Délégation arménienne au congrès de Berlin

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Fondation
Dissolution
Zone d'activité
Délégation arménienne au Congrès de Berlin
Histoire
Fondation
Dissolution
Origine
Cadre
Zone d'activité
Type
Mouvement
Objectif
Obtention de réformes en Arménie ottomane
Organisation
Président
Soutenu par

La Délégation arménienne au congrès de Berlin est une mission diplomatique menée par l'archevêque Mkrtich Khrimian afin de défendre les intérêts des Arméniens ottomans auprès des Grandes puissances à la suite de la victoire russe sur l'Empire ottoman lors de la guerre russo-turque de 1877-1878. Ce congrès marque le début de ce que l'on nomme la question arménienne.

De la guerre russo-turque jusqu'au Traité de Berlin (1878)
Carte de l'est de la Turquie et du Caucase montrant des mouvements de troupes.
Le front du Caucase lors de la guerre russo-turque de 1877-1878.
Représentation en noir et blanc de huit diplomates masculins affairés autour de deux tables à l'étude de documents dans un bureau.
La signature du Traité de San Stefano ().
Huile sur toile représentant de nombreux hommes en costumes diplomatiques de plusieurs nationalités autour d'une grande table.
Le congrès de Berlin () par Anton von Werner (1881).
Délégués arméniens au congrès de Berlin : Khoren Nar-Bey, Stepan Papazian, Mkrtich Khrimian et Minas Tchéraz[1].
Monument dédié à Mkrtich Krhimian situé à Etchmiadzin (Arménie). Sur l'inscription, on peut lire : « Peuple arménien, souviens-toi toujours de la louche de fer du père ».

La guerre russo-turque de 1877-1878 voit l'avancée russe en Arménie ottomane, l'armée impériale s'emparant notamment de Bayazet et de Kars[2] entre fin 1877 et début 1878[3]. Au fur et à mesure de leur progression, des troupes irrégulières kurdes et des bachi-bouzouks pillent et brûlent un certain nombre de villages arméniens frontaliers ; les Arméniens de la région accueillent alors les Russes en libérateurs[3]. Les généraux de l'armée russe aux commandes de ce front, Mikhaïl Loris-Melikov, Arshak Ter-Gukasov et Ivan Lazarev, sont d'ailleurs eux-mêmes Arméniens[4].

Le patriarche arménien de Constantinople Nersès Varjapétian et l'Assemblée nationale arménienne, jusque-là méfiants de la Russie, voient dans cette victoire une opportunité[4]. Ils chargent donc l'évêque arménien d'Adrianople de demander au grand-duc Nicolas Nikolaïevitch, qui s'était emparé de la cité, d'inclure dans le traité de paix des clauses prévoyant la mise en place d'une autonomie des provinces arméniennes de l'Empire ottoman[4]. Ce dernier reçoit favorablement cette proposition[4].

Les Arméniens obtiennent des négociateurs russes l'article 16 du Traité de San Stefano (), qui prévoit des réformes immédiates pour les Arméniens ottomans[5],[6] et dont voici le texte[7],[8],[9],[10] :

« Article 16 : Comme l'évacuation par les troupes russes, des territoires qu'elles occupent en Arménie et qui doivent être restitués à la Turquie, pourrait y donner lieu à des conflits et à des complications préjudiciables aux bonnes relations des deux pays, la Sublime Porte s'engage à réaliser sans plus de retard les améliorations et les réformes exigées par les besoins locaux dans les provinces habitées par les Arméniens et à garantir leur sécurité contre les Kurdes et les Circassiens[11]. »

Originellement, à la place du passage évoquant les « améliorations et les réformes », on pouvait lire l'« autonomie administrative »[7]. Mais le texte est amendé à la demande des Britanniques[7].

Les troupes commandées par Loris-Melikov sont chargées d'occuper Erzurum jusqu'à ce que le tsar Alexandre II obtienne des garanties que les populations chrétiennes locales soient protégées[12]. Ces réformes sont donc sous le contrôle de la Russie en tant que puissance occupante[13].

Le congrès de Berlin

Le Royaume-Uni de Benjamin Disraeli et l'Autriche-Hongrie voient d'un mauvais œil l'expansion russe au détriment de l'Empire ottoman[12] ainsi que l'affaiblissement de ce dernier[7]. Les Britanniques demandent donc l'organisation d'un congrès[12]. Ainsi, le Traité de San Stefano est révisé lors du congrès de Berlin, qui a lieu à l'[5],[12],[14].

Une délégation arménienne menée par Mkrtich Khrimian (accompagné notamment de Minas Tchéraz[15]), et composée d'un autre archevêque ainsi que par deux députés de l'Assemblée arménienne[13], se rend au congrès avec l'assentiment de Nersès Varjapétian[7], alors patriarche arménien de Constantinople, pour y porter un projet d'autonomie administrative pour l'Arménie inspiré du statut du Liban de 1861[5],[12],[16],[13],[17]. Ce projet prévoit un gouverneur arménien, en poste à Erzurum, désigné par le gouvernement ottoman, un programme de réformes fiscales judiciaires, policières, etc. dont le déploiement serait contrôlé par une commission internationale[13], mais aussi des milices mixtes chrétiennes-musulmanes, le suffrage masculin ou encore l'utilisation locale des revenus fiscaux[12]. Sur le chemin du congrès, la délégation se rend dans les capitales européennes pour tenter d'influencer les diplomates qui se rendront à Berlin[12]. À Londres, elle rencontre le ministre des Affaires étrangères britannique, Lord Salisbury, qui ne lui fait aucune promesse[12]. Ses rencontres avec des diplomates à Paris et à Rome sont tout aussi infructueuses[12],[7]. Parallèlement, Khosrov Nar Bey Kalfayan est envoyé à Saint-Pétersbourg pour remettre au tsar Alexandre II un mémoire demandant l'autonomie des provinces arméniennes[7].

Malheureusement, la délégation de Mkrtich Khrimian n'est pas admise aux travaux du congrès, ce qui le déçoit beaucoup[18],[7].

Du congrès découle le Traité de Berlin (), dont l'article 61, consacré aux Arméniens, atténue les promesses de l'article 16 du Traité de San Stefano[5] car les réformes promises relèvent désormais de la seule responsabilité de l'Empire ottoman[13]. Il évoque la nécessité de réformes dans les provinces arméniennes, mais soumet leur application au contrôle des puissances[7],[18],[19], dont le concert est peu probable[5] :

« Article 61 : La Sublime Porte s'engage à réaliser sans plus de retard les améliorations et les réformes qu'exigent les besoins locaux des provinces habitées par les Arméniens et à garantir leur sécurité contre les Circassiens et les Kurdes. Elle donnera connaissance périodiquement des mesures prises à ces effets aux Puissances qui en surveilleront l'application[20]. »

La « louche de fer » : déception et conséquences

Notes et références

Voir aussi

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