Élections générales boliviennes de 2025

From Wikipedia, the free encyclopedia

Inscrits7 936 515
Votants6 900 518
Votes blancs172 835
Votes nuls1 371 049
Élections générales boliviennes de 2025
(1er tour)
(2d tour)
Corps électoral et résultats
Inscrits 7 936 515
Votants 6 900 518
86,95% en diminution 1,5
Votes blancs 172 835
Votes nuls 1 371 049
Rodrigo Paz Pereira PDC
Colistier : Edmand Lara
Voix au 1er tour 1 717 532
32,06%
Voix au 2e tour 3 519 064
54,96%
Députés élus 49 en augmentation 33
Sénateurs élus 16 en augmentation 12
Jorge Quiroga Ramírez Libre
Colistier : Juan Pablo Velasco
Voix au 1er tour 1 430 176
26,70%
en diminution 2,1
Voix au 2e tour 2 884 341
45,04%
Députés élus 39 en stagnation
Sénateurs élus 12 en augmentation 1
Samuel Doria Medina Unité
Colistier : José Luis Lupo
Voix au 1er tour 1 054 568
19,69%
Députés élus 26 en augmentation 14
Sénateurs élus 7 en augmentation 3
Andrónico Rodríguez AP
Colistier : Mariana Prado
Voix au 1er tour 456 002
8,51%
Députés élus 8 en augmentation 8
Sénateurs élus 0 en stagnation
Manfred Reyes Villa APB Súmate
Colistier : Juan Carlos Medrano
Voix au 1er tour 361 640
6,75%
Députés élus 5 en augmentation 5
Sénateurs élus 1 en augmentation 1
Parti arrivé en tête par département au 1er tour
Carte
Président
Sortant Élu
Luis Arce
MAS
Rodrigo Paz Pereira
PDC

Les élections générales boliviennes de 2025 ont lieu le afin d'élire simultanément le président et le vice-président ainsi que les 130 membres de la Chambre des députés et les 36 membres de la Chambre des sénateurs de la Bolivie. Le premier tour ayant abouti à un ballotage pour la première fois depuis 2002, un second tour aura lieu le pour départager les deux candidats à la présidence.

Le scrutin intervient six ans après une crise politique de grande ampleur ayant conduit à l'annulation des élections générales de 2019, au départ d'Evo Morales, et à l'organisation de nouvelles élections l'année suivante.

Le président sortant Luis Arce renonce à se représenter à la suite de conflits internes avec Evo Morales au sein du Mouvement vers le socialisme (MAS). Le parti présidentiel présente par conséquent la candidature d'Eduardo del Castillo, qui est cependant concurrencé par le candidat de l'Alliance populaire Andrónico Rodríguez, proche de Morales. L'ancien président appelle cependant au vote nul. À l'inverse des élections précédentes, qui avaient vu l'opposition se réunir autour de quelques candidats, les élections de 2025 sont marquées par une multiplication des candidatures.

Au premier tour de la présidentielle, le sénateur Rodrigo Paz Pereira, membre du Parti démocrate-chrétien (PDC) et fils de l'ancien président Jaime Paz Zamora, crée la surprise en arrivant en tête devant Jorge Quiroga Ramírez, candidat indépendant et ancien président de 2001 à 2002, soutenu par la coalition Libre. Favori des sondages, le millionnaire Samuel Doria Medina, soutenu par Unidad, termine troisième. Ni Eduardo del Castillo ni Andrónico Rodríguez, qui finissent en quatrième et sixième positions, ne parviennent ainsi à se qualifier pour le second tour, privant la gauche d'une représentation au second tour. Au pouvoir depuis deux décennies, cette dernière paie le prix de ses divisions et de la mauvaise situation économique du pays[1].

Déjouant tous les sondages, le sénateur Rodrigo Paz Pereira est élu président de l'État plurinational avec près de 55 % des voix au second tour.

Crise politique de 2019

La Bolivie est touchée par une grave crise politique à l'occasion des élections générales de 2019. Le président sortant Evo Morales, au pouvoir depuis quatorze ans, est candidat pour un quatrième mandat consécutif. Aucun candidat n'ayant remporté l'élection présidentielle dès le premier tour selon les résultats préliminaires, un second tour au suffrage populaire  le premier du genre dans le pays  est initialement pressenti pour le . L'arrêt soudain du dépouillement, suivi le lendemain soir de résultats divergents donnant Evo Morales vainqueur au premier tour, est vivement critiqué par les observateurs et entraîne une crise politique lors de laquelle l'opposition refuse de reconnaître des résultats jugés frauduleux et appelle à la mobilisation citoyenne[2],[3],[4].

Après trois semaines d'une crise politique et de violents affrontements entre opposition et forces de l’ordre, Evo Morales annonce la tenue d'une nouvelle élection présidentielle[5],[6],[7],[8]. Après des accusations de fraudes par l’Organisation des États américains et sous la pression de l'armée, il démissionne[9]. La présidence revient alors à la seconde vice-présidente de la Chambre des sénateurs Jeanine Áñez, issue de l'opposition, après la démission du vice-président Álvaro García Linera, de la présidente de la Chambre des sénateurs Adriana Salvatierra, et du président de la Chambre des députés Víctor Borda[10]. Elle émet des mandats d’arrêt et fait arrêter les hauts membres du Mouvement vers le socialisme (MAS), accusés d'avoir manipulé les résultats. Visé par l'un de ces mandats, Evo Morales trouve refuge au Mexique[11],[12]. Les élections sont annulées par le Parlement et un nouveau scrutin convoqué par Jeanine Áñez a lieu un an plus tard, après deux reports dus à la pandémie de Covid-19[13],[14].

