Fouine
espèce de mammifères du genre Martes
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Martes foina
- Mustela foina von Schreber, 1776 (Protonyme)
- Mustela (Fogna) E. A. W. von Zimmermann, 1780
- Martes domestica Pinel, 1792
- Mustela foina alba Bechstein, 1801
- Mustela foyna Pallas, 1811
- Martes foina Muirhead, 1819
- Mustela fagorum Griffith, 1822
- Martes fogorum S. D. W., 1836
- Martes (?) toufoeus B. H. Hodgson, 1842
- Martes fouina C. H. Smith, 1842
- Mustella foina Crespon, 1844
- Martes toufæus E. Blyth, 1863
- Mustela toufaeus A. Murray, 1866
- Mustela martes var. fagorum Fatio, 1869
- Mustela intermedia Severtzov, 1873
- Martes leucolachnaea Blanford, 1879
- Mustela mediterranea Barrett-Hamilton, 1898
- Martes fuina de Seabra, 1900
- Mustela palaesyriaca Nehring, 1902
- Mustela foina syriaca Nehring, 1902
- Mustela foina leucolachnea Satunin, 1905
- Mustela foina bunites Bate, 1906
- Mustela foina foina Bate, 1906
- Mustela foina mediterranea Bate, 1906
- Mustela foina nehringi Satunin, 1906
- Mustela nehringi Satunin, 1906
- Mustela latifrons Satunin, 1908
- Mustela foina bosniaca E. Brass, 1911
- Martes bunites G. S. Miller, 1912
- Martes foina foina G. S. Miller, 1912
- Martes foina mediterranea G. S. Miller, 1912
- Martes foina milleri Festa, 1914
- Martes foina altaica Satunin, 1914
- Martes rosanowi V. E. Martino & E. V. Martino, 1917
- Martes toufoeus Wroughton, 1919
- Martes foina kozlovi Ognev, 1931
- Martes foina ognevi Laptev, 1946
- Martes foina intermedia Bannikov, 1952
- Martes foina bosniaca Wozencraft, 2005
- Martes foina bunites Wozencraft, 2005
- Martes foina nehringi Wozencraft, 2005
- Martes foina rosanowi Wozencraft, 2005
- Martes foina syriaca Wozencraft, 2005
- Martes foina toufoeus Wozencraft, 2005
La Fouine (Martes foina) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés. Elle est largement répartie d’un bout à l’autre du continent eurasiatique, et a même été introduite par l’Homme en Amérique du Nord. Du même genre que la martre des pins (genre Martes), la fouine se caractérise par ses dimensions plus graciles, son poitrail blanc caractéristique, ainsi que par son mode de vie plus terrestre et ses habitudes plus généralistes, faisant d’elle une espèce très commune, se retrouvant dans un grand nombre d’habitats, vivant aussi bien dans des milieux ouverts que plus boisés[1].
Dénominations
- Nom scientifique valide : Martes foina (von Schreber, 1776) [2].
- Nom recommandé ou typique en français : Fouine[3],[4],[5],[6],[7],[8].
- Autres noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Martre fouine[6],[8](ou Marte fouine[6])[note 1], Fouine d'Europe[6] ou plus rarement Martre des hêtres[9].
- Noms vernaculaires (langage courant), pouvant désigner éventuellement d'autres espèces : dans certaines régions du centre et de l'Ouest de la France (comme la Charente ou la Vendée par exemple), on l'appelle un fouin ou un chafouin (chat fouin)[10].
Histoire et taxonomie

Dans l'Antiquité, les fouines étaient domestiquées pour la chasse aux animaux considérés comme nuisibles tels par exemple les autres mustélidés ou les serpents.
Systématique
L'espèce Martes foina aurait été décrite par le naturaliste allemand Johann Christian Erxleben en 1777, sous le nom initial de Mustela fouina[11]. Mais il semblerait que cela soit en fait le naturaliste Johann Christian Daniel von Schrebe qui l’ai mentionnée un an auparavant, plaçant la localité type en l'Allemagne[12]. Le nom latin, Martes foina, signifie « martre des hêtres », à rapprocher du mot faîne, du latin fagina, le fruit du hêtre (Fagus). Mais cette terminologie est plus ancienne, et le nom de « fouine » apparaît dès la première édition de l’académie française en 1694[13], et sa première mention remonterai à la fin du XIIIe siècle [14]. L’espèce fut rapidement reclassée par Philippe Pinel en 1792 dans le genre Martes, dont elle est l'espèce type[15] : Martes domestica.
