Confrérie du Puy Notre-Dame d'Amiens
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| Confrérie du Puy Notre-Dame d'Amiens | ||
Maître d'Amiens, Pré ministrant pasture salutaire, 1519, Amiens, Musée de Picardie. | ||
| Repères historiques | ||
|---|---|---|
| Fondation | 1388 | |
| Lieu de fondation | Amiens | |
| Disparition | 1789 | |
| Fiche d'identité | ||
| Église | catholique | |
| Courant religieux | Confrérie de laïcs | |
| Vocation | Dévotion à la Vierge Marie | |
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La Confrérie du Puy Notre-Dame d'Amiens était une confrérie de laïcs, fondée à Amiens en 1388, en l'honneur de la Vierge Marie. Elle disparut à la Révolution française.
Cette confrérie joua un grand rôle dans l'établissement de liens sociaux à la fin du Moyen Âge. Elle réunit une population autour de manifestations religieuses particulières. Elle anima des joutes littéraires prétextes à des commandes picturales. Malgré l'existence de concours lyriques réguliers et de commandes annuelles de peintures s'étalant du XIVe au XVIIIe siècle, la majorité des œuvres réalisées a disparu.

La confrérie du Puy Notre-Dame réunissait des notables de la ville d'Amiens, laïcs ou ecclésiastiques. Certains exerçaient une fonction judiciaire ou administrative dans la ville ; maïeurs et échevins étaient très souvent membres de la confrérie. Le de chaque année, était élu le maître de la confrérie qui dirigeait la confrérie pendant une année.
Les femmes y jouaient également un rôle : lorsqu'elles étaient veuves d'un « maître », elles étaient admises aux repas de la confrérie. Un « droit d'obit » leur fut accordé lorsqu'elles faisaient un don à la confrérie. Elles devaient en outre assister aux offices religieux à la mémoire des confrères décédés.
Les membres de la confrérie avaient pour mission de promouvoir la dévotion à la Vierge et les offices la concernant étaient nombreux. Les cinq fêtes principales consacrées à la Vierge : la Purification (la chandeleur, ), l'Annonciation (), l'Assomption (), la Nativité de la Vierge (), la Conception (), étaient l'occasion d'une messe solennelle, de vêpres et le lendemain d'une messe de Requiem, en plus de la messe hebdomadaire du jeudi et d'autres cérémonies[1].
Une confrérie artistique et littéraire

La Vierge était également honorée par la création artistique et littéraire.
Chaque année, se déroulait un concours de poésie qui tomba en désuétude à la Renaissance. Les rhétoriciens qui avaient le monopole de l'enseignement de la rhétorique et des règles de la poésie furent parmi les plus actifs membres de la confrérie et lui donnèrent son nom « puy » c'est-à-dire podium, l'estrade sur laquelle le poète montait pour déclamer ses vers et pour recevoir la couronne qui tenait lieu de récompense. Le « Chant royal » était à l'époque la forme de poème la plus prisée.
Le poème célébrait en la Vierge l'instrument du salut de l'humanité par l'intermédiaire de l'Incarnation[2].
Un concours annuel de tableau était également organisé mais un conflit opposa le chapitre cathédral et la confrérie, ce qui entraîna la disparition d'un grand nombre de tableaux qui décoraient la cathédrale Notre-Dame d'Amiens[Note 1]. Seuls nous restent de cette période une quinzaine de tableaux ou de parties de tableaux conservés au Musée de Picardie.
En 1451, une réforme codifia le fonctionnement de la confrérie. Ce sont les rhétoriciens qui furent à l'origine de l'Escritel, le texte de la rénovation[3].
En 1694, la confrérie renonça à ses activités intellectuelles. Au XVIIIe siècle, les activités littéraires et picturales de la confrérie ayant disparu, seules persistaient les activités de dévotion.
En 1723, le chapitre cathédral décida de procéder au décrochage des tableaux du Puy Notre-Dame qui n'étaient plus au goût du jour. Un manuscrit enluminé de 1518[4], offert à Louise de Savoie par les bourgeois d'Amiens, permet toutefois de connaître l'apparence de nombreux Puys perdus, antérieurs à cette date[5].
Organisation du concours

Le maître de la confrérie choisissait chaque année un vers de dix syllabes qui devait servir de refrain aux rhétoriciens qui participeraient au concours en l'honneur de la Vierge. Ce décasyllabe faisait souvent allusion à l'état social ou au nom du maître : ainsi le mercier Jean du Bos compose-t-il la devise « Digne vesture au prestre souverain », tandis que Robert de Fontaines choisit « Au gendre humain consolable fontaine »[6].
Après l'élection d'un nouveau maître, les chants royaux étaient examinés et on choisissait le lauréat qui serait couronné le lendemain à l'issue de la messe des trépassés.
Si de tels concours existaient aussi dans d'autres villes, une particularité à Amiens, ainsi qu'à Abbeville[7], était que le maître du Puy devait faire peindre un tableau par des artistes locaux, selon toute vraisemblance, sur lequel devait être représenté « le mystère approprié pour la fête du Puy » conformément au sens du refrain choisi. La Vierge tenait sur le tableau la place principale ; le texte du refrain et le blason du donateur devaient également figurer sur le tableau. Cette œuvre était accrochée sur un des piliers de la cathédrale le jour de Noël et devait y rester durant une année avant de céder la place à un nouveau tableau. En 1493, on décida que les tableaux resteraient accrochés dans la cathédrale après l'année de leur production[3].
Evolution et disparition de la confrérie
Au cours du XVIIe siècle, les règles de la confrérie s'assouplirent. Les maîtres offrirent non plus des tableaux mais des sculptures qui sont presque toutes conservées dans la cathédrale. C'est le sculpteur Nicolas Blasset qui est l’auteur de l’essentiel des Puys de pierre, il fut élu maître de la confrérie en 1625. Il avait lui-même peint le Puy qu’il offrit à l'occasion de son élection, ce tableau a aujourd'hui disparu.
L’Escritel conserve la trace de la rupture que constitue cette date dans la tradition artistique de la confrérie. Par la suite, la réalisation de tableaux ou de sculptures fut remplacée par le don d'ornements liturgiques ou d'une somme d’argent[Note 2].
Parallèlement, on note plusieurs interruptions dans l’élection du maître, d’abord ponctuellement de 1643 à 1647, puis de 1710 à 1715 et enfin définitivement en 1729. La confrérie exista en théorie jusqu’à Révolution française mais n’avait plus d’activité au XVIIIe siècle.

