Boromir
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Boromir | |
| Personnage de fiction apparaissant dans Le Seigneur des anneaux. |
|
Boromir | |
| Naissance | 2978 T.A. |
|---|---|
| Origine | Minas Tirith |
| Décès | 3019 T.A. |
| Sexe | Masculin |
| Espèce | Homme |
| Cheveux | bruns |
| Yeux | gris |
| Famille | fils aîné de Denethor et frère de Faramir |
| Ennemi de | Sauron |
| Créé par | J. R. R. Tolkien |
| Interprété par | Sean Bean |
| Voix | Derek Prentice, Erik Bauersfeld, Michael Graham Cox, James Horan, William Sabatier, François-Éric Gendron |
| Films | Le Seigneur des anneaux (1978) Le Seigneur des anneaux (films de Peter Jackson) |
| Romans | Le Seigneur des anneaux |
| modifier |
|
Boromir est un personnage du Légendaire de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien apparaissant dans le roman Le Seigneur des anneaux.
Fils de l'Intendant du Gondor Denethor et frère aîné de Faramir, il est l'un des neuf membres de la Fraternité de l'Anneau. Il succombe à la tentation de l'Anneau unique, jusqu'à tenter de le prendre par la force à son porteur, Frodo. Repenti, il meurt peu après au combat à Amon Hen lors d'une bataille opposant la Compagnie et un bataillon d'Uruk Hai en tentant de protéger les Hobbits Merry et Pippin.
La faute de Boromir et sa rédemption, exemple utilisé par Tolkien pour réfuter les accusations de manichéisme portées à l'encontre de son roman, ont été étudiées à travers le prisme du catholicisme de l'auteur. Les dilemmes qui torturent ce personnage ont fait l'objet de nombreuses analyses : pour Alex Davis « déchiré entre son roi et son père, entre la Fraternité et son pays, entre l'honneur et la fierté, le pouvoir et la sagesse, Boromir reflète la complexité morale et dramatique du Seigneur des anneaux[1],[Trad. 1]. »
Boromir apparaît par ailleurs dans la majorité des adaptations du Seigneur des anneaux.
Description
Histoire

Né en l'an 2978 du Troisième Âge, Boromir est le fils aîné de Denethor II, l'intendant du Gondor, et de Finduilas de Dol Amroth. Son frère cadet, Faramir, naît cinq ans plus tard[9],[10]. Les deux frères perdent leur mère très jeunes (elle meurt en 2988 T. A.). Ils ont d'excellentes relations (Boromir protégeant Faramir et Faramir admirant Boromir), nullement entachées de jalousie, malgré leurs tempéraments opposés et la préférence affichée de Denethor pour son fils aîné[5].
En T. A., lorsque les armées de Sauron attaquent les ruines d'Osgiliath, Boromir, capitaine du Gondor, est envoyé pour défendre la cité. Vaincus par le nombre, les Gondoriens doivent se retrancher derrière l'Anduin, après avoir abattu le dernier pont sur le fleuve ; parmi les derniers défenseurs, seuls quatre parviennent à s'enfuir, parmi lesquels Boromir et Faramir. La veille de l'assaut final, Faramir fait un rêve mystérieux dans lequel il entend des vers prophétiques :
Cherche l’Épée qui fut brisée :
À Imladris elle réside ;
Des conseils y seront donnés
Défiant les charmes morgulides.
Un signe sera mis au jour
Que le Destin est imminent :
Luira le Fléau d'Isildur,
Le Demi-Homme se levant[2].
Le rêve se répète et Boromir le fait également à une reprise. Après avoir pris conseil auprès de son père, Faramir décide de se rendre à Imladris, mais craignant pour son frère, Boromir prend sa place. Il quitte Minas Tirith le pour un voyage périlleux de plus de cent jours. Tolkien écrit dans les Contes et légendes inachevés que « la relation ne rend pas un juste hommage au courage et à l'endurance requis[11],[Trad. 3] » pour ce voyage. Il atteint sa destination le à la nuit tombée, après avoir perdu son cheval en traversant la Gwathló et avoir dû terminer son périple à pied.
Le conseil d'Elrond se tient le lendemain. Boromir y parle au nom du Gondor, premier rempart contre les forces du Mordor. Il découvre les explications de son rêve : l'épée qui fut brisée n'est autre que Narsil, l'épée d'Elendil, dont les fragments appartiennent désormais à Aragorn ; le fléau d'Isildur est l'Anneau unique, retrouvé et possédé par Frodon Sacquet, un demi-homme. Boromir propose d'utiliser l'Anneau pour lutter contre le Mordor, mais Elrond lui explique que celui qui abattrait Sauron de cette façon ne ferait que prendre sa place de Sombre Seigneur. En fin de compte, il est décidé que l'Anneau doit être détruit. Boromir fait partie de ceux choisis pour accompagner et aider Frodon dans cette quête.
La Communauté de l'Anneau se dirige vers l'est en direction des Montagnes de Brume, qu'elle compte franchir par le col du Caradhras. Boromir propose que chacun porte un fagot, idée qui sauve la vie de la Compagnie lorsque le blizzard se lève au sommet du pic. La passe étant bloquée, Boromir et Aragorn portent les quatre Hobbits en sûreté hors des congères de neige. Il faut trouver un autre chemin, et Boromir propose de contourner les montagnes par le sud et la trouée du Rohan, idée rejetée par Gandalf, qui estime que ce trajet passe dangereusement près de la résidence du traître Saroumane[12]. Gandalf propose le passage de la Moria, seule voie restante, voie que Boromir rejette instamment. La Fraternité doit néanmoins s'y résoudre et se dirige vers les Portes de Durin où Boromir réveille involontairement le Guetteur des Eaux[13].
Après la chute de Gandalf face au Balrog, Aragorn prend la tête de la Fraternité et la conduit en Lothlórien, malgré la méfiance de Boromir à l'égard de cette forêt. Galadriel soumet chacun des membres de la Compagnie à la tentation ; Boromir refuse de révéler ce qu'elle lui a proposé[14]. Lorsque la Fraternité quitte la Lórien, Galadriel offre un présent à chacun de ses membres, et Boromir reçoit une ceinture d'or et une cape elfique. Les Galadhrim donnent également trois barques à la Compagnie pour la suite de son voyage le long de l'Anduin. Boromir dirige l'une d'elles, avec Merry et Pippin ; il commence à présenter des signes d'inquiétude que les Hobbits ne s'expliquent pas[14]. Boromir est convaincu que l'Anneau doit être apporté à Minas Tirith, afin de servir à la lutte contre Sauron. Lorsque la Fraternité arrive à Parth Galen, et qu'elle doit décider de prendre la route du Gondor ou du Mordor, il tente de convaincre Frodo de lui remettre l'Anneau, persuadé que l'Anneau ne peut corrompre les hommes du Gondor.
« Boromir allait et venait, parlant de plus en plus fort. Il semblait presque avoir oublié Frodo, discourant sur les murailles et l’armement, et sur le rassemblement des hommes ; il envisageait de grandes alliances et de glorieuses victoires à venir ; et il renversait le Mordor et devenait lui-même un puissant roi, sage et bienveillant[15]. »
Effrayé, Frodo refuse de lui remettre l'Anneau. Boromir, furieux, tente de le lui prendre de force, mais le Hobbit passe l'objet à son doigt et s'enfuit, invisible. La Fraternité se disperse pour tenter de le retrouver, et Aragorn ordonne à Boromir de suivre et de protéger Merry et Pippin. Le Gondorien les défend contre les Orques (dans les livres) et des Uruk-hai (dans les films), et la sonnerie de son grand cor repousse temporairement ceux-ci ; mais nulle aide n'arrive, et il devient la cible des archers orques ou Uruk-hai. Lorsque Aragorn le retrouve, Boromir agonise, percé de nombreuses flèches. Dans son dernier souffle, il avoue sa faute à Aragorn et lui demande de sauver Minas Tirith[16].
Avec l'aide de Gimli et Legolas, Aragorn transporte le corps sur les berges de l'Anduin et le dépose dans l'une des barques elfiques avec son épée et son cor, brisé durant la lutte. Après un chant funèbre interprété par Aragorn et Legolas, la barque est emportée par le fleuve Anduin. Trois nuits plus tard, Faramir, en mission en Ithilien, voit passer la barque à Osgiliath. Ayant entendu le cor du Gondor, il comprend que son frère gît dans l'embarcation. La barque continue sa descente de l'Anduin et finit vraisemblablement par atteindre la mer. Faramir retrouve le cor brisé de son frère sur les berges de l'Anduin et le renvoie à son père[17].
Conception
Le personnage de Boromir apparaît dès la première version écrite du conseil d'Elrond (fin 1939) : « un homme au visage noble, mais sombre et triste[18] ». Contrairement à d'autres personnages, il a dès le début son nom définitif[19], mais les raisons de sa venue à Fendeval ne sont pas expliquées[20]. Tolkien n'envisage pas immédiatement d'en faire un membre de la Fraternité de l'Anneau, mais l'idée émerge rapidement, de même que son ascendance, même s'il est alors le fils du « roi » d'Ond (futur Gondor)[21]. La Fraternité se compose alors de Gandalf, des quatre Hobbits du Comté et de Trotter, le précurseur d'Aragorn, lui aussi un Hobbit ; Boromir, le seul humain, joue donc un rôle important dans la première version de l'ascension manquée du col du Caradhras[22].
Des notes jetées sur des feuilles d'examen datées d' marquent l'émergence de la raison de la venue de Boromir à Fendeval : des « prophéties » évoquant l'Épée Brisée[23]. La quatrième version du chapitre « Le Conseil d'Elrond » voit apparaître le rêve prophétique et le poème qui l'accompagne, bien qu'ils soient alors attribués au seigneur de Minas Tirith (le personnage de Faramir n'existe pas encore)[24].
Après avoir rédigé les chapitres de la Moria, Tolkien couche sur le papier des notes sur la tournure que doivent prendre les événements. Il n'envisage pas encore la mort de Boromir : celui-ci doit tenter de prendre l'Anneau à Frodo, qui s'enfuit, mais après cela, il part pour Minas Tirith avec Aragorn, qui soupçonne quelque chose. La ville est assiégée par les forces de Sauron ; le Seigneur de Minas Tirith meurt, et le peuple choisit Aragorn pour le remplacer. Boromir, qui a totalement basculé du côté du Mal, part alors rejoindre Saruman pour qu'il l'aide à détrôner Aragorn. Après la défaite de Sauron, Boromir doit mourir de la main d'Aragorn[25]. La trahison de Boromir reste présente dans les notes prises après les chapitres de la Lórien[26], mais lorsque Tolkien arrive à la rédaction des futurs chapitres « L'éclatement de la Fraternité » et « Le départ de Boromir » (durant l'hiver 1941-1942), l'histoire a atteint sa version finale : Boromir meurt après avoir confessé sa faute à Trotter (Aragorn)[27].

