Edmand Lara
homme politique bolivien
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Edmand Lara Montaño (né le à Villa Rivero (Cochabamba)) est un homme d'État, avocat et policier bolivien. Candidat à la vice-présidence de la Bolivie aux élections générales de 2025 pour le Parti démocrate-chrétien, il est élu à cette fonction le au second tour de ces élections.
| Edmand Lara | |
Edmand Lara, en novembre 2025. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Vice-président de l'État plurinational de Bolivie | |
| En fonction depuis le (5 mois et 24 jours) |
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| Élection | 19 octobre 2025 |
| Président | Rodrigo Paz Pereira |
| Gouvernement | Paz |
| Prédécesseur | David Choquehuanca |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Edmand Lara Montaño |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Villa Rivero, province de Punata, Cochabamba (Bolivie) |
| Nationalité | Bolivienne |
| Parti politique | Parti démocrate-chrétien |
| Conjoint | Diana Romero Saavedra |
| Diplômé de | Universidad Unión Bolivariana |
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| Vice-présidents de l'État plurinational de Bolivie | |
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Durant 15 ans, il sert dans la Police nationale bolivienne, atteignant le grade de capitaine, jusqu'à son arrestation et sa révocation après avoir dénoncé une tentative d'extorsion de la part de ses supérieurs, ainsi que des cas de corruption de la part d'autres agents envers des civils. Cet épisode le conduit à militer contre la corruption policière, acquérant une notoriété publique qui le conduit à se lancer en politique.
Rapidement après avoir accédé à la vice-présidence de l'État, d'importantes tensions surviennent avec le président Rodrigo Paz Pereira, avec lequel il entre en opposition ferme au cours du mois de .
Premières années
Edmand Lara est originaire de la ville de Villa Rivero, située dans le département de Cochabamba, mais s'installe dans le département de Santa Cruz pour des raisons familiales[1]. En 2007, il est diplômé de l'Académie nationale de police et passe la majeure partie de ses 15 années de service à Santa Cruz de la Sierra[2].
En 2024, il obtient un diplôme en droit de l'Université Unión Bolivariana de La Paz, suivant une formation à distance[3].
Carrière policière
Controverses et plaintes au sein de la Police nationale
En , Edmand Lara porte plainte contre le colonel Jhonny Ortuño, responsable du casier judiciaire de l'Unité de transit, qui facture des frais pour la fourniture de ses casiers judiciaires. Ortuño est ensuite licencié et soumis à une procédure disciplinaire[4],[5],[6].
Le mois suivant, Lara dépose une nouvelle plainte disciplinaire contre le sergent Maribel Huayllani Silvestre, alors affecté à la Direction de la protection des victimes de Santa Cruz de la Sierra. Lara prétend que Huayllani a extorqué de l'argent à un civil de la municipalité de Warnes, l'accusant à tort d'avoir volé un véhicule et exigeant 4 000 bolivianos pour clore l'affaire. La victime témoigne et admet la véracité de cette accusation[5],[7].
Le , Lara dénonce publiquement l'implication de deux policiers dans un vol aggravé. Quelques heures plus tard, l'un des deux est arrêté et l'autre s'enfuit. Lors d'une interview, il affirme : « Ce qui est intéressant, c'est qu'à ce jour, le capitaine A. U. est toujours en fuite. C'est un mensonge de dire qu'ils l'ont arrêté. Je ne comprends pas comment la police peut continuer à protéger un policier incompétent qui a un casier judiciaire. »[8],[9].
Arrestation et licenciement
Six jours après ses déclarations, le , il est arrêté sans convocation par un groupe de sept policiers, lors d'une opération que lui-même qualifie de violente[10]. L'arrestation est basée sur une plainte déposée par le sergent Huayllani, qui l'accuse d'usurpation de fonctions. Les officiers qui l'arrêtent ouvrent une deuxième affaire pour entrave à la justice, pour avoir prétendument résisté à l'arrestation[11]. Lara croit que ces accusations constituent des représailles en raison des dénonciations qu'il avait faites[12].
Le , il subit un revers lors de l'audience sur les mesures conservatoires, qui est suspendue pour cette raison[13]. Le Défenseur du peuple vérifie l'état de santé de Lara et le surveille[14].
Lors de l'audience du , le Deuxième tribunal anticorruption de Santa Cruz lui accorde la liberté, en lui imposant des mesures alternatives à la détention préventive, notamment l'obligation de se présenter régulièrement au parquet, l'interdiction de quitter le pays et le versement d'une caution. Il lui est également interdit de publier des vidéos sur le réseau social TikTok[11],[15]. Lors du second procès, il lui est imposé également des mesures alternatives[16].
En , il est définitivement renvoyé de la Police nationale, sans droit de réintégration, pour « infractions graves » conformément à l'article 93 de la Loi 101 sur le régime disciplinaire de la police[17],[18].
