Ectobius
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Ectobius est un genre de blattes de la famille des Blattellidae (synonyme: Ectobiidae) appartenant à l'ordre des Blattodea. Les espèces de ce genre sont principalement présentes en Europe, dans les régions paléarctiques et au Proche-Orient. Les adultes atteignent entre 6 et 12 mm de longueur et sont de coloration brune ou jaunâtre avec une marge plus claire. Les femelles sont généralement plus grandes que les mâles et ont des ailes plus courtes[1].
Taxonomie
Le genre Ectobius a été décrit par l'entomologiste britannique James Francis Stephens en 1835.
Il est classé en deux sous-genres Ectobius (Ectobius) et Ectobius (Ectobiella), qui ne comprend qu'une espèce, E. duskei[2]. Un troisième sous-genre, Capraiellus, a été séparé et porté au niveau de genre[3].
Au sein des Blattellidae, les Ectobius sont classés dans la sous-famille des Ectobiinae.
Une réorganisation taxonomique est en cours, et certaines espèces seront notamment placées dans le nouveau genre Planuncus[4].
Liste des espèces : selon Blattodea Species File ()[5] :
- Ectobius aeoliensis Failla & Messina, 1974
- Ectobius aethiopicus (Shelford, 1910)
- Ectobius aetnaeus Ramme, 1927
- Ectobius africanus Saussure, 1899
- Ectobius albicinctus (Brunner von Wattenwyl, 1861)
- Ectobius alleni Rehn, 1931
- Ectobius baccetti Failla & Messina, 1979
- Ectobius balcani Ramme, 1923
- Ectobius burri Adelung, 1917
- Ectobius corsorum Ramme, 1923
- Ectobius darbandae Rehn, 1931
- Ectobius delicatulus Bei-Bienko, 1950
- Ectobius duskei Adelung, 1906
- Ectobius eckerleini Harz, 1977
- Ectobius erythronotus Burr, 1898
- Ectobius filicensis Failla & Messina, 1974
- Ectobius finoti Chopard, 1943
- Ectobius frieseanus Princis, 1963
- Ectobius haeckeli Bolívar, 1876
- Ectobius heteropterus Bei-Bienko, 1963
- Ectobius ichnusae Failla & Messina, 1982
- Ectobius indicus Bei-Bienko, 1938
- Ectobius intermedius Failla & Messina, 1981
- Ectobius involutus Rehn, 1931
- Ectobius jarringi (Hanitsch, 1938)
- Ectobius kervillei Bolívar, 1907
- Ectobius kikensis Rehn, 1931
- Ectobius kikuyuensis Rehn, 1931
- Ectobius kirgizius Bei-Bienko, 1936
- Ectobius kraussianus Ramme, 1923
- Ectobius lagrecai Failla & Messina, 1981
- Ectobius lapponicus (Linnaeus, 1758)
- Ectobius larus Rehn, 1931
- Ectobius leptus Rehn, 1931
- Ectobius lineolatus (Rehn, 1922)
- Ectobius lodosi Harz, 1983
- Ectobius lucidus (Hagenbach, 1822)
- Ectobius makalaka Rehn, 1931
- Ectobius minutus Failla & Messina, 1978
- Ectobius montanus Costa, 1866
- Ectobius neavei Shelford, 1911
- Ectobius nicaeensis (Brisout de Barneville, 1852)
- Ectobius nuba Rehn, 1931
- Ectobius pallidus (Olivier, 1789)
- Ectobius palpalis Chopard, 1958
- Ectobius panzeri Stephens, 1835
- Ectobius parvosacculatus Failla & Messina, 1974
- Ectobius pavlovskii Bei-Bienko, 1936
- Ectobius punctatissimus Ramme, 1922
- Ectobius pusillus Bei-Bienko, 1967
- Ectobius pyrenaicus Bohn, 1989
- Ectobius rammei Rehn, 1926
- Ectobius sardous Baccetti, 1991
- Ectobius scabriculus Failla & Messina, 1976
- Ectobius semenovi Bei-Bienko, 1935
- Ectobius siculus Ramme, 1949
- Ectobius sjoestedti (Shelford, 1910)
- Ectobius stanleyanus Rehn, 1931
- Ectobius subvitreus Bei-Bienko, 1936
- Ectobius supramontes Bohn, 2004
- Ectobius sylvestris (Poda, 1761)
- Ectobius tadzhicus Bei-Bienko, 1935
- Ectobius tamaninii Galvagni, 1972
- Ectobius textilis Rehn, 1931
- Ectobius ticinus Bohn, 2004
- Ectobius tingitanus Bolívar, 1914
- Ectobius togoensis Ramme, 1923
- Ectobius tuscus Galvagni, 1978
- Ectobius tyrrhenicus Failla & Messina, 1973
- Ectobius usticaensis Failla & Messina, 1974
- Ectobius vittiventris (Costa, 1847)
- Ectobius vinzi Maurel, 2012
- Ectobius willemsei Failla & Messina, 1980
Espèces présentes en Europe
Trente-sept espèces sont répertoriées en Europe, une dans le sous-genre Ectobiela, et les autres dans le sous-genre Ectobius[6],[7]. De nombreuses espèces sont endémiques d'îles méditerranéennes ou des péninsules européennes:
Espèces plutôt répandues :
- Ectobius (Ectobiola) duskei, Nord-Est de l'Europe, de la Pologne à la Russie.
