Effondrement de la civilisation maya classique
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L'effondrement de la civilisation maya classique est le phénomène de déclin et d'abandon qui a touché la plupart des cités mayas des Basses-Terres à la fin de la période classique mésoaméricaine (750 - 1050)[1]. Dans les années 1840, en explorant les cités mayas ensevelies sous la végétation, John Lloyd Stephens se demandait déjà comment de magnifiques cités avaient pu sombrer complètement dans l'oubli. Ce phénomène a intrigué les archéologues, mais également fasciné le grand public[2] depuis la redécouverte de la civilisation maya au XIXe siècle, au point de devenir une idée reçue. Il a donné lieu à de nombreuses théories scientifiques ou fantaisistes et commence seulement à être mieux compris, à mesure que les progrès de l'archéologie comblent les lacunes des connaissances. On tend actuellement à l'expliquer par la combinaison de plusieurs facteurs plutôt que de l'attribuer à une cause univoque et on prend mieux en compte la diversité régionale du monde maya classique, qui permet d'affiner l'analyse du phénomène.
Idées reçues
Contrairement à une idée répandue dans le grand public, l'effondrement de la civilisation maya classique n'est pas un phénomène généralisé qui aurait entraîné la disparition brutale des Mayas et de leur civilisation. Il n'a touché qu'une partie de la zone habitée par les Mayas, dont la civilisation s'est perpétuée à l'époque postclassique jusqu'à l'arrivée des Espagnols et même au-delà, au prix de profondes transformations. Le phénomène n'a pas été brutal, mais s'est étalé sur plusieurs siècles et s'est propagé progressivement à plusieurs régions, entraînant la mort des « cités perdues des Mayas » de ces régions et la disparition d'un système politique propre à la civilisation classique, celui de la royauté sacrée, ainsi que des monuments et des institutions qui l'accompagnaient.
Chronologie et géographie de l'effondrement
L'évolution de nos connaissances permet actuellement de circonscrire le phénomène et d'en appréhender la chronologie. Les inscriptions constituent un indicateur de sa progression : les cités mayas célébraient la fin de périodes connues sous le nom de katuns par l'érection de monuments portant une date en compte long. La date 10.3.0.0.0 (889 apr. J.-C.) n'est plus célébrée que sur cinq sites. Quant à la date suivante, 10.4.0.0.0 (909 apr. J.-C.), elle n'apparaît plus que sur un seul site, Tonina[3].
Le phénomène a d'abord touché la région du Petexbatun au milieu du VIIIe siècle, puis de proche en proche d'autres régions des Basses-Terres. Alors que certaines régions connaissaient un déclin, les derniers siècles de la période classique voient l'épanouissement des cités de la zone Puuc au Yucatan, qui s'éteignent elles-mêmes au XIe siècle. Dans certaines régions périphériques, comme l'actuel Belize et l'est du Yucatan, des cités échappent à l'effondrement, par exemple Lamanai, un site dont l'occupation est attestée de manière ininterrompue depuis le préclassique jusqu'à la colonisation espagnole des Amériques.
Plusieurs « effondrements »

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, on croyait avoir décelé les traces d'un « effondrement » qui aurait affecté les Basses-Terres méridionales au VIe siècle, connu sous le nom de « hiatus ». Cette hypothèse avait pour point de départ l'arrêt des activités constructrices à Tikal. Il est maintenant clair qu'il s'agit d'un phénomène limité à cette cité, touchée par la défaite que lui avait infligé Calakmul[4].
Il semble par contre actuellement raisonnablement établi qu'une forme d'« effondrement » a touché une grande partie des Basses-Terres à la fin de l'époque préclassique, entraînant la disparition de très grands centres comme El Mirador[5].