Les élections générales de 2020 sont remportées haut la main par le candidat du MAS Luis Arce, déjouant la majorité des sondages qui envisageaient un second tour entre lui et son principal concurrent Carlos Mesa, président de 2003 à 2005[15],[16]. Sa victoire est reconnue le soir même par Mesa, par la présidente sortante Jeanine Áñez, ainsi que par les observateurs internationaux[17],[18],[19].

Dans son rapport final rendu le , l'OEA estime qu'il y a eu une « manipulation délibérée » des résultats, et que l'écart réel entre Morales et Mesa est en réalité « minime », impliquant une « série d'opérations délibérées destinées à altérer la volonté exprimée dans les urnes »[20]. Le cependant, trois chercheurs indépendants du MIT et du New York Times publient une étude statistique, qui pointe des erreurs dans l'étude menée par l'OEA. Ils affirment que les conclusions de fraudes étaient fausses et reposaient sur des méthodes statistiques erronées[21],[22].

Procès des dirigeants post-crise politique de 2019

Condamnation de Jeanine Áñez

La présidente par intérim de 2019 à 2020, Jeanine Áñez.

Le , après la plainte d'une ancienne députée du MAS, la justice bolivienne ordonne l'arrestation de Jeanine Áñez, qui est alors recherchée par les autorités pour « sédition et terrorisme »[23]. Le jour même, la police se rend au domicile de l'ancienne présidente, situé à Trinidad, et l'arrête[24]. L’ancienne présidente est amenée à La Paz en présence du ministre du Gouvernement, Eduardo del Castillo. Le lendemain, elle est placée en détention provisoire et transférée dans une prison pour femmes[25],[26].

À partir du , des dizaines de milliers de personnes manifestent dans les principales rues du pays pour protester contre les arrestations récemment menées[27],[28]. Amnesty International fait alors état de sérieux doutes sur l’indépendance de la justice en Bolivie, quel que soit le parti au pouvoir ; la directrice Amérique de l’ONG, Érika Guevara Rosas (es), indique que « la détention de Jeanine Áñez et d’autres ex-fonctionnaires semble suivre un modèle habituel : un usage partial de la justice »[29].

Le , un rapport du groupe d’experts indépendants de la Commission interaméricaine des droits de l’homme est utilisé par le parquet bolivien pour accuser l’ex-présidente de « génocide » en raison d’un usage disproportionné de la force contre des manifestants en , avec 20 morts[30].

Son procès pour « décisions contraires à la Constitution » et « manquement au devoir » s'ouvre le à La Paz[31]. Le , reconnue coupable d'avoir organisé un coup d'État contre Evo Morales et d'avoir accédé au pouvoir de manière inconstitutionnelle, elle est condamnée à dix ans de prison[32].

Emprisonnement de Luis Fernando Camacho

Camacho lors de la crise post-électorale de 2019.

Mis en cause lui aussi par la justice bolivienne dans le coup d’État de 2019, Luis Fernando Camacho refuse de façon répétée en 2021 et 2022 de se présenter devant la justice lorsque le procureur le convoque pour témoigner. Lui-même nie avoir participé à un coup d’État et affirme avoir défendu la démocratie contre un gouvernement dictatorial. La justice émet finalement à son encontre un mandat d’arrêt en , que les autorités politiques hésitent toutefois à faire exécuter, craignant que son arrestation n'entraine des violences[33].

Le , il est arrêté et conduit à La Paz. Le lendemain, un juge le condamne à quatre mois de détention préventive[34]. La nouvelle de son emprisonnement déclenche de violentes manifestations dans son fief de Santa Cruz. Des bâtiments publics sont incendiés, ainsi que la maison d’un ministre[35].

Il lui est reproché d'avoir dirigé des blocages de rue avec des groupes militants et de s’être coordonné avec des membres de la police pour conduire cette institution à se retourner contre le gouvernement. L'acte d'accusation se fonde notamment sur des déclarations faites par Camacho lui-même dans la presse et les réseaux sociaux. Dans l’une d’elles, il affirme que son père, un important homme d’affaires, est celui qui a « arrangé avec la police » leur soutien au soulèvement contre Evo Morales. Dans une autre, publiée immédiatement après la démission du président, il appelle à l'instauration d'une « junte civico-militaire »[33].

Schisme de la gauche bolivienne

Candidature avortée d'Evo Morales

Evo Morales en 2023
Luis Arce lors d'une cérémonie en 2022.

Le parti au pouvoir, le Mouvement vers le socialisme (MAS), détient un pouvoir quasi-continu depuis 2006. Depuis 2020, la direction du parti et la présidence est occupée par Luis Arce. Son prédécesseur et ancien mentor, Evo Morales, en exil lors des dernières élections et n'ayant pu revenir au pays que sous la présidence d'Arce, provoque un schisme dans le parti lorsqu'il tente d'en reprendre les rênes et devient un fervent critique du pouvoir en place[36].

