés sur le site de l'hôpital de Lisieux.
Description
Description générale
La hauteur totale de l'édifice a été estimée à 4,80 m et la colonne avait un diamètre d'environ 0,43 m[I 11]. Les colonnes de ce genre comportaient deux bases superposées, dotées de représentations de divinités ou d'une inscription[I 12].
Le monument comportait initialement six tambours et le chapiteau outre son socle, selon Claude Lemaître[I 11],[I 13]. Trois tambours[K 1] (deux selon Patrice Lajoye[H 1]) de la colonne sont retrouvés[E 2],[I 10]. Ces tambours mesurent respectivement 0,76 m pour un diamètre de 0,37 m pour l'un[I 14], 0,98 m pour un diamètre de 0,45 m pour l'autre[I 15] et 0,73 m pour un diamètre de 0,44 m pour le dernier[F 3],[A 1].
Un chapiteau corinthien à feuilles d'acanthe[K 1] a été retrouvé. Ce chapiteau est considéré comme de « facture médiocre » par Claude Lemaître[I 14]. La base de la colonne est attique selon François Cottin[I 11]. Il y avait peut-être deux bases superposées[I 13].
Le monument est en pierre calcaire[K 1] originaire des environs de Lisieux[I 13]. Deux tambours sont en calcaire corallien[D 1], de la pierre de Caen, et celui portant le chapiteau corinthien[J 1] est constitué d'oolithe[F 4],[K 2]. La différence de matériau peut se justifier selon François Cottin du fait de la plus grande facilité pour sculpter le chapiteau à l'aide d'un trépan[D 1].
La partie arrière des tambours n'est pas taillée[C 1] sauf sur une bande verticale large de 15 cm[K 1], donc l'édifice était en appui contre un mur[A 1] d'« un monument plus important »[K 1] sauf le chapiteau terminal[I 2]. François Cottin évoque un emplacement contre l'enceinte[D 1].
Hypothèses sur le sommet de la colonne

Le monument est peut-être surmonté d'une statue[H 1] disparue[A 1], comme pourrait en témoigner une mortaise sur le chapiteau[F 3]. Cependant la mortaise est peut-être un vestige du chantier de la réalisation de la sculpture[I 14]. Aucun élément de cette statue n'a été retrouvé[I 3].
Des hypothèses sont émises par les spécialistes pour cette représentation. La divinité honorée aurait pu être Mercure, Apollon ou Jupiter ou toute autre divinité selon Claude Lemaître, même si Mercure semble plus destiné à orner le dé[I 16]. La statue de la divinité qui couronnait la colonne pouvait être un Jupiter à l'anguipède, Jupiter à la roue ou une statue de la divinité « classique »[I 17]. Selon François Cottin la statue représente le roi des dieux du panthéon gréco-romain[I 14]. La statue de Jupiter à l'anguipède représente un cavalier portant le foudre qui combat un monstre, « triomphe de la lumière céleste sur les forces souterraines et cachées ». La représentation symbolise la victoire sur les Barbares[I 18]. Les colonnes à l'anguipède du IIIe siècle sont parfois considérées comme liées à la Concorde[I 19]. Jupiter à la roue est l'héritier de Taranis[I 20]. Jupiter a été représenté sous une forme classique au sommet du pilier des Nautes mais aussi sur des colonnes comme à Mayence. Claude Lemaître semble envisager cette dernière solution[I 21]. La mosaïque de Saint-Romain-en-Gal du musée des Antiquités nationales comporte une scène d'offrande à une divinité placée sur une colonne, Jupiter selon Gilbert Charles-Picard[I 22].
Scènes représentées
Généralités

Le monument conserve des scènes figurées (enlèvement, Vénus à la toilette, nymphe dansante, sacrifice…) et un motif de tresses et des motifs en spirales[K 1]. Les motifs, bien que très endommagés, sont d'« une très grande qualité »[A 2].
Le décor qui couvre partiellement le monument est en assez mauvais état[F 3],[F 5]. Tous les tambours conservés ne disposent pas d'un décor sculpté[F 3]. Le tambour représentant les deux scènes avec personnages était situé dans la partie inférieure de la colonne[I 2]. Un tambour est également perdu au-dessus de l'autel[I 24].
La colonne est pourvue d'un décor avec des scènes civiles et des scènes religieuses et mythologiques, le monde des divinités et celui des hommes[I 13]. Jupiter, « Régent du Monde », est placé au sommet[I 11]. Il y a dans l’œuvre « une dynamique ascensionnelle du décor » et cette dynamique plaide en faveur d'éléments provenant du même monument[I 25]. La composition est tout à la fois verticale pour les divinités et horizontale pour les scènes civiles et religieuses[I 26]. La superposition de scènes religieuses et profanes pose problème[A 3].
Scènes mythologiques
Claude Lemaître considère que des représentations de divinités occupaient neuf panneaux verticaux dont trois sont identifiées[I 24]. Un tambour présente une scène d'enlèvement (un homme avec une femme dénudée) et une scène de Vénus ; le même tambour comporte d'autres scènes non identifiées[K 2]. Ce tambour porte selon Patrice Lajoye deux scènes : une Vénus au bain avec un Amour, « scène très fréquente […] sur les poteries gallo-romaines » et une scène d'enlèvement de Daphné par Apollon[H 1]. Un autre tambour présente une femme dénudée mais le relief est perdu « au-dessous des seins »[K 2].
La figure féminine présente en haut de la colonne, juste en-dessous du chapiteau, est Hébé[H 1], « la plus jeune fille de Jupiter, la dernière épouse d'Hercule », qui présentait le nectar et l'ambroisie aux dieux. Elle représente par ailleurs la « jeunesse éternelle »[I 27]. Seule la partie supérieure du corps est conservée, et le personnage tient un voile au-dessus de sa tête[I 28]. Hébé a une longue chevelure et deux boucles entourent son visage[I 29]. Le visage présente un aspect usé[I 14]. Hébé figure sur le décor de la face sud de la porte noire de Besançon[I 27]. La déesse est chargée de transmettre le sacrifice d'Hermadion à Jupiter[I 29].

