Famille de Barrau (Carcenac, Aveyron)

famille de la noblesse française From Wikipedia, the free encyclopedia

La famille de Barrau, anciennement Barrau ou encore Barrau de Carcenac, est une famille subsistante de la noblesse française originaire de la province du Rouergue, de nos jours le département de l'Aveyron, en France.

BlasonnementD'argent à un chevron d'azur accompagné en pointe d'un lion de gueules ; au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent accosté de deux étoiles du même.
BranchesCarcenac d'où sont sortis les rameaux dits de Saint-Igest et de Gaillac d'Aveyron
PériodeXVIe siècle - à nos jours
OrigineDrapeau du Rouergue Rouergue
Faits en bref Blasonnement, Branches ...
de Barrau
Image illustrative de l’article Famille de Barrau (Carcenac, Aveyron)
Armes de la famille.
Blasonnement D'argent à un chevron d'azur accompagné en pointe d'un lion de gueules ; au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent accosté de deux étoiles du même.
Branches Carcenac d'où sont sortis les rameaux dits de Saint-Igest et de Gaillac d'Aveyron
Période XVIe siècle - à nos jours
Origine Drapeau du Rouergue Rouergue
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Drapeau de la France France
Fiefs tenus Trémouilles, del Puech, Caplongue, Frayssinous, Espinassettes, et autres fiefs
Demeures Château de Carcenac, manoir de Bessodes
Charges Conseillers généraux, maires, secrétaire général de préfecture, substitut du procureur de la République
Fonctions militaires Officiers, gardes du corps du roi, mousquetaire du roi
Récompenses civiles Ordre de la Légion d'honneur
Décoration du Lys
Récompenses militaires Ordre royal et militaire de Saint-Louis, ordre national de la Légion d'honneur, croix de guerre 1914-1918, croix de la Valeur militaire, et autres
Preuves de noblesse
Réformation de la noblesse Maintenues en la noblesse en 1699, 1701, 1716
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Elle débute ses alliances nobles au cours du XVIe siècle. Au siècle suivant, Guion de Barrau se donne la qualité de noble et réussit à se faire maintenir en cette qualité après avoir été condamné pour usurpation de noblesse. Au XVIIIe siècle Madame de Barrau est enlevée puis arrêtée par lettre de cachet. Pierre Firmin de Barrau de Caplongue est l'un des rédacteurs du cahier de doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Rodez et bailliage de Millau en 1789. Durant la Révolution française Barrau père et fils sont convoqués devant le Tribunal révolutionnaire après le pillage et l'incendie de leur château. Après la Révolution, certains de ses membres sont des notables, trois sont historiens dont Hippolyte de Barrau qui propose en 1836 la création d'une société savante, la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. D'autres s'impliquent dans la vie nationale comme Adolphe de Barrau qui est botaniste au sein de la Commission d'exploration scientifique d'Algérie, Eugène de Barrau qui remplit une mission confidentielle auprès d'Henri d'Artois, Jean de Barrau qui est membre du comité directeur de la fédération nationale des Camelots du roi et le secrétaire particulier de Philippe d'Orléans.

Cette famille a laissé plusieurs traces de son histoire dans le département de l'Aveyron.

Histoire

Patronyme

Le patronyme Barrau précédé d'une particule a été porté par différentes familles. Ainsi de nos jours il ne faut pas confondre la famille de Barrau (de Carcenac, en Aveyron) avec les familles de Barrau de Muratel et d'Abbadie de Barrau, ces deux dernières se faisant en outre usuellement appeler de Barrau.

Des origines dans la partie centrale du Rouergue

Carte administrative de la France mettant en exergue le département de l'Aveyron.
Situation géographique du département de l'Aveyron (anciennement province du Rouergue).
Photographie en dégradé de gris du village.
Vue partielle de Salmiech avec l'église Saint-Firmin.
Photographie de l'entrée du village.
L'entrée du village de Carcenac, côté Est.

Joseph de Bonald dans Documents généalogiques sur des familles du Rouergue écrit que cette famille remonte par filiation à l'année 1557 et que des actes plus anciens aux archives départementales ont des lacunes[C 1]. Gustave Chaix d'Est-Ange écrit que cette famille est mentionnée dans des actes depuis la fin du XVe siècle[A 1]. Hippolyte de Barrau écrit : « L'incendie de 1793, en détruisant la majeure partie de nos titres, nous a privés des moyens de pousser plus loin nos recherches »[D 1]. Dans l'ouvrage Cartulaire de l'abbaye de Bonnecombe édité par Pierre-Aloïs Verlaguet il est mentionné dans le village de Carcenac-Salmiech[1], un personnage nommé Barraus da Carcennac[1], témoin à un accord de dîme en 1233[1] et cédant des droits sur un mas en 1242[1], mais il ne donne pas de preuves de filiation. Carcenac[note 1] est un village ancien qui est situé à quelques kilomètres au nord-est de Salmiech. Au Moyen Âge, il n'y a pas de château dans la paroisse de Carcenac qui relève de la châtellenie de Salmiech, domaine des comtes de Rodez puis des seigneurs de Landorre à partir des premières années du XIIIe siècle[D 2].

La filiation prouvée[C 1] et suivie[A 1] de cette famille remonte à Firmin Barrau, qui exerce la profession de notaire au XVIe siècle à Salmiech.

Des derniers Valois aux premiers Bourbons : l'ascension sociale

Deux générations Barrau prennent alliances au sein de la vieille noblesse du Rouergue

Firmin (II) Barrau, fils de Firmin Barrau, épouse dans la deuxième moitié du XVIe siècle Françoise de Méjanès[M 1] dont la famille appartient à l'ancienne noblesse du Rouergue[D 3]. Durant les guerres de Religion son beau-père a défendu une place de la province contre les avancées des huguenots[D 4]. Firmin II Barrau et son épouse ont notamment pour enfants Firmin III qui reprend le domaine familial situé à Carcenac, et Laurens qui hérite du domaine du Coutal entre Arvieu et Salles-Curan formant une branche qui restera roturière.

Firmin (III) Barrau épouse à son tour une noble en 1611[K 1],[2]. Gustave Chaix d'Est-Ange écrit à ce sujet : « Firmin Barrau s'apparenta aux meilleures familles de la noblesse du pays par son mariage contracté le 5 juin 1611 avec Marie de Faramond, fille de François de Faramond, d'une vieille famille chevaleresque encore existante, et de Louise de Lapanouse »[A 1]. François de Faramond est l'aîné de son lignage[K 1] et sa mère est née Marguerite de Morlhon[K 1]. Louise de Lapanouse-Fabrègues, dame de Grèzes, est la fille de Guion de Lapanouse et d'Helips de Brezons[D 5].

Ainsi, depuis deux générations sous les derniers rois Valois et les premiers rois Bourbons, les héritiers Barrau à Carcenac contractent des alliances dans l'ancienne noblesse de leur province. Ces deux alliances se font avec des familles locales qui habitent la même partie du Rouergue qu'eux. La famille de Méjanès, possessionnée en Lévézou, remonte sa noblesse au Moyen-Âge[D 3]. La famille de Faramond tire son nom d'un lieu relevant de la châtellenie de Salmiech, la Faramondie, elle remonte sa noblesse au XIIIe siècle avec une ascendance noble présumée au XIIe siècle, elle était vassale des châtelains de Salmiech au Moyen Âge[K 1]. Ces deux alliances donnent des ascendances et parentés nobles aux Barrau[note 2]. Ces deux mariages représentent un désir de promotion sociale mais aussi la capacité à pouvoir entretenir une femme issue de la noblesse et leur donnent dès cette époque des parentés au sein de la noblesse d'épée du Rouergue[K 1]. Sur la signification sociale des alliances sous l'Ancien Régime, l'historien Roland Mousnier écrit : « dans cette société patrilinéaire, ce sont les mariages des mâles qui situent le rang social d'une famille »[3] et Martin de Framond : « On jugera de ces mouvements dans l'échelle sociale, souvent masqués dans les généalogies, en notant les alliances »[K 2].

Du règne de Louis XIV à celui de Louis XVI : une famille de la noblesse rurale et militaire

Le XVIIe siècle

À la génération suivante, l'un des fils de Firmin (III), prénommé Guion, devient par son mariage en 1656 avec Anne de Vedelly[L 1], possesseur en partie de la seigneurie de Trémouilles[D 6],[D 7]. Il n'a pas fait un mariage noble mais grâce aux alliances de son père et de son grand-père il a plusieurs ascendants proches qui sont nobles[K 1]. Par l'héritage de sa femme il peut désormais se qualifier de « seigneur » (« La propriété d'une seigneurie est une dignité sociale »[4]) et tirer des revenus de cette terre. Il n'exerce pas de profession[Z 1]. Fort de ses parentés et probablement de l'héritage de sa femme, il se donne la qualité de noble[M 2] depuis le milieu du XVIIe siècle[M 3] ou encore en 1660[note 3] (noble Guion de Barrau, écuyer)[M 4]. En 1666, le roi Louis XIV ordonne une grande enquête sur la noblesse. Ne pouvant prouver une noblesse ni depuis 1560, ni par anoblissement, Guion Barrau de Carcenac[Z 1] est condamné le pour usurpation de noblesse à 600 livres d'amende par jugement de Claude Pellot, intendant de Bordeaux et de Montauban[A 1],[Z 1]. Malgré sa condamnation, il se qualifie noble et écuyer[M 2] dans le contrat de mariage en 1680 de son fils noble[L 1],[Z 1] Firmin de Barrau (1663-1739) qui épouse une damoiselle issue d'une famille d'ancienne chevalerie[L 1],[Z 1]. En 1689 et 1692 il est encore mentionné noble Guion de Barrau[Z 1].

Son fils, noble[L 1],[Z 1] Firmin de Barrau, sert au ban et arrière ban en 1689, 1692 et 1694 vu les certificats des commandements de la noblesse du Rouergue justificatifs de ses services et le déchargeant en 1696[Z 2].

Capitation de messieurs de Barrau père et fils (1695).

En 1695, messieurs de Barrau père et fils (Guion et Firmin de Barrau) sont imposés à l'impôt de capitation noble[Z 3],[Z 1],[5]. Firmin de Barrau doit payer 120 livres de capitation, ce qui correspond à la classe 10 dans laquelle sont imposés les gentilshommes seigneurs de paroisses[6],[7],[8], le degré supérieur des nobles ruraux[9], et son père 6 livres, ce qui correspond à la classe 19 dans laquelle sont imposés les gentilshommes n'ayant ni fief ni château[8].

Pour ce qui est des alliances et parentés proches en ce siècle, Firmin (III) Barrau a pris alliance dans la vieille noblesse, son fils Guion s'allie dans la bourgeoisie, son petit-fils Firmin (IV) s'allie dans la vieille noblesse[note 4]. D'autres alliances avec des familles nobles ou bourgeoises sont contractées[note 5].

Le , Guion de Barrau, du lieu de Carcenac, obtient par jugement de Félix Le Peletier de La Houssaye, intendant de la généralité de Montauban, une maintenue en la noblesse[L 2]. Cette maintenue fut fondée sur la filiation d'une famille homonyme, la famille de Barrau de Muratel[L 2]. En effet Guion de Barrau a fait valoir un faux extrait d'acte de baptême du par lequel il est dit fils de Jean de Barrau, seigneur de Campouliès, membre de la famille de Barrau de Muratel[L 2]. Ce rattachement factice à cette famille a entraîné des confusions entre ces deux familles chez des généalogistes jusqu'à l'époque contemporaine.

Il n'y a pas au XVIIe siècle d'autres jugements que ceux de 1666 et 1699[Z 1].

La famille de Barrau, du lieu de Carcenac, en Rouergue, obtient au total trois maintenues en la noblesse par les intendants de Montauban[L 2],[Z 1] : par l'intendant Le Peletier de La Houssaye en faveur de Guion de Barrau[Z 1],[10] ; par l'intendant Legendre en faveur de Firmin de Barrau[L 2],[Z 1] ; par l'intendant Laugeois en faveur à nouveau de Firmin de Barrau[L 2],[Z 1], dans ce jugement il est fait mention de celui de 1699. Ces maintenues ont été rendues sur une preuve de noblesse datant de l'année 1539 qui est relative aux Barrau de Muratel[L 2].

Le XVIIIe siècle

Au cours du XVIIIe siècle des membres de la famille de Barrau servent dans la maison militaire des rois Louis XV et Louis XVI (gardes du corps du roi, mousquetaire)[D 1].

Une fête de nuit donnée par la reine Marie-Antoinette à Trianon.

L'un des fils de Pierre de Barrau dira de son père : « officier[N 1] remarqué par sa bonne mine, son adresse à cheval, aux armes, à la danse »[E 1]. Lors de ses périodes de service à Versailles, un jour de fête, Pierre de Barrau figure dans une contredanse (quatre couples de danseurs dans un carré) dans laquelle est également la reine Marie-Antoinette[E 1].

D'autres servent dans les armées royales (infanterie, dragons, cavalerie, chevau-légers)[D 1], parmi ceux-ci : Guillaume de Barrau, capitaine d'infanterie, est fait chevalier de Saint-Louis en 1745, ou encore, Alexandre Augustin de Barrau (1745-1787), lieutenant des chevau-légers au régiment Royal-Navarre cavalerie en 1779[Z 1] puis capitaine dans Languedoc-dragons[D 1]. Dans l'armée régulière, tous, à part peut-être un, servent dans le corps des officiers[D 1]. Dans la maison militaire du roi ils sont hommes du rang, toutefois ce service est plus prestigieux car il se déroule à la Cour et ces hommes ont l'équivalence du rang d'officier dans l'armée régulière[N 1]. Par ailleurs le corps des mousquetaires s'adresse aux jeunes gentilshommes dont les familles ont des relations et une certaine aisance financière[N 2]. Ils ont des cousins germains qui servent également dans la Maison militaire du roi : Françoise de Barrau, mariée le à Joseph de Méjanès-Puechlor, garde du corps du roi Louis XV, a pour enfants[11] deux fils brigadiers dans les gardes du corps du roi Louis XVI[12].

Pour ce qui est des alliances et parentés proches au cours du XVIIIe siècle, elles sont pratiquement toutes nobles[D 1],[Z 1] : Le fils et le petit-fils de Firmin (IV) de Barrau, Pierre Firmin et Jean Antoine, prennent alliances dans la vieille noblesse[note 6]. Ainsi, sur les six héritiers Barrau entre la seconde moitié du XVIe siècle et 1789, cinq ont pris femmes dans la vieille noblesse et un dans la bourgeoisie[note 7]. Le beau-père de Pierre Firmin de Barrau (1681-1761) est commissaire de la noblesse de l'élection de Rodez et celui de Jean Antoine de Barrau (1737-1798) est possessionné à Carmaux, en Albigeois[G 1]. Le mariage de Jean Antoine de Barrau permet à ses enfants d'hériter de biens en Albigeois[I 1]. L'alliance avec les Solages, installés en Albigeois, permet aux Barrau de s'allier en-dehors du Rouergue. Le gendre de Jean Antoine de Barrau est le fils de Jean-André de Balsac, conseiller au parlement de Toulouse[A 3],[D 15].

En 1765, madame de Barrau, née de Solages, est enlevée par son frère le comte[15] Hubert de Solages[I 1]. Mariée depuis 1759 avec Jean Antoine de Barrau, elle dit vouloir le fuir et a fait appel à son frère[I 1]. Après cet enlèvement, le frère et la sœur de Solages sont arrêtés par lettres de cachet[I 1], la sœur est envoyée au couvent et le frère est enfermé dans diverses forteresses puis à la Bastille, à Paris, où il est libéré par les révolutionnaires le 14 juillet 1789[G 2]. Leur père, Antoine Paulin de Solages, marquis[D 16] de Carmaux, reconnaît en 1776 avoir été circonvenu par Jean Antoine de Barrau pour faire arrêter sa fille[G 3],[G 4]. Auguste Puis écrit que cette affaire de lettres de cachet peut prendre rang parmi les plus célèbres entre celle de Latude et celle du marquis de Sade[16]. Elle éclaire d'un jour nouveau les raisons de la présence du comte de Solages parmi les sept prisonniers de la Bastille délivrés par les révolutionnaires.

En 1783, une note d'Antoine Marie d'Hozier de Sérigny indique qu'un membre de cette famille a désiré entrer aux écoles militaires mais que Bernard Chérin lui a dit qu'il fallait d'abord faire casser le jugement de condamnation de 1666[Z 4]. Dans cette note est également mentionné que le nom de cette famille est Barrau de Carcenac ou aussi Barrau[Z 4].

La période révolutionnaire

En 1789, Jean Antoine de Barrau, Pierre Firmin de Barrau de Caplongue, de Barrau d'Espinassettes, sont convoqués au sein des assemblées de la noblesse de la sénéchaussée de Rodez et bailliage de Millau[A 1],[C 1],[17]. Pierre Firmin de Barrau de Caplongue et de Barrau d'Espinassettes figurent parmi les électeurs[C 1],[17]. Jean Antoine de Barrau avait donné procuration à de Barrau de Caplongue[17].

Un cahier de doléances.

Pierre Firmin de Barrau de Caplongue est par ailleurs l'un des rédacteurs du cahier de doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Rodez et bailliage de Millau pour les États généraux de 1789[D 17],[18],[19]. Dans l'ouvrage La noblesse au XVIIIe siècle Guy Chaussinand-Nogaret écrit que les rédacteurs des cahiers de doléances étaient choisis principalement en fonction de leur compétence[20].

En 1790, Pierre de Barrau (1761-1829), fils de Jean Antoine de Barrau, prend pour épouse une jeune femme de la bourgeoisie ruthénoise dont la mère appartient à l’une des familles les plus anciennes et illustres de la noblesse du Rouergue[D 1].

Peinture d'un homme (Pierre de Barrau) sur un cadre ovale, avec ses armoiries en haut à droite de la toile.
Pierre de Barrau (1761-1829).

Durant la Révolution française la famille de Barrau est accusée de fidélité à l'ancienne monarchie[D 1]. En 1792 de Barrau est mentionné dans une affaire où il a protégé des prêtres réfractaires contre la troupe révolutionnaire[21] : « À peine arrivés vis-à-vis de Carcenac et Lagranville, nous aurions vu une garde nombreuse, avec un chef, qui nous talonnait, et nous aurions été obligés de prendre la fuite. Que cet aveu est pénible pour de vrais républicains (sic) ! Nous mourions de chagrin. Leur chef, de Barrau, a fait tirer sur nous. Deux balles ont sifflé à nos oreilles ; une a traversé la poche d'un de nos soldats, plus âgé et moins leste à courir. Ils nous ont crié toutes sortes d'insultes. Et nous nous sommes retirés à quatre heures du soir, tous à jeun. Nous aurions alors distribué vingt livres à notre détachement. Signé : Souyri, commandant en chef du bataillon de Calmont[21]. » Le une troupe révolutionnaire forte de 800 hommes[22] pille et incendie le château[A 1] de la famille de Barrau dans le village de Carcenac[I 1],[J 1]. À ce sac participe le jeune soldat Jean-Baptiste Grivel[D 1]. Pierre de Barrau doit se cacher dans les bois et dans des maisons sûres dans la campagne aveyronnaise[D 1],[E 2]. Le , il se constitue prisonnier à Rodez pour faire libérer son père[D 1],[E 2]. Quelques mois plus tard, Antoine Fouquier-Tinville donne l'ordre de traduire par-devant le Tribunal révolutionnaire Barrau père et Barrau fils[D 1]. Le père est à nouveau recherché et le des hommes viennent chercher le fils à la maison de réclusion où il est retenu pour le transférer à la prison criminelle[D 1],[E 2]. Ce dernier réussit toutefois à s'échapper à temps par les toits[D 1], dans sa fuite il est même obligé de sauter au-dessus d'une ruelle où les gouttières du toit opposé se brisent sous ses pieds[D 1],[23]. Sortant de Rodez il est poursuivi dans la nuit mais arrive à se soustraire, puis il va se cacher durant trois semaines dans les rochers qui surplombent l'Aveyron, non loin de Belcastel, où la nuit des amis lui apportent à manger[E 2].

Après la Révolution française, des notables aveyronnais dont certains s'impliquent dans la vie nationale

Cette famille a des biens sis principalement dans ses anciennes possessions[J 1], mais aussi à Rodez et dans le vallon de Marcillac où est situé le domaine de La Contie dont ils héritent à la suite du mariage d'Eugène de Barrau[E 3]. Ils occupent diverses fonctions et s'impliquent dans la presse du département en lançant notamment deux journaux d'opinion légitimiste (La Gazette du Rouergue et L'Écho de l'Aveyron), ils ont des liens familiaux avec d'autres familles de notables aveyronnais[24]. Plusieurs ont également des mandats électoraux, entre autres : Pierre de Barrau qui est maire[25], Hippolyte de Barrau qui est maire de Salmiech et conseiller général dans les cantons réunis de Cassagnes-Bégonhès et de Réquista[A 1], Eugène de Barrau qui est conseiller général dans le canton de Cassagnes-Bégonhès et conseiller municipal de Valady, Adolphe de Barrau qui est conseiller général dans le canton de Cassagnes-Bégonhès[C 1],[D 1].

Au début de la Restauration, Pierre de Barrau est le principal rentier de son canton. Benoît Delheure, auteur de l'article Les notables ruthénois et la propriété foncière au temps de l'affaire Fualdès, écrit : « À côté du canton de Bozouls, celui de Cassagnes attire six notables ruthénois, pour la plupart membres de grandes et anciennes familles rouergates […] Mais le notable dont l'assise foncière semble la plus importante dans ce canton n'est autre que Pierre-Firmin Barrau de Carcenac. Cette famille est connue notamment par la destruction de son château pendant la Révolution. Il apparaît dans les sources fiscales et à l'Enregistrement comme un propriétaire rentier dont les biens s'étalent dans la région de Carcenac, Caplongue, Arvieu, Trémouilles et Salmiech »[J 1].

Dessin d'un homme (Hippolyte de Barrau) en dégradés de gris.
Hippolyte de Barrau (1794-1863).
Acte de fondation de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron en 1836.

Hippolyte, Eugène et Adolphe de Barrau, trois des fils de Pierre de Barrau, entretiennent des relations et des correspondances avec d'autres notables de leur département mais aussi d'autres régions françaises[E 4],[note 8]. Ils ont également un cousin germain, Auguste de Balsac, fils de Victoire de Barrau, qui est préfet, secrétaire général du ministère de l'Intérieur, conseiller d'État, député[A 3],[D 18].

Depuis la Restauration les études historiques sont encouragées, ainsi en 1836 Hippolyte de Barrau est à l'initiative[26] de la création de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, membre fondateur avec Jules Duval et d'autres notables du département, dont son frère Adolphe de Barrau[27]. Il en est élu le premier président[Z 5],[28]. Eugène de Barrau y avait été admis lors de la fondation[29] et il en est élu vice-président de 1871 jusqu'à sa mort en 1887[F 1]. À partir de 1889 Fernand de Barrau est également membre de cette Société[30]. De 1836 à nos jours la famille de Barrau est toujours représentée au sein de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron[E 5],[31].

En 1839 Eugène de Barrau épouse Coralie Manzon, fille d'Anicet Manzon et de Marie Thérèse de Catellan-Caumont[E 6]. Coralie est veuve d'Henri de Séguret[D 19],[D 20] qui avait été de son vivant président du tribunal de Rodez, député de l'Aveyron et conseiller général[D 19],[E 7]. Par sa femme Eugène est proche parent avec Louis de Guizard, préfet et député de l'Aveyron[E 8]. Après son mariage Eugène de Barrau mène une vie de rentier[E 9]. Il a rédigé ses Mémoires qui ont été publiées en 2007 par la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron[32]. Dans cet ouvrage il est écrit ce commentaire : « Au final, les Carnets d'Eugène de Barrau sont d'une extraordinaire richesse, marqués aussi du sceau d'une remarquable diversité. En livrant un foisonnement de notations quotidiennes, ils constituent un document d'une grande précision sur les façons de vivre, les mentalités, la sensibilité des cercles de notables du département. Mais le combat légitimiste hisse Les Chemins d'une vie, dans la sphère de la politique nationale et de la « grande histoire », sur lesquelles le rédacteur des Carnets porte un regard tantôt passionné, tantôt désabusé. »[E 10].

En 1849 Hippolyte de Barrau est nommé conseiller de préfecture au sein de la préfecture de l'Aveyron à Rodez, il sert l'État sous différents Régimes et il termine sa carrière sous le Second Empire comme secrétaire général de cette même préfecture (1853-1855)[D 21],[33]. Un témoignage rapporte qu'« il fut tout à coup révoqué de ses fonctions, par suite de l'hostilité de certaines personnes que son influence offusquait »[34].

Hippolyte, Eugène et leur neveu Fernand de Barrau consacrent une partie de leurs activités à des travaux à caractère historique sur le Rouergue notamment[35]. Hippolyte rédige en sus un ouvrage de généalogie sur les familles du Rouergue qui est toujours édité de nos jours, et comme son frère Eugène il est également un mémorialiste[35]. En 1935, Henry Bedel (secrétaire de l'Action française et membre de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron) écrit dans Le Courrier du Centre : « Qu'une famille offre successivement en un siècle plusieurs générations de lettrés attachés à l'étude des vieux grimoires, cela représente quelque chose. Mais quand elle présente, en outre, trois historiens de la valeur et du sérieux des trois Barrau [Hippolyte, Eugène et Fernand de Barrau], dont la biographie nous arrête aujourd'hui, il faut s'incliner. De tels exemples ne sont pas si nombreux. Leur œuvre à tous trois, espacée, en cette centaine d'années, mais qui souvent se mêle, se pénètre et se continue, est considérable. Il ne paraît guère possible d'étudier la fin de l'Ancien Régime et le commencement des temps modernes [en Rouergue] sans recourir à eux »[35].

Carte de l'Algérie française.

Adolphe de Barrau (1803-1884), est médecin à Carcenac-Salmiech. Il s'intéresse aux plantes et herborise de 1820 à 1845[E 11],[36]. En 1839 et 1840, sous la monarchie de Juillet, il est membre de la Commission d'exploration scientifique d'Algérie en tant que botaniste. À la suite de la conquête de l'Algérie par la France en 1830 l'idée naît dès 1833 de créer une Commission afin de mener des recherches en Afrique et plus particulièrement en Algérie. Il intègre ainsi une équipe qui regroupe des scientifiques français recrutés sur leurs compétences afin d'explorer le territoire algérien[37],[38].

En 1880, Raymond de Barrau (1847-1931), ancien avocat à la cour d'appel de Paris[39], docteur en droit[39], désormais magistrat[40], démissionne de ses fonctions à la suite de l'expulsion des Congrégations chrétiennes en France. Sa lettre de démission, qui a été reproduite dans deux journaux du sud-ouest de la France[40], met en avant la défense de la propriété privée sur fond de crise entre l'État français et l'Église catholique : « Condom, date 6 novembre 1880. Monsieur le garde des Sceaux, Sincèrement convaincu que les décrets du 29 mars [pris par la Troisième République le 29 mars 1880 en France contre les congrégations] sont entachés d'excès de pouvoir, ainsi que l'ont établi d'une manière irréfutable nos plus éminents jurisconsultes, et qu'ils constituent surtout pour l'administration un moyen détourné de dessaisir l'autorité judiciaire, seule et dernière sauvegarde du droit de propriété et de l'inviolabilité du domicile, je considère comme un devoir de résigner mes fonctions, auxquelles j'étais cependant profondément attaché. Les conserver un jour de plus semblerait impliquer de ma part une adhésion, au moins tacite, à des mesures que ma conscience réprouve. Je n'hésite donc pas à briser ma carrière, quoique je n'ai pas été appelé à prêter mon concours effectif aux actes qui viennent de s'accomplir dans l’arrondissement de Condom. En conséquence, j'ai l'honneur de vous adresser ma démission des fonctions de substitut près le tribunal de cet arrondissement. J'ai l'honneur d'être, avec respect, Monsieur le garde des Sceaux, votre très humble serviteur. BARRAU »[40].

Un engagement catholique et royaliste

Depuis la Révolution française, des membres de la famille de Barrau s'engagent pour défendre les idéaux catholiques et royalistes.

En 1792, de Barrau est mentionné dans une affaire où il a protégé des prêtres réfractaires contre la troupe révolutionnaire et a fait tirer sur des révolutionnaires[21].

Hippolyte de Barrau, né en 1794, connaît une carrière militaire mouvementée d'une quinzaine d'années et pendant ces années-là il participe avec son frère Victor de Barrau (1796-1825), garde du corps du roi Louis XVIII (compagnie de Croÿ) puis officier dans l'armée, à diverses tentatives de conspirations royalistes[D 1],[E 12]. Il est par ailleurs l'un des chevaliers de la Foi en Aveyron[41]. En 1831 il lance La Gazette du Rouergue (1831-1836)[E 1], journal d'opinion légitimiste[E 1].

Dessin d'un homme (Eugène de Barrau) en dégradés de gris.
Eugène de Barrau (1801-1887).
Henri d'Artois, dit « comte de Chambord ».

Les nouvelles conditions de vie que connaît Eugène de Barrau après son mariage en 1839 lui permettent de se consacrer à des voyages, à des actions religieuses et caritatives et plus pleinement à son engagement pour la cause légitimiste[E 13]. Il rend visite en 1843 à Henri d'Artois, prétendant légitimiste aux trônes de France et de Navarre, il lance en 1845 L'Écho de l'Aveyron (1845-1863), journal de droite qui s'oppose à la politique de Napoléon III[42], et en 1852 il est chargé d'une mission confidentielle auprès d'Henri d'Artois. Sur cette mission il écrit dans ses Carnets personnels : « je recevrai une mission qui ne pouvait se transmettre qu'oralement et par personne sûre. L'idée d'être de quelque utilité à ma cause me détermina très vite, et la nuit suivante j'avais pris mon parti […] Celle-ci [l'audience] fut courte, le prince me chargea en peu de mots de sa réponse verbale au message verbal que j'avais rempli près de lui »[43]. À partir des années 1870 et la chute du Second Empire, Eugène de Barrau fonde des comités légitimistes en Aveyron et s'occupe du journal Le Peuple par lequel ces comités expriment leurs convictions auprès du grand public : « Le Peuple est fondé en 1871 par l'abbé Vernhet, missionnaire apostolique. Ce journal, dont il est à la fois propriétaire, directeur et rédacteur en chef, voit le jour à Saint-Affrique où il paraît jusqu'en 1875, avant d'être transféré à Rodez où son impression est assurée jusqu'en 1879, date de sa disparition définitive. Cet organe vendu en moyenne à un peu plus de quatre cents exemplaires apparaît comme le journal le plus résolument royaliste du moment. »[44]

De 1886 à 1901, Fernand de Barrau (1851-1938), est le rédacteur en chef du Journal de l'Aveyron à cette époque d'opinion catholique et royaliste[45],[46]. Lors de sa prise de fonctions il déclare : « Le Journal de l'Aveyron, qui entre dans sa quatre-vingt-deuxième année, change aujourd'hui de rédacteur : il ne changera pas de principes. Avant nous, il était monarchiste et catholique ; à son âge, on ne se corrige pas ; ses abonnés le trouveront toujours catholique et monarchiste »[45]. Ce journal est le plus ancien des journaux aveyronnais et l'un des plus importants du département[42].

Dessin d'un homme (Jean de Barrau) en dégradés de gris.
Jean de Barrau (1889-1914).

Au début du XXe siècle, Jean et Paul de Barrau, deux des fils de Fernand de Barrau et d'Henriette Fabre, perpétuent l'engagement pour la cause royaliste. Ils sont membres de l'Action française, force politique royaliste sous l'influence de Charles Maurras. Durant son service militaire, Jean retrouve Maxime Real del Sarte[F 2], et connu pour ses opinions, il fait de la prison[F 3]. Avec les camelots du roi il participe à des actes de violence[F 4], le il est au Manège du Panthéon, à Paris, où les camelots chargent les antimilitaristes[F 4], la même année il gifle un professeur de Rodez accusé de propos antimilitaristes[47]. En , il entre au comité directeur de la fédération nationale des camelots du roi[F 3]. Il est également le secrétaire particulier[F 5], des mois de février à [F 5], de Philippe, duc d'Orléans, prétendant orléaniste au trône de France[F 5]. Le prince, sous le coup de la loi d'exil, et son secrétaire, vivent au manoir d'Anjou en Belgique[F 5]. Paul, de son côté, fonde à Rodez en 1909 une section « Action française » dont il est le président[F 6].

Cet engagement public pour défendre les idéaux catholiques et royalistes a débuté lors de la Révolution française et c'est cette mémoire qui s'exprime jusqu'au XXe siècle[48]. Il s'est ainsi étalé sur quatre générations et a duré plus d'un siècle. Le , dans la huit cent treizième liste de sa rubrique « Au champ d'honneur », le journal L'Action française écrit : « La famille de Barrau, l'honneur du Rouergue catholique et royaliste, comptait au début de la guerre, six combattants. À l'heure actuelle, trois sont morts pour la France[49] ; trois sont restés face à l'ennemi »[48].

Les temps récents

Cette famille a été admise au sein de l'association d'entraide de la noblesse française en 1992[50].

En 2002, Régis Valette donne 14 porteurs masculins du nom en ligne agnatique[51] (en ligne masculine sans adoption).

Filiation

Cette généalogie est issue des différentes sources citées dans la bibliographie du présent article. À signaler également que dans les registres de Bernard Chérin (n°15) se trouve la généalogie de la famille de Barrau depuis noble Guion de Barrau jusqu'à l'année 1782[52].

I) Firmin (I) Barrau, notaire au XVIe siècle, entre autres enfants :

II) Firmin (II) Barrau, bourgeois, de Salmiech[M 1],[D 22], il épouse au XVIe siècle Françoise de Méjanès[M 1], fille d'Arnaud de Méjanès[D 3], seigneur de Larguiez[A 1], lequel fut capitaine du château de Creyssel qu'il défendit contre les menées des huguenots (correspondance de 1559)[D 4], et de Gabrielle Mazières. Entre autres enfants[note 9] :

1° Firmin Barrau, qui suit.

III) Firmin (III) Barrau, il épouse en 1611 Marie de Faramond[K 1],[2], fille de François de Faramond et de Louise de Lapanouse[A 4],[D 23],. François de Faramond est l'aîné de son lignage[K 1] et le fils de Jean de Faramond de La Faramondie et de Marguerite de Morlhon[K 1]. Louise de Lapanouse est la fille de Guion de Lapanouse, seigneur de Fabrègues et de Grèzes, et d'Helips de Brezons[K 1]. Les pactes de mariage sont passés à la tour de Caplongue[Z 6]. Entre autres enfants :

IV) Guion[note 10] de Barrau (1613-1703). En 1656, sa première femme Anne de Vedelly, fille de Jean de Vedelly[D 8] et d'Isabeau de Moyssety, lui apporte la moitié de la seigneurie de Trémouilles avec haute, moyenne et basse justice[D 6]. Il se qualifie noble et écuyer[M 2]. Le , il est condamné comme usurpateur de noblesse. Il se remarie en 1667 avec Louise Desplas, fille de Jean Desplas, avocat, et de Barbe de Combret[note 11]. Il est imposé à la capitation noble en 1695[Z 3],[Z 1]. Il est maintenu noble le [L 2]. Entre autres enfants :

V) Firmin (IV) de Barrau (1663-1739), seigneur del Puech, de Caplongue, coseigneur de Trémouilles[A 1],[D 1], il se marie le avec Anne de Flavin, fille de Pierre de Flavin[D 24], seigneur de La Capelle-Viaur, lequel sera chargé par le roi Louis XIV d'un commandement pour aller combattre les camisards dans les Cévennes[D 24], et de Gabrielle de Séguy, dame de Las Maries[53]. Il fait avec le ban et arrière ban de la noblesse du Rouergue les campagnes de 1689, 1692 et 1694[D 1],[Z 2]. En 1691, il reçoit le commandement d'une milice locale. Il est imposé à la capitation noble en 1695[Z 3],[Z 1]. Il est maintenu noble en 1701[L 2] et 1716[L 2]. Il achète en 1709 la seigneurie de Caplongue avec le droit de moyenne justice[D 25]. Dans son testament, en 1738, il écrit qu'il veut être inhumé dans la chapelle Notre-Dame de l'église de Carcenac[Z 1]. Entre autres enfants :

VI) Pierre Firmin de Barrau (1681-1761), seigneur de Frayssinous, de Caplongue, coseigneur de Trémouilles[A 1],[B 1],[C 1], marié par contrat du avec Françoise de Faramond, fille de Jean Jacques de Faramond, seigneur de Canet, seigneur baron[15] de Jouqueviel[D 23], lequel sera nommé commissaire de la noblesse de l'élection de Rodez par le roi Louis XV en 1739[D 23], et d’Élisabeth de Michau[D 26]. En 1737, il est soumis à la capitation noble[Z 1]. À la veille de la Révolution française Barrau de Fraissinous (de) figure dans la liste des assujettis au vingtième noble en Rouergue[54]. Entre autres enfants :

1° Pierre Firmin de Barrau (1731-1816), seigneur de Caplongue[A 1],[D 1], mousquetaire de la seconde compagnie[Z 7],[note 12] du roi Louis XV puis capitaine de dragons. En 1789, il est secrétaire écrivant et l'un des rédacteurs du cahier de doléances de la noblesse de la sénéchaussée de Rodez et bailliage de Millau[18],[19]. Il émigre en Allemagne au mois de et fait la campagne de cette année comme chef de section dans la première compagnie d’infanterie de la coalition de Guyenne. Rentré en France le , il meurt en 1816.
2° Jean Antoine de Barrau (1737-1798), qui suit.
3° Pierre Joseph de Barrau (1743-1788), sieur de Saint-Igest[D 1], auteur d'une branche établie en Quercy et qui s'éteindra en ligne masculine au XXe siècle. Il est garde du corps du roi Louis XV en 1762[D 1],[M 6] puis avocat en parlement. Il est marié à Bretenoux avec Anne Claudine Gindre (1738-1782) avec laquelle il a une descendance. Entre autres enfants : N… de Barrau Saint-Igest, émigré en Espagne où il servit longtemps comme officier[D 1] et Augustin de Barrau (1771-1794), volontaire pour l'armée des Pyrénées en 1792, il « franchit rapidement les grades subalternes »[D 1], il est chef de brigade en 1794 dans le corps commandé par le général Moncey, il meurt écrasé à l'âge de 23 ans[D 1].

VII) Jean Antoine de Barrau (1737-1798), coseigneur haut, moyen et bas de Trémouilles[Z 8],[D 6], etc.[D 1],[Z 7], marié par contrat du à Françoise Pauline de Solages, fille de haut et puissant seigneur messire Antoine Paulin de Solages, chevalier, marquis[D 16] de Carmaux, etc.[Z 1], ancien page du roi en sa grande écurie, et de Françoise Marie Guionne de La Roque-Bouillac[A 1],[D 1], fille unique de Charles de La Roque-Bouillac, baron[15] de Bar[D 13], et de Charlotte de Ciron. Après la fuite de son épouse, il circonvient son beau-père pour la faire arrêter par lettre de cachet[G 3],[G 4]. En sa qualité de gentilhomme, il est inscrit sur le rôle de la capitation de messieurs de la noblesse. Le , son château[Z 7],[55] à Carcenac est pillé et incendié par un détachement de l’armée révolutionnaire du Lot[I 1],[J 1]. Emprisonné[D 1], il n'est relâché qu'après que son fils ait pris sa place le [D 1], et il est à nouveau recherché par la suite[D 1]. Enfants :

1° Pierre Firmin Marie de Barrau, qui suit.
2° Victoire Pauline Eulalie de Barrau (1763-1844), mariée en 1782 à Marc Antoine de Balsac[D 28], seigneur de Colombiès, capitaine au régiment de Vexin, chevalier de Saint-Louis, fils d’André de Balsac, seigneur baron[15] de Firmi[D 28], conseiller au parlement de Toulouse, et de Marie Josèphe de Madrières. Entre autres enfants : Auguste de Balsac (1788-1880), préfet (1817), commandeur de la Légion d'honneur (1827), secrétaire général du ministère de l'Intérieur (1828), conseiller d'État (1828), député, etc.[A 3].

VIII) Pierre Firmin Marie de Barrau[note 13] (1761-1829), il a quatre ans quand sa mère est enlevée puis arrêtée[I 1]. Il sert d’abord dans le régiment de Vexin de 1779 à 1783, la même année il passe dans les gardes du corps du roi Louis XVI[A 1],[D 1],[56] (compagnie de Noailles en 1783 puis compagnie écossaise en 1788) où il demeure jusqu'au licenciement opéré en 1789. Il se marie en 1790 avec Marguerite Dablanc, fille de Pierre Dablanc, avocat à Rodez, et de Paule Henriette de Morlhon[note 14]. Il est obligé de se cacher plusieurs mois durant la Révolution française[D 1],[E 2]. En 1794, avec son père, il est convoqué devant le Tribunal révolutionnaire[D 1],[E 2]. À l'époque du Directoire (1795-1799), Pierre de Barrau installe sa famille à Rodez et il commence à reconstruire la demeure familiale à Carcenac[E 14]. En 1803, sous le Consulat, il enrichit l'église de son village avec du mobilier d'art du couvent des Cordeliers de Rodez qui était promis à la destruction, mais aussi de l'abbaye de Bonnecombe[57]. Au commencement du XIXe siècle il est un notable du canton de Cassagnes[J 1]. À partir de 1811 il est maire de la commune de Saint-Sauveur (Aveyron)[25]. En 1814, lors du retour des Bourbons sur le trône de France, il est décoré du Lys[25]. Entre autres enfants :

1° Auguste de Barrau (1792-1848), il est le dernier à être né dans l'ancien château de sa famille incendié en 1793[D 1]. Entré à l'école militaire de Saint-Cyr (section artillerie) le , il devient lieutenant d'artillerie ()[D 1],[C 1]. De 1813 à 1814, il fait partie de la Grande Armée et participe à la défense d'Erfurt[D 1],[C 1], en 1815 de l'armée du Rhin et participe aux affaires de Süffelbach et de Bergen, en 1823 de l'armée d'Espagne et participe au blocus de Saint-Sébastien, à l'attaque de Rochapea et au siège de Pampelune[D 1],[C 1]. Il est fait chevalier de Saint-Ferdinand d'Espagne (), capitaine d'artillerie (), chevalier de la Légion d'honneur () puis chef d'escadron d'artillerie () et commande l'artillerie à Mont-Dauphin[D 1],[C 1]. Il meurt après 36 années de services non interrompus alors qu'il commandait l'artillerie de la citadelle de Cette[D 1],[C 1].
Hippolyte de Barrau (1794-1863), saint-cyrien, garde du corps du roi Louis XVIII, officier, conseiller de préfecture puis secrétaire général de la préfecture de l'Aveyron, historien, généalogiste, mémorialiste, naturaliste. Il est l'initiateur, l'un des fondateurs et le premier président de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. Il lance le journal La Gazette du Rouergue. Chevalier de la Foi, chevalier de la Légion d'honneur, médaillé de Sainte-Hélène[réf. nécessaire].
Eugène de Barrau (1801-1887), essayiste politique, historien, mémorialiste (1832-1862)[E 10], vice-président de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. Il lance le journal L'Écho de l'Aveyron. Engagé dans le mouvement légitimiste, il est chargé en 1852 par les chefs royalistes français d'une mission confidentielle auprès du « comte de Chambord »[E 15].
4° Adolphe de Barrau, qui suit.

IX) Adolphe de Barrau (1803-1884), médecin, herboriste, naturaliste, membre de la Commission d'exploration scientifique d'Algérie en tant que botaniste, l'un des fondateurs de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, membre de sociétés savantes, il épouse en 1845 Marguerite Mignonac, ils ont entre autres enfants :

1° Raymond de Barrau (1847-1931), officier dans la garde mobile (guerre de 1870-1871), docteur en droit en 1875[39], il est avocat à la Cour d'appel de Paris[39] avant d'être nommé substitut du procureur de la République à Mirande puis à Condom, fonction dont il démissionne en 1880 pour protester contre l'expulsion des Congrégations chrétiennes en France[40]. Officier de réserve dans l'infanterie territoriale. Il épouse en 1879 Louise Rouquette, dont descendance subsistante.
Fernand de Barrau (1851-1938), homme de lettres[F 7], traducteur, chroniqueur, essayiste, historien, agronome, rédacteur en chef du Journal de l'Aveyron de 1886 à 1901[45], membre de sociétés savantes. Il épouse en 1888 Henriette Fabre, dont descendance subsistante. Entre autres enfants : Jean de Barrau (1889-1914), militant d'Action française, il gifle un enseignant pour des propos antimilitaristes[47], membre du comité directeur de la fédération nationale des Camelots du roi[F 8], secrétaire particulier[F 9] du « duc d'Orléans » de février à [F 10], porté disparu dans les premiers jours de la mobilisation, mort pour la France[58] ; Paul de Barrau (1891-1916), camelot du roi, fondateur et président d'un groupe Action française à Rodez en 1909, croix de guerre avec citation, mort pour la France[58],[F 6].

Alliances

Quelques dates de mariages au sein de la famille de Barrau sur l'ensemble de ses branches : de Méjanès (XVIe siècle, 1755), de Faramond (1611, 1730), Costes (XVIIe siècle), de Grimal (1647), de Vedelly (1656, 1760), de Janson (avant 1660), de Chabbert (XVIIe siècle), d'Assier de Tanus (1674), de Moly (1675), de Bonnafos de Scorailles (1676), de Flavin (1680), de Davy (1685), de Trédolat (1750), de Solages (1759), Gindre (XVIIIe siècle), de Balsac-Firmy (1782), Dablanc (1790), Manzon (1839), Mignonac (1845), de Lavernhe (1872)[C 1], Rouquette (1879), de Maribail (1886), Fabre (1888), van den Brande (1904)[59], de Grenier de Lassagne (1927)[60], Sarrauste de Menthière (1931), Niel (1932), Cabille (1968), de Gaulle (1972)[61], Le Poittevin de La Croix de Vaubois[60], Savary de Beauregard[60], de Cockborne (2001)[60], de Gérard du Barry et de Saint-Quentin (2001)[60].

Armes

Armoiries de la famille de Barrau.
Armes de la famille de Barrau.
Photo d'un vitrail avec armoiries de la famille de Barrau.
Vitrail avec les armes de la famille de Barrau (erreur dans ces armes sur la couleur du lion qui aurait dû être rouge) en l'église de Carcenac.

Pierre Hocquellet, auteur de Armorial général du Rouergue dressé par Charles d'Hozier en vertu de l'édit de , édition critique des manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale de France, paru en 2009, écrit : « Plusieurs cachets du XVIIIe siècle sont gravés aux armes de cette famille [de Barrau] telles que Barrau [l'historien Hippolyte] les donnent en tête de la notice qu'il lui a consacrée [H. de Barrau, Documents sur les familles du Rouergue…, tome 4, page 95] (Archives Départementales de l'Aveyron cotes E156 et 60J13 : cf. dessins de J. Poulet, Bull. du C.G.R., no 6 (1993), page 15 et no 25 (1998), pages 22-23) »[H 1].

Guillaume de Barrau (l'un des fils de Pierre Firmin de Barrau et de Françoise de Faramond), sieur du Besset, utilise dans les années 1733-1737 trois cachets aux armes suivantes : « Écartelé aux quatre lions (couronne de comte) »[K 3] ; « D'azur au lion, au chef chargé de trois étoiles (couronne de comte) »[K 3] ; « À deux flammes au croissant de lune en pointe, au chef de gueules à trois étoiles (couronne de marquis) »[K 3].

Vers 1755, Pierre Firmin de Barrau de Caplongue utilise le cachet suivant : « Au chevron accompagné d'un lion en pointe, au chef d'azur chargé d'un croissant et de deux étoiles »[K 3].

En 1783, Pierre de Barrau déclare à d'Hozier de Sérigny qu'il y avait dans ses armoiries un lion et un chevron[Z 4].

Un article anonyme des Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron publié en 1847 donne la description suivante : « D'argent au lion de gueules rampant, armé et lampassé de même sous un chevron d'azur ; au chef d'azur chargé d'un croissant et de deux étoiles d'argent »[62]. Hippolyte de Barrau précise en 1860 que l'écu est « timbré d'un casque d'argent bruni, posé et tarré de côté, montrant les deux tiers de la visière et à cinq barreaux »[D 1] et donne pour support : « deux lions, dont l'un est rampant et l'autre posé et contourné, l'autre ayant la moitié du corps derrière l'écu »[D 1],[H 2].

Lieux liés à l'histoire de la famille de Barrau en Rouergue

  • Dans la ville de Rodez : la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, une plaque commémorative sur la maison natale d'Hippolyte de Barrau et une avenue Hippolyte de Barrau[63],[64]
  • Dans le village de Carcenac : une demeure (reconstruite après la Révolution) ; une place Hippolyte de Barrau ; dans l'église de ce village un vitrail présentant une gravure de ses armes et une plaque commémorative, in memoriam, des membres de la famille tués durant la Première Guerre mondiale qui a été apposée dans la même chapelle que celle du vitrail[65]
  • Dans le village de Trémouilles : le blason de cette commune, dont la famille de Barrau fut co-seigneur de 1656 à 1789, a repris le fond d'argent et le lion de gueules qui font partie des armoiries de cette famille

Notes et références

Voir aussi

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