Combats de Cuterelles et de Luisetaines

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Date
Issue Victoire des Alliés

Les combats de Cuterelles et Luisetaines se déroulent le , pendant la campagne de France. Le corps austro-bavarois de Karl Philipp von Wrede y attaque le 7e corps du maréchal Oudinot, qui après avoir résisté toute la journée se replie sur Nangis.

Mise en défense, sous Pajol, du pont de Bray-sur-Seine

Le pont de Bray-sur-Seine, situé avant à côté de l'ancienne auberge de Mouy dans la rue du Général-Leclerc, possédait 22 arches et fut endommagé au fil des guerres.

Fin janvier, conformément aux ordres reçus de Napoléon, le général de division Pajol, accompagné du chef de bataillon du génie Duriveau, directeur des études à l’École polytechnique (et qui sera promu lieutenant-colonel quelques jours plus tard), se rendent à Bray-sur-Seine afin d’arrêter les mesures de défense propres à mettre, si possible, le pont à l’abri d’un coup de main, en le palissadant et en profitant de la configuration du sol ainsi que de la disposition des maisons avoisinantes. Après études, il fut arrêté qu’une arche du pont serait détruite et remplacée par des planches posées sur des poutrelles permettant ainsi d’assurer encore les communications avec Pont-sur-Yonne et Sens, de miner le pont, ainsi que de retrancher 150 hommes sur la partie du pont attenante à la rive droite et dans les maisons contiguës, afin d’empêcher de rétablir le passage.

L'ingénieur Gretry des ponts et chaussées de Melun fut chargé d’exécuter les travaux de fortification passagère suivant les instructions écrites et précises laissées par le chef de bataillon du génie Duriveau. Pour le guider, cet ingénieur guère familier à travailler sur ces ouvrages militaires disposait d'une instruction imprimée avec planches émanant du ministère de la Guerre, dans laquelle étaient décrits les principaux ouvrages de fortification passagère.

Le , à Bray, les Français étaient en mesure de faire sauter le grand pont de pierre. Deux compagnies de la Garde nationale de Seine-et-Marne, d'une instruction militaire insuffisante et dont les officiers avaient peine à se faire obéir, gardaient, l'une la ville, l'autre le pont.

Le maréchal Oudinot reçoit le commandement de la défense de la Seine

Le maréchal Oudinot.

Napoléon, sur le point de quitter la Seine avec l’espoir de tomber sur les arrières de l’armée de Silésie, confiait au maréchal Oudinot le 7e corps d’armée et la défense de la Seine et Montereau[1],[2]. Le , il lui précisait que si contre toute attente le prince de Schwarzenberg, au lieu de se porter sur Nogent, se dirigeait vers Sens afin de pénétrer dans Paris en passant l'Yonne, le canal du Loing et la forêt de Fontainebleau, il pourrait prendre la position de Montereau, au confluent des deux rivières, sur lesquelles il s'appuierait.

Du côté de Montereau, de Pont-sur-Yonne et de Sens, le général Pajol, afin de rester en communication avec les maréchaux Victor et Oudinot et avec le général Allix à Sens, dirigeait ses avant-postes de cavalerie, commandés par le général Delort, sur Fleurigny et Trainel tandis qu'il établissait son quartier-général à Pont-sur-Yonne. Toutes ces dispositions étaient approuvées par l'Empereur, ainsi qu'il résulte de la lettre que le général Gressot, chef d'état-major du maréchal Oudinot, adressait le  : « Sa Majesté ayant approuvé toutes les mesures que vous avez prises pour la défense de l'Yonne, le Loing et les ponts de la Seine, elle vous recommande de conserver, autant qu'il sera en vous, les postes importants qui vous sont confiés. »

Mouvement de l’armée de Bohême de Schwarzenberg

Le , à l'approche des Alliés, les vedettes du général Delort évacuèrent au matin leur poste d'observation sur la route de Villeneuve-l’Archevêque. À 10 heures du matin, le général de brigade Blancard[3], commandant la cavalerie stationnée à Sainte-Colombe, près de Provins, était chargé par le général Gressot d'envoyer le jour-même à Bray un officier de cavalerie légère, ferme, zélé et intelligent, prendre le commandement des deux compagnies de la Garde nationale qu'il ferait replier et retrancher sur la rive droite de la Seine pour la défense du passage. Cet officier devait établir trois rapports par jour, le matin, à midi et le soir, sur tout ce qui pourrait survenir de nouveau, et les adresser sans retard par la correspondance de cavalerie organisée de Sainte-Colombe à Bray. Une arche du pont ayant sauté, des planches posées sur des poutrelles servaient aux cavaliers pour assurer les communications avec Pont-sur-Yonne et Sens. L'officier avait en outre reçu pour mission de faire enlever ces planches, et même de détruire totalement le pont, au cas où l'ennemi se présenterait, et d'en défendre le passage jusqu'à la dernière extrémité. Enfin, Blancard était chargé d'effectuer de fréquentes reconnaissances sur Bray, de soutenir au besoin le poste d'observation établi au pont, et d'en installer un nouveau, intermédiaire entre lui et Bray, soit à Chalmaison, soit à Éverly.