Évolution
La martre des pins et la fouine étant deux animaux très semblables, ils est fortement suggéré que les deux espèces aient un ancêtre commun du nom de Martes vetus. Les plus anciens fossiles de cette espèce ont été découverts dans des dépôts datés de la glaciation de Würm au Liban et en Israël. La fouine serait probablement originaire du Proche-Orient ou du sud-ouest de l’Asie, et aurait pu arriver en Europe à la fin du Pléistocène ou au début de l’Holocène. Elle se distingue de la plupart des autres mustélidés européens du Quaternaire, puisque toutes les autres espèces, à l’exception du vison d’Europe, sont apparues durant le Pléistocène moyen. Les comparaisons entre les spécimens fossiles et leurs descendants indiquent que l’espèce a subi une diminution de taille à partir de la glaciation de Würm[16]. Les fouines indigènes des îles Égéennes représentent une population ancestrale présentant des affinités primitives avec le continent asiatique[17].
Le crâne de la fouine laisse supposer une adaptation plus poussée que celle de la martre des pins vers l’hypercarnivorie, comme l’indiquent sa tête plus petite, son museau plus court, un rétrécissement postorbitaire plus marqué et des dents jugales réduites. Des pressions sélectives ont probablement favorisé l’augmentation de la force de morsure de la fouine au détriment des capacités d’ouverture de la mâchoire. Ces caractéristiques ont sans doute agi chez les mâles comme un mécanisme permettant d’éviter à la fois la compétition intraspécifique avec les femelles et la compétition interspécifique avec la martre des pins, très comparable sur le plan écologique[18].
Sous-espèces
Liste des sous-espèces selon Mammal Species of the World (version 3, 2005) (9 juin 2013)[19] et Catalogue of Life (9 juin 2013)[20] :
| Nom et auteur | Description | Aire de répartition | Synonymes |
|---|---|---|---|
| Fouine d'Europe[6] Martes f. foina Erxleben, 1777 |
Petite sous-espèce au crâne de taille moyenne. En hiver, le dos varie d’une teinte fauve-gris clair au brun foncé uniforme. Les poils de jarre sont fauves ou brun-châtaigne, tandis que le sous-poil est très clair, gris pâle. Les flancs et le garrot sont légèrement plus clairs que le dos, et le ventre plus sombre. Les pattes sont brun foncé et la tache de la gorge est d’un blanc pur. Cette tache varie en taille et en forme[21]. | Ouest de la Russie, Europe de l’Ouest, sauf la péninsule balkanique) et péninsule Ibérique. | alba (Bechstein, 1801) domestica (Pinel, 1792) |
| Martes f. bosniaca Brass, 1911 |
— | Péninsule balkanique | — |
| Martes f. bunites Bate, 1906 |
Sous-espèce plus petite que foina, avec la tache sur le poitrail moins définie, parfois absente chez certains spécimens[22]. | Crète, Skópelos, Naxos, Erimomilos, Karpathos, Samothrace, Sériphos et Kýthnos. | — |
| Martes f. intermedia Severtzov, 1873 |
Sous-espèce plus petite que nehringi, au pelage plus clair. Le dos est d’un fauve grisâtre modérément foncé. Les flancs sont plus clairs, mais de la même teinte. Les poils de jarre sont fauve foncé, tandis que le sous-poil est presque blanc. La queue est brun foncé. La tache sur le poitrail est très variable, parfois complètement indéfinie[23] | Régions montagneuses d’Asie centrale, du Kopet-Dag et du Grand Balkhas jusqu’au Tarbagataï (dans les monts Khangaï) et l’Altaï. Hors de l’ex-URSS, son aire comprend le nord de l’Iran, l’Afghanistan, l’ouest du Pakistan, l’ouest de l’Himalaya, le Tian Shan, le Tibet et le nord de la Mongolie. | altaica (Satunin, 1914) leucolachnaea (Blanford, 1879) |
| Martes f. kozlovi Ognev, 1931 |
— | Est du Tibet | — |
| Martes f. mediterranea Barrett-Hamilton, 1898 |
Forme plus claire et moins terne que foina[24]. | Péninsule Ibérique | — |
| Martes f. milleri Festa, 1914 |
— | Rhodes | — |
| Martes f. nehringi Satunin, 1906 |
Grande sous-espèce au crâne massif. Le pelage hivernal est assez sombre, fauve brunâtre ou fauve foncé à reflet grisâtre. Les flancs sont plus clairs que le dos, et la queue ainsi que les pattes sont brun foncé. La tache gulaire varie en forme et en taille, mais tend à être réduite[25]. | Caucase et régions limitrophes de la Turquie et de l’Iran. | — |
| Martes f. rosanowi Martino et Martino, 1917 |
Sous-espèce plus petite que foina, mais présentant des couleurs presque identiques[25]. | Régions montagneuses de Crimée | — |
| Martes f. syriaca Nehring, 1902 |
Sous-espèce à la robe claire, au crâne plus petit que la forme nominale[26]. | Syrie | — |
| Martes f. toufoeus Hodgson, 1842 |
— | Lhassa, Tibet | — |
Description
Sa longueur va de 40 à 54 centimètres et sa masse se situe entre 1,1 et 2,3 kilogrammes. La fouine a une espérance de vie de 3 à 12 ans, l'âge maximal en liberté étant de 10 ans. En captivité ou en élevage, elle peut toutefois atteindre l'âge de 18 ans. Elle est généralement marron ou noire.
Même si elles ne sont pas interfécondes, la Fouine (Martes foina) et la Martre des pins (Martes martes) sont très proches, à tel point que lors d'une observation la confusion est possible. Le critère le plus direct pour déterminer l'animal observé consiste à observer la couleur du pelage située sous la gorge, sur le poitrail et le haut des pattes. Chez la martre une tache claire de couleur jaunâtre est observable sur le poitrail, alors que chez la fouine cette tache est franchement blanche, couvrant la gorge, le haut des pattes antérieures et le poitrail (voir l'article sur la martre des pins pour d'autres critères d'identification).
Une autre méthode généralement admise pour différencier une Fouine et une Martre des pins : le dessous des pattes de martres est poilu au contraire de celui des fouines. Cette spécificité peut aussi être détectée à la lecture des empreintes dans un sol meuble.
- Fouine photographiée en hiver en République tchèque.
- Squelette de fouine.
- Fouine naturalisée, vue de face.
- Crâne de fouine.
Écologie et comportement
Comportement social
Les fouines sont des animaux solitaires, comme la plupart des autres espèces de martres. Elles évitent leurs congénères en dehors des périodes de reproduction. Il s'agit d'animaux territoriaux qui marquent leur territoire avec des sécrétions et le défendent au moins contre d'autres fouines de même sexe. La grandeur du territoire est variable, mais reste inférieure à celui de la Martre des pins. Leur grandeur va de 0,5 à 4 km2 et varie en fonction du sexe (les territoires des mâles sont plus grands que ceux des femelles), de la saison (ils sont plus petits en hiver), de l'habitat (ils sont plus grands en campagne qu'en ville) et de la nourriture disponible. Leur activité est surtout nocturne. L’espérance de vie de la fouine est d’approximativement douze ans[27].
Alimentation
La fouine est opportuniste et se nourrit, selon les saisons, de petits mammifères, de fruits, d'oiseaux, d'œufs, de déchets trouvés près des habitations.
Reproduction

La femelle met bas une fois par an, en mars ou avril, bien que l'accouplement ait eu lieu durant l'été précédent (juin à août). Cette période de huit mois est due à la dormance, mais le temps effectif où la femelle porte ses petits est d'un mois. La portée de la fouine compte de deux à cinq petits qui naissent aveugles et nus. Ils ouvrent les yeux après un mois, sont sevrés après deux mois et sont indépendants à l'automne. La maturité sexuelle est atteinte entre quinze et vingt-sept mois.
Répartition et habitat

On trouve des fouines dans une grande partie de l'Eurasie. Son aire de répartition va de l'Espagne à la Mongolie, en passant par l'Europe du Sud et l'Europe centrale et l'Asie centrale. La fouine est absente des îles Britanniques. Une population de fouines a également été introduite dans l'État américain du Wisconsin dans le but de commercialiser leurs fourrures.
La fouine est capable d'occuper des milieux très variés. Elle vit spécialement dans la campagne (bois et vergers) mais aussi à proximité des habitations et jusque dans les villes, gîtant dans les granges et les greniers. Elle grimpe bien mais ne se risque pas aussi haut que la Martre des pins, plus liée à la forêt. Il s'agit d'ailleurs de la seule espèce de martre à ne pas vivre exclusivement dans la forêt.
La fouine et l'Homme
Menaces pour l'espèce

Les anticoagulants utilisés contre les rongeurs ont pour effet d'empoisonner toute la chaîne alimentaire qui s'en nourrit. En effet, l'empoisonnement par anticoagulants n'est pas radical. Les victimes agonisent pendant de longues heures et ce, plusieurs jours après la consommation du poison. Or, le propre des prédateurs étant de s'attaquer prioritairement aux animaux les plus faibles, les fouines notamment s'empoisonnent donc à leur tour en consommant des rats, mulots, souris et autres rongeurs agonisants et donc faciles à chasser. De plus, bien souvent, les luttes contre les rongeurs ont lieu généralement au printemps, période de forte augmentation des populations. C'est également la période où les fouines mettent bas. Ainsi, lorsqu'une fouine meurt d'empoisonnement en avril-mai, la probabilité de survie de sa progéniture est très faible.
Dégâts causés
Il lui arrive de dévaster un poulailler lorsqu'elle est à la recherche d'œufs. Excitée par la panique créée chez les poules, elle tue tout ce qui bouge. Bien qu'elle soit essentiellement carnivore, les produits végétaux (baies et fruits) constituent une part importante de son alimentation.
Elle s'attaque aux circuits électriques des voitures et à l'isolation des maisons, et elle ronge également le caoutchouc. Elle est pour cela souvent considérée comme « nuisible ». À l'inverse, à l’époque de la Rome antique, elle était adoptée pour capturer les souris et dératiser les habitations (en compétition avec son proche cousin le furet). Elle joue encore aujourd'hui un rôle de police sanitaire aux abords des habitations humaines, et s'attaque notamment aux pigeons et aux rats avec beaucoup plus d'efficacité que les chats.
La fouine aime vivre à proximité des habitations humaines ou sous le toit des maisons. Par sa présence et son activité nocturne, elle peut déranger les habitants soit en rongeant ou en déchiquetant des matériaux isolants (gaines de câbles, isolation thermique...), soit par les cris ou cavalcades en période de rut, soit par les odeurs des déjections ou des charognes qu'elle laisse derrière elle[28],[29]. Elle peut aussi s'attaquer aux petits animaux d'élevage, notamment aux poulaillers.
Le premier moyen de lutte consiste à empêcher au maximum les fouines d'entrer dans les habitations ou les poulaillers, par la pose de grillages ou de cônes et colliers anti-prédateurs sur les chemins d'accès aux combles. Il est possible aussi de les dissuader de rester en utilisant des répulsifs (bruits aléatoires, éclairage, odeurs, ultrasons...). En cas de nuisance importante, le recours au piégeage ou à l'élimination radicale des individus est régi par les législations locales[28].
Statut de conservation
La fouine n'est pas une espèce menacée à l'échelle mondiale. Elle est classée comme préoccupation mineure (LC = Least Concern) par l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).
En France, en 2023, la fouine est classée « espèce susceptible d'occasionner des dégâts » (ESOD)[30].
En 2009, elle était déjà inscrite en France sur la liste d'espèces susceptibles d'être classées nuisibles, ponctuellement et localement. Cet arrêté a été abrogé en 2012[31]. En 2014, le Conseil d'État a dans un premier temps annulé (dans une décision du 30 juillet applicable immédiatement) le classement en espèce nuisible dans plusieurs départements (Dordogne, Rhône, Isère, Seine-Maritime et Eure-et-Loir).
La fouine dans la culture
La fouine est présente dans les armoiries de la famille de Faÿ[32], dont celles de la branche de La Tour-Maubourg, et dans celles des descendants de la branche de Solignac, les du Vivier de Faÿ Solignac.
Laouni Mouhid, un rappeur franco-marocain, est connu sous le pseudonyme La Fouine.
Le terme « fouine » est aussi utilisé pour qualifier une personne sournoise ou vicieuse (ex : Cet homme est une vraie fouine), et le verbe « fouiner » comme synonyme négatif de « fouiller » (ex : Il est encore en train de fouiner).