Un jeune homme avec un manteau tient une jeune femme nue qui porte un chignon. À l'arrière du personnage masculin, sept traits figurent les rayons solaires et identifient Apollon enlevant Daphné[I 15]. Apollon fait face à Vénus[I 29]. L'enlèvement de Daphné est peu représenté dans la sculpture. Le dieu solaire est muni d'un baudrier[I 31]. Il enlève la « personnification de l'aurore »[I 32].
D'autres scènes représentent Vénus[C 1]. Une scène figure la toilette de Vénus dont la partie inférieure du corps est couverte d'une draperie. Devant la déesse se trouve un petit autel sur lequel est posé un vase « à panse renflée à deux anses »[A 1]. Un Amour est agenouillé vers la déesse[I 33] et tend les mains vers elle. Deux personnages drapés sont présents mais malheureusement incomplets[I 14]. Le thème de Vénus à sa toilette est répandu chez les Lexoviens[I 34].
Vénus et Apollon sont « les divinités dynastiques d'Auguste et de César » : Vénus est la mère d’Énée et Apollon lui avait selon Auguste donné la victoire à Nauloque ou Actium[I 31]. Les divinités représentent des symboles de vitalité, de renouveau[I 17].
Scènes de rites religieux et scènes civiles

Une scène religieuse est présente ainsi qu'une autre scène civile[C 1],[G 1], deux scènes qui sont cependant incomplètes[E 2]. Un bandeau les sépare[I 2]. La scène civile est située sur la partie inférieure et la scène religieuse sur la partie supérieure de la colonne[E 2]. Il y a un souci d'équilibre dans la représentation de la scène civile et la scène religieuse, avec un axe vertical et diagonal, avec « un souci d'équilibre […] renforçant leur complémentarité », équilibre renforcé par des inscriptions[I 35].
Une inscription incomplètement conservée[H 1] entre les deux scènes[E 2] figure le nom « HERMADION »[C 1] plus précisément « IAPROC HERMADION »[I 2]. L'inscription a été abîmée par le maintien de la colonne à l'extérieur, square André-Malraux[I 36]. Les lettres mesurent de 25 mm à 35 mm[I 37]. L'inscription est gravée horizontalement[K 1]. Une inscription figure sur le registre inférieur, « SC L PDSD »[I 38], entre des têtes[K 2]. Les lettres de cette partie de l'inscription mesurent 45 mm[I 39]. Les abréviations indiquent que l'édifice a été érigé aux frais du sénat local[I 40]. Les inscriptions sont liées à des scènes figurées[E 2]. Elles sont fragmentaires donc cela complique l'interprétation[K 2].
Une scène de sacrifice est présente[H 1] mais incomplètement conservée en partie haute[I 38] avec des personnages qui sont mutilés[A 1]. La scène est une scène d'« offrande classique dans la religion romaine »[A 1]. Quatre personnages sont présents[I 9]. Un personnage situé au milieu des personnages figurés « complémentaires ou tributaires »[E 2] offre un sacrifice, une libation, « sacrifice non sanglant »[I 41] de sa main droite[A 1], sur un autel quadrangulaire[I 38] et reçoit un hommage[C 1]. Derrière l'autel se trouvent des marches qui laissent entendre que la scène se déroule en plein air, devant un temple ; c'est donc une cérémonie officielle[I 35]. Hermadion offre du vin et de l'encens pour Jupiter et l'empereur, les deux entités garantissant la paix romaine[I 42].
Le mobilier présent est limité[I 35]. Le personnage central est « jeune et imberbe » et porte une tunique ou une toge[A 1] ; il devait porter un voile comme dans les représentations traditionnelles des sacrifices mais cette partie du relief a disparu ; il tient dans ses bras un coffret ou une cassette[I 38],[A 1].
Un des personnages est identifié à Hermadion[I 24]. Il « domine » cinq autres personnages dont un porte un vêtement gaulois, le cuculus[I 38]. Selon Elisabeth Deniaux quatre personnages sont présents dont deux avec des habits gaulois[A 1]. Un autel est situé à proximité du personnage en toge ; sur les cinq personnages un est sans doute un servant portant une patère[K 2] tenue de sa main gauche, « très abîmée sur le relief »[I 38]. Le personnage tient dans la main droite une aiguière[I 38]. Deux personnages en tunique courte, peut-être des assistants chargés de porter des offrandes ou de jouer de la musique[I 35], descendent d'un escalier « symbolisant peut-être […] un temple non figuré »[I 15]. Cinq têtes sont présentes mais sans les corps[A 1]. La partie inférieure des personnages était située sur un tambour non conservé[I 38]. Six personnages masculins sont présents[I 38] dans une scène civile[I 9].
La partie inférieure présente des personnages mais la scène n'est pas facile à interpréter. Le personnage situé au milieu semble avoir l'ascendant, et un personnage situé à droite semble vouloir relier les personnages sculptés et les passants selon Claude Lemaître, le même concédant que la représentation peut n'avoir qu'une finalité artistique[I 43]. Des portraits présentent peut-être « la cérémonie d'érection de la colonne »[H 1].