Dans l'après-midi du , 4 000 Wurtembergeois attaquaient Sens, dont la garnison s'élevait à peine à 1 500 combattants. La ville fut bombardée pendant trois heures ; Allix organisa la défense devant des forces supérieures. Pressé, le général Gressot envoya d'urgence à Bray le major Stoffel pour bien s'assurer que ces ordres avaient été exécutés : « si ces mesures n'étaient point exécutées, monsieur le major Stoffel ferait retirer en sa présence toutes les planches jetées sur les poutrelles, de manière que rien ne puisse passer. Il ferait également retirer sur la rive droite de la Seine toutes les troupes qui sont à Bray et s’assurera que les dispositions sont faites pour retirer ou brûler promptement les poutrelles placées sur l'arche détruite du pont. Monsieur Stoffel donnera en outre tous les ordres qu’il jugera nécessaires pour bien défendre ce point important. ». Autorisé à prendre les mesures de défense utiles, le major devait expédier en toute hâte au maréchal Oudinot une ordonnance qui rendrait compte des dispositions prises et demanderait, si Stoffel le jugeait nécessaire, l’envoi de troupes de ligne. Ce n'était seulement que lorsque toute l'organisation convenable de sécurité aurait été prise, avec l'officier désigné par le général Blancard, que le major Stoffel rentrerait à Provins en rendre compte de sa personne au maréchal.

Le , la ville de Sens était prise et l’Yonne forcée. Allix évacuait Sens à 19 heures, sans avoir pu détruire le pont. Il arrivait à Pont-sur-Yonne à 23 heures et y fit sa jonction avec le général Montbrun. L'armée de Bohême du prince Schwarzenberg s'avançait « processionnellement » dans la direction de Montereau. Lentement, le général Bianchi, qui commandait le 1er corps autrichien, suivait les Wurtembergeois par Arces et Cerisiers. Une avant garde commandée par le général de Walsleben se présentait devant Pont-sur-Yonne. Avec la cavalerie qu'il poussa jusqu'à Villemanoche, Pajol obtenait des renseignements positifs sur la marche de l’ennemi dont les forces considérables débouchaient lentement par Sens, vers Bray-sur-Seine.

Les succès remportés par l'armée française à Champaubert et Montmirail compromettaient la marche de l'armée de Bohême sur Paris. Suivant les prévisions de Napoléon, Victor pouvait à la rigueur faire sauter le pont de Nogent, laisser sur la rive droite les troupes nécessaires pour empêcher l'ennemi de le rétablir et se porter avec Oudinot à Montereau, où lui-même viendrait les rejoindre si Schwarzenberg opérait en force sur Fontainebleau. Oudinot, toujours à Provins avec la division Rottembourg, avait dû ce jour-même diriger sur la Ferté-Gaucher la 7e division du général Leval venue d'Espagne. Quant à la 9e division du général Pierre Boyer, sa 1re brigade, commandée par le général Gauthier, arrivant d’Étampes, était signalée à Melun. Elle ne devait arriver que le 12 au soir à Nangis sans son artillerie, encore à Orléans. Quant à la 2e brigade commandée par le général Chassé, elle était encore bien en arrière.

Prise du pont de Bray par les Bavarois du feld-maréchal de Wrede

Peter Freiherr von Lamotte.

Le samedi , à 14 heures, par un temps d'été, une partie de la population de Donnemarie et des environs était accourue au sommet de la côte du Ralloy ; de là, elle apercevait des troupes en marche vers Bray[4] : c'était la division bavaroise du général de Lamotte qui, sous les ordres du feld-maréchal de Wrede, avait bivouaqué la veille à Trainel. Les Bavarois, sous la conduite du major de Horn[5], après avoir traversé le fleuve en barque, prirent pied sur la rive droite et occupèrent Mouy-sur-Seine sans peine. Les compagnies des gardes nationaux, ayant pris position sur la rive droite de la Seine à hauteur du pont fortement barricadé ainsi que dans les premières maisons, n'opposèrent qu'une résistance médiocre. Une demi-heure après, effrayées par le bruit du canon qu'ils entendaient pour la première fois et à la vue de l'ennemi s'emparant de la petite ville et franchissant le fleuve, ils détalèrent par la route de Donnemarie où ils arrivèrent à 16 heures, pêle-mêle et sans armes[6].

Dans leurs préparatifs, les Français avaient négligé d'éloigner ou de couler plusieurs gros bateaux de mariniers imprudemment amarrés sur la rive droite de la Seine. Les Bavarois s'en emparèrent pour passer de l'infanterie et de la cavalerie sur l'autre rive, si bien que vers 17 heures, 3 bataillons de la 2e brigade de la division Lamotte étaient passés[7] afin de protéger les travaux de rétablissement du pont qui durèrent toute la nuit.

Vers 15 heures, instruit du mouvement de l'ennemi, Oudinot prévint le maréchal Victor que le passage de Bray avait été forcé et qu'il s’apprêtait à faire évacuer Provins pour se rendre à Donnemarie. Il l’invita à venir l’appuyer sur ce point car il pensait couvrir la route de Bray à Nangis et le lendemain culbuter facilement toutes les troupes ennemies qui auraient passé la Seine[8]. Le général autrichien Frimont, informé du résultat de l’affaire de Bray, avait quitté aussitôt Trainel pour venir s’établir avec ses troupes entre Bray et Villuis[9].

Victor envoya la cavalerie du 5e corps sur La Chapelle-Saint-Nicolas, entre Nogent et Chalautre, et donna l’ordre de faire sauter le pont de Nogent. À 18 heures, la mine éclata et les débris emportaient une cinquantaine de grenadiers russes lancés imprudemment à la poursuite des Français. Les troupes à Nogent ne se mirent en mouvement sur Provins que le 13 à 3 heures du matin.

Ordres de bataille

Combats de Cuterelles et de Luisetaines

Notes et références

Voir aussi

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