Cornas (AOC)
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| Cornas | |
Le village de Cornas vu à travers ses vignes. | |
| Désignation(s) | Cornas |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1938 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de la vallée du Rhône |
| Sous-région(s) | vallée du Rhône septentrionale |
| Localisation | Ardèche |
| Climat | méditerranéen dégradé avec influence continentale |
| Superficie plantée | 163 hectares (en 2024)[1] |
| Nombre de domaines viticoles | 80 déclarants |
| Cépages dominants | syrah N |
| Vins produits | rouges |
| Production | 4 995 hl (en 2024)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 pieds/ha[2] |
| Rendement moyen à l'hectare | 30 hl/ha (en 2024)[1] |
| Site web | www.aoc-cornas.fr |
| modifier |
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Un cornas[3] [kɔʁnas] est un vin rouge d'appellation d'origine contrôlée produit sur la commune de Cornas, sur la rive droite du Rhône, en face de la ville de Valence. Il s'agit d'une appellation du vignoble de la vallée du Rhône, au sein des côtes du Rhône septentrionales, dans le département de l'Ardèche, entre les aires de production du saint-joseph au nord et du saint-péray au sud[4]. Le cornas est la plus méridionale des AOC des côtes du Rhône septentrionales produisant du vin rouge. Le cépage unique utilisé est la syrah N.
Les autres AOC des côtes du Rhône septentrionales sont le côte-rôtie, le condrieu, le château-grillet, le saint-joseph, l'hermitage, le crozes-hermitage et le saint-péray, ainsi que le côtes-du-rhône (ce dernier étant également représenté dans les côtes du Rhône méridionales).
Étymologie
La rive droite du Rhône constitue la partie occidentale du territoire des Allobroges. D’après les auteurs de l'Antiquité (Pline et Plutarque), la viticulture dans cette région est présente dès l'époque romaine. Les plus anciennes traces écrites de cette culture sur le lieu exact de Cornas remontent au moins au Xe siècle (An 1000 : mention du don d’une vigne à un chanoine, dans le cartulaire de l’abbaye de Saint-Chaffre du Monastier). La légende locale rapporte que Charlemagne fit livrer régulièrement ce vin à la cour d'Aix-la-Chapelle[5].
Les premiers documents attestant une commercialisation de vin remontent à 1643[6]. En 1763, le curé du village écrit que les collines sont remplies de vignes et que le vin produit est bien noir.
En 1816, André Jullien le range parmi les vins fins de première classe, juste avant le saint-joseph : « Cornas, canton de Saint-Peray, à deux lieues et demie de Tournon. Ce vignoble produit des vins riches en couleur, ayant beaucoup de corps, sans être très-durs ; leur goût de terroir [jugé alors comme un défaut] se fait peu sentir et se fond en grande partie dans celui du fruit. Ceux des années dont la température a été favorable à la vigne, prennent un goût de ratafiat fort agréable ; ils n'ont pas la finesse et le parfum des vins de première qualité de l'Hermitage, mais ils approchent de ceux de la seconde classe, et sont très-solides. On les garde souvent dix-huit à vingt ans, et alors ils deviennent exquis. Le nord tire beaucoup de ces vins, qui gagnent de la qualité lorsqu'on les transporte dans des pays froids »[7]. En 1866, le Larousse note que la commune de Cornas « comprend 100 hectares de vignes produisant un vin rouge fort estimé ».
Le , le décret de l'AOC cornas est publié au Journal officiel[8]. Depuis 1956, un marché aux vins se tient au cœur du village le premier week-end de décembre. Le cahier des charges de l’appellation a été modifié en [2].
La forme la plus ancienne suggérée par les toponymistes est Cornate. Elle trouverait son origine dans le latin cornu (corne) ou dans un thème pré-latin *corn, dérivé de cor (escarpement, hauteur). Le suffixe -ate est d'origine celte[9].
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte de la commune concernée | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophoto du parcellaire de l'appellation | |
Située dans la partie française de la vallée du Rhône, sur sa rive droite à 7 km de Valence et à 12 en aval de Tournon, l'aire d'appellation, bordant celle du saint-péray, ne concerne que la commune de Cornas[2].
Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2024 sous l'appellation est de 163 hectares[1].
Quelques lieux-dits émaillent ce terroir : Chaillot, Reynard, le Coulet, la Côte, Geynale, Patou, les Sept Vaux, le Calvaire, les Mazards.
