Calakmul

From Wikipedia, the free encyclopedia

PaysDrapeau du Mexique Mexique
SubdivisionBassin du Petén
Numéro
d’identification
1061
Ancienne cité maya et forêts tropicales protégées de Calakmul, Campeche *
Image illustrative de l’article Calakmul
Temple I, biosphère de Calakmul.
Coordonnées 18° 06′ 19″ nord, 89° 48′ 39″ ouest
Pays Drapeau du Mexique Mexique
Subdivision Bassin du Petén
Numéro
d’identification
1061
Année d’inscription (26e session)
Année d’extension (38e session)
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iii) (iv) (ix) (x)
Région Amérique latine et Caraïbes **
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

Calakmul
Localisation
Pays Drapeau du Mexique Mexique
État Campeche
Municipalité Calakmul
Coordonnées 18° 06′ 18″ nord, 89° 48′ 38″ ouest
Patrimoine mondial Patrimoine mondial
Nom du Bien Ancienne cité maya et forêts tropicales protégées de Calakmul, Campeche
Numéro
d’identification
1061
Année d’inscription
Critères (i) (d), (ii) (d), (iii) (d), (iv) (d), (ix) (d) et (x) (d)
Géolocalisation sur la carte : Mexique
(Voir situation sur carte : Mexique)
Calakmul
Calakmul
Géolocalisation sur la carte : Campeche
(Voir situation sur carte : Campeche)
Calakmul
Calakmul

Calakmul (qui s'orthographie également Kalakmul, ainsi qu'avec d'autres variantes moins répandues) est le nom moderne de l'une des plus anciennes et des plus puissantes cités mayas découvertes dans les basses terres[1]. Elle est située sur les 7 200 km2 de la réserve de biosphère de Calakmul dans l’État mexicain de Campeche, au fond de la jungle de la grande région du bassin du Petén, au centre de la péninsule du Yucatán, à 35 km au nord de la frontière du Guatemala[2]. Dans les temps anciens le cœur de la ville était connu sous le nom d’Ox Te' tuun[3]. Cette puissante cité maya fut habitée pendant plus d'un millénaire, avant d’être engloutie par la jungle après son abandon. À son apogée, Calakmul administrait un vaste domaine marqué par l’inscription largement répandue de son glyphe-emblème, qui est caractérisé par le signe de la tête de serpent[4] et qui se lisait Kaan[5]. Calakmul était le siège de ce que l'on a appelé le Royaume du Serpent[6]. Ce Royaume du Serpent a régné, comme Tikal, au cours de la plus grande partie de la période classique. On estime que Calakmul elle-même avait une population de 50 000 personnes et contrôlait des localités situés à une distance allant jusqu’à 150 km[2]. Il existe 6 750 structures anciennes identifiées à Calakmul, dont la plus importante est la grande pyramide du site. La Structure 2 a plus de 45 m de haut, ce qui en fait une des plus hautes pyramides de la civilisation maya. Quatre tombes ont été localisées dans la pyramide. Comme de nombreux temples ou pyramides de Mésoamérique, la pyramide de Calakmul s’est agrandie en s'appuyant sur le temple existant pour atteindre sa taille actuelle[7]. La superficie de la zone centrale est d'environ km2 et l'ensemble du site, couvert essentiellement d’un habitat résidentiel dense, est d'environ 20 km2.

Redécouverte par exploration aérienne par le biologiste Cyrus Longworth Lundell de la Société mexicaine d’exploitation Chicle le , son existence a été signalée à Sylvanus Morley de l’Institut Carnegie à Chichén Itzá en mars 1932. Selon Lundell, qui a baptisé le site, « "ca" en Maya, signifie "deux", "lak" signifie "à côté", et "mul" signifie une colline ou une pyramide artificielle, de sorte que "Calakmul" est la "ville des deux pyramides adjacentes" ».

