Corinne Luchaire
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Rosita Christiane Yvette Luchaire |
| Surnom |
Zizi |
| Pseudonyme |
Corinne Luchaire |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Période d'activité |
- |
| Père | |
| Mère |
Françoise Besnard (d) |
| Fratrie |
Robert Luchaire (d) Florence Luchaire |
| Enfant |
Brigitte Luchaire (d) |
| Parentèle |
Julien Luchaire (grand-père paternel) Fernande Dauriac (d) (grand-mère paternelle) |
| Condamnation | |
|---|---|
| Lieu de détention |
Corinne Luchaire, de son vrai nom Rosita Luchaire, née le dans le 16e arrondissement de Paris, où elle est morte le , est une actrice française, principalement connue en tant que fille du journaliste collaborationniste Jean Luchaire (1901-1946). Elle n'a en effet tourné que dans une dizaine de films sortis entre 1935 et 1940, notamment sous la direction de Léonide Moguy, sa carrière s'interrompant prématurément du fait d'une tuberculose contractée vers 1940.
Sous l'Occupation, elle fréquente à la suite de son père les milieux collaborationnistes. Elle a alors plusieurs liaisons et épouse un trafiquant du marché noir puis le quitte au bout d'un mois. En 1944, elle a une fille d'un officier autrichien de la Luftwaffe. Elle tente de se suicider à deux reprises. Devenue la secrétaire de son père, elle doit fuir l'avance des Alliés et se réfugie avec sa famille à Sigmaringen en 1944. Arrêtée en Italie en , elle est incarcérée à Fresnes jusqu'en octobre et condamnée à dix ans d'indignité nationale en 1946, tandis que son père est fusillé.
Elle meurt de la tuberculose en 1950, après avoir écrit un récit de sa vie, publié en 1949.
Origines familiales et formation
Née le dans le 16e arrondissement de Paris sous le nom d'état civil de « Rosita Christiane Yvette Luchaire »[1],[2], elle est la fille de Jean Luchaire[1],[3] (1901-1946), journaliste et patron de presse, et de Françoise Germaine Besnard[1],[3] (1903-1998)[4].
Elle est la petite-fille de Julien Luchaire (1876-1962), normalien, universitaire spécialiste de l'Italie, inspecteur général de l'Instruction publique et écrivain.
Elle est la sœur de l'actrice Florence Luchaire[2] (1926-1982) et du décorateur Robert Luchaire[2],[5].
Corinne Luchaire quitte l'école dès la classe de troisième pour suivre les cours d'art dramatique de Raymond Rouleau.
Carrière avant la guerre et maladie
Son grand-père écrit pour elle la pièce de théâtre Altitude 3 200, créée en 1937, avec Bernard Blier. Cela lui vaut d'être engagée pour le rôle principal du film Prison sans barreaux, de Léonide Moguy, qui la révèle au grand public en 1938. À dix-sept ans, elle devient l'une des vedettes les plus prometteuses du cinéma français. En deux ans, elle tourne six films, notamment Le Dernier Tournant. En revanche, elle n'est pas présente dans le film Altitude 3 200 en 1938.
Sa carrière au cinéma est rapidement interrompue par ses problèmes de santé : souffrant de la tuberculose, elle doit chaque année séjourner plusieurs mois en sanatorium à partir de 1941, d'abord au plateau d'Assy, puis à Megève[6].
Période de l'Occupation (1940-1944)
Sous l'Occupation, elle profite de la position et des relations de son père, rallié à la collaboration prônée par son ami Otto Abetz, ambassadeur d'Allemagne à Paris, pour mener une vie mondaine et insouciante durant ses séjours dans la capitale .
Le , elle épouse à Passy en Haute-Savoie Guy de Voisins-Lavernière[1],[a], trafiquant du marché noir, voire escroc, qu'elle quitte un mois plus tard.
Avec son père et la maîtresse de celui-ci, l'actrice Yvette Lebon, elle participe régulièrement à des soirées[7] organisées par la Carlingue[8], la Gestapo française de la rue Lauriston.
Elle aurait fait une tentative de suicide au terme d'une prétendue[réf. nécessaire] liaison avec le champion de ski Émile Allais.
Elle a ensuite une relation avec un officier autrichien, le capitaine de la Luftwaffe Wolrad Gerlach[9] du Schnellkampfgeschwader 10, dont elle a une fille, Brigitte (Boulogne-Billancourt, — Nîmes, )[10], déclarée sous le nom de Luchaire[6] et devenue aveugle[11],[12].
Après une nouvelle tentative de suicide, elle devient secrétaire de son père.[réf. nécessaire]
Fuite en Allemagne, arrestation et condamnation (1944-1946)

Quelques jours avant la libération de Paris (), elle suit sa famille à Sigmaringen où se réfugient les principaux collaborationnistes, dont Marcel Déat et Fernand de Brinon, autour du maréchal Pétain. En 1945, les Luchaire partent en Italie où ils sont arrêtés à Mérano.
Transférée avec son père à la prison de Fresnes, elle est libérée quelques jours après l'exécution de Pierre Laval (), tout comme sa sœur. En 1946, elle est condamnée à dix ans d'indignité nationale.
Jean Luchaire comparaît devant la Haute Cour de justice pour faits de collaboration et intelligence avec l'ennemi (article 75 du code pénal[13]) en et condamné à mort. Il est fusillé le au fort de Châtillon.
Dernières années, mort et funérailles (1946-1950)
Vers 1948, Corinne Luchaire fréquente le peintre Anatole Soungouroff[14].
En 1949, elle publie son autobiographie, Ma drôle de vie, qui constitue un témoignage intéressant sur sa situation de fille d'une personnalité influente de la collaboration.
Corinne Luchaire meurt le de la tuberculose[2] au n° 12 de la rue Boileau dans le 16e arrondissement de Paris[15],[3].
Corinne Luchaire dans la culture
Corinne Luchaire est mentionnée par l'écrivain Patrick Modiano[16], notamment dans Livret de famille, où il écrit : « Comment était Nice en 1945 ? Des fenêtres du Ruhl réquisitionné par l’armée américaine, filtrait une musique de jazz. Ma pauvre sœur Corinne, que la sécurité militaire française avait arrêtée en Italie, était enfermée tout près d’ici, Villa Sainte-Anne, avant qu’on ne la conduisît à la prison puis à l’hôpital Pasteur... ».
Elle est un personnage de premier plan, au côté de son père, dans le film Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli (2026), dans lequel elle est incarnée par Nastya Goloubeva‑Carax.
Filmographie
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».
- 1935 : Les Beaux Jours de Marc Allégret
- 1936 : Sous les yeux d'Occident de Marc Allégret : une laborantine (non créditée au générique)
- 1937 : Le Chanteur de minuit de Léo Joannon
- 1938 : Conflit de Léonide Moguy : Claire
- 1938 : Prison sans barreaux de Léonide Moguy : Nelly
- 1938 : Prison Without Bars (en) de Brian Desmond Hurst, (version anglaise du film précédent) : Suzanne
- 1938 : Je chante de Christian Stengel : une élève (non créditée)
- 1939 : Le Dernier Tournant de Pierre Chenal : Cora
- 1939 : Le Déserteur (ou : Je t'attendrai) de Léonide Moguy : Marie
- 1939 : Cavalcade d'amour de Raymond Bernard : Junie
- 1940 : L'Intruse (Abbandono), de Mario Mattoli : Anna
Théâtre
- 1937 : Altitude 3 200[b] de Julien Luchaire, mise en scène Raymond Rouleau, théâtre de l'Étoile ; reprise en 1939 au théâtre Tristan-Bernard