Coteaux-varois-en-provence
région viticole
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Un coteaux-varois-en-provence[4] est un vin d'appellation d'origine contrôlée rouge, rosé ou blanc produit sur une partie du département du Var, au sein du vignoble de Provence. Il s'agit de l'ancien vin de pays des coteaux varois de 1974 à 1993, puis de l'appellation coteaux-varois de 1993 à 2009.
| Coteaux-varois-en-provence | |
Le vignoble des coteaux-varois au pied du Gros Bessillon à Barjols. | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1974 (VDP) et 1993 (AOC) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Provence |
| Localisation | Var |
| Saison | deux sèches (hiver et été) et deux pluvieuses (automne et printemps) |
| Climat | méditerranéen |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 752 heures (sur la base du Luc) |
| Sol | collines jurassiques calcaires, marnes et grès du Crétacé |
| Superficie plantée | 2 877 hectares (en 2024)[1] |
| Nombre de domaines viticoles | 12 coopératives et 65 domaines et châteaux |
| Cépages dominants | grenache N[2], cinsaut N, mourvèdre N, syrah N, clairette B, grenache blanc B, sémillon B, ugni blanc B et rolle B |
| Vins produits | 91 % rosés, 5 % rouges et 4 % blancs |
| Production | 127 633 hectolitres (en 2024)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 pieds/ha, soit maximum 2,5 m2 par pied[3] |
| Rendement moyen à l'hectare | 44 hl/ha (en 2024)[1] |
| Site web | coteaux-varois.com |
| modifier |
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C'est un vin d'assemblage, qui est produit essentiellement en rosé (91 % de la production), mais aussi en rouge (5 %) et en blanc (4 %)[1]. Les autres AOC du vignoble de Provence sont, d'ouest en est :
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Le dolmen des Adrets situé sur les crêtes entre Brignoles et Le Val datant de l'époque néolithique est la première marque de présence humaine.
Justin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV,1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »[5].
Lors de la colonisation, les Romains assainirent les terres et construisirent de nombreuses villæ en bordure de la Via Aurelia. Restaurée sous Néron (58), cette dernière fut alors marquée de bornes milliaires.
Un mur de soutènement d'une villa romaine a notamment été découvert sur la route de Flassans. Le Musée du pays brignolais conserve de nombreux éléments de l'Antiquité comme l'autel de Sumian (VIe-VIIe siècle) ou un sarcophage de style hellénistique de la fin du IIe.
Moyen Âge
Le vignoble est cité pour la première fois en 558 dans la charte du roi Childebert concernant La Celle.
En 1056, les seigneurs de Brignoles donnent à Saint-Victor de Marseille, l'église Saint-Jean-des-Vignes construite par un riche tenancier, Baronus.
Le , sur l'initiative du futur roi Charles II, est entreprise l'excavation d'un mausolée familial romain contenant quatre sarcophages en marbre que l'on attribue à sainte Marie Madeleine, saint Maximin et saint Sidoine. Cette découverte constitue à ce jour la plus ancienne entreprise de fouille archéologique en Provence[6].
Période moderne
Le , la première assemblée du Parlement de Provence se tient dans le palais des comtes à Brignoles, Aix ayant refusé de la recevoir.
Le , Charles Quint, avec ses cinquante mille hommes, passe le Var et livre Brignoles au pillage. Il change son nom en Nicopolis, la ville de la Victoire.
Le , les huguenots envahirent la ville comme l'indique l'inscription sur une pierre au no 5 rue Poissonnerie.
Le , Hubert, baron de Vins, livre Brignoles au pillage avant de lui vendre tous ses biens qu'il possède dans son terroir pour la somme de 50 000 écus.
Période contemporaine

Fin , des émeutes dues à la crise frumentaire ont lieu[7]. Lorsque la nouvelle du coup d'État du 2 décembre 1851, perpétré par Louis-Napoléon Bonaparte, arrive en Provence, les communes du Var, s’insurgent, leur révolte fut réprimée le 8 décembre à Aups.
Depuis 1921, une foire-exposition des vins de Provence se déroule chaque année à Brignoles la deuxième semaine d'avril et accueille régulièrement cinq cents exposants et près de cinquante mille visiteurs. En 1974, une première délimitation du « vin de pays des coteaux varois » est réalisée, concernant 30 communes autour de Brignoles[8]. En 1978, les conditions de production sont un peu définies[9], de même en 1981 (aire de 45 communes, rendement maximum de 80 hl/ha pour des vins titrant au moins 10,5° d'alcool)[10].
