Discrimination des personnes de petite taille

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La discrimination des personnes de petite taille désigne l'ensemble des traitements défavorables, préjugés ou violences dont sont victimes les personnes dont la taille est inférieure à la moyenne (qu'elles présentent, ou non, une forme de nanisme médicalement diagnostiquée). Cette discrimination repose sur des stéréotypes profondément ancrés dans les représentations sociales et culturelles de la taille humaine, associant souvent le petite taille à la faiblesse, à l’infantilisme ou au ridicule.

La petite taille humaine, représentant un écart à la norme sociale, est une source d'inquiétudes et de fascination, générant des stéréotypes et des préjugés, en particulier ceux qui ont contribué à la construction de la figure du « nain »[1], un personnage associé au comique, ce qui légitime les moqueries au quotidien, au surnaturel, ce qui peut être moins dégradant pour les personnes concernées lorsqu’il s’agit d’un peuple, mais aussi très souvent comme supplétif dévalorisant dans une expression (« la France est un nain sur le plan international », « le PS est un nain de la gauche »  propos entendu sur le service public dans la bouche de journalistes ou de responsables politiques), voire une insulte.

D'après la Dr en esthétique de l'image Carole Wrona, l'aspect dépréciatif associé au mot français « nain » est perceptible dès le XIIIe siècle[2]. Les associations et les personnes concernées rejettent largement  cette appellation,  jugée déshumanisante et réductrice[3],[4] au profit de l'expression « Personne de petite taille », qui évite l’étiquetage et privilégie une description neutre de la morphologie. Carole Wrona souligne la différence de perception et de regard entre les deux expressions, et définit la notion de « nain » comme « tout ce qui a été projeté sur les personnes de petite taille »[2].

Dès 1968, l'association des Little People of America souligne l'opposition des intéressés à être désignés comme Dwarfs (nains) ou Midgets, deux termes associés à une importante oppression[5]. L'association québécoise des personnes de petite taille explique que le mot « nain » « restreint l’individu à sa condition », et que « l’expression « personne de petite taille » n’est pas un euphémisme comme les autres, une tournure de plus pour correspondre au ton « politiquement correct » ambiant. Il s’agit d’une périphrase qui permet d’éviter un mot encore trop souvent associé à des personnages fictifs ou à des objets de décor »[4]. En France, l'association française des personnes de petite taille (Appt) recommande également l’emploi exclusif de personne de petite taille, estimant que le mot « nain » restreint l’individu à sa condition et l’associe à des personnages fictifs. La juriste française Anne-Sarah Kertudo note que le mot « nain » est aussi employé dans l'expression française « nain politique » pour désigner l'échec social[6].

Histoire

La taille d'un être humain est l'un des premiers éléments perceptibles chez autrui, avant même son origine ethnique, en en particulier si l'écart à la norme est important[7].

Le sort des Pygmées africains illustre bien l'existence de discriminations associées à la taille : d'après Mathieu Dehoumon, cette ethnie marginalisée, caractérisée par une taille généralement inférieure à 1,50 m sans condition médicale associée (pas de forme de nanisme), est victime de discriminations importantes par les autres ethnies africaines[8].

D'après Maria Cristina Murano, depuis les années 1940, la petite taille des enfants occidentaux est l'objet d'une médicalisation croissante, allant de la recherche de techniques pour allonger les membres, jusqu'à la prescription d'hormones de croissance[7]. Les principales victimes de ces normalisations vers une taille moyenne ou supérieure sont plutôt les garçons, car concernant les filles, la petite taille est socialement mieux acceptée ; au contraire, diverses techniques sont tentées pour limiter la croissance des filles considérées comme trop grandes par rapport à la norme[7].

La prescription d'hormones de croissance aux enfants de petite taille fait désormais l'objet d'un consensus médical[7]. Murano souligne que la petite taille n'était pas, par le passé, considérée comme une condition pathologique (à l'exception des formes médicales de nanisme), mais que la petite taille par comparaison à la norme est désormais toujours traitée comme si elle était un problème médical[9]. Elle cite en illustration le diagnostic de petite taille idiopathique, désignant un écart à la norme de taille sans causes médicales identifiées[9].

Discrimination socio-économique

De manière générale, les personnes de petite taille ont des revenus économiques et un statut social inférieurs à ceux des personnes de plus grande taille[7]. Elles subissent ainsi une importante discrimination à l'embauche[3].

Discrimination affective

La petite taille est quasi-unanimement associée à une moindre attractivité des personnes concernées, en particulier chez les hommes, dans la mesure où la plupart des femmes sont attirées par des hommes de grande taille[7].

Représentation médiatique

Notes et références

Bibliographie

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