Faramir
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| Faramir | |
| Personnage de fiction apparaissant dans l'œuvre de J. R. R. Tolkien. |
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Faramir | |
| Naissance | 2983 T.A.[1] |
|---|---|
| Origine | Minas Tirith (Gondor) |
| Décès | 82 Q.A.[2] |
| Sexe | Masculin |
| Espèce | Homme |
| Activité | Capitaine de la Tour Blanche Intendant du Gondor Prince de l'Ithilien |
| Famille | Denethor II (père) Finduilas de Dol Amroth (mère) Boromir (frère) Éowyn (épouse) |
| Entourage | Gandalf Aragorn |
| Ennemi de | Sauron |
| Créé par | J. R. R. Tolkien |
| Interprété par | David Wenham |
| Romans | Le Seigneur des anneaux |
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Faramir est un personnage du roman Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien.
Fils de l'Intendant du Gondor Denethor et frère cadet de Boromir, Faramir apparaît dans le second volet du Seigneur des anneaux, Les Deux Tours, lorsqu'il croise la route du trio de voyageurs constitué par Frodon, Sam et Gollum. Contrairement à son frère, il résiste à l'attraction de l'Anneau unique et laisse son porteur continuer sa quête.
Rôdeur de l'Ithilien et capitaine de l'armée du Gondor après la mort de Boromir, il est blessé et tenu pour mort alors qu'il mène la retraite de ses troupes jusque sous les murs de Minas Tirith. Durant sa convalescence, il rencontre Éowyn et tombe amoureux d'elle. Il l'épousera après la fin de la guerre de l'Anneau. Il devient également Intendant du Gondor, prince d'Ithilien et seigneur d'Emyn Arnen.
Le personnage de Faramir apparaît dans plusieurs adaptations du roman de Tolkien, notamment la trilogie réalisée par Peter Jackson, où son caractère subit d'importants changements ; il se révèle notamment moins insensible à la tentation de l'Unique.
Dans son étude des brouillons du Seigneur des anneaux, Christopher Tolkien indique que son père n'a pas prévu initialement la présence de Faramir dans l'histoire : il ne l'invente qu'au moment de le faire apparaître dans l'intrigue, ce qui entraîne un report de son dénouement, ainsi qu'un développement de l'histoire du Gondor et du Rohan. Le personnage partage également plusieurs traits de caractère avec son auteur.
Avant Le Seigneur des anneaux
Caractéristiques
Beregond décrit Faramir à Pippin en ces termes :
« Il est hardi, plus hardi que beaucoup ne le pensent, car, de nos jours, les hommes sont lents à croire qu'un capitaine puisse être sage et versé dans la science des archives et des chansons, comme il l'est, et n'en être pas moins homme d'audace et de jugement rapide sur le champ de bataille. Mais tel est Faramir. Moins aventureux et ardent que Boromir, mais non moins résolu[18]. »
Tolkien indique que Faramir ressemble beaucoup à son frère Boromir[3],[19], lequel est décrit comme un homme grand avec un visage juste et noble, aux cheveux noirs et aux yeux gris, fier et au regard profond[8], les membres de la lignée des intendants du Gondor ayant eux-mêmes, habituellement, une apparence plus noble que celle des autres habitants du pays. Dans le cas de Faramir, il est indiqué que le hasard veut que « le sang de l'Ouistrenesse coule en lui presque authentique », une chose rare[20]. Cette caractéristique est développée par Tolkien à travers les pensées de Pippin :
« Il voyait devant lui un homme doué d'un air de haute noblesse, telle qu'en montrait parfois Aragorn, moins haute peut-être, mais aussi moins imprévue et vague : un des Rois des Hommes né à une époque ultérieure, mais touché par la sagesse et la tristesse de la Race Ancienne. [...] C'était un capitaine que les hommes suivaient volontiers [...] fût-ce sous l'ombre des ailes noires[19]. »
Le talent de chef de Faramir, ses compétences d'armes et son jugement prompt et hardi se révèlent précieux dans la bataille, et lui valent le respect du Gondor pendant la Guerre de l'Anneau[18]. Il défend le Gondor contre Sauron sur de nombreux fronts, sans cependant chercher à tirer de cette lutte un avantage personnel[6]. Après la publication du Seigneur des anneaux, Tolkien a déclaré que « pour autant qu'un des personnages soit "comme moi", il s'agit de Faramir[21] ». La relation que Faramir entretient avec la guerre dans l'histoire de Tolkien reflète celle de l'auteur lui-même, qui fut soldat lors de la Première Guerre mondiale et combattit lors de la bataille de la Somme[22].
Tolkien fit longtemps un rêve récurrent impliquant une « Grande Vague » apportant « l'obscurité inéluctable » ; il le « légua » au personnage de Faramir, qui le raconte à Éowyn sur les remparts de Minas Tirith : « lorsque Faramir parle de sa vision personnelle de la Grande Vague, il parle en mon nom. Cette vision et ce rêve ont toujours été en moi[21] ».
Noms et titres
Tolkien n'explique nulle part le sens du nom Faramir, ni n'indique dans quelle langue est ce nom. Dans les appendices du Seigneur des anneaux, il affirme que les Intendants du Gondor cessent de prendre des noms en quenya après Mardil[23], et que la plupart des noms portés par les Dúnedain sont en sindarin et font référence à des héros du Premier Âge[24]. Boromir est justement le nom d'un de ces héros, et Tolkien le décompose ailleurs en boron « homme constant, féal, fidèle vassal » et mîr « joyau »[25]. Néanmoins, il existe un autre Faramir, le fils du roi Ondoher du Gondor, dont le nom est probablement quenya dans la mesure où tous les noms de rois sont dans cette langue.
Le second élément de Faramir est probablement le même que celui de Boromir, mais l'élément fara- n'est pas aisément interprétable ; le site Encyclopedia of Arda propose de le relier à la racine phar, ayant entre autres sens « suffire », ce qui ferait de Faramir un « joyau suffisant », en référence aux relations difficiles qu'il entretient avec son père[26].
Faramir est désigné par plusieurs titres dans Le Seigneur des anneaux : Capitaine du Gondor et Capitaine de la Tour Blanche[14] (un titre auparavant porté par Boromir). Après la mort de son père, il devient Intendant du Gondor, avant d'abdiquer devant Aragorn, qui rétablit le titre d'Intendant du Roi et lui offre les titres de Prince d'Ithilien et Seigneur d'Emyn Arnen[27].
Concept et création
Tolkien commença à travailler sur le Livre IV du Seigneur des anneaux en , alors que son fils Christopher suivait un entraînement en Afrique du Sud pour devenir pilote. Les lettres que lui envoya son père, auxquelles il joignait les chapitres qu'il écrivait, permettent de dater avec une bonne précision l'évolution de cette partie du récit[28]. Le , il écrit à son fils :
« Un nouveau personnage est entré en scène (je suis sûr de ne pas l'avoir inventé, je ne l'ai même pas voulu, quoique je l'aime bien, mais il est arrivé là, marchant dans les bois de l'Ithilien : Faramir, le frère de Boromir – et il retarde la "catastrophe" avec tout un tas de choses sur l'Histoire du Gondor et du Rohan (avec, sans aucun doute, quelques réflexions profondes sur la gloire martiale et la gloire véritable) ; mais s'il continue encore longtemps, il devra être déplacé en grande partie dans les appendices[29] [...] »
En réalité, les brouillons du chapitre « Ragoût de lapin aux herbes » (datant de la fin du mois d'avril) montrent, à la place de Faramir, un personnage nommé Falborn fils d'Anborn, qui est néanmoins déjà un parent de Boromir. À cette différence (et quelques autres) près, le récit est déjà très proche de sa forme finale[30]. Tolkien s'interroge ensuite sur la mort de Boromir : doit-elle être connue au Gondor, et de Falborn en particulier ? Les brouillons publiés et étudiés par Christopher Tolkien montrent avec clarté l'évolution de la pensée de son père : ce dernier envisage tout d'abord que Falborn découvre le cor brisé de Boromir dans l'Anduin, puis l'idée lui vient de la vision de la barque funéraire de Boromir, et c'est alors que Falborn « se glisse sans décision consciente dans le rôle qui avait été préparé pour lui », lorsque Tolkien lui fait dire : « C'était Boromir mon frère, mort »[31]. Falborn devient Faramir peu après[32].
Les brouillons du chapitre « Le Siège de Gondor » montrent un Denethor beaucoup plus amène à l'égard de son fils cadet, et lucide sur les défauts de Boromir et la situation défensive du Gondor[33]. Après avoir hésité, Tolkien décida de rendre le discours de Denethor beaucoup plus dur, en lui faisant acquiescer à la question de Faramir « Souhaiteriez-vous donc que nos rôles eussent été échangés ? » et en insistant pour qu'Osgiliath soit défendue. Faramir s'oppose à cela, mais part prendre le commandement des défenses de la ville « fièrement, pour plaire à son père et lui prouver que Boromir n'était pas le seul brave »[34].
L'idée du mariage de Faramir et Éowyn ne vint à Tolkien que tardivement : elle apparaît pour la première fois sur un plan griffonné au dos d'un brouillon du chapitre « Le Champ de Cormallen »[35]. Tolkien avait jusqu'alors envisagé qu'Éowyn épouse Aragorn[36] ou qu'elle soit tuée lors de la bataille des Champs du Pelennor[37].
La vitesse de la relation entre Faramir et Éowyn reflète une culture que Tolkien décrit comme étant « plus primitive (i.e. moins corrompue) et plus noble », dans laquelle le jeu par petites approches de l'amour courtois n'existe pas. Un facteur dans le développement de leur amour vient de la conviction personnelle de Tolkien que les sentiments évoluent rapidement au cours des périodes de grand stress, notamment lorsque la mort semble proche[5].
À l'origine, Tolkien employa les pronoms archaïques thou « tu » et thee « toi » dans les conversations entre Faramir et Éowyn du chapitre « L'Intendant et le Roi », afin de représenter « un passage significatif de la courtoisie à la familiarité[38] » : Faramir emploie thou dès la fin de leur premier échange (« But thou and I have both passed under the wings of the Shadow... »[39]), tandis qu'Éowyn ne l'utilise pas avant leur dernière discussion aux Maisons de Guérison (« Dost thou not know? »[40]). Toutefois, comme l'indique Christopher Tolkien, « il est souvent impossible d'être certain des intentions de mon père dans son usage des formes d'adresse 'thou, thee' et 'you' », et du reste, il supprima toutes ces nuances dans le texte final, où apparaît systématiquement you[41].
Pour finir, Faramir tenait à l'origine un rôle beaucoup plus important dans le couronnement d'Aragorn : c'est lui qui posait la couronne sur sa tête, avec le prince de Dol Amroth[42], rôle attribué à Gandalf dans le texte final.
Homonymes
Deux autres personnages de l'œuvre de Tolkien portent le nom de Faramir :
- Faramir est le fils cadet du roi du Gondor Ondoher, il est parti au combat contre les Gens-des-Chariots, au mépris des lois du pays, qui interdisaient que tous les fils du roi aillent combattre en même temps. Lui et son frère aîné Artamir ont été tués en l'an 1944 du Troisième Âge ;
- Faramir Touc est le fils de Peregrin Touc.