Par le décret du , les vins des « Coteaux varois » obtiennent la protection d'une appellation d'origine contrôlée (AOC)[11]. En avril 2009, l'appellation est renommée en « Coteaux varois en Provence »[12]. Le cahier des charges est ensuite modifié en décembre 2011[13], en août 2017[14], en mai 2022[15] et en (autorisation de cinq nouveaux cépages)[3].
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'AOC | |
Le vignoble s'étend sur 28 communes du département du Var : Barjols, Bras, Brignoles, Brue-Auriac, Camps-la-Source, La Celle, Châteauvert, Forcalqueiret, Garéoult, Méounes-lès-Montrieux, Nans-les-Pins, Néoules, Ollières, Pontevès, Rocbaron, La Roquebrussanne, Rougiers, Sainte-Anastasie-sur-Issole, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Saint-Zacharie, Salernes, Seillons-Source-d'Argens, Signes, Tavernes, Tourves, Le Val, Varages et Villecroze[3].
Orographie et géologie
Le vignoble produisant des coteaux-varois-en-provence est très discontinu entre les massifs calcaires boisés. L’aire est limitée au nord par la série de plateaux de Rians à Canjuers ; au Sud, par les monts toulonnais ; à l'ouest, par le mont Aurélien ; à l'est, par la barre de Saint-Quinis. Les vallées sont étroites et les bassins bien distincts à des altitudes diverses.
Les terrains de cette appellation se situent sur des calcaires appartenant à de nombreux étages du Trias, du Jurassique et de Crétacé inférieur. Les principaux types de sols sont : les sols d’argiles rouges de décalcification à débris calcaires anguleux, les sols bruns sur marnes, les sols sur colluvionnement ou sur alluvions anciennes, caillouteux et profonds à la périphérie des bassins karstiques.
Climatologie
Le climat est méditerranéen : chaud l'été, ensoleillé et frais l'hiver, doux en demi-saison. Ce terroir viticole est relativement protégée du mistral grâce à ses massifs et collines. L'été est chaud et sec, l'hiver est sec. On compte 300 jours de soleil par an. Les températures moyennes oscillent de 5 °C en janvier à 23 °C en juillet. Il arrive qu'elles soient négatives en hiver (-8,5 °C et -12 °C) et extrêmement élevées (> 40 °C) l'été. En automne, des orages violents peuvent avoir lieu. Le vignoble connaît des microclimats variés, plus humides et ventés ou protégés selon les endroits.
La station météorologique de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (au nord, au hameau du Petit-Saint-Mitre, à 295 mètres d'altitude : 43° 28′ 48″ N, 5° 51′ 00″ E)[16], dans l'aire d'appellation, a existait de 1997 à 2012.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 11,2 | 12,8 | 16,2 | 19,1 | 24,1 | 29,1 | 31,4 | 31,1 | 25,9 | 20,8 | 14,8 | 11,4 | 20,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 5,5 | 6,4 | 9,2 | 12,1 | 16,7 | 20,7 | 22,9 | 22,7 | 18,3 | 14,6 | 9,2 | 6 | 13,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −0,3 | −0,1 | 2,3 | 5,1 | 9,3 | 12,3 | 14,3 | 14,3 | 10,7 | 8,3 | 3,6 | 0,5 | 6,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 16,6 | 15,5 | 10,8 | 1,7 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,8 | 6,9 | 14,6 | 66,9 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 59,2 | 37,9 | 34,3 | 64,9 | 72,9 | 40,3 | 19,7 | 41,2 | 89,1 | 74,3 | 80,8 | 79 | 693,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
Pour les coteaux-varois-en-provence rouges et rosés, les cépages principaux (formant ensemble plus de 80 % de l'encépagement, individuellement limité à 90 %) sont le cinsault N[2], le grenache N, le mourvèdre N et la syrah N. La présence de deux cépages principaux est requise. Les cépages accessoires sont le cabernet sauvignon N, le carignan N et le tibouren N et le caladoc N (ce dernier limité à un maximum de 10 %) ; depuis 2026 sont autorisées deux « variétés d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA) noirs, le sciaccarello N et le vidoc (de) N.
L’encépagement des parcelles destinées à la production des vins rosés peut comporter les cépages énumérés dans la production des vins blancs dans une proportion inférieure ou égale à 20 % de l’encépagement
Pour le coteaux-varois-en-provence blanc, sont autorisés la clairette, le grenache blanc, le sémillon (inférieur ou égal à 30 % de l'encépagement), l'ugni blanc (inférieur ou égal à 25 % de l'encépagement) et le vermentino (supérieur ou égal à 30 % de l'encépagement). Se rajoutent depuis 2026 comme VIFA le floréal (de) B, la marsanne B et le souvignier gris (de) B[3].