Dès 2022, les critiques de Morales contre le gouvernement deviennent de moins en moins dissimulées. Il affirme notamment qu'un complot du gouvernement vise à le « détruire », lui ainsi que des dirigeants de producteurs de coca[37]. La constitution d'une « faction evista » au sein du MAS est de plus en plus évidente. En , cette faction et les députés de l'opposition votent une motion de censure à l'encontre du ministre du Gouvernement, Eduardo del Castillo, qui est réintégré dans ses fonctions deux jours plus tard par le président Arce, bien qu'une destitution soit la conséquence habituelle d'une telle motion. Le , le congrès du MAS, contrôlé par la faction de Morales, déclare que celui-ci est le chef du parti et le seul candidat du parti pour les élections générales de 2025. Quelques semaines plus tard, le Tribunal suprême électoral dit ne pas reconnaître la décision du congrès[38].

En , une décision du Tribunal constitutionnel plurinational vient interdire à Morales de se présenter aux élections générales de 2025. Se basant sur l'avis consultatif de la Cour interaméricaine des droits de l'homme paru en juin 2021, le tribunal affirme que la réélection présidentielle indéfinie n'existe pas dans la constitution bolivienne et ne constitue pas un droit de l'homme. Le tribunal renverse donc sa propre décision datant de 2017 à l'effet contraire[39], [40].

Climat social et économique fragile et renoncement du président Arce

Le candidat du MAS et ministre sous Luis Arce, Eduardo del Castillo.

Le , le chef de l'armée, le général Juan José Zúñiga, mène un soulèvement militaire qui ne dure que quelques heures. Opération qualifiée de tentative de « coup d'État » par le président Luis Arce. Son détracteur et ancien président, Evo Morales accuse Arce d'avoir orchestré une « tentative d'auto-coup d'État ». En septembre de la même année, des dirigeants sociaux fidèles à Morales envoient même au gouvernement une liste de revendications économiques et sociales et menacent de débuter une marche dans le pays et de bloquer les routes. À la tête d'environ 5 000 personnes, Morales lance le la soi-disant « Marche pour sauver la Bolivie » qui exige des solutions aux pénuries de dollars et de carburant et qui appelle à la reconnaissance des décisions du congrès du MAS, qui a ratifié Morales comme chef du parti et candidat aux élections de 2025[41]. Des invitations de la part des deux parties à dialoguer n'aboutissent pas[37].

Le conflit entre Arce et Morales a pour effet de faire émerger deux blocs au sein du MAS. Le bloc réformiste qui soutient Arce et les dénommés « radicaux » qui appuient Morales. Ce dernier, ayant perdu la direction du parti, finit par le quitter et s'allie avec le Front pour la victoire. Ce conflit affaiblit fortement le MAS et permet par conséquent la formation d'une nouvelle gauche, dirigée par Andrónico Rodríguez, membre du MAS, qui reçoit l'appui de plusieurs acteurs de la gauche bolivienne, tels que le vice-président de l'État, David Choquehuanca, la maire d'El Alto, Eva Copa et le président du Mouvement Troisième système, Félix Patzi. Il reçoit en outre le soutien des autorités du Beni et de Pando et des crucéniens, le politicien Mario Cronenbold, le sénateur William Tórrez et le leader Darwin Choquerive[42],[43].

Courant 2025, alors qu'il est confronté à une crise économique et à des sondages défavorables, le président sortant Luis Arce est désigné candidat par le MAS. Le , il annonce renoncer à briguer un deuxième mandat[44]. Arce est désigné tête de liste au Sénat, tandis qu'Eduardo del Castillo est désigné candidat à la présidence[45]. Entre temps, Evo Morales se retranche dans sa maison du département de Cochabamba, entouré de partisans qui empêchent la police de venir l'arrêter, l'ancien président faisant face à deux enquêtes judiciaires, une pour détournement de mineur[46] et une pour terrorisme[47].

Tentatives d'unification du vote d'opposition

Formation du Bloc uni d'opposition

Des tentatives au sein des partis d'opposition – centristes et de droite –, de présenter un candidat présidentiel commun afin de faire face au MAS émergent plus concrètement vers la fin de l'année 2024. Ces balbutiements n'aboutissent cependant pas après que plusieurs anciens acteurs politiques fondent chacun leur propre mouvement politique. Le , après l'annonce officielle de la candidature de Jorge Quiroga, Carlos Mesa annonce la formation du « Bloc uni d'opposition », une alliance politique convenue entre Samuel Doria Medina (dirigeant de l'Unité nationale), Jorge Quiroga (qui avait annoncé sa candidature avec le Front révolutionnaire de gauche) et Luis Fernando Camacho (leader de Creemos) afin de présenter un candidat présidentiel commun aux élections générales[48],[49].

Soutien partagé au bloc uni d'opposition

Bien que ces derniers reçoivent l'appui de plusieurs membres de la société civile, de nouvelles formations d'opposition émergent distinctement. Le sénateur de Communauté civique et ancien maire de Tarija, Rodrigo Paz Pereira, met sur pied le mouvement Primero la Gente (Premièrement, les gens) et propose notamment le partage à parts égales des ressources naturelles entre le gouvernement central et les régions[50]. Le maire de Cochabamba, Manfred Reyes Villa, fonde également le parti Autonomia Para Bolivia - Súmate, en vue de contrer la réélection du MAS. L'ancien candidat présidentiel Chi Hyung Chun, le recteur de l'université autonome Gabriel René Moreno, Vicente Cuéllar, le chef du Mouvement sans peur, Juan del Granado, affirment également initialement ne pas vouloir s'adjoindre au bloc uni d'opposition[49].

