Embuscade du Chavanon

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Date
Issue Convoi allemand anéanti, victoire totale de la Résistance

La première embuscade du Chavanon est une opération montée le en Haute-Corrèze par la Résistance intérieure française contre l'armée allemande d'occupation.

En Haute-Corrèze, la résistance à l'occupation allemande s'est considérablement développée et organisée au début de 1944. Les groupes les plus importants sont l'Armée secrète et les FTP. L'Armée secrète est sous les ordres du commandant Duret, un officier d'active[1]. Les résistants FTP sont commandés par Jacques Chapou, alias Kléber.

La résistance côté Puy-de-Dôme (région R6) s'est également fortement mobilisée. En particulier, le docteur Mabrut de Bourg-Lastic, alias le Tonton, est le responsable civil de la zone de Bourg-Lastic, Messeix, le Mont-Dore et la Bourboule pour les Mouvements Unis de la Résistance. Depuis , les sédentaires de Bourg-Lastic sont instruits et dotés en armes parachutées, par Maurice Piedpremier, directeur du collège. A Messeix, c'est Alfred Pabiot, instituteur, qui dispose de responsabilités identiques auprès des sédentaires du village qui pour beaucoup sont ouvriers mineurs.

Le , les sédentaires armés de Bourg-Lastic et de Messeix, suivis de volontaires, rejoignent le camp de Saint-Genès-Champespe dans le sud-ouest du Puy-de-Dôme et y forment deux compagnies d'environ 200 hommes chacune. Ce camp est en quelque sorte un "réservoir" de combattants, les capacités d'accueil des réduits du Mont-Mouchet, de la Truyère et du Lioran étant en voie d'être saturées dès le . Après d'âpres combats, les FFI Auvergnats décrochent du Mont-Mouchet le face à la supériorité des troupes de répression de la brigade Jesser. La décision est prise le d'évacuer le camp de Saint-Genès-Champespe qui rassemble, à cette date, environ 4000 combattants et volontaires dans un environnement facilement accessible pour les troupes allemandes. Les sédentaires et volontaires partis de Messeix et de Bourg-Lastic pour Saint-Genès-Champespe, déçus de cette démobilisation, doivent revenir dans leur secteur d'origine (qui sera appelé "zone 3") pour y mettre en place des opérations de guérilla contre l'armée allemande, notamment sur la RN89.

La stratégie de concentration dans des réduits comme en Auvergne n'a pas été mise en place par les Résistants de Haute-Corrèze : le renforcement de la guérilla contre l'armée allemande a été appliqué dès le débarquement des Alliés le 6 juin 1944 en Normandie. L'Armée secrète de Haute-Corrèze a commencé aussitôt l'encerclement d'Ussel où se trouve une garnison allemande de 180 hommes commandés par le lieutenant Hahn, tandis que les FTP attaquent la garnison de Tulle. Le , la garnison d'Ussel se met sous la protection du Premier régiment de France et le rejoint à l'école primaire supérieure, tandis que le bruit court en ville qu'elle a fait reddition. Le lendemain 10, une cinquantaine de maquisards FTP se présentent devant l'école et sont massacrés par les soldats allemands. Le , la garnison allemande est secourue par une colonne allemande venue de Clermont-Ferrand. Le lieutenant Hahn est remplacé mais reste chargé de diverses missions.

Les affaires d'Ussel et de Tulle sont suivies du renforcement des unités allemandes dans le secteur. Le commandant Duret "fait le mort" pour préserver ses forces en attendant de reprendre le moment venu ses opérations, tout en réduisant les risques de représailles contre la population. Il en résulte en Haute-Corrèze une impression de calme relatif. Chez les résistants corréziens le ressentiment est fort après le massacre d'Ussel.

Du côté du Puy-de-Dôme, les résistants partis à Saint-Genès-Champespe, puis revenus sur leurs bases de départs sans avoir pu en découdre, sont impatients et attendent les instructions pour la mise en œuvre des premières opérations de guérilla.

L'embuscade du Chavanon du marque le début des attaques systématiques contre l'occupant allemand[2]. Le Chavanon est la rivière limitrophe des départements de la Corrèze et du Puy-de-Dôme. Elle est traversée par la Route Nationale 89.

L'embuscade

Le en début d'après-midi, un convoi allemand de ravitaillement appartenant au 95e régiment de sécurité, comprenant 2 camions et une auto-mitrailleuse, venant de Clermont-Ferrand, suit la RN 89 en direction d'Ussel. Entre 25 et 30 hommes commandés par le lieutenant Hahn sont à bord, ainsi que deux chauffeurs requis et deux miliciens.

À 200 mètres du lieu-dit Le pont du Chavanon, à la limite des communes de Feyt et de Monestier-Merlines, le convoi aborde un virage serré, est stoppé par un abattis d'arbre et tombe dans une embuscade. Celle-ci est tendue par une section de l'Armée secrète de Haute-Corrèze (28 maquisards de la 6e compagnie de la demi-brigade de Haute-Corrèze du capitaine "Lecocq" Xavier Leinekugel) commandée par l'adjudant chef Muslin, accompagnée de 60 combattants des 2e et 3e compagnies de la zone 3 des FFI d'Auvergne respectivement commandées par Maurice Piedpremier et Jean Llado, tous deux participants à l’attaque. Le lieutenant Hahn est aussitôt tué dans sa voiture de commandement. 21 (ou 22) autres Allemands trouvent la mort et plusieurs sont faits prisonniers. Des véhicules allemands et le ravitaillement du convoi sont pris par les résistants. Ces derniers n'ont aucun tué ni blessé et décrochent. Les chauffeurs requis s'en sortent également.

Suite et représailles

Sources

Notes et références

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