Orographie et géologie
Le vignoble s'étend en amphithéâtre sur les coteaux où la culture se fait sur des terrasses exposées au sud ou au sud-est. L'altitude de plantation varie de 130 à 415 m.
Le terroir couvre trois types de terrains bien différenciés :
- sur le haut de la commune se trouve un sol acide d’arène mêlé de cailloutis et de granite ;
- la partie centrale est composée de hautes terrasses fluviales à galets et de granite ;
- les coteaux du bas sont formés par des éboulis calcaires.
Climatologie
À partir de cette latitude, l'influence du climat méditerranéen se fait directement sentir. L'ensoleillement annuel est élevé (environ 2 400 heures à Valence, (estimation de Météo-France). Les étés y sont chauds et secs. La température moyenne du mois de juillet est de 20 °C (Montélimar 23 °C). Les hivers froids sans excès s'inscrivent plutôt dans un climat de type semi-continental dégradé. La température moyenne du mois le plus froid (janvier) est ainsi de 3,5 °C. La pluviométrie annuelle est modérée : environ 430 mm. Les pluies sont particulièrement importantes à la fin de l'été (particulièrement en septembre à cause de l'effet cévenol ou orage cévenol qui déverse des trombes d'eau).
Une des caractéristiques de la vallée du Rhône en aval de Lyon est le vent fréquent qui souffle le long du couloir rhodanien. Ce vent, lorsqu'il vient du nord, est baptisé mistral et a pour effet d'assécher l'air et d'apporter du beau temps et de la fraîcheur en été, mais une impression de froid glacial en hiver. Lorsqu'il provient du sud, il annonce généralement l'arrivée de perturbations orageuses. Il s'appelle alors « le vent du Midi » ou « le vent des fous » car, pour certaines personnes, il rend l'atmosphère pénible à supporter, surtout en été.
La station climatique de Saint-Marcel-lès-Valence (sur le site de l'INRA, à 190 mètres d'altitude : 44° 58′ 48″ N, 4° 55′ 48″ E)[10] est la plus proche, à sept kilomètres à l'est de l'aire d'appellation.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température maximale moyenne (°C) | 6,9 | 8,9 | 13,3 | 16,6 | 21,2 | 25,1 | 28,4 | 27,8 | 23,1 | 17,8 | 11,2 | 7,4 | 17,4 |
| Température moyenne (°C) | 3,9 | 5,2 | 8,7 | 11,6 | 15,9 | 19,4 | 22,2 | 21,6 | 17,7 | 13,5 | 7,9 | 4,6 | 12,7 |
| Température minimale moyenne (°C) | 0,8 | 1,5 | 4 | 6,5 | 10,5 | 13,7 | 15,9 | 15,4 | 12,3 | 9,3 | 4,6 | 1,9 | 8,1 |
| Nombre de jours avec gel | 13 | 10,3 | 4,4 | 0,3 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,4 | 4,2 | 10,3 | 42,9 |
| Précipitations (mm) | 52 | 42,4 | 51,6 | 83,3 | 88,7 | 58,5 | 51,1 | 65,3 | 110,4 | 115,4 | 90,4 | 58,7 | 867,8 |
| Ensoleillement (h) | 86,7 | 109 | 171,8 | 169,3 | 238,8 | 230,7 | 290,4 | 261,6 | 174,5 | 111 | 74,5 | 67,5 | 1 985,8 |
Encépagement
Un seul cépage, la syrah N, sert à élaborer ce vin.
| Cépage | Encépagement des crus des côtes du Rhône septentrionaux | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| condrieu[12] et château-grillet[13] | cornas[2] | côte-rôtie[14] | hermitage[15] et crozes-hermitage[16] | saint-joseph[17] | saint-péray[18] | |||
| rouge | blanc | rouge | blanc | |||||
| marsanne et roussanne | max. 15 % | 100 % | max. 10 % | 100 % | 100 % | |||
| syrah | 100 % | min. 80 % | min. 85 % | min. 90 % | ||||
| viognier | 100 % | max. 20 % | ||||||
Méthodes culturales
La vigne, implantée sur des coteaux abrupts, est conduite sur des échalas (piquets en bois). Les fortes pentes ne permettent pas la mécanisation du vignoble et le travail se fait donc à pied.