Quant à lui, l'ancien ministre de l'Économie sous Jeanine Áñez, Branko Marinkovic, tente de fonder son mouvement politique libéral, avant de se rallier à Quiroga en [51].

Cette nouvelle coalition est critiquée par certains, où sont relevés le manque de propositions solides, la participation majoritaire d'anciens candidats à la présidence et le fait de constituer une fausse opposition au MAS[49],[52],[53].

Ce bloc d'opposition se saborde en lorsque, devant l'impasse de proposer un candidat présidentiel commun, Carlos Mesa quitte ses fonctions de porte-parole du bloc, suivi de la scission de Jorge Quiroga qui quitte le bloc pour se présenter sous l'étiquette Libre[54]. Des sondages internes auraient également permis de déterminer un appui plus fort à Samuel Doria Medina, contribuant au départ de Quiroga[55].

Inflation et pénuries

La Bolivie est, depuis 2023, aux prises avec une situation économique difficile marquée par l'inflation et des pénuries de biens essentiels. Le climat social et les blocus, notamment ceux des supporteurs d'Evo Morales qui se concentrent sur les routes névralgiques du département de Cochabamba qui relient l'est et l'ouest du pays, accentuent cette situation inflationniste. En , l'Institut national de statistiques (es) annonce que l'inflation s'élève à 15,53 % au premier semestre de 2025. L'inflation se fait particulièrement ressentir pour les denrées alimentaires dans l'ouest du pays. La Bolivie avait terminé l'année 2024 avec un taux d'inflation de 9,97 %, soit le plus élevé depuis 2008, année où le pays avait enregistré un taux de 11,8 %[56].

Le pays est également aux prises avec des pénuries de dollars, de carburant, de denrées alimentaires et de médicaments[57], notamment en raison de la chute de production nationale de gaz et d'une baisse de ses recettes[58],[59]. La chute de la valeur du boliviano a fait tripler le prix de certains biens[60],[61].

La Bolivie est par ailleurs devenue sous les gouvernements du PAS une alliée économique et géopolitique de la Chine, la Russie et l'Iran. Les élections de 2025 ont par conséquent pour enjeu un réalignement géopolitique et économique en faveur du monde occidental en cas d'alternance politique[62].

Système électoral

L'ensemble des scrutins se déroule simultanément, un seul vote de l'électeur pour un parti comptant pour ses candidats à la présidence, à la Chambre des sénateurs, et pour ceux élus à la proportionnelle à la Chambre des députés, suivant un système appelé ley de lemas[63].

Président et vice-président

Le président bolivien est élu en même temps que le vice-président pour un mandat de cinq ans par le biais d'une version modifiée du scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Est élu le candidat qui remporte la majorité absolue des suffrages exprimés lors du premier tour, ou plus de 40 % des voix avec au moins dix points d'avance sur celui arrivé en deuxième position. A défaut, un second tour est organisé dans les soixante jours entre les deux candidats arrivés en tête. Est alors élu celui qui reçoit le plus grand nombre de suffrages[64],[65].

Le mandat du président n'était auparavant renouvelable qu'une seule fois. Une décision du Tribunal constitutionnel fin 2017 a mis fin à cette clause : le président peut depuis se représenter de manière illimitée[64]. Cette décision a lieu peu après l'échec d'Evo Morales à supprimer cette limitation en organisant un référendum constitutionnel, en , la population ayant alors rejetée l'amendement par 51,3 % des voix exprimées. À la suite de la crise politique de 2019, une loi interdit à Morales de se représenter[66].

Parlement

Palais du parlement.

La Bolivie est dotée d'un parlement bicaméral appelé Assemblée législative plurinationale. Celle-ci est composée d'une chambre basse, la Chambre des députés, et d'une chambre haute, la Chambre des sénateurs. Toutes deux sont renouvelées simultanément pour un mandat de cinq ans.

Chaque électeur vote au scrutin majoritaire pour un candidat à la Chambre des députés dans sa circonscription et vote séparément pour la liste d'un parti. Ce second vote compte pour le candidat à la présidentielle et pour la répartition des sièges de l'autre partie de la Chambre des députés ainsi que de la totalité de ceux de la Chambre des sénateurs à la proportionnelle.

La Chambre des députés est en effet dotée de 130 sièges dont 70 pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, tandis que les 60 sièges restants le sont au scrutin proportionnel plurinominal dans neuf circonscriptions correspondant aux départements du pays, en fonction de leur population lors du dernier recensement. Une fois le décompte des suffrages terminé, la répartition des 60 sièges se fait à la proportionnelle sur la base du quotient simple, puis selon la méthode du plus fort reste[67],[68],[69].

La Chambre des sénateurs est quant à elle dotée de 36 sièges pourvus au scrutin proportionnel plurinominal dans neuf circonscriptions correspondant aux départements du pays, à raison de 4 sièges par département. La répartition se fait selon la même méthode qu'à la chambre basse[70].

Les candidats doivent avoir au moins 25 ans pour être député, et 35 ans pour être sénateur. Tous les candidats élus au scrutin majoritaire doivent avoir un suppléant du sexe opposé. De même, les listes des partis doivent alterner les candidats masculins et féminins. Sur les 70 sièges majoritaires, sept sont réservés aux minorités indigènes[71].