Méthodes culturales

Les vignes sont conduites en taille courte (cordon de Royat ou gobelet). Chaque pied doit comporter au maximum 6 coursons à 2 yeux francs maximum. Soit 12 yeux francs maximum par cep. Les cépages Cabernet-Sauvignon N et Syrah N peuvent être conduit en taille longue dite Guyot, avec un maximum de 10 yeux francs par cep, dont 8 yeux francs sur le long bois.
Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4000 pieds à l’hectare. Chaque pied dispose d’une superficie maximale de 2,50 mètres carrés. Cette superficie est obtenue en multipliant les distances d’inter-rang et d’espacement entre les pieds. L’écartement entre les rangs ne peut être supérieur à 2,50 mètres.
Le rendement est fixé à 55 hectolitres par hectares, le rendement butoir est de 60 hectolitres par hectares[3].
Vins
Volumes
Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[1] :
| Année | coteaux-varois-en-provence rouge | coteaux-varois-en-provence rosé | coteaux-varois-en-provence blanc | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 164 | 6 876 | 42 | 2 681 | 140 090 | 52 | 123 | 4 911 | 40 |
| 2023 | 151 | 4 390 | 29 | 2 705 | 113 791 | 42 | 164 | 4 267 | 26 |
| 2024 | 187 | 6 214 | 33 | 2 541 | 115 822 | 46 | 147 | 5 596 | 38 |
Vinification

Comme de nombreux vignobles en dessous du 45e parallèle, les Coteaux Varois en Provence sont des vins assemblant plusieurs cépages. Ceci est justifié par les caractéristiques climatiques régionales avec des étés très chauds, sinon torrides, qui participent à la surmaturation des cépages. Tous les essais de vinification mono-cépage ont démontré que ces vins ne peuvent atteindre une qualité élevée et donner la véritable expression du terroir. Par contre l'assemblage de plusieurs variétés permet d'obtenir un parfait équilibre entre acidité, alcool et tannins.
- Vinification en rouge
C'est le grenache noir qui représente la plus importante proportion, il est assemblé avec le mourvèdre et la syrah. Un peu de cinsault permet d'apporter la finesse. Les trois premiers cépages permettent d'obtenir un parfait équilibre et donnent des grands vins de garde qui truffent en vieillissant.
- Vinification en rosé
En Provence, deux techniques sont principalement utilisées pour cette étape : la macération pelliculaire et le pressurage direct. Le choix de l’une ou l’autre technique sera guidé par plusieurs facteurs : l’état et la maturité de la vendange, les cépages vinifiés et leur potentiel organoleptique, le choix de leur proportion au moment de leur assemblage et le profil organoleptique recherché. Dans les deux cas, produire du vin rosé demande beaucoup de minutie pour obtenir une belle couleur et des arômes délicats et expressifs à la fois. Le jus fermente à basse température (15 à 20°C) pour préserver au maximum les arômes. La fermentation dure en moyenne une semaine.
- Vinification en blanc
La vendange de raisins blancs à pulpe blanche arrive au chai. Le plus souvent, on procède à l’éraflage / égrappage (les baies sont séparées de la rafle), puis au foulage (les baies éclatent et libèrent la pulpe, la peau, les pépins et le jus de raisin), les baies sont ensuite égouttées directement dans le pressoir ou mises en cuve de macération pelliculaire. Dans ce dernier cas, la macération se fera à température maîtrisée (10 °C à 14 °C), le temps nécessaire à la diffusion des arômes variétaux de la pellicule vers la pulpe. Les jus de goutte et de presse peuvent être séparés dans un premier temps puis suivant leurs potentialités aromatiques être assemblés ou non.
Gastronomie

Les rouges évoluent des arômes de fruits à noyau en leur prime jeunesse vers des notes de cuir et de truffes en vieillissant. Ce sont des vins de grande garde - dix ans et plus - traditionnellement conseillé sur du gibier et de la venaison et il s'accorde parfaitement avec les daubes provençales, les civets de lièvre ou de sanglier.
Le rosé, en fonction de sa vinification - par saignée ou par pressurage direct - peut se garder entre 2 ou 4 ans. C'est un vin à boire à table avec les charcuteries et les fromages. Il s'accorde parfaitement avec la cuisine asiatique.
Le blanc, traditionnellement, est conseillé soit en apéritif, soit sur des poissons, coquillages et crustacé&s. Il se révèle parfait en accompagnement d'un fromage de chèvre.
Économie
Commercialisation
La commercialisation, sur le marché intérieur, se fait à partir des CHR, cavistes, grande distribution, salons pour les particuliers et les professionnels.
Structure des exploitations
Le site de l'appellation[18] indique que 300 vignerons produisent le coteaux-en-varois-en-provence, qui sont répartis en 75 caves particulières et en 10 caves coopératives.