Calakmul est située dans l’État Mexicain de Campeche dans la partie sud du Mexique, à environ 35 km au nord de la frontière avec le Guatemala et 38 km au nord des ruines d’El Mirador[8]. Les ruines d’El Tintal sont situées à 68 km au sud-ouest de Calakmul et étaient reliées à la fois à El Mirador et à Calakmul elle-même par une chaussée[9]. Calakmul était située à environ 20 km au sud de la ville actuelle d’Oxpemul et à environ 25 km sud-ouest de La Muñeca[10]. La cité est située à environ 35 m au-dessus d'une grande zone de marais située à l'ouest[2], connue sous le nom d’El Laberinto bajo (un mot espagnol utilisé dans la région pour désigner une zone de faible altitude constituée de marais saisonniers)[11]. Ce marais mesure environ 34 km sur km et constitue une source importante d'eau pendant la saison des pluies[11]. Le bajo est relié à un système sophistiqué de contrôle des eaux, comprenant des structures à la fois naturelles et artificielles telles que des ravines et des canaux qui entouraient une zone d’environ 22 km2 autour du centre du site, un domaine considéré comme le cœur de Calakmul[11]. L'emplacement de Calakmul au bord d'un bajo fournit deux avantages supplémentaires : les terres fertiles au bord du marais et l'accès à un gisement abondant de nodules de silex[9].

La ville est située sur un promontoire naturel formé par un dôme calcaire de 35 m de haut s'élevant au-dessus des plaines environnantes[9].Cette coupole a été nivelée artificiellement par les Mayas[3]. Au cours de la période préclassique et classique l’habitat était concentré au bord d'El Laberinto bajo, au cours de la période classique des structures ont également été construites sur un terrain surélevé et les petites îles des marais où le silex était travaillé[9].

Au début du XXIe siècle, la zone située autour de Calakmul est encore couverte d’une forêt dense[12]. Au cours du Ier millénaire ap. J.-C. la région a reçu des pluies modérées et régulières, même s'il y avait moins d’eaux de surface disponibles que plus au sud, au Guatemala[12].

Population et extension

À son apogée au cours de la période classique tardive on estime que la ville avait une population d’environ 50 000 habitants et couvrait une superficie de plus de 70 km2. La ville était la capitale d'un État régional de grande taille d’une superficie d'environ 13 000 km2[13]. Au cours de la période classique tardive la population de la ville a considérablement diminué et la population rurale a chuté à 10 % de son niveau antérieur[14]. La densité de population à Calakmul pendant la période classique tardive a été évaluée à 1 000/km2 à l’intérieur du site et 420/km2 à la périphérie (pour une superficie de 122 km2.) [15] Calakmul était un véritable centre urbain et pas seulement un centre d’habitations pour l'élite entouré de résidences de roturiers[15].

Le glyphe-emblème de Calakmul.

Le royaume de Calakmul contrôlait vingt centres secondaires, parmi lesquels se trouvaient de grandes villes comme La Muñeca, Naachtun, Sasilha, Oxpemul et Uxul[15]. La population totale de ces centres secondaires a été estimée à 200 000 habitants[15]. Le Royaume incluait également un grand nombre de sites tertiaires et quaternaires, la plupart du temps assez petits et composés d'un certain nombre de groupes d’habitations disposées autour d’une place, mais il y avait aussi de grands sites ruraux situés sur les crêtes le long des rives des bajos qui comprenaient des temples, des palais et des stèles[15]. La population rurale totale du royaume (État régional de 13 000 km2) a été estimée à 1,5 million de personnes[15]. Si on ajoute la population de la ville de Calakmul elle-même, on atteint 1,75 million d’habitants au cours de la période classique tardive[13]. Le glyphe-emblème de Calakmul avait une plus grande aire de diffusion que celui de toute autre ville maya. Le glyphe est également retrouvé dans les textes hiéroglyphiques plus fréquemment que tout autre Glyphe-emblème, y compris celui de Tikal[16]. Le site central de Calakmul était connu dans l'Antiquité sous le nom d’Ox Te ' tuun (Place des Trois Pierres) peut être en raison de la pyramide triadique de la Structure 2[3].

Calakmul et Tikal

L'histoire de la civilisation maya classique a été dominée par la rivalité entre les alliances ennemies de Calakmul et Tikal.