Forces en présence

Principales forces politiques
Parti Idéologie Candidats
et colistiers
Résultat en 2020
Mouvement vers le socialisme
Movimiento al Socialismo (MAS)
Gauche
Socialisme du XXIe siècle, bolivarisme, plurinationalisme, indigénisme
Eduardo del Castillo
Milán Berna
55,11 % des voix
71 députés
21 sénateurs
Libre[a] Droite
Démocratie libérale, libéral-conservatisme, constitutionnalisme, réformisme
Jorge Quiroga
Juan Pablo Velasco
28,83 % des voix
39 députés
11 sénateurs
Unidad[b] Centre droit
Social-libéralisme, conservatisme, libéralisme économique, réformisme
Samuel Doria Medina
José Luis Lupo
14,00 % des voix
16 députés
4 sénateur
Parti démocrate-chrétien
Partido Demócrata Cristiano (PDC)
Centre droit
Démocratie chrétienne, conservatisme, libéralisme
Rodrigo Paz Pereira
Edmand Lara
Unité civique de solidarité
Unidad Cívica Solidaridad (UCR)
Droite
Conservatisme social, populisme, libéralisme économique
Jhonny Fernández
Rosa Huanca
Autonomie pour la Bolivie - Súmate
Autonomia Para Bolivia - Súmate
Centre droit
Libéral-conservatisme, nationalisme civique, autonomisme
Manfred Reyes Villa
Juan Carlos Medrano
Nouveau
Mouvement Troisième système
Movimiento Tercer Sistema (MTS)
Gauche
Troisième voie, plurinationalisme, communalisme, communautarisme, collectivisme, progressisme
Andrónico Rodríguez
Mariana Prado
Absent

Campagne

Premier tour

Rodrigo Paz Pereira

Rodrigo Paz Pereira en 2020.

Dans un événement politique du mouvement qu'il a créé, Primero la Gente (en français : « Les gens d'abord »), Rodrigo Paz Pereira propose en la mise en place un mécanisme où les ressources du pays seraient partagées à parts égales entre le gouvernement central et les régions du pays[50]. Sa campagne, contrairement à Quiroga et Doria Medina, est plutôt sobre et n'est pas marquée par de coûteux rassemblements et des stratégies publicitaires massives. Son message est plutôt transmis via les réseaux sociaux, notamment par son colistier Edmand Lara, ancien chef de police, qui décrie sur TikTok la corruption qui touche la police bolivienne[72].

En , Paz Pereira propose un « programme 50/50 », qui comprend une redistribution du pouvoir, une réforme judiciaire et la décentralisation de l'État. La politique de redistribution budgétaire à parts égales prévoit que 50 % du pouvoir budgétaire et financier de l'État restera au niveau du gouvernement central et l'autre moitié échoira aux collectivités territoriales inférieures et aux universités, contrairement à la proportion de 85 % en faveur du gouvernement central qui prévaut[73].

Sous sa gouverne, les entreprises publiques déficitaires seraient fermées ou « gelées » et un système numérique d'octroi des appels d'offres publics serait mis en place pour tous les niveaux de gouvernement, assurant l'anonymat des soumissionnaires, l'équité entre eux et l'élimination de toute discrétion dans le processus de passation des marchés publics. Les nominations des principales autorités des institutions sous l'égide du ministère de l'Économie et des Finances publiques devraient également être au mérite. Son programme prévoit également un plan visant à créer un fonds pour la décarbonisation de l'économie garantissant des prêts aux familles en quête d'efficacité énergétique, des prêts pour le remplacement d'unités de transport urbain hautement consommatrices de combustibles fossiles, des formations techniques visant à modifier la matrice énergétique du pays et l'implantation de technologies d'énergie durable, de production d'hydrogène vert, d'électricité solaire et éolienne. Les exportations seraient libéralisées et le système fiscal revu. Finalement, la numérisation de l'administration de l'État serait favorisée, le gouvernement central serait moins appelé à intervenir dans les divers processus publics et une réforme judiciaire visant une refonte de la formation professionnelle des avocats et une institutionnalisation du pouvoir judiciaire serait mise en place[73].

Son colistier est Edmand Lara, ancien chef de la police bolivienne entre 2007 et 2023 qui s'est fait connaître pour avoir dénoncé des scandales de corruption dans l'institution[74].

Jorge Quiroga Ramírez

Jorge Quiroga Ramírez en 2019.

Après avoir annoncé son intérêt en décembre 2024 pour se présenter au poste présidentiel, Jorge Quiroga (président de 2001 à 2002) avait accepté de se joindre au « bloc uni d'opposition » formé par l'ancien président Carlos Mesa afin de prévenir toute victoire du Mouvement vers le socialisme (MAS). Devant l'impossibilité de s'entendre avec certains acteurs du bloc – une faction lui était favorable alors qu'une autre soutenait Samuel Doria Medina –, Quiroga annonce en se présenter sous la bannière de Libre[54], une coalition formée du Front révolutionnaire de gauche et du Mouvement démocrate social[75]. Quiroga dénonce par ailleurs le « l'embuscade » du « bloc uni d'opposition » qui n'aurait pas respecté les règles convenues pour la tenue des sondages internes servant à déterminer le candidat présidentiel. Le bloc désigne ce même jour Doria Medina comme candidat présidentiel[55].

Après avoir enregistré officiellement son alliance auprès du Tribunal suprême électoral le , Quiroga propose dans son discours d'ouverture un « Programme de sauvetage national » pour redresser l'économie et faire face à l'inflation, la pénurie de dollars et les difficultés d'approvisionnement en carburant, et ce, avec la participation du Fonds monétaire international. Il propose également une refonte du cadre juridique en matière d'hydrocarbures, d'extraction minière, d'agriculture et de lithium, afin d'« attirer » les investissements étrangers[75].