Le , lors d'une conférence de presse au sein des Forces spéciales de lutte contre la criminalité de Santa Cruz, il tente de déposer une plainte contre un agent pour négligence dans une affaire d'agression. Vêtu en civil et accompagné de la victime, Lara s'adresse au commandant départemental Erick Holguín pour engager la procédure[19].
Une altercation physique survient lorsque Holguín saisit Lara par le cou, qui se débat et est finalement emmené dans une pièce intérieure où il est temporairement détenu. L'incident, dont les médias ont été témoins, aboutit à la libération du capitaine Lara quelques heures plus tard. Cet épisode met en lumière les tensions au sein de la police bolivienne. Des parlementaires du Mouvement vers le socialisme, de la Communauté civique et de Creemos expriment leur solidarité à l'endroit de Lara[20],[21].
Après avoir quitté la Police, Lara se consacre au commerce de vente de vêtements avec sa femme et poursuit parallèlement des études universitaires en droit[22].
Avant la vice-présidence
Militantisme
Après son expulsion de la Police, Lara continue à signaler des cas présumés d'irrégularités et actes de corruption au sein de l'institution policière sur son compte TikTok, portant le pseudonyme « Capitán Lara »[23],[24].
Élections générales de 2025
Le , dernier jour prévu pour l'enregistrement des candidatures à l'Organe électoral plurinational, le candidat présidentiel du Parti démocrate-chrétien, le sénateur Rodrigo Paz Pereira, annonce confirmer Lara comme colistier pour les élections générales de la même année, après que le précédent candidat à la vice-présidence de la formule, Sebastián Careaga, se désiste et décide de se présenter comme député pour Unidad, le parti de Samuel Doria Medina[25],[26].
Au premier tour des élections, Paz et Lara obtiennent la première place avec 32 % des voix, déjouant tous les sondages. Le duo affronte au second tour l'ancien président Jorge Quiroga et Juan Pablo Velasco d'Alianza Libre[27].
Selon plusieurs médias, l'arrivée d'Edmand Lara comme candidat vice-présidentiel a été déterminante dans la performance électorale du duo au premier tour. Des agences internationales comme Associated Press soulignent que la campagne avait « pris un essor inattendu ces dernières semaines » grâce à l'arrivée de Lara, ancien capitaine de police bénéficiant d'un large soutien évangélique et présent sur les réseaux sociaux, perçu par ses partisans comme un leader prêt à lutter contre la corruption au sein des forces de sécurité[28]. De son côté, le magazine Nueva Sociedad met en avant son profil de « candidat viral du peuple », doté d'une grande capacité à toucher de larges secteurs grâce à des messages quotidiens sur TikTok et à une intense tournée territoriale qui lui a permis de consolider une base populaire[29].
Après le premier tour, Lara suscite la controverse après avoir qualifié le candidat de l'opposition Jorge Quiroga de maricón – un terme péjoratif désignant les homosexuels –, ce qui lui vaut des accusations d'homophobie[30]. En outre, trois organisations journalistiques, dont l'Association nationale des journalistes de Bolivie rejettent les accusations de corruption qu'adresse Lara contre des journalistes connus. Celles-ci affirment qu'elles ne constituent que des « tentatives de persécution et d'intimidation de journalistes »[31].
Il fait également des esclandres lorsqu'il s'attaque à son propre parti ainsi qu'à des élus du Parti démocrate-chrétien, le parti avec lequel il se présente à la vice-présidence[32],[33]. Lara affirmera :
« Je suis le garant. Si Rodrigo Paz refuse, je le confronterai. Je veux dire à tous les sénateurs et députés qui s'apprêtent à entrer : ne trahissez pas votre peuple, car si vous le faites, je serai le premier à le dénoncer. Nous avancerons, que les corrompus le veuillent ou non, nous ferons avancer la Bolivie. Nous écrirons une nouvelle histoire, et quiconque envisage de venir ici pour voler devrait se repentir. »
Il est finalement élu le au second tour de ces élections[34],[35].
Vice-président de l'État
Investiture
Dans son discours de prestation de serment, Edmand Lara rappelle que la Bolivie est un « pays plurinational », annonce « une nouvelle orientation pour tous les secteurs » et affirme que « le gouvernement aspire à une « ère nouvelle », sans exclusion ». Il met l'accent sur la diversité ethnique et sociale du pays et sur les organisations sociales et rend hommage aux « martyrs de la démocratie bolivienne », tels que Tupac Katari, Zárate Willka (es), Juana Azurduy, Pedro Domingo Murillo et Ignacio Warnes (es)[36]. Il déclare ainsi que le pays requiert une réforme du cadre institutionnel, l'éradication de la corruption et une transformation du système judiciaire[37].
