Fabien Launay
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| Nom de naissance |
Victorien Fabien Vieillard |
| Pseudonymes |
Launay, Jacquet |
| Nationalité | |
| Activités |
Victorien Fabien Vieillard, dit Fabien Launay, né le à Neuilly-sur-Seine et mort le à Arcachon, est un artiste peintre, dessinateur, graveur et caricaturiste français.
Victorien Fabien Vieillard est le fils de Louis-Adolphe Vieillard, clerc de notaire à Neuilly, au 11 rue d'Orléans, et de Rose-Marie Vieillard, née Launay le à Selles-sur-Cher[1].
Fabien entre en 1888 au lycée Condorcet[2], il y rencontre Maurice Cremnitz (dit Maurice Chevrier) qu'il s'amuse à portraiturer, et Francis Jourdain qui évoque, dans ses souvenirs[3] « sa figure de petit paysan méfiant et moqueur » et qui note qu'en classe de seconde Fabien ne se contentait plus de couvrir ses cahiers d'étonnantes caricatures mais faisait de la peinture et signait Launay ses premières eaux-fortes. Selon Gaston de Pawlowski, Fabien prend le nom de sa mère car, « son véritable nom était odieux à son aristocratisme intellectuel et il était celui de son père, un brave homme assez triste, premier clerc de notaire aux Batignolles ».

Fabien Launay, comme son ami Francis Jourdain, a très probablement suivi l'enseignement de l'Académie Humbert et Gervex, boulevard de Clichy, et c'est dans ce quartier qu'il fait la connaissance de Georges Bottini avec lequel il partage un atelier, 19 rue des Moines. Les deux amis font la connaissance de l'écrivain et journaliste Gaston de Pawlowski et très vite les trois jeunes gens ne se quittent plus. « Nous étions trois amis intimes qui avions vingt ans aux alentours de 1897, Bottini, Launay et moi », écrit Gaston de Pawlowski[4].
En , il rédige un compte-rendu du salon de la Rose-Croix dans la revue L'Art littéraire fondée par Louis Lormel, Cremnitz et ses amis[5], auxquels il donne deux gravures sur bois.
Le poète Léon-Paul Fargue avoue avoir présenté son ami Alfred Jarry à la rentrée 1893 à Launay au cours d'une visite à la galerie Le Barc de Boutteville située rue Le Peletier : il s'agit sans doute de cette visite dont parle Fargue dans la revue L'Art littéraire parue en décembre de cette année[6].
Début 1895, il est brièvement, avec Georges Bottini, co-directeur artistique, chargé des estampes, de la revue Le Rêve et l'Idée, fondée par Maurice Le Blond un an plus tôt, aux côtés de Saint-Georges de Bouhélier et du néerlandais Theo Reeder (éditions Léon Vanier)[7]. Il collabore à L'Épreuve fondée par Maurice Dumont, en livrant Promenade, un bois gravé et une composition, Tancrède[8], ainsi qu'à la revue L'Aube () dirigée par Pierre Guédy[9].
À compter de 1898, il collabore à la revue illustrée Le Rire, avec Pawlowski, signant ses compositions « Jacquet » : on ignore pourquoi il utilise ce nouveau pseudonyme, mais il est certain qu'il s'agit de lui[10].
Vers 1900, selon le peintre Pierre Girieud, Launay fait partie d'une nouvelle bande d'artistes qui se réunissent au café de la Place Blanche, à savoir Jacques Villon, Edmond Lempereur, Clavet, Piet, les deux frères Kunc, des musiciens, et où passent Toulouse-Lautrec, Félicien Champsaur ou Hugues Rebell. Girieud, qui le décrit « long, mince et glabre », juge son ami Launay « vieux parisien, subtil et primesautier, très précoce (...), un guide très sûr et très averti ». Toujours selon Girieud, Launay et lui auraient fait partie des artistes refusés par la Société nationale des beaux-arts en 1901, et auraient alors milité en faveur de l'émergence d'un nouveau Salon des refusés, plus ouvert à un art moins académique, préfiguration du Salon d'automne. En attendant ils exposent au Salon des indépendants en 1902 et 1903[11] ; il indique comme adresse le 65, rue Caulaincourt. Le travail de Launay fut acheté de son vivant, entre autres par Olivier Sainsère et la galeriste Berthe Weill, laquelle inaugure sa galerie en avec une exposition collective comprenant des œuvres de Launay, Girieud, Raoul de Mathan, et Aristide Maillol[12].
Cette même année 1901, il expose en juin avec un collectif d'artistes regroupés au sein du Collège d’esthétique moderne dans un atelier rue de La Rochefoucauld[13].
En , Gaston de Pawlowski et Launay (sous ce nom) composent un album entier pour L'Assiette au beurre démontant l'appareil de la justice par des dessins d'assise accablants et d'une grande puissance satirique. Les deux amis composent ensuite un album publicitaire humoristique pour une marque de frein destinée à des bicyclettes (publié en 1904, avec comme noms d'illustrateurs Launay et... Jacquet).
Mort prématurément à Arcachon, à l'âge de 26 ans où il était en cure, du fait, selon entre autres le témoignage de Rachilde, d'une forte propension à l'alcoolisme[14], l'artiste Fabien Launay a laissé de nombreux souvenirs parmi les artistes et écrivains qu'il fréquentait.