Peu avant les élections, Quiroga promet de mettre fin à la gauche dans le pays afin « de récupérer les 20 années perdues » – des années Morales et Arce –, et annonce vouloir favoriser la modification de toutes les lois afin de favoriser les investissements étrangers[76]. Dans son discours de clôture de campagne, il affirme vouloir apporter un « changement radical dans absolument tout », notamment la décentralisation de la santé et de l'éducation, l'abrogation de la loi sur l'éducation, qui, selon lui, vise à « endoctriner » les jeunes, la numérisation du gouvernement et l'intégration de la Bolivie dans le minage de cryptomonnaie et la production de batteries au lithium. Il évoque aussi des réformes du système judiciaire et constitutionnelles et affirme vouloir libérer l'ex-présidente par intérim Jeanine Áñez et l'ancien gouverneur de Santa Cruz, Luis Fernando Camacho[77]. Tout au long de la campagne électorale, les sondages le donnent second, après Samuel Doria Medina, avec environ 20 % des intentions de vote.

Son colistier est Juan Pablo Velasco, un entrepreneur dans le domaine des technologies numériques originaire de Santa Cruz[78].

Samuel Doria Medina

Samuel Doria Medina en 2020.

La candidature de Samuel Doria Medina à la présidentielle se confirme le [79], alors que des sondages internes au sein du « bloc uni d'opposition » formé quatre mois plus tôt par l'ancien président Carlos Mesa semblent lui donner un avantage sur Jorge Quiroga[55]. Il annonce enregistrer officiellement son alliance, Unité, auprès du Tribunal suprême électoral le 18 avril 2025 et bénéficier du support de Nous croyons, parti politique de l'ancien gouverneur de Santa Cruz, Luis Fernando Camacho[80].

Peu avant les élections, Doria Medina affirme que le pays fait face à une crise économique importante – notamment en raison de l'inflation et de la pénurie de carburant – qui doit être renversée rapidement par des ajustements drastiques, tels que ceux utilisés en Argentine par Javier Milei pour maintenir basse l'inflation dans les premiers mois de son mandat. Pour ce faire, il prévoit notamment supprimer toute subvention aux carburants, malgré les manifestations massives qui avaient éclaté dans tout le pays et qui avaient fait reculer Evo Morales lorsqu'il avait tenté de les réduire en 2010. Il prévoit favoriser l'exploitation du lithium qui « demeure largement inexploité ». Faisant référence notamment aux accusations qui pèsent sur Morales en matière d'abus sexuels sur une adolescente de 15 ans, Doria Medina affirme qu'il fera respecter la loi et qu'il est possible que celui-ci finisse en prison sous sa présidence[81].

Dans son discours de clôture de campagne électorale, Doria Medina met l'emphase sur la relance économique, la transparence et la lutte contre la corruption. Les « dépenses inutiles » seront supprimées, des organismes tels que la Banque centrale de Bolivie, Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos, l'Institut national de statistiques (es) et la Gestora seront obligés de rendre compte périodiquement, le président devra tenir une conférence de presse hebdomadairement. De plus, aucun membre de sa famille ne serait nommé au gouvernement et aucun de ses enfants admis dans la fonction publique. Il promet également l'adoption de nouvelles lois sur les hydrocarbures, l'exploitation minière et les investissements[82]. Tout au long de la campagne électorale, les sondages le donnent favori avec environ 20 % des intentions de vote.

Son colistier est José Luis Lupo, un ancien fonctionnaire de la Banque interaméricaine de développement et ancien ministre sous Jaime Paz Zamora, Hugo Banzer et Jorge Quiroga[83].

Andrónico Rodríguez

Andrónico Rodríguez en 2020.

Considéré comme l'héritier d'Evo Morales, le président du Sénat Andrónico Rodríguez est en tête de plusieurs sondages au cas où celui-ci ne se présente pas aux élections générales boliviennes de 2025. Malgré son inéligibilité pour un nouveau mandat, Evo Morales refuse cependant d'être remplacé par Andrónico Rodríguez. Celui-ci, bien que soutenant Evo Morales face à Luis Arce sans s'opposer à celui-ci lors de la crise de direction au sein du MAS, était pressenti pour être le colistier d'Arce à la présidentielle[84],[85].

Par cette décision, il prend ses distances avec les deux camps du MAS, alors que jusqu'à présent, il avait refusé de se présenter au nom du MAS par respect à la fédération des producteurs de coca, qui soutient Evo Morales[86].

Sa candidature, déposée sous la bannière du Mouvement Troisième système, est cependant temporairement invalidée. En effet, María Maciel Terrazas Merino, cofondatrice du parti avec son ex-mari Félix Patzi, a contesté son expulsion, ce qui remet en doute la validité du congrès et des décisions qui y ont été prises, comme le choix des candidats[87]. Sa candidature est finalement validée le sous la bannière d'Alliance populaire[88].

Sa colistière est Mariana Prado, une avocate et ancienne ministre de la Planification du développement entre 2017 et 2019 sous la présidence d'Evo Morales[89].