Malgré sa radiation du corps de police, Lara demande de prêter serment avec son uniforme de policier. Les forces de l'ordre consentent à la demande, vu qu'il ne s'agit que d'un acte symbolique[36].
Tensions avec le président Paz
Les débuts du gouvernement de Rodrigo Paz sont chamboulés par les frasques médiatiques du vice-président Lara. Le , peu après la nomination des personnes qui formeront le gouvernement de Rodrigo Paz, Lara affirme sur le réseau social TikTok qu'il ne se laisserait pas écarter des décisions de l'État et assure qu'il participera activement aux réunions du cabinet. Il avertit également qu'aucun acte de corruption au sein du gouvernement ne sera toléré de sa part. Il déclare également que, lors de la prestation de serment du conseil des ministres, le président Paz lui aurait suggéré de quitter après la photo officielle, car les membres du conseil se réuniront pour une première rencontre. Lara affirme sur TikTok avoir rappelé qu'il s'agit d'un pouvoir dévolu au vice-président de participer aux réunions du cabinet afin de pouvoir effectivement y assister[38].
Lara critique ouvertement le président Paz pour avoir créé un vice-ministère de la Coordination législative qui regroupe tous les pouvoirs ordinairement dévolus au vice-président et estime cette décision contraire à la Constitution bolivienne[39]. Il déclare également sur TikTok que le pouvoir exécutif du pays est délaissé par Paz au profit de Samuel Doria Medina, riche homme d'affaires et président d'Unité, et que c'est celui-ci qui choisit les ministres et vice-ministres[40].
Le , Lara déclare que le président Paz « s'entoure des pires personnes, de ministres profondément corrompus », peu après que le ministre de la Justice et de la Transparence institutionnelle et proche de Lara, Freddy Vidovic, ait été limogé en raison de la révélation d'une condamnation de trois années de prison en 2015. Les services de registres judiciaires boliviens indiqueront plus tard qu'aucun casier judiciaire ni condamnation n'a été trouvé au nom du ministre[40]. Lara affirmera ensuite que son successeur nommé par le président, Jorge García, ne peut occuper la fonction, car il est accusé devant des tribunaux pour viol, manquement à ses obligations, coercition, violences conjugales et violation de domicile[41]. Ces révélations mettent en suspens la prestation de serment de García, qui ne devient que ministre de la Justice temporairement en attendant que le gouvernement ferme le ministère, tel que l'avait promis Paz durant sa campagne électorale[40].
Le lendemain, Lara appelle aussi au congédiement par le président Paz du ministre du Gouvernement, Marco Antonio Oviedo, qu'il considère comme inapte à occuper ses fonctions, vu ses présumées affaires judiciaires pendantes en matière de faux témoignage et de violence conjugale[42].
Opposition ferme au président Paz
Le , Edmand Lara déclare sur TikTok que le président Rodrigo Paz est « corrompu » et que ses ministres sont des « idiots », que seuls un ou deux d'entre eux sont « récupérables ». Il s'oppose également au décret présidentiel numéro 5503 devant relancer l'économie[43].
Le , Lara déclare sur TikTok qu'il est dans l'opposition au président Paz et que ce dernier devra s'y faire jusqu'à la fin de son mandat. Il affirme vouloir s'opposer à la corruption au sein du gouvernement Paz, dès que ce dernier « ait décidé de gouverner pour les riches et de s'entourer de personnes corrompues »[44].
Le même jour, Jaime Soliz, un directeur général à la vice-présidence sous Lara démissionnaire, exige publiquement que ce dernier démissionne aussi de ses fonctions et lui suggère de se soumettre à une évaluation psychiatrique, en raison de ses déclarations faites contre le gouvernement. Il le qualifie « d'homme incontrôlable » qui « parle avant de réfléchir » et qui ne « connaît pas le poste et la structure de la vice-présidence ». Il estime de plus qu'il est « une menace à la sécurité de l'État »[45].
Résultats électoraux
Lors du premier tour des élections générales de 2025, Rodrigo Paz et Edmand Lara remportent la première place avec 32,44 % des voix, suivi de Jorge Quiroga et Juan Pablo Velasco, qui obtiennent, quant à eux, 26,70 % des voix et se qualifient également pour le second tour. C'est finalement Rodrigo Paz qui remporte la victoire avec 54,53 % des voix, contre 45,47 % pour Jorge Quiroga[46],[47].
| Élections | Candidats | Alliance | Résultat | Résultat | Assemblée législative plurinationale | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Président | Vice-président | Votes | % | Position | Sénateurs | Députés | ||||
| 2025 | Rodrigo Paz | Edmand Lara | PDC | 1 717 432 | 32,44 | 1e | Second tour |
|||
| - | - | 1e | Élu | |||||||