Doctrine de contrôle de la mer

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L'USS Abraham Lincoln, un porte-avions de la marine américaine, un moyen de projection de puissance maritime à l’échelle du monde.

Une force navale dispose du contrôle de la mer quand elle est si puissante que ses rivales ne peuvent pas l’attaquer directement. Le contrôle de la mer peut s’appliquer à ses eaux environnantes (le littoral) ou s'étendre loin dans les océans, ce qui signifie que le pays (qui dispose du contrôle de la mer) a une marine de haute-mer. C'est l'équivalent naval de la supériorité aérienne.

Avec la contrôle de la mer, un pays (ou une alliance) peut faire en sorte que ses propres navires militaires et marchands peuvent se déplacer à volonté, tandis que ceux de ses adversaires sont obligés soit de rester au port ou soit d’essayer de s'y soustraire. Le contrôle de la mer permet aussi la mise en œuvre libre d’opérations amphibies qui peuvent élargir les options stratégiques terrestres.

Le plus célèbre exemple, celui de la Royal Navy se tint pendant de longues périodes du XVIIIe au début du XXe siècle, ce qui permit à la Grande-Bretagne et à ses alliés de commercer et de déplacer librement des troupes et de l'approvisionnement en temps de guerre, tandis que ses ennemis ne le pouvaient pas (dont l'importance est reflétée dans la célèbre chanson patriotique britannique, « Rule, Britannia! », qui contient l'exhortation, « Rule Britannia! Britannia rule the waves » (même si ce n'était pas l'objet initial du poème). Par exemple, la Grande-Bretagne fut en mesure d’imposer un blocus à la France pendant les guerres napoléoniennes, aux États-Unis pendant la guerre de 1812, et à l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale. Dans la période suivant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis eurent le contrôle des mers.

Peu de marines peuvent disposer comme de marines océaniques, mais « de nombreux États convertissent leur marine littorales en marines océaniques, ce qui accroît l'utilisation militaire étrangère de zones économiques exclusives 'zone littorale de 200 milles marins (370 km) avec de possible répercussions sur le régime des ZEE »[1].

Peu à peu, cependant, les pays convinrent que les mers ouvertes devraient être ouvertes à tous les navires en temps de paix et, en temps de guerre, aux navires battant pavillon neutre. La Grande-Bretagne accepta ce principe en 1805, la Russie, en 1824, et les États-Unis (tacitement) en 1894. De nombreux traités, notamment le traité de Versailles, portèrent sur les mers ouvertes, et actuellement la convention des Nations unies sur le droit de la mer formalise cette liberté.

Contrôle historique de la mer du temps de la marine à voile

Britannia rule the waves: assiette décorée fabriquée à Liverpool vers 1793-1794 (musée de la Révolution française).

Capacités nationales

Historiquement, de nombreuses puissances tentèrent d'étendre leur contrôle de la mer en temps de paix, d’imposer des taxes ou d'autres restrictions sur les cargaisons utilisant les mers ouvertes. Par exemple, Venise revendiquait l'Adriatique, et exigeait un lourd tribut des bateaux naviguant dans ses eaux septentrionales. Gênes et la France revendiquèrent chacune des parties de la Méditerranée occidentale. Le Danemark et la Suède affirmèrent se partager la Baltique entre eux. L’Espagne revendiqua la domination sur le Pacifique et le golfe du Mexique, et le Portugal l'océan Indien et tout l'Atlantique au sud du Maroc (Hall, 148-9).

Contre mesures asymétriques

Au cours de l'ère de la voile, il existait deux contre-mesures à un contrôle de la mer par une autre puissance : la contrebande, et les corsaires. La contrebande permettait de garantir qu'un pays puisse poursuivre ses activités commerciales (et obtenir de la nourriture et d'autres fournitures essentielles), même si ce pays était sous blocus, tandis que les corsaires permettait à la puissance la plus faible de perturber le commerce du pays le plus fort. Comme ces mesures, qui sont des exemples de guerre asymétrique, provenaient d'organisations non gouvernementales et parfois criminelles, elles ne reçurent plus les faveurs des gouvernements forts. Une annexe au traité de Paris (1856) interdit les corsaires. Ce traité était une curiosité car il fut ratifié par relativement peu de pays, mais devint rapidement de facto la loi de la mer.

Contrôle historique de la mer du temps de la marine vapeur

Une contre-mesure plus moderne, semblable à celle des corsaires, était l'utilisation de la guerre sous-marine par l'Allemagne pendant la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale pour attaquer les navires marchands alliés principalement dans l'océan Atlantique, la mer Méditerranée, et la mer Baltique.

Contrôle historique de la mer à l'ère de l'aviation navale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’avion est également devenu une contre-mesure efficace au contrôle de la mer, car les navires ne pouvaient pas se défendre contre les attaques aériennes. La bataille d’Angleterre était en grande partie une tentative par l'Allemagne d'éliminer la Royal Air Force, afin qu’elle ne soit pas en mesure de défendre la Royal Navy contre les attaques aériennes et ainsi de permettre une invasion par mer de la Grande-Bretagne.

Contrôle historique de la mer à l'ère moderne

Références

Voir aussi

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