Eduardo del Castillo

La candidature d'Eduardo del Castillo est plutôt tardive et fait suite au désistement du président de l'État sortant et candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS), Luis Arce. Le 16 mai 2025, del Castillo est en effet désigné candidat du MAS et ce dernier se présente comme le « candidat de l'ordre »[90], lui qui occupait les fonctions de ministre du Gouvernement au sein du gouvernement Arce.

Son colistier est Milán Berna, un dirigeant paysan et membre de la « faction arcista » du MAS[90].

Candidatures retirées

Le , après que le Tribunal suprême électoral (TSE) ait déclaré inhabile le candidat présidentiel de Nouvelle génération patriotique, Jaime Dunn, le parti annonce se retirer de la course[91]. Fidel Tapia avait, avant le , occupé la fonction de candidat présidentiel provisoire du parti en attendant que Jaime Dunn puisse se conformer auprès du TSE au niveau fiscal[92].

En raison notamment de ses faibles résultats électoraux anticipés, du fait qu'il pensait représenter la seule opposition de gauche crédible au MAS et des appels lancés à la formation d'un bloc de gauche uni, le Mouvement de la rénovation nationale, dirigé par Eva Copa, annonce se retirer de la course électorale le [93].

Second tour

Le , le candidat vice-présidentiel démocrate-chrétien, Edmand Lara, affirme qu'il retirera son appui à Rodrigo Paz Pereira s'il compte s'allier avec Samuel Doria Medina et reproduire « le système corrompu qui a prévalu dans le pays », après que soit diffusée une photo d'une rencontre entre le candidat présidentiel et le président Luis Arce où était également présent le conseiller économique de Doria Medina. Il affirme ne vouloir former aucune alliance avec aucun parti ou acteur politique[94].

Selon un rapport préliminaire de la Mission d'observation électorale de l'Union européenne, qui a suivi le processus électoral bolivien, Alianza Libre a représenté 92 % des publicités politiques payantes pendant la campagne du second tour[95].

Intentions de vote

Premier tour

Moyenne lissée des sondages en vue du premier tour.
Après le dépôt des candidatures
Sondage Date Sondés Castillo Rodríguez Doria Medina Quiroga Copa Reyes Villa Paz Fernández Aracena Dunn[c] Vote
blanc
Vote
nul
Ne sait pas/
Ne préfère
pas répondre
Ipsos Ciesmori 2-6 août 2 700 1,5 % 5,5 % 21,2 % 20,0 % 7,7 % 8,3 % 2,0 % 0,5 % 5,2 % 14,6 % 13,3 %
Captura Consulting 27 juillet-3 août 2 500 2,0 % 7,2 % 21,6 % 20,0 % 9,7 % 6,4 % 2,0 % 0,7 % 5,0 % 10,6 % 14,4 %
SPIE 31 juillet-4 août 2 500 1,8 % 8,5 % 23,6 % 24,5 % 8,9 % 9,1 % 2,4 % 0,3 % 9,9 % 5,7 % 5,1 %
SPIE 25-28 juillet 2 500 1,7 % 7,4 % 24,5 % 22,9 % 7,2 % 7,6 % 2,1 % 0,4 % 12,1 % 7,4 % 5,5 %
Ipsos Ciesmori 25-27 juillet 2 500 2,1 % 6,1 % 21,5 % 19,6 % [d] 8,3 % 5,8 % 1,8 % 0,3 % 8,6 % 13,6 % 12,4 %
SPIE 5-10 juillet 2 500 1,9 % 8,3 % 21,8 % 20,7 % 1,1 % 10,0 % 4,0 % 2,5 % 0,4 % 14,8 % 4,5 % 5,3 %
Clemcorp[96] 5-7 juillet 2 500 2,3 % 11,8 % 18,7 % 18,1 % 0,6 % 8,2 % 3,2 % 2,5 % 0,2 % 8,2 % 12,5 % 11,3 %
Captura Consulting 10-20 juin 2 500 1,4 % 13,7 % 19,6 % 16,6 % 1,1 % 8,8 % 6,4 % 3,8 % [e] 5,0 % 7,4 % 15,5 %
SPIE/El Deber[97] 7-14 juin 2 500 1,7 % 14,7 % 24,0 % 22,1 % 1,4 % 9,4 % 5,6 % 2,6 % 0,6 % 0,7 % 9,8 % 4,5 % 3,0 %
Ipsos Ciesmori/Unitel[98] 22-26 mai 2 500 2,3 % 14,2 % 19,1 % 18,4 % 1,7 % 7,9 % 4,3 % 3,7 % 0,5 % 1,0 % 6,5 % 10,5 % 10,0 %

Second tour

Institut Dates Échantillon Blanc Nul Indécis
Quiroga
Libre
Paz
PDC
Ipsos CIESMORI/UNITEL[99] 6-9 octobre 2 500 44,9 36,5 3,7 5,6 9,3
Captura Consulting/Red Uno[100],[101] 3-7 octobre 2 560 42,9 38,7 2,6 5,8 10,0
CB Consultora Opinión Pública[102] 1-6 octobre 1 028 44,4 36,2 12,1 7,3
Ipsos CIESMORI/UNITEL[103],[104] 18-21 septembre 2 500 47,0 39,3 3,5 4,7 5,5

