Excelsior Athlétic Club
ancien club de football français
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L'Excelsior Athlétic Club, abrégé en Excelsior AC, est un club de football français fondé en 1922 et disparu en 1948, situé à Tourcoing puis à Roubaix, dans le Nord.
Excelsior Athlétic Club (1929-1935)
Excelsior de Roubaix-Tourcoing (1935-1945)
Excelsior de Roubaix (1945-1948)
| Nom complet | Excelsior Athlétic Club |
|---|---|
| Noms précédents |
Excelsior Club tourquennois (1922-1929) Excelsior Athlétic Club (1929-1935) Excelsior de Roubaix-Tourcoing (1935-1945) Excelsior de Roubaix (1945-1948) |
| Fondation | 1922 |
| Disparition | 1948 (fusion) |
| Statut professionnel |
1932-1943 1944-1945 |
| Couleurs |
Blanc et noir (1922-vers 1935) Vert et noir (vers 1935-1948) |
| Stade |
Stade Amédée-Prouvost (à partir de 1928) |
| Siège |
Tourcoing (1922-1929) Roubaix (1929-1948) |
| Joueur le plus capé |
|
| Meilleur buteur |
|
| National[note 1] | Coupe de France (1) |
|---|
Dernière mise à jour : .
L'histoire de l'Excelsior est intimement liée à celle de l'industrie textile à Tourcoing et Roubaix, florissante au début du XXe siècle. Créé sous le nom d'Excelsior Club tourquennois par la famille Tiberghien, qui possède alors plusieurs usines à Tourcoing, le club intègre la première division de la Ligue du Nord dès 1926.
Le club est repris en 1929 par la famille Prouvost, une autre grande famille industrielle, qui le renomme Excelsior Athlétic Club et l'installe à Roubaix au stade Amédée-Prouvost, l'un des complexes sportifs les mieux équipés de l'époque. Ses ambitieux dirigeants lui font adopter le professionnalisme dès son autorisation en France en 1932. L'Excelsior remporte la Coupe de France en 1933, onze ans seulement après la fondation du club, en battant en finale son rival et voisin, le Racing Club de Roubaix, et participe aux sept premières éditions du championnat de France, jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
Rebaptisé Excelsior de Roubaix-Tourcoing en 1935, le club participe en 1945 à la fondation du Club olympique Roubaix-Tourcoing, qui réunit dans une même structure les équipes professionnelles des clubs des deux villes, à savoir l'Excelsior, le RC Roubaix et l'Union sportive tourquennoise. L'Excelsior maintient d'abord une structure amateure mais, un an après le titre de champion de France remporté par le nouveau club en 1947, il transfère toutes ses équipes dans le nouvel ensemble et cesse son activité.
Historique
Fondation à Tourcoing et ascension rapide (1922-1926)
Le football s'implante dans les villes voisines de Roubaix et Tourcoing[note 2], qui comptent alors une florissante industrie textile, dès les premiers temps de la pratique en France. À Roubaix, le Racing Club roubaisien, fondé en 1895, s'impose dans les années 1900 comme le meilleur club de France, avec cinq titres de champion de France USFSA entre 1902 et 1908. À Tourcoing, deux clubs cohabitent dès 1898 : le Sporting Club tourquennois, fondé début 1897 par la bourgeoisie locale[1], qui organise à partir de 1898 le Challenge international du Nord[2], et l'Union sportive tourquennoise, fondée en par des anciens élèves du lycée de Tourcoing, issus de la bourgeoisie locale et de l’industrie textile[3],[4], qui s'impose aussi à l'échelle nationale en devenant championne de France en 1910[5].
Lors de la saison 1921-1922, trois clubs de Tourcoing participent à la réputée Division d'Honneur de la Ligue du Nord[note 3] : l'Association sportive tourquennoise, le Sporting Club tourquennois et l'Union sportive tourquennoise[6]. Cette dernière, dirigée par l’industriel Charles Van de Veegaete, l'un des dirigeants des filatures Desurmont[7],[8], championne du Nord en 1920 et demi-finaliste de la Coupe de France en 1921, s'est imposée comme le meilleur club de la ville.
Dans ce contexte de paternalisme industriel[9], les établissements Charles Tiberghien et fils, fleurons de l'industrie textile à Tourcoing, qui comptaient en 1914 sept usines et employaient 3 500 ouvriers[10], décident de fonder en leur propre club, sous le nom d'Excelsior Club tourquennois[11],[12],[13]. Le mot excelsior, signifiant en latin « plus haut, plus élevé », est à l'époque couramment utilisé dans des noms de marques et entreprises[note 4]. L'Excelsior est affilié dans la foulée à la Fédération française de football association, sous le numéro 2549[11],[note 5]. Le siège du club est situé au 50 boulevard industriel à Tourcoing[12], là où se situe son terrain[15].
La création d'un nouveau club dans cette ville de football ne passe pas inaperçue dans la presse nationale, même s'il doit démarrer tout en bas de la hiérarchie. Le journaliste Maurice Pefferkorn, qui se demande si le club remportera un jour la Coupe de France, affirme d'emblée que le club, ambitieux, va pratiquer l'amateurisme marron et servir de publicité à l'entreprise[13]. Cette ambition se concrétise rapidement ; pour démarrer, l'Excelsior construit de toutes pièces une équipe en juillet 1922 en allant démarcher onze joueurs de la ville, qui viennent tous de Division d'Honneur : deux de l'Union sportive, Georges Mulliez et Albert Beulque, sélectionnés en équipe du Nord, huit de l'Association sportive et un du Sporting Club[16],[17].
Pour son premier match officiel, l'Excelsior Club tourquennois se déplace sur le terrain du Stade béthunois le 17 septembre 1922, pour le premier tour de la Coupe de France, et s'incline 3-2[18],[19]. Mais dès sa deuxième saison d'existence, l'Excelsior se qualifie pour les 32es de finale de la Coupe de France, disputés le 16 décembre 1923, après être sorti des tours préliminaires. Pour l'occasion, le défi s'avère colossal, le club devant se déplacer au stade de Paris pour affronter dans son antre le Red Star Club, triple tenant du titre de l'épreuve[20],[21]. Malgré l'écart de divisions entre les deux clubs, le Red Star aligne plusieurs de ses internationaux français, dont Paul Nicolas[20], avant centre de l'équipe de France depuis plus de trois ans. Contre toute attente, l'Excelsior est proche de l'exploit, ne perdant que 2-1 après prolongation, après avoir mené 1-0 à la mi-temps grâce à un but de Seynaeve[22],[23]. Pour l'occasion, l'Excelsior fait la une du Miroir des sports[24].
- Photos de l'Excelsior
- Équipe de l'Excelsior le 16 décembre 1923 avant son match de Coupe de France perdu face au Red Star Club.
- Le club fait la une du Miroir des sports le jeudi 20 décembre 1923.
Lors de l'édition 1924-1925, le club atteint de nouveau les 32es de finale de la Coupe de France. Opposé cette fois au Football Club rouennais, demi-finaliste des trois dernières éditions, l'Excelsior ne s'incline que 2-1 après prolongation, avec de surcroît « une assez nette supériorité des Tourquennois »[25],[26],[note 6].
En parallèle de ces premières apparitions réussies en Coupe, l'Excelsior assume son ambition en championnat et gravit un à un les échelons de la Ligue du Nord. Après trois promotions successives, le club atteint lors de la saison 1925-1926 la « Division d'Honneur groupe B », l'antichambre de l'élite régionale. Alors que seul le premier est promu en fin de saison, l'Excelsior survole le championnat, remportant ses victoires avec des scores fleuves[27],[28], dont un 12-1 face au Star Club caudrésien[29] ou encore un 7-2 dans un derby face au SC tourquennois[30]. Malgré la concurrence du Sporting Club lourchois, l'Excelsior décroche son accession dans l'élite régionale, validant le projet de son propriétaire, les établissements Tiberghien[31],[32],[33].
Parcours en championnat du Nord et déménagement à Roubaix (1926-1932)
Débuts difficiles puis changement de dimension (1926-1929)
Pour son premier match en première division de la Ligue du Nord, l'Excelsior Club tourquennois s'incline 1-0 le 5 septembre 1926 face au champion en titre, le Racing Club de Roubaix[34],[35]. Les débuts sont difficiles, le club se heurtant à la réalité de ce championnat relevé, avec une troisième défaite en trois journées dans un derby face à l'US tourquennoise[36]. L'équipe, qualifiée de « pas très brillante »[37], finit par relever la pente et être considérée comme un « trouble-fête », « parfaitement redoutable », à la suite de quelques bons résultats[38],[39],[40]. Finalement, l'Excelsior termine septième et se maintient lors de la saison 1926-1927, en battant l'Amiens Athlétic Club, le champion, dans les dernières journées[41]. Pour la saison 1927-1928, l'Excelsior termine une nouvelle fois septième, deux points seulement devant le premier relégable[42]. Le club, à la lutte pour le maintien toute la saison et encore dernier peu avant la fin du championnat[43],[44], se sauve de justesse en terminant par quatre victoires en cinq matchs[44],[42].
Un changement majeur dans l'histoire du club a lieu à la fin de cette saison. Bien qu'ayant réussi à amener l'Excelsior dans l'élite régionale en démarrant tout en bas de la hiérarchie, la famille Tiberghien décide, après deux saisons plus difficiles, de se désintéresser du club[45]. Elle reçoit une offre de la famille Prouvost, propriétaire du Peignage Amédée Prouvost et de la Lainière de Roubaix, autres entreprises majeures de l'industrie textile locale, situées à cheval entre les villes voisines de Roubaix et Wattrelos. Le groupe, propriétaire du Football Club de Roubaix[46], qui évolue depuis cinq saisons au deuxième niveau sans parvenir à monter[47],[48], se propose d'accueillir l'équipe de football de l'Excelsior dans son stade Amédée-Prouvost, ouvert moins d'un an auparavant et pouvant accueillir plus de 10 000 spectateurs[49],[50],[51]. L'opération doit emmener l'Excelsior dans une nouvelle ère ; le stade, « l'un des plus beaux de France », est un grand complexe au cœur du site industriel, comprenant quatre terrains d’entraînement, une piste de course, deux terrains de basket et cinq courts de tennis[49],[50]. Situé au terminus de la ligne K du tramway de Roubaix Tourcoing, il doit favoriser la venue des spectateurs[50],[52],[53]. Dans le même temps, le FC Roubaix dissout son équipe de football[54].
- Photos du peignage Amédée Prouvost et du stade
- La Lainière de Roubaix en 1932 avec le stade Amédée-Prouvost en haut au centre.
- Vue de l'usine, avec le stade en bas à droite.
- Stade Amédée-Prouvost avec l'usine au fond.
Le premier match officiel du club dans le stade Amédée-Prouvost a lieu le , à l'occasion d'un derby face à l'US tourquennoise, remporté par l'Excelsior par 2-1[52]. Si l'Excelsior termine cinquième, l'un des temps forts de la saison a lieu le , quand le club reçoit en match amical le Royal Football Club brugeois (2-2) dans un stade Amédée-Prouvost bondé, en lever de rideau de l'arrivée de la course cycliste Paris-Roubaix[55],[56].
À la fin de cette saison 1928-1929, l'Excelsior quitte définitivement Tourcoing ; en juin, le club déplace son siège à Roubaix et change son nom en Excelsior Athlétic Club[57]. Ce changement de nom est la conséquence du rapprochement définitif entre l'Excelsior Club tourquennois et le FC Roubaix, qui fusionnent leurs structures omnisports[58],[note 7],[61]. Dans le même temps, l'Excelsior intensifie son recrutement, tandis que le nombre de transferts de joueurs en France explose et que les cas flagrants d'amateurisme marron sont légion[62]. L'arrivée à Roubaix de l'attaquant international Marcel Langiller, recruté au Cercle athlétique de Paris pour devenir la vedette de l'équipe, fait grand bruit dans la presse. Le joueur, accusé de professionnalisme, avec des rumeurs de prime à la signature allant jusqu'à 50 000 francs, soit le salaire annuel d'un professeur des universités, se voit refuser après enquête sa licence par la Fédération, malgré les déclarations du joueur qui assure être venu ouvrir un magasin d'articles de sport à Lille, avec un ami, sur leurs fonds propres[63],[62],[64],[65].
L'Excelsior AC vers le professionnalisme (1929-1932)
Privé presque toute la saison de sa recrue phare Marcel Langiller, l'Excelsior termine la saison 1929-1930 à la septième place. Langiller, que le club utilise illégalement en matchs amicaux[66], finit par obtenir sa licence le , peu avant la fin du championnat[67]. De nouveau sélectionné en équipe de France en mai 1930, Langiller participe en juillet avec l'équipe de France à la première Coupe du monde. Le joueur de l'Excelsior, positionné ailier gauche, marque d'ailleurs un but lors du match d'ouverture face au Mexique.
L'histoire de l'Excelsior, comme celle des autres clubs de premier plan de l'époque, bascule le avec la décision de la Fédération d'autoriser le professionnalisme en France[68]. Alors que l'Excelsior atteint le son premier quart de finale de Coupe de France, où il est battu par le Club français[69],[70], futur vainqueur, il fait partie en mai des vingt clubs qui déclarent aspirer à créer une « Super-Ligue » professionnelle indépendante de la FFFA[71]. Le projet de Super-Ligue n'aboutit pas, mais la plupart de ces clubs, dont l'Excelsior AC, participent lors de la saison 1931-1932 à la seconde édition de la Coupe Sochaux, élargie de huit à vingt participants, prémice du premier championnat professionnel lancé en 1932-1933 ; en plus des huit matchs de Coupe Sochaux, l'Excelsior, présenté dans la presse comme « ayant les dents longues »[72], conclut une dizaine de matchs amicaux face aux meilleurs clubs français tout au long de la saison[73].
Comptant 1 600 pratiquants en 1931, l'Excelsior est considéré alors comme l'un des plus grands clubs de France. En plus du football, l'Excelsior développe et finance d'autres sections qui obtiennent des résultats notables en basketball, athlétisme, cross-country et rink hockey[74].
Le 15 mars 1932, l'Excelsior fait partie des clubs ayant demandé l'autorisation d'utiliser des joueurs professionnels[75], en compagnie de trois autres clubs de la Ligue du Nord, l'Olympique lillois, l'Amiens AC et le RC Roubaix. Fin mai, Henri Jooris, à la fois président de l'Olympique lillois et de la Ligue du Nord, fait pression sur ces clubs pour démissionner, l'argument avancé étant un désaccord sur le partage des recettes de billetterie, censées être partagées à moitié avec le club visiteur, ce que Jooris refuse. L'Excelsior, le seul club du Nord à résister aux demandes de Jooris[76],[77], maintient son engagement et fait partie des vingt clubs sélectionnés pour disputer le premier championnat de France professionnel, en 1932-1933[78],[note 8].
- Photos de l'Excelsior
- Équipe de l'Excelsior le 23 août 1931 avant un match amical face au Red Star Olympique.
- Équipe de l'Excelsior le 4 octobre 1931 avant un match de Coupe Sochaux face au RC France.
Saisons en professionnel (1932-1939)
La victoire en Coupe de France (1932-1933)
| Tour | Adversaire | Div. | Lieu | Score |
|---|---|---|---|---|
| 32e de finale | UL Moyeuvre-Grande | E D | 2 – 2 5 – 0 | |
| 16e de finale | US boulonnaise | DH | N E | 0 – 0 1 – 0 |
| 8e de finale | FC rouennais | DH | N | 5 – 2 |
| Quart de finale | OGC Nice | Pro | N | 3 – 1 |
| Demi-finale | FC Sète | Pro | N | 2 – 1 |
| Finale | RC Roubaix | DH | N | 3 – 1 |
Le premier match professionnel de l'Excelsior a lieu le à l'occasion de la première journée du championnat de France. Le club reçoit le Football Club de Sète au stade Amédée-Prouvost. Devant 5 000 spectateurs, l'Excelsior, dont l'équipe n'est pas au point, s'incline 3-0[79],[80]. Les débuts en professionnel sont très difficiles ; après huit journées, l'Excelsior est dixième et dernier de son groupe après avoir perdu face à l'Olympique lillois, avec la moins bonne attaque et la moins bonne défense, alors que les trois derniers doivent descendre[81]. Ce sera pourtant la dernière défaite de la saison du club, qui change de capitaine, Marcel Langiller remplaçant l'Anglais Ernest Payne. Les Roubaisiens enchaînent quatre victoires et six nuls en championnat, assurant finalement leur maintien – mais surtout six victoires et deux nuls en Coupe de France, jusqu'à décrocher la victoire en finale le au stade olympique Yves-du-Manoir de Colombes[82].
Après avoir écarté en Coupe trois clubs amateurs, l'Excelsior élimine deux clubs professionnels, l'OGC Nice en quart de finale le [83] puis le FC Sète en demi-finale le 9 avril, et s'offre ainsi une place en finale face au Racing Club de Roubaix[84]. Ce duel entre deux clubs d'une même ville autre que Paris, unique dans l'histoire de la Coupe de France[85], qui oppose de surcroît professionnels contre amateurs un an seulement après l'instauration du professionnalisme, suscite l'engouement, à Roubaix mais aussi à Paris où un record de recette est attendu[86],[87],[note 9]. Signe des moyens supérieurs des professionnels, l'Excelsior arrive à Paris deux jours avant le match et loge au réputé Pavillon Henri IV[89]. Ce « duel fratricide », dont l'Excelsior part grand favori[90], est joué au bout de 30 minutes seulement, l'Excelsior menant déjà 3-0. L'Excelsior l'emporte finalement 3-1 sur le Racing et s'adjuge la Coupe de France, onze ans seulement après la création du club. Le capitaine Marcel Langiller reçoit le trophée des mains d'Albert Lebrun, président de la République[91],[88],[92]. La presse salue le rôle philanthropique de l'Excelsior dans cette ville industrielle de Roubaix[93].
- Photos de la finale de la Coupe de France 1933
Un professionnalisme fragile (1933-1939)
La saison suivant sa victoire en Coupe de France, l'Excelsior termine cinquième lors du championnat 1933-1934, ce qui restera son meilleur classement en professionnel. Entre 1935 et 1938, le club termine ses saisons en milieu de classement, avec une certaine régularité, l'Excelsior terminant quatre fois de suite avec le même nombre de points. À la fin de la saison 1934-1935, la concurrence entre les équipes professionnelles de Lille-Roubaix-Tourcoing, au nombre de cinq – Excelsior AC, Olympique lillois et SC fivois en Division nationale ; RC Roubaix et US tourquennoise en Division interrégionale – pousse les présidents des trois clubs roubaisiens et tourquennois à envisager une entente entre les équipes professionnelles, dont les meilleurs joueurs passeraient à l'Excelsior contre paiement d'un transfert[94]. Le RC Roubaix et l'US tourquennoise, qui devraient désengager leur équipe professionnelle de Division interrégionale, accueilleraient en contrepartie trois matchs de championnat de Division nationale[94]. Tandis que l'assemblée générale du RC Roubaix refuse finalement le projet, l'Excelsior Athlétic Club est renommé Excelsior de Roubaix-Tourcoing à la suite de l'acceptation des Tourquennois[95],[96].
L'entente professionnelle entre Excelsior et US tourquennoise ne dure que le temps de la saison 1935-1936, mais le club garde son nouveau titre d'Excelsior de Roubaix-Tourcoing. Surtout, cette entente préfigure la formation du Club olympique Roubaix-Tourcoing qui arrivera en 1945 et qui sera indispensable à la survie du football professionnel à Roubaix. Déjà, avant l'arrivée du professionnalisme, des projets de fusions pour raisons économiques furent évoqués. Ainsi, en 1930, un projet de fusion entre l’Olympique lillois et l'Excelsior est abandonné[97]. En juin 1931, en déficit, le RC Roubaix proposa la fusion à l'Excelsior en vue du passage au professionnalisme la saison suivante, qui l'accepta, mais les deux clubs ne s'entendirent pas sur le nom et les pourparlers furent rompus[98].
- Photos d'équipes professionnelles de l'Excelsior
- Saison 1935-1936.
- Saison 1937-1938.
- Saison 1938-1939.
En 1936, le RC Roubaix est promu en Division nationale, créant un véritable derby à Roubaix dans le championnat de France professionnel. Alors qu'Excelsior et Racing ont terminé dans le milieu du classement lors des saisons 1936-1937 et 1937-1938, les clubs décident en juin 1938 de fusionner leurs équipes professionnelles sous le nom d'Olympique roubaisien[99],[100],[101], mais le Bureau fédéral refuse la fusion[102].
En juin 1939, un communiqué de l'Excelsior annonce une « grave nouvelle » : le club déclare arrêter le professionnalisme[103]. La raison est financière ; uniquement sponsorisé par le groupe Prouvost, qui, subissant les difficultés de l'industrie textile, retire son financement, l'Excelsior ne peut plus financer son équipe professionnelle, confronté à des recettes de billetterie insuffisantes pour couvrir ses frais, en grande partie dues à une chute de fréquentation à cause de la mauvaise saison du club, terminée à la 13e place[103],[104],[105]. L'Excelsior disposait alors d'un budget de 40 000 francs par mois, somme jugée insuffisante par Édouard Edfrennes, directeur sportif, pour bien figurer dans le championnat professionnel[105],[note 10]. Dès le lendemain de l'annonce, très commentée dans la presse sportive, l'Excelsior revient sur sa décision, annonçant chercher de nouveaux soutiens financiers, notamment auprès des industriels locaux. La fusion avec le RC Roubaix, maintes fois évoquée, revient sur la table, le Racing ayant terminé dernier et relégué[107],[108], d'autant plus que les deux clubs sont parmi les trois recettes de billetterie les plus faibles du championnat[109],[note 11]. Si le Racing repousse la fusion[110], l'entente entre les sections professionnelles a bien lieu[111],[note 12] comme en 1935 lors de l'entente avec l'US tourquennoise. L'Excelsior s'engage donc en championnat de France professionnel pour la saison 1939-1940, le président Albert Prouvost mettant en avant la responsabilité sociale de son entreprise dans sa décision de continuer[114], championnat qui n'aura pas lieu comme prévu à cause du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Le club omnisports compte alors quatorze sections et 1 100 membres[104].
Place au CO Roubaix-Tourcoing (1939-1948)
Championnats de guerre (1939-1945)

Pendant la Guerre, l'Excelsior de Roubaix-Tourcoing se maintient sur la scène nationale, participant à toutes les éditions des championnats de France dits « de guerre »[115], tandis que 142 membres du club sont mobilisés[116]. Lors des saisons 1940-1941 et 1941-1942, à cause de l'Occupation, l'Excelsior dispute ce qui s'apparente davantage à un championnat régional, contre d'autres clubs de la zone interdite. Le football passe cependant au second plan quand tombent les annonces de décès des deux professionnels Julien Buge et Noël Liétaer, 27 et 32 ans, tous deux vainqueurs de la Coupe de France en 1933, cinq et sept saisons en championnat de France avec l'Excelsior, morts pour la France respectivement le 18 mai 1940[117],[118] et le 21 février 1941[119],[120]. Le 29 mars 1942, pour la dernière journée de championnat, le match est joué au profit des veuves Liétaer et Buge[121],[122], dont le fils Julien, 5 ans, jouera dix ans en professionnel au CO Roubaix-Tourcoing[123].
Si le stade Amédée-Prouvost reste en très bon état malgré les destructions, l'Excelsior ne peut l'utiliser qu'en suivant un programme établi par la Wehrmacht, qui l'a réquisitionné[124]. À la suite de la mise en place du championnat fédéral pour la saison 1943-1944, l'Excelsior se voit privé de son équipe professionnelle et est contraint de disputer le championnat de France amateurs[51]. Largement favori en tant qu'ex-professionnel[125], le club ne tombe qu'en demi-finale face à un autre ex-professionnel, l'AS Cannes[126],[127].
À la fin de la guerre, en juin 1945, alors que l'Excelsior doit retrouver le championnat de France, l'éternelle fusion entre Excelsior et Racing, pour raisons économiques, refait surface[128]. L'idée est une nouvelle fois repoussée en assemblées générales, mais un nouveau projet émerge en moins de deux semaines. L'Excelsior et le Racing s'associent avec l'US tourquennoise pour former un nouveau club doté d'une équipe professionnelle financée par les trois clubs, qui prend le nom de Club olympique Roubaix-Tourcoing et la place de l'Excelsior en première division pour la saison 1945-1946[128],[129]. Les trois clubs continuent indépendamment dans les championnats amateurs, tandis que la section amateur du CO Roubaix-Tourcoing est apportée par l'Union sportive roubaisienne, autre club local, qui est dissout à l'occasion[130].
Le CORT champion de France et disparition de l'Excelsior (1945-1948)

La création du CO Roubaix-Tourcoing, qui utilise alternativement les stades des trois clubs l'ayant fondé[131], est un succès total. Troisième dès sa première saison, le CORT enlève le titre de champion de France en 1946-1947 pour sa deuxième saison d'existence, grâce à un succès lors de la dernière journée au stade Amédée-Prouvost[132],[133],[134].
En avril 1948, le CO Roubaix-Tourcoing, l'Excelsior et le RC Roubaix annoncent leur décision de finalement fusionner sous la bannière du CO Roubaix-Tourcoing[135]. Ce « mariage de raison » est notamment rendu nécessaire par le règlement, qui impose aux clubs dotés d'une équipe professionnelle de posséder six équipes amateurs, ce que n'a pas le CORT, qui récupère dans la fusion les équipes amateures de l'Excelsior et du RC Roubaix pour satisfaire aux exigences de la Fédération. Du côté de l'Excelsior, la fusion « n'est pas faite de gaieté de cœur », Monsieur Vandenhoecke, président de la Commission de football de l'Excelsior, évoquant l'« abandon du côté sentimental de l'affaire pour laisser parler la raison »[135]. La fusion est effective en : l'Excelsior de Roubaix fusionne avec le CO Roubaix-Tourcoing et le RC Roubaix sous le numéro d'affiliation 62 et le titre de Club Olympique Roubaix-Tourcoing, mettant fin à l'aventure de l'Excelsior[136],[note 13].
La Lainière de Roubaix, fleuron du groupe Prouvost et premier employeur de Roubaix dans les années 1950, subit de plein fouet la crise du secteur textile dans les années 1960[137],[138]. Le groupe cesse le financement de l'équipe professionnelle du CO Roubaix-Tourcoing en 1963, qui retourne dans les championnats amateurs, tandis que les premières vagues de licenciements dans les usines arrivent en 1966[137],[138]. Ce qui reste du stade Amédée-Prouvost est détruit en 1977[139].
Le lent déclin de l'industrie textile locale se poursuit jusque dans les années 1990. Les dernières usines des groupes Prouvost et Tiberghien, qui auront amené et entretenu le football professionnel à Roubaix et Tourcoing pendant une trentaine d'années, ferment définitivement en 1999 et 2000[140],[141],[142],[143].
Identité

Couleurs
Les couleurs originelles de l'Excelsior, enregistrées auprès de la Fédération à la fin des années 1920, sont maillot blanc et culotte noire[144],[145]. Comme le montrent les photos d'époques, le club a disputé sa première saison professionnelle (1932-1933) et la finale de la Coupe de France le dans cette tenue originelle. Vers 1935, l'Excelsior change de couleurs et arbore un maillot vert cerclé de noir[146],[147],[note 14]. Le vert et le noir sont un héritage du FC Roubaix, avec qui la structure omnisports de l'Excelsior a fusionné en 1929, qui jouait dans ces couleurs[148]. En 1939, l'Excelsior est ainsi surnommé les « vert et noir », ce qui montre qu'il s'agit bien des couleurs principales du club[104],[149].
Blasons
L'Excelsior Club tourquennois jouait avec un maillot portant un blason avec les lettres ECT, sigle du club, entremêlées[note 15]. Après le changement de nom en Excelsior Athlétic Club, le graphisme du blason est conservé, mais en changeant les lettres ECT par le nouveau sigle EAC[note 16]. Les maillots à la fin des années 1930 n'arborent plus de blason. Le bulletin mensuel de l'Excelsior AC de décembre 1930 montre un blason avec les lettres EC en vert et la lettre A en noir[150].
Noms et affiliations
L'Excelsior Club tourquennois est fondé en mai 1922[11],[12]. Le club est affilié dans la foulée à la Fédération française de football association, sous le numéro 2549[11]. Le siège du club est situé au 50 boulevard industriel à Tourcoing[12], là où se situe son terrain[15]. En juin 1929, l'Excelsior déplace son siège à Roubaix et change son nom en Excelsior Athlétic Club[57]. En juin 1935, à la suite d'une entente avec l'équipe professionnelle de l'US tourquennoise, l'Excelsior Athlétic Club est renommé Excelsior de Roubaix-Tourcoing[95],[96]. En avril 1947, à la suite du reformatage des numéros d'affiliation, l'Excelsior reçoit le numéro 867. En , le club disparaît en fusionnant avec le Club olympique Roubaix-Tourcoing et le Racing Club de Roubaix sous le numéro 62 et le titre de Club Olympique Roubaix-Tourcoing[136].
Résultats sportifs
Palmarès
Le palmarès de l'Excelsior se compose d'une victoire en Coupe de France en 1933[85].
| Compétitions nationales |
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Bilan par saison
Le tableau suivant présente le bilan par saison de l'Excelsior AC.
| Saison | Championnat | Div. | Clas. | Pts | J | V | N | D | Bp | Bc | Diff | Coupe de France |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1922-1923 | Troisième division (Nord)[153],[154],[note 19] | 5 | ? | 1er tour | ||||||||
| 1923-1924 | Deuxième division (Nord)[47] | 4 | ? | 32e de finale | ||||||||
| 1924-1925 | Division Promotion (Nord) | 3 | ? | 32e de finale | ||||||||
| Poule d'accession[155] | – | 1 / 4 | 9 | 3 | 3 | 0 | 0 | |||||
| 1925-1926 | Division d'Honneur groupe B Terrien (Nord)[33] | 2 | 1 / 10 | 49 | 18 | 2e tour[156] | ||||||
| 1926-1927 | Première Division A (Nord) | 1 | 7 / 10 | 34 | 18 | ? | ||||||
| 1927-1928 | Première Division A (Nord)[48],[157],[42] | 1 | 7 / 10 | 32 | 18 | 7 | 0 | 11 | 38 | 53 | -15 | 32e de finale |
| 1928-1929 | Première Division A (Nord)[158],[159] | 1 | 5 / 10 | 37 | 18 | 8 | 3 | 7 | 40 | 37 | +3 | 16e de finale |
| 1929-1930 | Division d'Honneur groupe A (Nord)[160],[161],[162] | 1 | 7 / 12 | 41 | 21 | 8 | 4 | 9 | 37 | 35 | +2 | 32e de finale |
| 1930-1931 | Division d'Honneur groupe A (Nord)[163],[164] | 1 | 5 / 12 | 48 | 22 | 11 | 3 | 9 | Quart de finale | |||
| 1931-1932 | Division d'Honneur groupe A (Nord)[165],[166],[note 20] | 1 | 4 / 10 | 40 | 18 | 10 | 2 | 6 | 39 | 28 | +11 | 8e de finale |
| Pyramide professionnelle | ||||||||||||
| 1932-1933 | Division nationale (gr. A) | 1 | 6 / 10 | 18 | 18 | 5 | 8 | 5 | 32 | 37 | -5 | Victoire |
| 1933-1934 | Division nationale | 1 | 5 / 14 | 30 | 26 | 13 | 4 | 9 | 65 | 59 | +6 | 8e de finale |
| 1934-1935 | Division nationale | 1 | 8 / 16 | 31 | 30 | 13 | 5 | 12 | 51 | 48 | +3 | 8e de finale |
| 1935-1936 | Division nationale | 1 | 9 / 16 | 31 | 30 | 13 | 5 | 12 | 65 | 56 | +9 | Quart de finale |
| 1936-1937 | Division nationale | 1 | 8 / 16 | 31 | 30 | 13 | 5 | 12 | 72 | 60 | +12 | 8e de finale |
| 1937-1938 | Division nationale | 1 | 6 / 16 | 31 | 30 | 10 | 11 | 9 | 59 | 57 | +2 | 8e de finale |
| 1938-1939 | Division nationale | 1 | 13 / 16 | 24 | 30 | 8 | 8 | 14 | 60 | 71 | -11 | 8e de finale |
| Championnats de guerre | ||||||||||||
| 1939-1940 | Championnat de France (Nord)[note 21] | – | 7 / 10 | 9 | 12 | 4 | 1 | 7 | 18 | 36 | -18 | 32e de finale |
| 1940-1941 | Championnat de France (Zone interdite) | – | 5 / 5 | Finale (z. interdite) | ||||||||
| 1941-1942 | Championnat de France (Zone interdite) | – | 4 / 12 | 48 | 22 | 10 | 6 | 6 | 50 | 36 | +14 | 8e de f. (z. interdite) |
| 1942-1943 | Championnat de France (Nord) | – | 12 / 16 | 24 | 30 | 9 | 6 | 15 | 53 | 74 | -21 | Demi-f. (z. interdite) |
| 1943-1944 | Championnat de France amateurs (gr. A)[167] | – | 1 / 10 | 23 | 14 | 10 | 3 | 1 | 42 | 20 | +22 | 32e de finale |
| Phase finale | – | ½-fin. | – | 2 | 1 | 0 | 1 | 2 | 2 | 0 | ||
| 1944-1945 | Championnat de France (Nord) | – | 11 / 12 | 11 | 22 | 2 | 7 | 13 | 32 | 65 | -33 | 16e de finale |
| Pyramide amateure | ||||||||||||
| 1945-1946 | ? | ? | ||||||||||
| 1946-1947 | ? | ? | ||||||||||
| 1947-1948 | ? | ? | ||||||||||
- Pyramide professionnelle (1932-1939)
| Niveau I | Division nationale (1932-1939) |
| Niveau Ligue | Ligue régionale (depuis 1932) |
- Code couleurs
| Vainqueur | |
| Promu | |
| Qualifié |
Bilan en championnats
Le tableau suivant présente le bilan en championnats de l'Excelsior AC.
| Championnat | Saisons | Titres | J | V | N | D | Bp | Bc | Diff |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Championnat de France | 7 | 0 | 194 | 75 | 46 | 73 | 404 | 388 | +16 |
Personnalités
Dirigeants
La famille Tiberghien, qui a fondé le club, préside le club à ses débuts par l'intermédiaire de Marcel Tiberghien[144],[145],[168]. En 1929, le club passe sous le giron de la famille Prouvost[58]. Le président en est initialement Albert Prouvost (1882-1962), industriel, petit-fils d'Amédée Prouvost, fondateur du peignage Amédée Prouvost ; il laisse ensuite la main à son fils Albert (1909-1991), qui est président en 1933 à la victoire du club en Coupe de France[169],[93],[170],[171]. Albert Prouvost fils deviendra président du Club olympique Roubaix-Tourcoing en 1945[172].
Lors des saisons professionnelles, Édouard Edfrennes est directeur sportif, en charge des aspects financiers et de la construction de l'équipe[105],[51]. Fin 1933, il va notamment en personne à Vienne débaucher l'Autrichien Heinrich Hiltl au Wiener AC, qui deviendra le grand buteur de l'Excelsior puis du CO Roubaix-Tourcoing[173]. Edfrennes tiendra le même rôle au CO Roubaix-Tourcoing[174]. La Seconde Guerre mondiale chamboule l'organigramme. Edfrennes étant « absent », Eugène Bubbe devient président en 1940[124],[175],[176]. En 1942, Bubbe est selon les sources président de la section football[177] ou directeur sportif[178]. En 1948, il est vice-président du CO Roubaix-Tourcoing[176], tandis que M. Vandenhoecke est président de la Commission de football de l'Excelsior[135].
- Portraits de dirigeants
- Albert Prouvost père.
- Albert Prouvost fils.
- Édouard Edfrennes.
Entraineurs
L'Anglais Charles Griffiths, qui a entraîné de nombreux clubs belges, néerlandais et du nord de la France dans les années 1920 et 1930, entraîne l'Excelsior lors de la saison 1926-1927, en même temps que l'Olympique lillois[179],[180],[181]. Parti en 1927[182], il revient entraîner l'Excelsior en 1933, qu'il mène à la victoire en Coupe de France, en même temps qu'il entraîne l'Union saint-gilloise, qu'il mène au titre de champion de Belgique[183]. Lors des saisons 1933-1934 et 1934-1935, le club n'a pas d’entraîneur appointé[184].
Pour ses quatre dernières saisons en Division nationale, entre 1935 et 1939, l'Excelsior est entraîné par le Yougoslave Vladimir Davidovitch[note 23], qui partage son temps avec le Stade français à Paris[186], et par le Français René Dedieu, auréolé du doublé Coupe-championnat qu'il a remporté avec le FC Sète en 1934[187].
En septembre 1942, Marcel Desrousseaux, 34 ans, au club depuis 1935, est promu directeur sportif, tandis qu'Henri Hiltl, 31 ans, au club depuis 1933, dirige l'entrainement[177],[note 24]. Desrousseaux serait resté à ce poste jusqu'en 1946[188].
| Période | Nom |
|---|---|
| 1926-1927 | |
| 1933 | |
| 1933-1935 | Pas d'entraineur |
| 1935-1936 | |
| 1936-1937 | |
| 1937-1939 | |
| 1942-1946 |
- Portraits d'entraineurs
Joueurs
Joueurs importants
L'Excelsior Club tourquennois construit son équipe en juillet 1922 en allant démarcher d'autres joueurs de Tourcoing[16]. Les deux joueurs les plus importants sont alors le demi gauche Albert Beulque et l'arrière Georges Mulliez, démarchés à l'Union sportive tourquennoise, club de première division, qui furent sélectionnés en équipe du Nord et en équipe de France B[189],[190],[191],[192]. Beulque est encore présent dans l'équipe en 1927-1928 et semble diriger l'équipe[193].
L'ossature de l'équipe qui ira chercher la victoire en Coupe de France 1932-1933 prend forme dès la saison 1929-1930. Alors que l'Anglais Ernest Payne[194], qui est « l'âme de l'équipe », est déjà présent lors de la saison 1928-1929[195],[note 26], l'Excelsior effectue plusieurs recrutements importants à ce moment-là. Outre l'avant Marcel Langiller, vedette de l'équipe de France, privé momentanément de licence car accusé de professionnalisme et qui ne démarrera véritablement que pour la saison 1930-1931, l'Excelsior recrute l’Anglais David Bartlett[196] et intègre le Français Henri Burghraeve, en provenance du FC Roubaix[197],[198],[199]. Pour la saison 1930-1931, le Roubaisien Robert Barbieux, formé au club[200], qui avait démarré à 17 ans en toute fin de saison précédente[201] et qui jouera cinq saisons en professionnel à l'Excelsior, s'ajoute à l'équipe[202],[203].
À l'été 1932, pour son passage en professionnel, l'Excelsior recrute plusieurs joueurs qui deviendront des joueurs majeurs du club ; Noël Liétaer et Albert D'Hulst, qui disputeront les sept saisons en professionnel entre 1932 et 1939, sont recrutés à l'US tourquennoise et à l'Iris club lillois[76], tandis que l'international Célestin Delmer est recruté à l'Amiens AC. Deux jeunes joueurs formés au club passent professionnels : Julien Buge, arrivé à l'Excelsior en 1930 à l'âge de 17 ans, vainqueur du concours du jeune footballeur en 1931 et qui jouera cinq saisons en professionnel avec le club[118], et Norbert Van Caeneghem, qui apparaît en équipe première en 1931 à 19 ans[204], et qui marquera 78 buts en première division avec l'Excelsior, le CS Metz puis le SC fivois. Le , l'Excelsior annonce la composition de son onze pour le championnat professionnel, qui sera exactement le même que celui qui soulèvera la Coupe le [205]. L'Écossais John Donoghue, ancien du Celtic de Glasgow, sera un des joueurs majeurs de l'équipe, au poste de demi-centre, de son recrutement en octobre 1932 à la blessure qui met fin à sa carrière en février 1934[206].
En 1933 arrivent deux joueurs qui deviendront les deux meilleurs buteurs du club. Le premier est l'international Jean Sécember, 22 ans, buteur de l'US tourquennoise, remarqué en juin 1932 pour avoir marqué un quadruplé en Bulgarie avec l'équipe de France, passe professionnel sous les couleurs de l'Excelsior ; il marquera 71 buts en première division avec le club[207]. Le second est l'Autrichien Heinrich Hiltl, recruté en décembre 1933 au Wiener AC, qui marquera 82 buts avec l'Excelsior en première division[207],[173]. Resté joueur quinze ans à Roubaix et devenu international français en 1940 après avoir été naturalisé, il est encore, à 37 ans, le grand buteur du CO Roubaix-Tourcoing en 1947. Hiltl arrive en même temps que Jenő Kalmár, réputé international hongrois[208], qui jouera aussi au RC Roubaix[209].
En 1935, à la suite de l'entente avec l'équipe professionnelle de l'US tourquennoise, Marcel Desrousseaux, futur international et entraineur du CO Roubaix-Tourcoing, rejoint l'Excelsior en provenance de l'UST contre un transfert de 15 000 F[210], en même temps que le club change la moitié de son équipe[211].
- Portraits de joueurs
- Ernest Payne (1928-1935)
- Marcel Langiller (1929-1934)
- Robert Barbieux (1930-1937)
- Julien Buge (1931-1935, 1937-1940✝)
- Norbert Van Caeneghem (1931-1935)
- Noël Liétaer (1932-1941✝)
- Albert D'Hulst (1932-1945)
- Célestin Delmer (1932-1935)
- Jean Sécember (1933-1944)
- Jenő Kalmár (1933-1936)
- Henri Hiltl
(1933-1945) - Marcel Desrousseaux (1935-1945)
Records
L'arrière Albert D'Hulst établit un record en disputant tous les matchs de championnat de France entre 1932 et 1939, soit 194 matchs consécutifs[212]. Ayant également disputé tous les matchs de Coupe, il est le joueur de l'Excelsior ayant disputé le plus de matchs avec le club[207],[213].
Henri Hiltl est le meilleur buteur de l'histoire de l'Excelsior. Auteur de 82 buts en Division 1 entre 1933 et 1939, il a marqué au moins 95 buts avec le club entre 1933 et 1945, sachant que ses buts en championnat de guerre entre 1940 et 1945 n'ont pas été dénombrés[207],[214],[note 27].
| Joueur | Matchs total | Matchs D1 |
|---|---|---|
| 222 | 194 | |
| >214 | 187 |
| Joueur | Buts total | Buts D1 |
|---|---|---|
| >95 | 82 | |
| >83 | 71 |
Internationaux français
Sept joueurs de l'Excelsior ont porté le maillot de l'équipe de France lorsqu'ils jouaient au club. Parmi eux, le plus marquant reste Marcel Langiller, 17 sélections en tant que joueur de l'Excelsior, dont sept capitanats en 1932 et 1933[215]. Il participe à la Coupe du monde 1930, où il dispute les trois matchs de la France, marquant un but lors du match d'ouverture face au Mexique. L'Excelsior envoie deux autres joueurs à la Coupe du monde, en 1934, à savoir Noël Liétaer et Célestin Delmer. Le dernier sélectionné est Henri Hiltl en 1944, qui a la particularité de compter également une sélection avec l'Autriche, son pays de naissance[note 29],[216].
Lors du match contre le pays de Galles du 25 mai 1933, trois joueurs sont sélectionnés en même temps, Langiller, Liétaer et Delmer[217].
| Joueur | Poste | Sélections | Période | Sél. (total) | Tournoi |
|---|---|---|---|---|---|
| A | 17 | 1930-1933 | 30 | Coupe du monde 1930 | |
| M | 5 | 1933-1934 | 11 | Coupe du monde 1934 | |
| M | 7 | 1933-1934 | 7 | Coupe du monde 1934 | |
| A | 1 | 1935 | 4 | – | |
| M | 2 | 1935-1937 | 2 | – | |
| M | 1 | 1936 | 2 | – | |
| A | 1 | 1944 | 2 | – | |
| Total | 34 | 1930-1937 | 58 | – |
Structures
Stades
L'Excelsior joue de 1922 à 1928 sur son terrain situé au 50 boulevard industriel à Tourcoing[12],[15], avant de déménager au stade Amédée-Prouvost à Roubaix de 1928 à 1948[52].
Autres sports
En 1929, les structures omnisports de l'Excelsior Club tourquennois et du Football Club de Roubaix fusionnent sous le nom d'Excelsior Athlétic Club[58]. En 1931, le club, qui compte 1 600 pratiquants, est considéré comme l'un des plus grands clubs de France[74]. En 1939, il compte encore quatorze sections et 1 100 membres[104]. Outre la section football, les sections les plus réputées en sport collectif sont celles de basketball et de rink hockey[74].
La section de basketball est issue de celle du FC Roubaix, finaliste du championnat de France en 1928[59],[60]. La section de basketball de l'Excelsior AC atteint notamment les demi-finales du championnat de France en 1933, battue par le Foyer de Reims, futur champion[219],[220].
La section de rink hockey est fondée pour la saison 1930-1931[221]. Ce sport a alors localement du succès, avec le Hockey Club du Fresnoy, nommé d'après un établissement de distractions à Tourcoing[222], qui est six fois champion de France. L'Excelsior démarre en 2e série, gagne sa promotion et atteint dès 1932 la finale du championnat de France de rink hockey ; l'équipe, qui compte trois internationaux, est battue par le Stade bordelais UC[221]. La section s'arrête dès la fin de la saison 1933-1934, alors qu'un nouveau club, le Wattrelos Hockey Club, situé dans la commune limitrophe de Wattrelos, fondé en , prends l'ascendant en recrutant deux des internationaux de l'Excelsior, Léon Desrumeaux et Jules Delannoy[221],[223]. Le Wattrelos HC devient champion de France en 1935[224].
- Photos d'autres sections de l'Excelsior
- Demi-finale du championnat de France de basketball 1933 entre l'Excelsior AC et le Foyer de Reims.
- Équipe de rink hockey de l'Excelsior AC en décembre 1932.