- Ectobius (Ectobius) albicinctus, Italie continentale et Balkans de la Slovénie au Monténégro et à la Serbie
- Ectobius (Ectobius) erythronotus, Europe centrale et de l'Est et Balkans.
- Ectobius (Ectobius) lapponicus, Eurasiatique, de la France à Scandinavie et à la Sibérie, absent de la Péninsule ibérique, du Sud des Balkans, et peut-être d'Italie, trois sous-espèces; introduit en Amérique du Nord.
- Ectobius (Ectobius) lucidus, Ouest de l'Europe continentale, de l'Espagne à l'Allemagne, peut-être en Pologne, introduit en Amérique du Nord.
- Ectobius (Ectobius) pallidus, Ouest de l'Europe, 4 sous-espèces, introduit en Amérique du Nord.
- Ectobius (Ectobius) sylvestris, Europe continentale jusqu'à l'Asie centrale, introduit en Amérique du Nord, deux sous-espèces.
- Ectobius (Ectobius) vittiventris, Ouest et centre de l'Europe jusqu'au Caucase, s'étend depuis les années 1980 au Nord des Alpes[8].
Espèces endémiques de régions limitées:
- Ectobius (Ectobius) aeoliensis, endémique de l'île de Filicudi (îles Éoliennes, Sicile)
- Ectobius (Ectobius) aetnaeus, endémique de Sicile
- Ectobius (Ectobius) baccetti, endémique de Sardaigne
- Ectobius (Ectobius) balcani, endémique des Balkans
- Ectobius (Ectobius) brunneri, endémique de la Péninsule ibérique
- Ectobius (Ectobius) corsorum, endémique de Corse
- Ectobius (Ectobius) eckerleini, endémique de France (montagne de Lure) et de Suisse
- Ectobius (Ectobius) filicensis, endémique de l'île de Salina (Îles Éoliennes, Sicile)
- Ectobius (Ectobius) friseanus, endémique d'Albanie, peut-être Grèce
- Ectobius (Ectobius) ichnusae, endémique de Sardaigne
- Ectobius (Ectobius) intermedius, endémique de Corse et de Sardaigne
- Ectobius (Ectobius) kraussianus, endémique de Sicile et de Malte
- Ectobius (Ectobius) lagrecai, endémique de Sicile
- Ectobius (Ectobius) minutus, endémique d'Italie (îles Pontines)
- Ectobius (Ectobius) montanus, endémique d'Italie
- Ectobius (Ectobius) nadigi, endémique d'Italie
- Ectobius (Ectobius) nicaeensis, endémique du Sud de la France, syn. de Planuncus (Margintorus) nicaeensis
- Ectobius (Ectobius) parvosacculatus, endémique de Panarea (îles Éoliennes, Sicile), peut-être en Grèce
- Ectobius (Ectobius) punctatissimus, Ouest des Balkans
- Ectobius (Ectobius) pyrenaicus, endémique d'Andorre et des Pyrénées espagnoles
- Ectobius (Ectobius) sardous, endémique de Sardaigne
- Ectobius (Ectobius) scabriculus, endémique de l'île de Ponza (îles Pontines, à ouest de la Sicile)
- Ectobius (Ectobius) siculus, endémique de Sicile ou d'Italie
- Ectobius (Ectobius) supramontes, endémique de Suisse, d'Autriche et d'Italie
- Ectobius (Ectobius) ticinus, endémique du Sud de la Suisse et du Nord de l'Italie
- Ectobius (Ectobius) tuscus, endémique d'Italie
- Ectobius (Ectobius) tyrrhenicus, endémique de l'île de Montecristo (Italie)
- Ectobius (Ectobius) usticaensis, endémique de l'île d'Ustica (Sicile)
- Ectobius (Ectobius) vinzi, endémique du Lot (France)[9]
Espèces fossiles
Plusieurs espèces fossiles ont été découvertes. Des espèces ont été retrouvées dans de l'ambre de la Baltique: de l'Éocène, †Ectobius balticus a été retrouvé en Pologne et en Russie, vivant il y a 37 à 34 millions d'années[10], †Ectobius inclusus, en Russie à la même période[11], et, à l'Oligocène, †Ectobius glabellus dans une localité d'Allemagne (28 à 23 millions d'années)[12].
Alors qu'on pensait jusqu'alors le genre exclusivement eurasiatique, on a découvert dans les années 2010 des fossiles en Amérique du Nord. Pendant l'Éocène, période où l'Amérique du Nord et l'Europe étaient encore en contact par le Nord[13], le genre était donc largement répandu sur les deux continents. Le climat y était plus chaud qu'actuellement. Des fossiles retrouvés au Colorado ont permis d'identifier une espèce vivant à l'Éocène moyen (il y a environ 50 millions d'années), appelée †Ectobius kohlsi, présentant des caractéristiques communes avec les espèces vivantes E. kraussianus et du groupe d'E. sylvestris, et dont la répartition était manifestement cosmopolite[14]. D'autres espèces non identifiées y ont également été découvertes. Le refroidissement provoque la disparition de ces espèces en Amérique du Nord, alors qu'en Europe, elles sont parvenues à s'adapter. 49 millions d'années plus tard, à la suite de cette adaptation, plusieurs espèces européennes (E. lapponicus, E. lucidus, E. pallidus, et E. sylvestris[14],[15]), ont pu reprendre pied en Amérique du Nord, alors que leurs ancêtres n'avaient pu s'adapter.
Les espèces vivantes apparaissent donc comme des reliques d'une faune plus riche qui y vivait à l'Oligocène[14].