Résultats

Résultats globaux

Résultats nationaux préliminaires[105],[106],[107]
Parti ou coalition Candidat présidentiel
et colistier
Premier tour Second tour Sièges
Votes % +/- Votes % Députés +/– Sénateurs +/–
Parti démocrate-chrétien (PDC) Rodrigo Paz Pereira
Edmand Lara
1 717 532 32,06 N/a 3 519 064 54,96 49 en augmentation 33 16 en augmentation 12
Libre[f] Jorge Quiroga
Juan Pablo Velasco
1 430 176 26,70 en diminution 2,13 2 884 341 45,04 39 en stagnation 12 en augmentation 1
Unidad[g] Samuel Doria Medina
José Luis Lupo
1 054 568 19,69 N/a 26 en augmentation 14 7 en augmentation 3
Alliance populaire (AP)[h] Andrónico Rodríguez
Mariana Prado
456 002 8,51 Abs. 8 en augmentation 8 0 en stagnation
Autonomie pour la Bolivie - Súmate (APB-S) Manfred Reyes Villa
Juan Carlos Medrano
361 640 6,75 Nv. 5 en augmentation 5 1 en augmentation 1
Mouvement vers le socialisme (MAS) Eduardo del Castillo
Milán Berna
169 887 3,17 en diminution 51,94 2 en diminution 73 0 en diminution 21
Unité civique de solidarité (UCS) Jhonny Fernández
Rosa Huanca
89 253 1,67 N/a 0 en stagnation 0 en stagnation
Action démocratique nationaliste (ADN) Pavel Aracena Vargas
Víctor Hugo Núñez
77 576 1,45 Abs. 0 en stagnation 0 en stagnation
Autres 1 en augmentation 1 0 en stagnation
Votes valides 5 356 634 77,63
Votes blancs 172 835 2,50
Votes nuls 1 371 049 19,87
Total 6 005 182 100 100 130 en stagnation 36 en stagnation
Abstention 1 035 997 13,05
Inscrits/Participation 7 936 515 86,95 7 936 515

Résultats par département

Premier tour

Candidat Beni Chuquisaca Cochabamba La Paz Oruro Pando Potosí Santa Cruz Tarija
Votes % Votes % Votes % Votes % Votes % Votes % Votes % Votes % Votes %
Rodrigo Paz Pereira 30 181 14,08 90 753 35,48 237 479 28,62 697 751 47,05 126 648 48,39 11 750 21,67 133 524 43,20 300 259 19,48 55 546 19,30
Jorge Quiroga 52 178 24,34 79 020 30,89 233 427 28,14 239 830 16,17 62 501 23,88 15 743 29,04 70 789 22,90 580 581 37,67 63 157 21,94
Samuel Doria Medina 82 058 38,28 32 873 12,85 83 842 10,11 238 685 16,09 18 973 7,25 11 660 21,51 30 122 9,74 432 662 28,07 108 551 37,71
Andrónico Rodríguez 13 526 6,31 21 445 8,38 104 354 12,58 134 620 9,08 21 067 8,05 4 774 8,81 33 573 10,86 82 092 5,33 23 937 8,32
Manfred Reyes Villa 23 864 11,13 14 640 5,72 130 224 15,70 46 582 3,14 13 219 5,05 6 365 11,74 17 060 5,52 78 990 5,12 16 630 5,78
Eduardo del Castillo 8 217 3,83 9 760 3,82 16 608 2,00 64 917 4,38 8 922 3,41 2 668 4,92 11 327 3,66 31 927 2,07 12 571 4,37
Jhonny Fernández 2 339 1,09 3 356 1,31 11 212 1,35 32 332 2,18 4 997 1,91 636 1,17 6 528 2,11 21 604 1,40 3 150 1,09
Pavel Aracena Vargas 1 989 0,93 3 924 1,53 12 501 1,51 28 277 1,91 5 407 2,07 615 1,13 6 181 2,00 13 163 0,85 4 292 1,49
Votes blancs / nuls 36 382 14,51 78 271 23,43 455 191 35,43 385 192 20,62 69 129 20,90 11 505 17,51 129 824 29,58 275 115 15,15 54 314 15,88
Total 250 734 334 042 1 284 838 1 868 186 330 863 65 716 438 928 1 816 393 342 148
Inscrits / participation 296 173 84,66 384 825 86,80 1 443 013 89,04 2 047 825 91,23 363 225 91,09 78 611 83,60 487 029 90,12 2 071 967 87,67 394 539 86,72

Second tour

Candidat Beni Chuquisaca Cochabamba La Paz Oruro Pando Potosí Santa Cruz Tarija
Votes % Votes % Votes % Votes % Votes % Votes % Votes % Votes % Votes %
Rodrigo Paz Pereira 107 685 45,97 162 429 53,72 721 794 61,29 1 153 026 66,03 185 452 60,36 33 736 54,83 249 402 63,38 659 737 38,50 157 237 49,69
Jorge Quiroga 126 584 54,03 139 958 46,28 455 896 38,71 593 108 33,97 121 782 39,64 27 796 45,17 144 122 36,62 1 053 711 61,50 159 195 50,31
Votes blancs / nuls 10 556 4,31 20 078 6,22 79 700 6,34 100 858 5,46 18 288 5,62 2 600 4,06 36 329 8,45 73 536 4,11 17 538 5,25
Total 244 825 322 465 1 257 350 1 846 992 325 523 64 132 429 853 1 786 985 333 970
Inscrits / participation 296 173 82,66 384 825 83,80 1 443 013 87,13 2 047 825 90,19 363 225 89,62 78 611 81,58 487 029 88,26 2 071 967 86,25 394 539 84,65

Analyse

Suites

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI