Enluminure carolingienne
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On appelle enluminure carolingienne l’enluminure produite entre la fin du VIIIe siècle et la fin du IXe siècle dans l'empire carolingien. Alors que l'enluminure mérovingienne, qui la précède, est purement monacale, la carolingienne est issue des cours des rois francs ainsi que des résidences des évêques puissants. Le point de départ est l'école de la cour de Charlemagne au palais d'Aix-la-Chapelle, à qui l'on attribue les manuscrits du groupe d'Ada, la sœur de Charlemagne. Simultanément, et sans doute au même endroit, apparaît l'école du Palais, dont les artistes sont sous influence byzantine. Les codex de cette école sont aussi, du fait de leur style d'écriture, nommés groupe de l'Évangéliaire du couronnement de Vienne. Leurs particularités stylistiques font que ces deux écoles d'enluminure sont en contradiction directe avec les formes d'expression de l’Antiquité ; elles partagent la caractéristique de donner une clarté aux illustrations, ce qui n'est pas le cas précédemment. Après la mort de Charlemagne, le centre de l'enluminure émigre vers Reims, Tours et Metz. Même si l'école de la cour domine au temps de Charlemagne, l'art du livre s'inspire de l'école du Palais dans les centres ultérieurs.
L'enluminure carolingienne cesse de fleurir à la fin du IXe siècle lorsque se développe une école franco-saxonne, qui reprend des formes de l'ancienne enluminure insulaire, avant que l'enluminure ottonienne n'ouvre une nouvelle époque à la fin du Xe siècle.
Cadre temporel et géographique
La datation précise de l'art carolingien est discutée. Il est parfois considéré comme un stade artistique déterminé, mais, le plus souvent, on l'assimile aux autres styles du Ve siècle au XIe siècle de l'art du haut Moyen Âge, ou de la période pré-romane, en y incluant l'art ottonien, quoi que ce dernier puisse aussi être situé au début de l’époque romane[1]. L'art carolingien est très fortement lié à la cour de son seigneur, et limité à l'empire des Carolingiens et à l'empire des Francs. Les domaines artistiques en dehors de cet ensemble ne sont pas considérés comme relevant de l'art carolingien. Le royaume de Lombardie, que Charlemagne conquiert en 773-774, est un cas particulier car il perpétue ses propres traditions culturelles, lesquelles influencent fortement l'art carolingien. Réciproquement, les mouvements de la renaissance carolingienne ont aussi une influence en Italie, et en particulier à Rome.
L'élection de Pépin le Bref comme roi des Francs, en 751, marque le début de la dynastie carolingienne, mais ce n'est que sous Charlemagne, seigneur unique de l’empire des Francs en 771, couronné empereur en 800, qu'un art proprement carolingien voit le jour. Le premier manuscrit d'apparat commandé par Charlemagne entre 781 et 783 est l'Évangéliaire de Godescalc. Après la mort de Louis le Pieux, successeur de Charlemagne, l'empire est partagé en trois par le Traité de Verdun de 843 : les Francie occidentale et orientale et la Lotharingie. La Lotharingie subit de nombreux partages dans les décennies suivantes, certains de ses territoires revenant aux Francie occidentale et orientale, tandis que d'autres, comme la Lorraine, la Bourgogne et des parties de l'Italie, deviennent des royaumes ou des duchés indépendants.
Avec la mort de Louis IV l'Enfant en 911, la lignée des Carolingiens orientaux s'éteint. Conrad le jeune, de la famille des conradins est élu pour lui succéder. Après sa mort, en 919, les grands électeurs de Franconie et de Saxe élisent Henri Ier roi de Francie orientale. Avec le passage de la royauté aux Liudolfinger saxons, que l'on désigne plus tard sous le terme d'Ottoniens, le centre de gravité de la production artistique se déplace vers la Francie orientale, où l'art ottonien développe son caractère propre (voir l'Acte de mariage de l'impératrice Théophano). En Francie occidentale, à la mort de Louis V le Fainéant en 987, la royauté passe à Hugues Capet, et donc à la dynastie des Capétiens. L'apogée de l’art carolingien est atteint dans l'ensemble du domaine franc vers la fin du IXe siècle, et les quelques ouvrages de moindre importance sont rattachés à d'anciennes traditions.
Artistes et mécènes

Tandis que, dans les temps mérovingiens, les couvents sont seuls responsables de la production des livres, la renaissance carolingienne est issue de la cour de Charlemagne. L'Évangéliaire de Godescalc, le Psautier de Dagulf, ainsi qu'un manuscrit sans décor[3] témoignent par leurs poèmes de dédicace ou leurs colophons qu'ils ont été commandés par Charlemagne. Sous le règne des successeurs de Charlemagne, des ateliers voient le jour dans les cours des empereurs et rois carolingiens, ou auprès d'évêques importants, liés de près aux cours. Mais finalement, seul le couvent de Tours reste productif durant des décennies, jusqu'à sa destruction en 853.
La plupart des livres liturgiques sont destinés aux cours royales. Certains des codex les plus précieux servent de présents honorifiques, comme le Psautier de Dagulf, destiné à être un présent pour le pape Adrien Ier, mais qui ne peut lui être remis avant sa mort. Un troisième groupe de manuscrits est fabriqué pour les couvents les plus importants de l'empire, afin de porter l'élan religieux et culturel de la cour vers l’empire. C'est ainsi que l'évangéliaire d'Abbeville est destiné au gendre de Charlemagne, Angilbert, abbé laïc de Saint-Riquier. En 827, Louis le Pieux consacre un évangéliaire de l'école de la cour de Charlemagne à l’Abbaye Saint-Médard de Soissons. Inversement, le couvent de Tours, sous le comte Vivien, fait présent en 846 de la Bible de Vivien à Charles le Chauve, qui en fait don vers 869-870 à la cathédrale de Metz.
Peu d'enlumineurs du haut Moyen Âge ont laissé leur nom à la postérité. Dans le manuscrit des œuvres de Térence, provenant peut-être d'Aix-la-Chapelle, un des trois peintres, Adelricus, cache son nom dans une ornementation du fronton d'une enluminure[4]. Selon ses propres affirmations, le moine savant de Fulda, Brun Candidus, qui a passé quelque temps à l'école de la cour d'Aix-la-Chapelle sous Éginhard, est le peintre de l'abside ouest de la basilique de Ratgar, consacrée en 819, au-dessus du sarcophage de Saint-Boniface au couvent de Fulda[5]. Ainsi, on peut lui supposer un rôle important dans l'école de peinture de Fulda lors de la première moitié du IXe siècle. Il est hypothétique, mais pas invraisemblable, qu'il a donc lui-même réalisé les enluminures de la Vie de l’abbé Eigil[6]. Le seul manuscrit, d'après lequel le jésuite Christophe Brouwer édite le texte dans son Sidera illustrium et sanctorum virorum, et dont il publie trois reproductions en gravure d'illustrations dans son Antiquitatum Fuldensium libri IV à Anvers en 1612, est probablement détruit pendant la guerre de Trente Ans avec la bibliothèque de Fulda.
Les scribes d'un manuscrit se mentionnent plus souvent que les enlumineurs dans les poèmes de dédicace ou les colophons. L'Évangile de Godescalc et le Psautier de Dagulf reçoivent leur nom d'après celui de leur scribe. Les deux se désignent comme chapelains, ce qui laisse penser que le scriptorium de l'école de la cour de Charlemagne est lié à la chancellerie[7]. Dans le Codex Aureus de Saint-Emmeran, les moines Liuthard et Beringer se nomment scribes[8]. Plus un scriptorium est petit, plus les ambitions pour ses enluminures sont limitées, et plus il est probable que les scribes réalisent aussi eux-mêmes les enluminures[9].
Le livre à l'époque carolingienne et sa transmission

Le livre, fabriqué avec beaucoup de travail et de matériaux onéreux, est sans conteste un objet de luxe. Tous les manuscrits carolingiens sont écrits sur parchemin, car le papier, plus économique, n'arrive en Europe qu'au cours du XIIIe siècle. Les manuscrits somptueux les plus représentatifs, comme l'Évangile de Godescalc, l'évangéliaire de Saint-Médard de Soissons, lÉvangéliaire du Couronnement, lÉvangéliaire de Lorsch, ou la Bible de Saint-Paul sont écrits à l'encre d'or ou d'argent sur du parchemin teinté de pourpre. Leurs couvertures sont ornées de plaques d'ivoire, fixées par des orfèvreries ornées de pierres précieuses. Pour les enluminures, la gouache prédomine ; le dessin au trait, même colorié, est plus rare.

Environ 8 000 manuscrits des VIIIe siècle et IXe siècle nous sont parvenus[10] (nombre estimé d'après les connaissances des années 1960). Il est difficile d'estimer les pertes dues aux incursions normandes, aux guerres, aux iconoclasmes, aux incendies, à l'ignorance ou à la récupération des matériaux. Les inventaires de livres qui nous sont parvenus donnent des renseignements sur le volume des plus grandes bibliothèques. Pendant l'époque carolingienne, le nombre de livres de l'abbaye de Saint-Gall passe de 284 à 428[11], l'abbaye de Lorsch en possède 690[12] à la fin du IXe siècle et celle de Murbach, 335[11]. Les testaments permettent de se représenter le volume des bibliothèques privées. Les 200 codex[13] légués par Angilbert à l'abbaye de Saint-Riquier, parmi lesquels l'évangéliaire d'Abbeville, représentent sans doute une des plus grandes bibliothèques de l'époque. Eccard de Mâcon lègue environ 20 livres[13]. On ne connaît pas le volume de la bibliothèque de Charlemagne, vendue, d'après son testament, après sa mort. Dans la bibliothèque d'Aix-la-Chapelle se trouvent tous les ouvrages importants, et parmi eux beaucoup de livres romains, grecs et byzantins[14],[15].
La plupart des manuscrits ne sont pas du tout enluminés, et une petite partie ne l'est que sommairement. Dans la littérature sur l'histoire des arts ne sont pris en considération que les ouvrages majeurs de l'enluminure carolingienne. Les manuscrits somptueux – dans le cas des livres liturgiques – font l'objet d'une utilisation particulière. Les codex les plus onéreux n'ont pas de fonction utilitaire, ils sont conservés dans le trésor de l'église et servent principalement pour des représentations, comme l'indique le très faible nombre de traces d'utilisation[16]. Les illustrations, sur un parchemin durable, dans un livre fermé, sont bien protégées des influences extérieures ; pendant longtemps les codex ne sont pas rangés sur des étagères, mais dans des coffres, plus rarement dans des armoires fermées. C'est pourquoi les manuscrits carolingiens enluminés sont relativement bien conservés, et bien des enluminures ont franchi les douze siècles dans un assez bon état. La plupart des manuscrits transmis sont complets, une transmission en fragments est rare. Mais le nombre de manuscrits enluminés perdus est significatif, comme le montrent des illustrations qui sont en fait des copies d'enluminures non parvenues jusqu'à nous[17]. Dans certains cas, il existe une mention de codex enluminés qui ne nous sont pas parvenus, comme un « Psautier doré » de la reine Hildegarde des débuts de l'enluminure carolingienne[18].

Les couvertures de livres en or, que l’on peut facilement fondre, ont rarement échappé aux pillages. Les plaques d'ivoire des couvertures se sont mieux conservées, mais en aucun cas en rapport avec le codex qu'elles ornent initialement. Les cinq plaques de l’Évangéliaire de Lorsch se trouvent maintenant au musée du Vatican. Et la plaque d'ivoire inférieure n'est pas un travail carolingien, mais un original de l'Antiquité tardive, comme on peut le constater par une inscription à son revers[19]. Les seules plaques d'ivoire que l'on peut dater avec certitude sont celles du psautier de Dagulf, qui sont décrites avec précision dans le poème de dédicace, et qui peuvent ainsi être identifiées avec deux plaques du musée du Louvre[20]. L'enluminure est en interaction étroite avec la sculpture sur ivoire. Les œuvres de petit format, facilement transportables, acquièrent un rôle important dans la transmission de l'art antique et byzantin. À l'opposé, la sculpture carolingienne en grandeur nature ne laisse que quelques fragments ; les travaux de joaillerie se sont mieux transmis. En relation avec l'enluminure, la couverture du codex aureus de Saint-Emmeran, de l'école de la cour de Charles le Chauve, est intéressante.

En raison de leur relativement bonne transmission, l'enluminure et la sculpture miniature ont pour l'histoire des sciences une importance encore plus grande que pour les autres époques, car toutes les autres formes d'art carolingiennes se sont très mal conservées. Cela est encore plus vrai pour la peinture murale monumentale, dont nous savons que c'est la forme principale de la peinture carolingienne, léguée aux temps ottonien et roman. On peut en déduire que toutes les églises, comme les palais, étaient recouverts de fresques[1], mais les restes minimes qui nous sont parvenus ne permettent pas de se représenter vraiment la splendeur des images. Les mosaïques dans la tradition antique jouent aussi un rôle ; par exemple, la chapelle du palais d'Aix-la-Chapelle est, à cette époque, ornée d'une somptueuse coupole en mosaïque[1].
Précurseurs et influences
L'enluminure mérovingienne

La renaissance carolingienne se développe dans un véritable « vide culturel »[21] ; son centre est la résidence de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. L'enluminure mérovingienne, nommée d'après la dynastie royale précédant les Carolingiens en Francie, est restée purement ornementale. Les initiales tracées à la règle et au compas, les images titres avec des arcades et une croix forment presque la seule forme d'illustration. À partir du VIIIe siècle, les ornements zoomorphes apparaissent ; ils deviennent si envahissants qu'on trouve, par exemple, dans des manuscrits du couvent de femmes de Chelles, des lignes entières où les lettres sont exclusivement des dessins d'animaux. À l'opposé de l'enluminure insulaire contemporaine à l'ornementation foisonnante, la mérovingienne tend à une organisation claire de la feuille. Un des scriptoriums les plus anciens et les plus productifs est le monastère de Luxeuil, fondé en 590 par le moine irlandais Colomban, et détruit en 732. L'abbaye de Corbie, fondée en 662, développe son propre style d'illustration. Outre Luxeuil et Chelles, l'Abbaye Saint-Vincent de Laon est un pôle d'enluminure mérovingienne. À partir du milieu du VIIIe siècle, elles sont fortement influencées par l'enluminure insulaire. Un évangéliaire d'Echternach montre que, dans ce couvent, scribes et enlumineurs irlandais et mérovingiens coopèrent.
L'enluminure insulaire

Jusqu'à la renaissance carolingienne, les îles Britanniques sont le lieu de refuge de l'héritage romain-chrétien primitif. Il s'y crée, par mélange avec des éléments celtiques et germaniques, un style insulaire propre. Par son expression plus vigoureuse, privilégiant l'ornementation et restant strictement à deux dimensions, il s'oppose par son antinaturalisme à la langue des formes antiques[22]. Ce n’est qu'exceptionnellement que les enluminures insulaires reprennent des éléments des formes classiques, comme le codex Amiatinus (Angleterre méridionale, vers 700), ou le codex Aureus de Cantorbéry (milieu du VIIIe siècle)

Par la mission venant d'Irlande et d'Angleterre méridionale (Colomban de Luxeuil), le continent européen est fortement marqué par la culture conventuelle insulaire. Des moines irlandais fondent aux VIe et VIIe siècles dans toute la France, l'Allemagne, et même en Italie, des abbayes, qu'on appelle improprement « abbayes écossaises ». Celles-ci comprennent en particulier Annegray, Luxeuil, Saint-Gall, Fulda, Würzburg, Saint-Emmeran à Ratisbonne, Trèves, Echternach et Bobbio. Aux VIIIe et IXe siècles arrive une autre vague missionnaire anglo-saxonne. Par cette voie de nombreux manuscrits enluminés arrivent sur le continent ; ils exercent une forte influence sur les styles locaux, surtout dans l'écriture et dans l'ornementation. Alors qu'en Irlande et Angleterre, la production de livres s'effondre largement, en raison des invasions vikings à la fin du VIIIe siècle, la production d'enluminures dans le style insulaire se poursuit pendant quelques décennies sur le continent. À côté des travaux de cour carolingiens cette branche de tradition se maintient et marque, dans la deuxième moitié du IXe siècle, l’école franco-saxonne : les écoles de cour reprennent des éléments de l'enluminure insulaire, notamment la page de titre.
Héritage de l'Antiquité

Le retour à l'Antiquité est, par excellence, la caractéristique de l’art carolingien. L'adaptation programmatique à l’art antique s'oriente de façon systématique vers l'Empire romain tardif, se coule dans l'idée fondamentale de renovatio imperii romani (rénovation ou refondation de l'Empire romain). L'art carolingien se pose comme héritier de l’Empire romain dans tous les domaines. Les arts sont des points essentielles du courant de la renaissance carolingienne.
Pour accueillir l'art antique, il est très important pour les gens de l’époque d'étudier les œuvres originales, conservées en grand nombre à Rome. Pour les artistes et les érudits du nord, qui ne connaissaient pas l'Italie de première main, les œuvres d’enluminure paléo-chrétienne jouent un rôle important, car à côté de la petite sculpture, seul le livre pénètre dans les ateliers et les bibliothèques au nord des Alpes. Il est possible de démontrer que le scriptorium de Tours possède des originaux antiques servant de modèles. C'est ainsi que des peintures du Vergilius Vaticanus se trouvent à l'époque dans la bibliothèque de Tours : elles sont décalquées et se retrouvent dans des Bibles[23]. Parmi d'autres manuscrits conservés dans des bibliothèques importantes, on compte la Genèse de Cotton et la Bible Leo du Ve siècle[24]. Beaucoup de livres illustrés de l'Antiquité ne nous sont plus accessibles que par ces copies carolingiennes.
Byzance

Outre les œuvres originales, l'art byzantin transmet l'héritage antique, en poursuivant sa production selon une tradition continue. Cependant la querelle des images, qui mine entre 726 et 843 le culte des images religieuses et attire une vague de destructions de ces images, provoque une large coupure dans la continuité de la tradition. Byzance possède jusqu'au VIIIe siècle, avec l’exarchat de Ravenne, une solide tête de pont en Occident. Les artistes, qui se sont enfuis de Byzance devant la répression qui suit l'interdiction des images, se mettent à travailler aussi pour l'art romain[21]. Charlemagne attire des artistes de cette Italie marquée par Byzance pour créer les œuvres de ce qu'on appelle « l'école du Palais ».
Italie
L'Italie n'est uniquement importante dans la transmission de l'art classique et de l'art de Byzance. Rome voit un mouvement très marqué de rénovation, en rapport avec la renaissance carolingienne française[25]. Dans son rôle de protecteur de la papauté, le royaume des Francs se maintient très proche de Rome, qui, malgré son déclin depuis l'époque des invasions barbares, apparaît toujours comme le caput mundi, la tête du monde. Dans les années 774, puis en 780-781 ainsi qu'à l'occasion de son couronnement comme empereur en 800, Charlemagne lui-même y séjourne quelque temps.
Après la conquête, en 774, de la Lombardie par Charlemagne, de riches courants culturels se développent vers le nord. Les enluminures de l'école de la cour de Charlemagne montrent des similitudes avec les travaux lombards. Les nouvelles idées des rois francs passant commande de manuscrits de prestige se comparent à des exemples venus de la cour de Pavie, alors capitale lombarde[26].
