L'histoire de la période maya classique est dominée par la rivalité entre Tikal et Calakmul, assimilée à une lutte entre deux superpuissances Maya[17]. Pendant les périodes les plus reculées la tendance était à la domination d’une seule ville plus grande et pendant la période classique ancienne Tikal évoluait vers cette position après la période d’hégémonie d'El Mirador durant la période préclassique tardive et celle de Nakbé pendant la période préclassique moyenne[18]. Cependant Calakmul était pour Tikal une ville concurrente avec des ressources équivalentes qui contestait sa suprématie et s’engageait dans une stratégie d’encerclement à l’aide de son propre réseau d'alliés[19]. À partir de la seconde moitié du VIe siècle ap. J.-C. jusqu'à la fin du VIIe siècle Calakmul a atteint un niveau supérieur, même si elle n'a pas pu surpasser complètement la puissance de Tikal qui a été en mesure de prendre le dessus sur sa grande rivale dans une bataille décisive qui a eu lieu en 695 de notre ère[20]. Un demi-siècle plus tard, Tikal a remporté également de grandes victoires sur les alliés les plus importants de Calakmul[20]. Finalement, les deux villes ont toutes deux succombé au moment de l’effondrement de la civilisation maya classique[21].

La grande rivalité entre ces deux villes a peut-être été fondée sur d’autres raisons qu’une simple concurrence pour l’accès aux ressources. Leurs histoires dynastiques révèlent des origines différentes et la concurrence intense entre les deux puissances et pourrait avoir eu des fondements idéologiques. La dynastie de Calakmul semble issue d’El Mirador, la grande ville de la période préclassique, tandis que la dynastie de Tikal a été profondément marquée par l'intervention de la lointaine métropole du Mexique central, Teotihuacan[21]. À quelques exceptions près, les monuments de Tikal et ceux de ses alliés accordent une grande importance aux seuls rois de sexe masculin tandis que les monuments de Calakmul et de ses alliés ont donné plus d'importance à la lignée féminine et souvent au règne commun du roi et de la reine[19].

Rois de Calakmul

Les rois de Calakmul étaient connus sous le nom de k'uhul kan ajawob (Seigneurs divins du Royaume du Serpent)[16]. Cette liste comporte des lacunes, puisque les données archéologiques sont incomplètes. Toutes les dates sont situées au cours de notre ère.

Rois de Calakmul
Nom (ou surnom) [22] Dates de règne Autre Noms
Yuknoom Ch'een Ier fin du Ve siècle(?)
K'altuun Hix entre 520546 Cu Ix, Ku Ix
« Contemplateur du Ciel » vers 561572
Yax Yopaat 572579
« Serpent-Boucle » 579 - après 611 Uneh Chan
Yuknoom Ti' Chan vers 619 Chan
Tajoom Uk'ab K'ahk' 622630 Ta Batz'
« Yuknoom-Tête » 630636 Cauac Tête
Yuknoom Ch'een II 636686 Yuknoom le grand, Yuknom Ch'en
Yuknoom Yich'aak K'ahk' 686 - après 695 Patte du Jaguar qui fume, Patte du Jaguar
« Terre fendue » après 695 - 698 ?
Yuknoom Tookʼ Kʼawiil 698736 Roi 5, Roi 6, Roi 7
Wamaw K'awiil vers 736
« Souverain Y » vers 741 Roi 8, B'olon K'awiil Ier
« Grand Serpent » vers 751 Roi Z
B'olon K'awiil 771- après 789 (fin du VIIIe siècle(?)) Roi 9, B'olon K'awiil II
Chan Pet vers 849 Cercle du serpent ou serpent lové
Aj Took' vers 909 Seigneur Cristal
La Stèle 51, datée de 731, représentant Yuknoom Took' K'awiil, une des mieux conservées du site[23].

Les noms entre guillemets sont des surnoms provisoires fondés sur leur glyphe personnel, pour les rois dont le nom en Maya n'a pas encore été phonétiquement déchiffré de manière définitive. Le caractère très incomplet de la liste s'explique par la piètre qualité de la pierre locale qui a rendu de nombreuses inscriptions illisibles (le nom de Yuknoom Ch'een Ier, par exemple, ne nous est connu que par une inscription d'un autre site maya, Dzibanché).

Histoire

Description du site

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI